Dossier de presse Concert-bénéfice Ian Kelly

 

Concert-bénéfice au Métropolis: regarder en avant

Daniel Lemay, La Presse, 3 octobre 2012

Ian Kelly était interpellé à plus d'un égard par l'événement «terrible, inacceptable» qui a mené au concert de lundi soir, à la mémoire de Denis Blanchette et au bénéfice de sa famille. M. Blanchette, tué par balle le soir des élections québécoises, était technicien de scène, comme Kelly l'a été pendant longtemps avant de passer de l'arrière de la scène au devant.

Lundi soir, en essayant de «faire des phrases complètes avec un sujet, un verbe et un complément», l'ex-tech devenu chanteur a expliqué aux 2000 spectateurs du Métropolis pourquoi il se sentait solidaire de Denis Blanchette et de ses collègues des coulisses. Et ce, en passant du français à l'anglais, comme peut le faire un gars de NDG qui a une mère anglophone et un père francophone: le bilingue intégral dans une soirée qui visait à rassembler, physiquement et symboliquement, des artistes montréalais des deux vieilles communautés linguistiques.

«Je ne voulais pas prendre une opportunité qui ne m'appartenait pas», nous a dit hier Ian Kelly, ancien technicien du Spectrum arrivé à la scène au St-Denis quand, au pied levé, il a fait la première partie d'Alanis Morissette. «J'ai parlé en mon nom, pour dire que je me sentais touché...» Touché comme il l'a été l'an dernier lors du concert au profit des victimes des inondations en Montérégie, où il y avait moins de monde dans la salle... et moins de vedettes sur la scène. Lundi, Kelly a chanté avant Éric Lapointe, qu'il connaît bien: «Ça m'a fait drôle d'être sur la même scène que lui: j'ai été son chef-son en tournée...»

De son côté, le producteur André Ménard, qui a organisé le concert en deux semaines avec son équipe de Spectra, avait retrouvé hier un semblant de sérénité. «Ce matin, la lecture des comptes rendus m'a fait fondre en larmes: je me mets rarement dans un état pareil», nous a-t-il dit, tout en évoquant la finale d'Arcade Fire, magnifique crescendo qui a servi de point d'exclamation au concert. «Quelle puissance, Arcade Fire! Et ils n'étaient même pas plogués...»

Le cofondateur du Festival de jazz a par ailleurs avoué que ce concert a constitué un des faits saillants de sa carrière de producteur, tant par sa nature que par l'appui qu'il a suscité dans tous les quartiers. «Tout ce monde-là sur la scène. Céline, Patrick Watson qui écrit une berceuse en français pour la fille de Denis Blanchette, Ian Kelly qui vire ça en feu de camp: émotivement, j'ai vécu un high indescriptible.»

Ç'a été le cas pour d'autres, on peut le supposer. Avant de quitter le Métropolis, à l'entracte, Pauline Marois est allée saluer Céline Dion en coulisse, ce qui a donné lieu à un impressionnant déploiement des agents de la Sûreté du Québec affectés à la garde de la première ministre. Après, le spectacle terminé, la foule sortait en chantant The Load-Out avec Jackson Browne, une des rares chansons à évoquer le rôle quotidien des roadies, ces anonymes qui montent et démontent les scènes. Quel beau flash!

240 000$

Lundi soir, comme l'a souhaité le leader d'Arcade Fire, la musique s'est réapproprié le Métropolis, un de ses temples montréalais. Hier, Spectra a annoncé qu'on avait déjà versé quelque 240 000$ à la Fiducie Denis Blanchette; ça ne lui rendra pas son père, mais ça permettra plus tard à la jeune fille d'étudier. L'histoire, peut-être...

«On peut maintenant regarder en avant», a dit André Ménard. Ian Kelly est d'accord: «Passer à autre chose, oui, mais il ne faut pas oublier.»

