Biographie Lydia Képinski

Un univers pas tout à fait préparé à ça voit jaillir Lydia Képinski dans le Mile End de 1993. Enfant unique, elle est élevée comme l’espoir de survivance de ses familles québécoises et polonaises par des parents timides, stupéfaits des surprises que réserve le brassage génétique.

Bien qu’elle passe presque la moitié de son parcours pré-universitaire en retenue, la petite Lydia parvient à se démarquer en français, en arts plastiques et dans ses présentations orales, un art qu’elle approfondira au secondaire avec la classe comme public et ses professeurs tenant lieu de répliques. Elle se méritera d’ailleurs, outre des menaces d’expulsion constantes de son collège privé, cinq années consécutives de prix Méritas « Sens de l’humour » ainsi que divers diagnostics de douance, de TDAH et de trouble d’opposition/provocation.

Elle canalisera son énergie expansive d’enfant spéciale dans la musique, apprenant le piano classique puis l’ensemble du répertoire des Beatles à la guitare, ce qui la mènera un jour à CEGEP en Spectacle où elle perdra en finale par un joueur de football qui fait du stand-up. Minée par le choix des juges, elle passe les années subséquentes à pratiquer le chant et la guitare de manière à gagner si jamais l’occasion de l’affronter à nouveau se représentait.

Déraisonnable et incapable de garder un emploi plus de deux mois, elle envisage dès lors de faire de la musique son métier. 

Après deux longues années de refus dans tous les concours possibles, elle participe à Ma première Place des Arts, où on lui conseille d’arrêter de chanter et d’envisager un avenir de parolière. Son obstination à toujours faire le contraire de ce qu’on lui dit la mène ensuite à se faire remarquer aux concours Univers-cité ainsi qu’au Festival de la chanson de Granby. C’est finalement lors du Cabaret Festif de la relève de Baie-St-Paul que Lydia, plus mature et en contrôle, fait son entrée officielle dans le grand purgatoire de l’émergence.

2016 marque cette consécration ; après avoir lancé sur étiquette Chivi Chivi un EP baptisé EP et réalisé en compagnie de son nouveau complice Blaise Borboën-Léonard, les entrevues se bousculent à travers les différentes étapes des Francouvertes, seul concours gagné par Lydia Képinski qui n’impliquait pas de boisson. Elle y remporte pratiquement la totalité des prix en lice.

Elle passe l’année suivante à vivre de son art chez ses parents et à tourner au peu partout au Québec, du Festival de la Poutine de Drummonville aux Francofolies de Montréal en passant par Brossard, puis remporte les honneurs aux GAMIQ d’où elle repart avec les trophées Révélation de l’année et EP de l’année.

C’est portée par un guts de tannante qui a beaucoup travaillé que Lydia Képinski rend aujourd’hui l’âme à travers ce premier album de chansons douces-amères réalisé par Blaise Borboën-Léonard et mixé par le brillant Jace Lasek (Besnard Lake, Wolf Parade, Suuns). Elle y déploie sans fard une vaste palette de couleurs, passant sans effort du fuchsia au noir fluo. À travers une justesse d’écriture peu commune, elle use autant de candeur que de son ironie légendaire pour graver son souffle dans l’époque à grands renforts de guitares électriques et d’arrangements pop finement ciselés. C’est un disque marqué d’une honnêteté brute autant que d’ambitions aériennes que nous offre la multi-instrumentiste poético-synthétique tout-terrain ; qu’on y rit jaune, qu’on y danse, qu’on s’y colle ou qu’il nous dépasse, l’univers de Lydia Képinski en est résolument un de liberté qui déborde, vous éclabousse et vous emporte avec elle.

Qu’elles s’attardent aux aléas de l’attachement, aux méandres des troubles de la personnalité, à la difficulté de trouver sa place ou qu’elles célèbrent la vitalité de la jeunesse, les chansons de Premier Juin sont un exorcisme des apprentissages douloureux. Soutenues par des envolées synthétiques et des rythmiques détonantes autant que par les attaques répétées de la distorsion, le contraste marqué des textes sombres et des airs entraînants parvient à créer un terrain propice à la fragilité et à la confessio.

C’est un album qui défend l’idée d’une pop intelligente brillant d’une lumière sombre que nous offre Lydia Képinski. Puisant dans son expérience intime, elle arrive à donner aux récits qui composent Premier Juin une dimension mythique en créant des métaphores qui les englobent et les dépassent : qu’elles fassent référence aux Cités d’Or (Les routes indolores), au Parc Belmont ou qu’elles nous emmène dans la grisaille poussiéreuse de l’est de la ville (Pie IX),  ses chansons sont à cheval entre territoire réel et imaginaire. C’est de cette manière qu’elles nous portent ou nous poussent toujours plus loin tout en restant collées au quotidien des préoccupations de toute une génération équivoque.

Les portes du succès s’ouvrent toutes grandes devant cette nouvelle voix aussi fragile qu’affirmée de la chanson québécoise ; parions qu’un jour tout proche, on saura écrire son nom correctement.

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