Biographie The Barr Brothers

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"You just try to see the thing for what it is and what it is is a heartbreaking, soulshaking, overwhelming exhalation."

-Defibrillation

Pour entamer le processus de création de leur troisième album, les Barr Brothers devaient se réunir pour faire du bruit ensemble. Sans plans ou distractions, sans préconceptions. Loin des amis ou des étrangers, des représentants de l’étiquette de disques ou des ingénieurs de son, des sonneries de cellulaires ou du vacarme urbain. Sans partenaires. Sans enfants. Ils n’avaient même pas de carnets de paroles où étaient griffonnés des couplets, des refrains, des accords. Pour la première fois, les trois membres du groupe — les frères Brad et Andrew Barr, qui donnent leur nom à la formation, ainsi que la harpiste Sarah Pagé — se sont rendus en studio sans chansons. Les mains vides, mais le cœur bien rempli, ils ont traversé des kilomètres de route enneigée jusqu’à un chalet près d’un lac gelé. Un endroit avec beaucoup de fenêtres et de micros, éclairé tour à tour par la lumière des étoiles et celle du soleil, avec des amplis à plein volume dans les chambres.

Pendant toute une semaine, ils ont joué. Leurs improvisations pouvaient durer des heures — des après-midi et des nuits, des aubes et des crépuscules. Chaque fois, c’était une opportunité de se souvenir de qui ils étaient et de qui ils devenaient. Il y avait une bonne dose de groove : des motifs inspirés de l’Inde, de l’Afrique de l’Ouest et des boîtes à rythme 808, plus profonds et lourds que tout ce qu’ils avaient essayé auparavant. Il y avait aussi les inventions de Pagé : des humbuckers, des séparateurs de signal en boîte de Kleenex, diverses astuces pour transformer sa harpe en instrument polyvalent, capable de produire des fréquences extrêmes graves. Mais il y avait également de la bonne vieille guitare, des chansons s’épanouissant grâce à ce puissant son électrique. Brad a demandé : « Comment peut-on faire de la musique sans chansons? » La réponse était cette musique aventureuse et tridimensionnelle, débordant de nostalgie et d’expérimentation et de grands espaces, découverte en bordure du village québécois de Saint-Zénon (population : 1150 habitants).

Les enjeux étaient élevés. Le succès de l’album Sleeping Operator (2014) avait propulsé le groupe de Montréal à Milan en passant par Nashville, du Newport Folk Festival au Late Show with David Letterman. À présent, tout le monde connaissait l’histoire des frères américains qui s’étaient transplantés au Canada; de comment ils avaient découvert Pagé en entendant sa harpe à travers le mur mitoyen entre leurs appartements. Leur troisième disque allait arriver dans un monde où Trump était président, où les Barr étaient tous deux pères, et où des milliers d’admirateurs attendaient impatiemment la prochaine parution de la formation. 

Queens of the Breakers a vu le jour au cours de trois sessions dans ce chalet à la campagne, un lieu baptisé le Wild Studio. Brad s’est emparé de ces premiers sons libres et les a distillés en des chansons évoluant comme la marée, racontant des histoires à propos de la façon dont les amoureux et les compagnons s’harmonisent et se désharmonisent. L’enregistrement s’est poursuivi au Studio Mixart, à Montréal, ainsi que dans le propre espace de répétition du groupe, situé dans une chaufferie. Voici le résultat : 11 pièces de bravoure brûlante et de détermination chancelante; de la musique imprégnée de grooves graves et de mélodies bondissantes, de ruptures subtiles, et du blues au sens large tel que défini par les Barr Brothers.

Une partie de cet album se déroule dans le passé. "Song That I Heard" évoque l’arrivée de Brad à Montréal, les différentes façons dont il est tombé amoureux. Dans la pièce titre de Queens, les Barr se remémorent leur jeunesse à la dérive, plus précisément alors qu’avec des amis, ils rôdaient autour des manoirs du Rhode Island, vêtus des robes de leurs mères, créant un doux chaos. Combien de nos vieux amis voit-on toujours? Combien de nos rêves se sont réalisés? À l’occasion, les sonorités sont enjouées, comme la musique d’un film oublié de John Hugues. À d’autres moments, le son est plus aiguisé, plus exploratoire, s’apparentant à Lhasa de Sela ou à Led Zeppelin III.

Les vestiges les plus bruts des premiers jams qui ont mené à Queens se trouvent dans "Kompromat", où les riffs rencontrent les percussions autour de la harpe jouée comme une kora de Pagé. « I think we're in love with your abuse », lance Brad à son pays natal. « You got one hand on the driver's wheel / in the other a noose. » La magnifique pièce d’ouverture de Queens of the Breakers, "Defibrillation", émet un constat moins brutal, mais pas nécessairement plus tendre. "Defibrillation" est construite à partir d’un rythme de batterie découvert par Andrew dans un hôpital, lors d’une nuit de Noël. Assis avec sa mère en lui tenant la main — elle était tombée et avait besoin de points de suture —, il a remarqué que deux moniteurs cardiaques, chacun connecté au pouls d’une personne différente hors de sa vue, battaient ensemble, puis séparément, et ainsi de suite, s’éloignant et se croisant. Il s’est assuré de se rappeler ce motif rythmique. Puis plus tard, à la maison, il l’a recréé à coups de grosse caisse, de caisse claire et de tom. Lorsqu’il a envoyé le tout à son frère, Brad lui est revenu avec l’ébauche d’une chanson prenant la forme d’une lettre d’un père à son fils. « I just thought I'd save you some time », offre-t-il, « straighten it out here / make it rhyme ». Mais le chanteur ne marchande pas ici de la fausse sagesse. Malgré tous ses efforts, "Defibrillation" est une lettre sans réponses, un geste dans le vide, une complainte reflétant les hésitations qui existent entre chaque être humain.  