 

Succès du concert-bénéfice

Agence QMI, 3 octobre 2012

Une somme de 238 943$ a déjà été amassé, hier, à la suite du concert-bénéfice à la mémoire de Denis Blanchette. Céline Dion, Arcade Fire, Coeur de pirate, Patrick Watson, Vincent Vallières, Martha Wainwright, Anna McGarrigle, Louis-Jean Cormier, Ian Kelly, Dumas, Sir Pathétik, Éric Lapointe, Marc Hervieux et Ben Harper ont offert un spectacle mémorable pour amasser des fonds pour la Fiducie Denis Blanchette qui servira à subvenir aux besoins de sa fille de quatre ans. Il est toujours possible d'effectuer une contribution en ligne (montrealmetropolis.com/concert-benefice), et ce, jusqu'au 15 octobre. L'Équipe Spectra organisait ce concert sous l'impulsion de son vice-président et cofondateur, André Ménard.

 

Concert-bénéfice au Métropolis: au delà des langues

Alain de Repentigny, La Presse, 2 octobre 2012

Ce fut un spectacle à l'image du Métropolis, une soirée qui transcende les langues et les genres musicaux - Éric Lapointe qui chante Mon Ange avec Marc Hervieux qui s'époumone à ses côtés -, réunissant des artistes pour une même cause, la Fiducie Denis Blanchette pour la fille du technicien abattu le 4 septembre.

Un spectacle hors normes lancé par l'ultime chanteuse populaire (Céline Dion) et bouclé deux heures et demie plus tard par un groupe anglo (Arcade Fire) qui a fait connaître Montréal d'un autre public partout dans le monde, avec la jeune maman Coeur de Pirate qui se situe quelque part entre les deux. Un spectacle auquel a participé un guitariste et chanteur d'ailleurs (Ben Harper) qui a tellement fréquenté le Métropolis qu'il connaît certains de ses employés par leur prénom. Sa chanson Pleasure and Pain était de circonstances.

Après une minute de silence pendant laquelle n'était éclairée qu'une caisse d'équipement que connaissent trop bien tous les techniciens, la famille et les proches de Denis Blanchette ont vu depuis leur corbeille Céline Dion s'amener pour chanter L'amour existe encore avec son pianiste Mégo.

«Qu'est-ce que je pouvais chanter d'autre?», nous avait-elle dit quelques heures plus tôt dans une interview que vous pourrez lire samedi. Une grande chanson, livrée par une interprète intense, presque fébrile.

La suite, sur un mode principalement acoustique avec ça et là une petite diversion - la guitare électrique du docteur Tellier, acolyte de Dumas - fut riche en musiques de toutes sortes, propices au recueillement ou préférant fermer un chapitre pour regarder vers l'avant, comme l'a dit Louis-Jean Cormier. Le même Cormier qui n'a pas trouvé beaucoup d'écho dans la salle quand il a tenu à rappeler que l'attentat du 4 septembre était politique. Il y avait justement au balcon Pauline Marois et son ministre de la Culture, Maka Kotto, voisins de sièges de Luc Plamondon.

Certains comme Patrick Watson et Sir Pathétik, ami et artiste préféré du disparu, ont chanté des inédites écrites spécialement pour l'occasion: Watson, «une berceuse pour la fille de Denis», et Sir Pathétik, un touchant témoignage musical sur vidéo filmé en studio avec les proches de l'ami Denis.

Parmi les beaux moments, mentionnons justement le bivouac de Watson et sa tribu, Martha Wainwright accompagnée de sa tante Anna qui chante Dans le silence des McGarrigle après avoir présenté sur écran son frère Rufus chantantHallelujah de Leonard Cohen l'été dernier sur la place des Festivals, la très sympathique allocution d'Ian Kelly, frère d'armes des techniciens, et la si pertinente Le monde tourne fort de Vincent Vallières, tout autant que On va s'aimer encore, qu'il a dédiée à la famille de Denis Blanchette.

Ne manquait plus qu'Arcade Fire au grand complet, en formation acoustique. Poignante relecture de My Body is a Cageen marche funèbre doublée d'une finale comme un hymne à la vie. Puis ce fut l'intense Empty Room et Wake up avant laquelle Win Butler a réaffirmé la volonté commune de se réapproprier ce temple de la musique souillé par la violence: «Nous ne sommes pas séparés, nous sommes ensemble.»

Les artistes et André Ménard, architecte de cette soirée, sont venus chanter Wake up avec eux dans ce qui restera probablement la plus belle image de cette soirée digne et émouvante.

 

Arcade Fire, Céline Dion 'reclaim this place'

Bernard Perusse, The Gazette, 2 octobre 2012

The big moment in Monday night’s benefit concert for Denis Blanchette’s family, held before a capacity crowd at Metropolis, came late in the evening. And it belonged to Arcade Fire, one of the headliners in an evening of marquee names.

Alluding to a “horrible” event at the venue – the killing of Blanchette, a Metropolis technician, during the PQ’s election-night victory party Sept. 4  - Win Butler, the frontman of the highly-acclaimed Montreal band, denounced the violence that had come into what he called a temple of music. “Maybe tonight we can reclaim this place for music and say we don’t stand for violence. We’re all together,” Butler said.

With that, he led the group into Wake Up, one of their best-known songs, and they soon had some 2,000 people sing-shouting the song’s wordless hook. Language tensions – the trigger for the appalling tragedy that inspired the benefit – could not have been more effectively transcended than they were in that primal instant.

As the tempo of the song quickened in the home stretch, most of the high-profile Quebec entertainers, francophone and anglophone, who had graced the gathering returned to the stage and joined in with gospel fervour. The concert-closing message was brilliantly delivered.

The mostly-acoustic evening had begun with an even bigger draw, right after Andre Ménard president of the organizing producer Équipe Spectra, welcomed the crowd and read a letter from Leonard Cohen, who expressed support and his regret for not being able to attend. Céline Dion performed L’amour existe encore – her sole song of the evening – accompanied only by a pianist. Making the most of her brief early appearance, she delivered, with characteristic authority, Luc Plamondon’s highly-appropriate lyrics about love being stronger than the world’s horrors.

It was a message the evening’s stars came back to time and time again – notably in Vincent Vallières’s eloquently simple songs, in a set that was a dark-horse highlight of the night. Dedicating On va s’aimer encore to Blanchette’s family, the Sherbrooke-born singer-songwriter led the crowd in a rousing singalong of the stirring mini-anthem that celebrates love’s permanence.

But statements come in all shapes and sizes. Ben Harper’s long, instrumental slide-guitar introduction to Pleasure and Pain created a reflective, but quietly triumphant soundscape that said more without a word than some songs can say in five verses. The song’s can’t-go-home-again lyrics seemed a reminder of the toll taken on election night.

Karkwa’s Louis-Jean Cormier, during a strong set,  talked about how the election-night tragedy hit him, because he had so often played at Metropolis with the group. Deciding that a song rejecting melancholia and looking toward the future was the way to go, he launched into a spirited Tout le monde en meme temps.

Patrick Watson and band, received with decibel-busting enthusiasm, did a hootenanny-styled Into Giants. Dumas asked the crowd for a beat box rhythm “gros comme le coeur du Metropolis,” before singing J’erre. Martha Wainwright – after presenting a video of her brother Rufus singing Cohen’s Hallelujah – brought out her aunt, Anna McGarrigle, to accompany her on piano for a version of the McGarrigle Sisters’ Dans le silence. The song seemed to speak more clearly of loss than ever.

Coeur de pirate, accompanying herself on piano, melted hearts with Comme des enfants. Singer-songwriter Ian Kelly – a one-time techie and floor-sweeper at Metropolis and the defunct Spectrum – spoke movingly, alternating between French and English, about people in all walks of life who care about what they do. Then he attempted, for one song, a truly unplugged performance – without amplifiers or mics. It was a noble idea, but it sounded like he was somewhere in Lafontaine Park.

There were monumental scenery-chewers like the bombastic, over-the-top duet of Mon ange by Éric Lapointe and operatic belter Marc Hervieux. And there were heartstring-tuggers, like the montage of photos of Blanchette and his 4-year-old daughter during a video of Sir Pathetik singing On t’a pas oublié, with the clumsy line that seemed so perfect for the occasion: “J’ai envie d’crier/ j’pense à toi everyday.”

In the end, the benefit show was less a unified mission statement than a series of memorable moments adding up to a striking display of harmony. And the real magic was in the music moving the healing process along.

And isn’t that exactly what music has always done so well?