C’est cette tension, ces hésitations qui vivent au cœur de Queens of the Breakers. Trois artistes — amis, camarades, musiciens — qui s’efforcent de jouer en harmonie. Trois membres d’un groupe, chacun tâtonnant, creusant dans ses souvenirs, tentant de créer quelque chose ensemble. Un groupe qui joue encore, parfois en le réinventant, son rock’n’roll.

 

The Barr Brothers Biography

"You just try to see the thing for what it is and what it is is a heartbreaking, soulshaking, overwhelming exhalation."

-Defibrillation

To begin their third album, The Barr Brothers had to make some noise together. No plansdistractions, no preconceptions. No friends or strangers, label reps or engineers, no cellphone trills or city sound. No partners. No children. Not even any notebooks of lyrics - verses, choruses, chords preconsidered and plotted out. For the first time the band's three members - namesake siblings Brad and Andrew Barr, harpist Sarah Pagé - would go songless into studio. Empty-handed, whole-hearted, down miles of snowy road to a cabin on a frozen lake, a place full of windows and microphones and starlight and sunshine, with amplifiers in the bedrooms, their volumes turned up loud.

They spent a whole week playing. These were improvisations lasting hours at a time - noons and midnights, dusks and dawns, a chance to remember who they were and who they were becoming. Some of this was groove: patterns inspired by India, West Africa and 808 drum machines, deeper and heavier than what they'd tried before. Some of it came from Pagé's new inventions: humbuckers, Kleenex-box signal-splitters, hacks to make her harp into a versatile, sub-bass-booming noisemaker. But there was also plain old guitar - songs opened up by that big electric sound. Brad had asked, "How do we make music when there is no song?" The answer was this roaming, three-dimensional music, filled with nostalgia and experiments and rolling space, found on the fringes of Saint Zenon, Québec (pop. 1,1150).

The stakes felt high. The success of 2014's Sleeping Operator had taken the band from Montreal to Nashville to Milan, from the Newport Folk Festival to The Late Show with David Letterman. By now everyone knew the story of the American brothers who had decamped for Canada; how they had discovered Pagé by hearing her harp through a shared apartment wall. LP3 would be brought into a world where Trump was president. Where both Barrs were fathers. And where thousands of fans were waiting for the band's next volley. 

Queens of the Breakers was born in three sessions at that cabin in the country, a place called the Wild Studio. Brad took those first free sounds and distilled them into tidal, seeking songs - stories of the way lovers and companions fall in and out of sync. More recording followed at Studio Mixart, in Montreal, and at the group's own boiler-room of a practice space. The result is this: 11 tracks of blazing courage and failing resolve; music suffused with low grooves and darting melodies, subtle breakages, the Barr Brothers' wide-open sense of the blues.

Some of this album takes place in the past. "Song That I Heard", with its memories of Brad's arrival in Montreal, the different ways he fell in love. Or Queens' title track, which revisits the Barrs' misspent youth - a gang of friends rambling through Rhode Island mansions, dressed in their mothers' dresses, wreaking small havocs. How many of our old friends do we still see? How many of those dreams came true? At times the sound's all twinkling, the score for a lost John Hughes film; at other times it's whetted, searching, like the stuff of Lhasa de Sela or Led Zeppelin's III.

The rawest reminder of Queens' first jams appears on "Kompromat", which bristles with rattle and riff, Pagé's kora-like harp. "I think we're in love with your abuse," Brad snarls at his homeland. "You got one hand on the driver's wheel / in the other a noose." On Queens of the Breakers' magnificent opening cut, "Defibrillation", the reckoning is softer - but not necessarily kinder. "Defibrillation" was built atop a drumbeat, something Andrew found at a hospital one Christmas night. Sitting with his mother, holding her hand - she had fallen, needed stitches - he observed a pair of heart monitors, each connected to a different, unseen person's pulse. They were beating together, then not, and not: parting and crisscrossing. He tried to memorize the pattern. Later, at home, he learned to play it on bass-drum and snare and tom. When he sent the beat to his brother, Brad sent back the beginnings of this: a song like a letter from a father to his son. "I just thought I'd save you some time," he offers, "straighten it out here / make it rhyme." Still, the singer's not peddling fake wisdom . For all its striving, "Defibrillation" is a letter without answers, a gesture into space, a lament for the dither that exists between every human being.

It's this tension, this dither, that lives at the centre of Queens of the Breakers. Three players - friends, comrades, music-makers, all of them trying to play in sync. Three bandmates - each of them fumbling, remembering, trying to invent something together. A band still playing, even occasionally reimagining, their rock'n'roll.

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