 

Un concert inoubliable à la mémoire de Denis Blanchette

Radio-Canada, 2 octobre 2012

C'est dans un Métropolis plein à craquer que plus de 2000 personnes et une vingtaine d'artistes ont rendu un dernier hommage, lundi soir, au technicien de scène Denis Blanchette, tué par balle le 4 septembre dernier à l'arrière de la salle de spectacle montréalaise.

Céline Dion, Ben Harper, Louis-Jean Cormier, Patrick Watson, Dumas, Martha Wainwright, Rufus Wainwright, Sir Pathétik, Coeur de pirate, Éric Lapointe, Ian Kelly, Vincent Vallières et Arcade Fire étaient de la partie.

Céline Dion a lancé le bal devant une foule conquise d'avance et fébrile. Certains avaient attendu depuis tôt le matin, rue Sainte-Catherine, pour s'assurer les meilleures places. Après avoir offert ses condoléances à la famille Blanchette, la diva a interprété la pièce L'amour existe encore.

Certains spectateurs sont cependant demeurés sur leur faim, la chanteuse quittant la scène après seulement une chanson.

André Ménard, vice-président de L'Équipe Spectra, avait au préalable demandé à la foule de respecter une minute de silence à la mémoire de Denis Blanchette, dont la famille et les amis étaient installés aux balcons surplombant la scène. Il a également lu un mot écrit pour l'occasion par Leonard Cohen, qui ne pouvait être présent.

Ben Harper, Louis-Jean Cormier et Patrick Watson ont suivi. Watson a d'ailleurs offert un des plus beaux moments de la soirée. Pour l'occasion, Watson avait composé une berceuse pour la fille de Denis Blanchette, Amy, âgée de 4 ans. Accompagné par Robbie Kuster à la scie musicale, le chanteur a offert une prestation fort émouvante.

La vidéo de l'interprétation par Rufus Wainwright de la pièce Hallelujah, de Leonard Cohen, captée lors du dernier Festival de jazz de Montréal, a mis la table pour la seconde partie du spectacle. Après avoir pris la parole au nom de son frère, retenu en Californie, Martha Wainwright a interprété une chanson en français, accompagnée au piano par sa tante Anna McGarrigle.

Un hommage au métier de technicien

Ian Kelly n'était peut-être pas l'artiste le plus attendu de la soirée, mais son vibrant hommage aux techniciens et aux techniciennes de scène, qui travaillent souvent dans l'ombre, a grandement ému. Étouffé par l'émotion, le chanteur a cité les noms de tous les techniciens du Métropolis.

Durant le spectacle, un coffre et des outils avaient d'ailleurs été placés sur la scène afin de se rappeler le courage dont avaient fait preuve les techniciens de la salle le soir du 4 septembre.

Pour sa première sortie publique depuis la naissance de son premier enfant, Coeur de pirate a été brève, offrant, seule au piano, les pièces Place de la République et Comme des enfants.

Après Éric Lapointe et Vincent Vallières, le groupe montréalais Arcade Fire a mis un terme au spectacle dans une symphonie touchante et rassembleuse, invitant tous les artistes et les techniciens à les rejoindre sur scène pour la dernière chanson de la soirée.

Toutes les recettes du concert, organisé par L'Équipe Spectra, iront à la Fiducie Denis Blanchette, un fonds créé pour venir en aide à la fille de ce dernier.

Sur place, les spectateurs pouvaient également se procurer un macaron au coût de 5 $. Les fonds amassés iront à Dave Courage, gravement blessé le soir du 4 septembre.

Par ailleurs, la première ministre a assisté au concert avec son conjoint, Claude Blanchet.

 

Un hommage 5 étoiles pour Denis Blanchette

Jessica Émond-Ferrat, Journal Métro, 2 octobre 2012

Arcade Fire, Patrick Watson, Louis-Jean Cormier, sans oublier Céline Dion : un éclectique mélange d’artistes a rendu un dernier hommage à Denis Blanchette, lundi au Métropolis.

C’est sur les lieux mêmes du drame qui a causé la mort de Denis Blanchette, le technicien de scène abattu par un tireur lors du discours de victoire de Pauline Marois le 4 septembre, que s’étaient réunis hier soir de nombreux artistes de la scène montréalaise.

Le «line-up», à lui seul, suffisait à attirer une foule impressionnante (il fallait voir la file sans fin qui s’étirait sur la rue Sainte-Catherine), mais les invités ont veillé à ce que Denis Blanchette demeure bien présent dans l’esprit de chacun tout au long de la soirée.

Une soirée dont toutes les recettes serviront à soutenir la fille de quatre ans de M. Blanchette et qui a été organisée de manière exceptionnellement rapide, a souligné le cofondateur de l’équipe Spectra et organisateur de l’événement André Ménard. «Tout le monde a dit oui tout de suite», a-t-il déclaré, rappelant qu’il souhaitait une soirée «calme, apaisée, ritualisée presque». «On veut mettre fin à un chapitre», a-t-il ajouté.

C’est Céline elle-même qui a ouvert le bal, avec un L’amour existe encore particulièrement touchant dans les circonstances. Elle a été suivie par Ben Harper, venu faire un saut au Métropolis avant son spectacle à la Maison symphonique, puis par une pléthore d’artistes anglophones et francophones réunis pour se souvenir de Denis Blanchette et offrir à sa famille un concert mémorable. «J’avais envie de chanter quelque chose qui nous ferait regarder vers l’avant», a lancé Louis-Jean Cormier avant d’entonner Tout le monde en même temps.

«On va chanter une chanson qui parle d’entourage, de famille, parce que les techniciens font partie de notre famille», a pour sa part expliqué Patrick Watson, qui a chanté la superbe Into Giants, en plus d’une berceuse en français écrite exprès pour «la petite fille de Denis». Car c’était ça, le spectacle d’hier : une belle grosse dose d’amour et de solidarité pour une famille dans le deuil.

Une soirée, donc, composée de plusieurs petits moments très émouvants : Martha Wainwright et sa tante Anna McGarrigle chantant une pièce en mémoire de Blanchette, mais aussi de Kate McGarrigle; Cœur de pirate faisant sa première apparition sur scène depuis son accouchement; Ian Kelly, ancien technicien de scène, rendant un hommage sincère aux travailleurs de l’ombre; Vincent Vallières chantant On va s’aimer encore à l’unisson avec tout le Métropolis; et bien sûr, Arcade Fire, à la fin de la soirée, qui a une fois de plus fait naître ce sentiment de communion dont le groupe a le secret, ramenant au final tous les invités sur scène.

«Une chose horrible s’est produite dans un endroit qui est un temple de la musique, a lancé Win Butler à la foule avant d’entamer Wake Up. Et si on le reprenait pour la musique? On n’est pas pour la violence, on est ici tous ensemble.» Et ça voulait tout dire.

 

Concert-bénéfice pour Denis Blanchette: Rassemblement émouvant

Philippe Rezzonico, Rue Rezzonico, 2 octobre 2012

C’est l’histoire d’une tragédie. Le spectacle en mémoire à Denis Blanchette présenté lundi au Métropolis n’aurait jamais dû avoir lieu. Parce que Denis Blanchette devrait être encore au poste, à faire son boulot de technicien de scène. Mais la vie est remplie de tragédies personnelles et collectives, de gestes injustes et incompréhensibles. L’événement qui est survenu le 4 septembre au terme de la soirée des élections provinciales nous marquera encore longtemps.  Et lundi, il était temps de commencer à l’exorciser.

Cette tragédie, personnelle pour Denis Blanchette, sa famille, ses proches et son ami Dave Courage, également blessé lors du rassemblement du Parti québécois dans la salle de la rue Sainte-Catherine, a eu une forte résonance politique et linguistique.  Pourrait-elle, au plan collectif, creuser un peu plus le fossé qui sépare parfois nos deux solitudes? Les artistes ont répondu unanimement « non »,  uniquement en faisant acte de présence.

Une artiste planétaire qui chante dans les deux langues comme Céline Dion, un groupe international formé de Québécois, de Canadiens et d’ Américains tel Arcade Fire, des montréalais anglophones comme Martha Wainwright et Patrick Watson, des Québécois de souche comme Vincent Vallières et Louis-Jean Cormier, un Américain de passage nommé Ben Harper… D’emblée, tous avaient décidé de s’unir pour une bonne cause et démontrer à quel point la communauté artistique est soudée bien au-delà des langues d’interprétation.

La diversité montréalaise

Ça se mesurait aussi dans la salle et même avant, sur le trottoir de la rue Sainte-Catherine, alors que les premiers spectateurs attendaient depuis la matinée afin d’être les plus proches de la scène au parterre. Spectateurs dans toutes les tranches d’âges, allant des hipsters habitués des spectacles d’Arcade Fire au public de Céline Dion, tout en passant par la faune québécoise que l’on repère aux spectacles de Vallières.

En raison du système de bracelets visant à contrer les revendeurs de billets, la file d’attente s’étirait du Métropolis jusqu’à la rue Hôtel-de-Ville dès 19 heures. Très, très loin…. Pas de hâte, pas d’impatience. Tous attendaient calmement pour ce moment qui s’annonçait pas comme les autres. L’affiche lors de la mise en vente annonçait une demi-douzaine de grands et gros noms. D’autres s’étaient ajoutés et d’autres allaient causer la surprise, personne n’en doutait.

La rue Sainte-Catherine fermée à la hauteur de St-Laurent et la présence considérable de policiers indiquait toutefois l’arrivée de gens importants, mais comme tous les artistes étaient déjà en coulisses, personne n’a été très surpris de voir arriver la voiture officielle de la première ministre du Québec, Pauline Marois.

Quelques applaudissements, quelques photos d’usage, mais rien de très protocolaire. La venue de la première ministre n’avait pas été annoncée. Elle est montée s’installer au balcon en plein milieu de la foule avec son conjoint Claude Blanchet et le ministre de la Culture, Maka Kotto, mais jamais n’a-t-on annoncé formellement sa présence dans la salle.

Visiblement, comme bien des gens qui faisaient acte de présence afin d’amasser des fonds pour la Fiducie de Denis Blanchette visant à soutenir sa fille, Madame Marois avait décidé d’être discrète et de ne pas marquer d’un sceau politique cette soirée. Bonne initiative. On ressentait bien plus le recueillement que la partisanerie politique lors de cette soirée. Et aussi la classe…

Leonard, le parrain spirituel

Classe du public qui a suivi la recommandation du vice-président de Spectra et organisateur de la soirée, André Ménard, qui ne voulait pas voir de cellulaires dans les parages, au point que les photographes ont été installés tout en haut du balcon.

Classe de Leonard Cohen,  le « parrain spirituel » de cette soirée, qui a remis à Ménard un mot lors de leur rencontre à Paris cette semaine, mot que le vice-président du FIJM a lu à la foule. Enfin, classe quant à la qualité d’écoute. Rarement, tous genres musicaux confondus, ai-je entendu un silence si intense lors des interprétations des artistes quand celui-ci était de mise. Respect total.

Et les artistes ont fait des choix magnifiques. D’emblée, après une minute de silence, Céline Dion est apparue et a sobrement interprété en mode piano-voix L’amour existe encore, une chanson qui a donné le ton à la soirée. L’amour, l’amitié et l’espoir de jours meilleurs allaient être à l’agenda.

Non loin du coffre à outils placé sur scène pour rappeler le travail des techniciens, Ben Harper a démontré son talent de guitariste à la guitare slide durant une dizaine de minutes avant de chanter une Pleasure and Pain qui nouait les tripes. L’Américain s’est pointé au Métropolis alors qu’il jouait trente minutes plus tard à la Place des Arts. Beau geste.

Louis-Jean Cormier a également choisi une chanson rassembleuse parmi ses deux sélections avec Tout le monde en même temps, où il chante « et si tout le monde en même temps, on bâillonnait la guerre? » Choix judicieux. Peut-être plus que son allusion à « l’attentat politique » du 4 septembre qui n’a guère eu d’échos dans la foule.

Impérial Watson

Cormier est ensuite demeuré sur scène pour épauler Patrick Watson et ses collègues qui ont offert une fabuleuse livraison de Into Giants à trois guitares, six voix et une trompette. Un bijou de cohésion et de finesse. Quand il a pris place au piano, Watson a renversé tout le monde en annonçant en qu’il venait de composer une berceuse pour la petite fille de Blanchette qu’il a interprétée en français (!), accompagné de Robie Kuster à la scie musicale. Magique.

Dumas, toujours accompagné de Jocelyn Tellier, est venu dynamiser l’offrande collective avec le doublé J’erre et Le Bonheur. Même en mode acoustique – comme l’ensemble du spectacle -, la foule a eu l’occasion de battre la mesure.

Rufus, Martha et Anna

Tout le monde le sait : vous invitez un Wainwright à un spectacle et toute la famille se pointe à la soirée. Nous avons donc eu Martha qui est venue présenter Rufus… que nous avons pu apprécier sur vidéo. On a montré sur écran sa livraison de Hallelujah, de Cohen, qu’il avait livrée en plein air sur la Place des festivals cet été. Même sur bande, c’était – encore – émouvant. Puis Martha, cette fois accompagnée de sa tante Anna McGarrigle, a interprété Dans le silence, que Anna chantait dans le temps avec Kate McGarrigle, aujourd’hui décédée.

Sir Pathétik, également sur bande, a présenté une composition inédite de son cru qu’il a interprétée dans un studio avec la famille de Blanchette. Une fichue de belle initiative qui a permis de conclure la première partie avec des photos de Blanchette et de sa fille Amy, âgée de quatre ans. Juste ce qu’il fallait de mémoire.

Autre symbole fort, la venue de Cœur de pirate sur scène quelques semaines après qu’elle eut donné naissance… à une petite fille. Deux impeccables interprétations de Place de la République et Comme des enfants, toute seule au piano.

Les techniciens

Sur ses talons, Ian Kelly a fait un tabac. Partageant son discours en anglais et en français, celui qui fut technicien de scène au Spectrum et au Métropolis avant d’être un artiste a parlé de l’importance de bien faire son travail, que l’on soit médecin ou concierge. Il a aussi nommé tous les techniciens du Métropolis avec la gorge nouée et a offert deux chansons (We Will Meet Again, Take Me Home), la seconde sans amplification sonore, devant le micro. Tour de force.

Puis, la surprise avec Éric Lapointe qui vient interpréter Mon Ange comme s’il l’avait perdu – ce qui est le cas -, soutenu en finale par Marc Hervieux. Dans ce spectacle placé sous le signe de la finesse et de la sobriété, ce fut un boum bienvenu. Rien de tel qu’une cassure de rythme pour finir en force.

Vincent Vallières a ensuite enveloppé le Métropolis d’une grande couverture chaude avec un trio mémorable (Le monde tourne fort, Laura, On va s’aimer encore). Sa chanson-phare a été interprétée spontanément par le public. Frissons garantis pour les 50 prochaines années à venir.

Finalement, les membres d’Arcade Fire tirés à quatre épingles sont venus s’aligner de gauche à droite sur scène – avec Régine Chassagne au piano derrière eux – et ont amorcé le dernier droit avec My Body is a Cage. Entendre avec cette instrumentation minimaliste mais recherchée (contrebasse, violon, accordéon) la phrase «Set my body free », dans le contexte de ce spectacle, c’était vivre un grand coup de cœur. Ce ne fut pas moins vrai avec l’enchaînement de l’évocatrice Empty Room.

C’est à ce moment que Win Butler a souligné que cette soirée était l’occasion de se « réapproprier ce temple de la musique souillé par la violence ». Le groupe ne pouvait mieux choisir que Wake Up pour conclure. On le dit et le redit, le choix des chansons de la part des artistes a été hautement judicieux.

Mais à bien y penser, c’est surtout le rassemblement improbable qui fut marquant. Céline Dion et Arcade Fire au même programme? Eh oui… Patrick Watson et Éric Lapointe qui dansent ensemble sur scène à la fin? Bien sûr. Des macarons « Courage » pour amasser des fonds pour Dave Courage? Ça va de soi. Des québécois francophones, anglophones, des Canadiens et des Américains au même programme pour une même cause? Absolument.

Lundi, au Métropolis, tous ensemble, tout était possible. Espérons que ce message d’espoir né d’une tragédie ne s’estompe pas de sitôt.

 

Unis dans le deuil

Marc Cassivi, La Presse, 1er octobre 2012

Ce n'est pas seulement un spectacle pour faire oeuvre utile. Pas seulement un spectacle destiné à amasser des fonds pour une fillette de 4 ans, devenue du jour au lendemain orpheline de père.

C'est un spectacle qui a valeur de symbole. Un spectacle à la mémoire d'un homme, Denis Blanchette, désormais et pour toujours associé à un événement tristement célèbre de notre histoire. Un attentat contre la première femme élue à la tête du gouvernement du Québec, le soir de son élection.

La question s'est posée. Denis Blanchette est-il un héros? S'est-il, d'une manière ou d'une autre, interposé entre l'assassin et sa cible, ou s'est-il seulement retrouvé, comme le veulent le cliché et la vidéo de surveillance du Métropolis, au mauvais endroit au mauvais moment?

Qu'importe. Un homme est mort. Un homme innocent, sans histoire. Le père d'une fillette. Assassiné froidement, dans des circonstances dramatiques. Sa mort est, restera, un symbole.

Le spectacle organisé à la mémoire de Denis Blanchette, ce soir au Métropolis, est aussi symbolique. C'est le symbole d'un deuil qui se poursuit, d'un recueillement, d'une réconciliation nécessaire.

Un spectacle pour se remettre d'un traumatisme. Pour refuser la trame, celle de la haine et de la division, que son auteur a voulu nous inspirer. «To find closure», comme disent les Anglos.

Il y a eu agression. Pas seulement contre un homme et contre celui, Dave Courage, qui se trouvait derrière lui. Pas seulement contre un parti politique, contre ses idées et contre la femme qui désormais les incarne. Il y a eu agression contre une société, sa façon de voir les choses, de les appréhender, de les définir.

Le 4 septembre, j'ai été glacé par les mots du tueur. Par son désir de vengeance. Par son visage déformé par la haine. J'ai été troublé, au cours des jours qui ont suivi, par les réactions à ses paroles. À l'interprétation que certains ont voulu donner à ce qu'il a dit, à ce qu'il a voulu dire, à ce que tout cela signifie. La blessure est là aussi. Logée dans le sens absurde que l'on fait porter à deux phrases assassines.

Un homme est mort. Presque sous nos yeux. Ce soir, des artistes de tous les horizons se réuniront, sur le lieu même de la tragédie, pour lui rendre hommage. À l'initiative d'André Ménard, de l'Équipe Spectra, qui y a réagi spontanément, comme nous tous.

Il y aura Céline Dion, qui chante en anglais et en français. Il y aura Louis-Jean Cormier et Patrick Watson, un francophone et un anglophone qui chantent ensemble. Il y aura Coeur de Pirate et Ian Kelly, Vincent Vallières et Arcade Fire. Il y aura Win et Régine, l'incarnation même de la dualité linguistique montréalaise et du vivre-ensemble. Un symbole.

 

Une salle au riche apssé

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 1er octobre 2012

Pour plusieurs personnes, il y aura désormais un avant et un après 4 septembre, à propos du Métropolis. Pour André Ménard, même si sa salle de spectacle a vu son destin être entaché à jamais, le soir de la victoire de Pauline Marois, il ne faut surtout pas oublier le passé musical très riche de ce « temple du rock » de la rue Sainte-Catherine.

Chaque fois qu’il met les pieds dans le Métropolis, André Ménard est empli d’un sentiment de fierté. Le co- fondateur de l’Équipe Spectra avait toujours rêvé de posséder une salle de spectacle sur la rue Sainte-Catherine, au centre-ville de Montréal. Il a réalisé son rêve en 1982 avec la location du Spectrum. Puis, quinze ans plus tard, Spectra se portait acquéreur de la discothèque Métropolis, dont le propriétaire avait des troubles financiers.

Pendant dix ans, Spectra a opéré les deux populaires salles, avant de voir le Spectrum fermer malheureusement ses portes. Aujourd’hui, le Métropolis fait office d’amiral du secteur Saint- LaurentSainte- Catherine, en plein quartier des spectacles.

Alors que les autres théâtres et cinémas du centre-ville ont laissé leur place à des pharmacies et autres magasins de vêtements, le Métropolis a tenu le coup, ce qui en fait le plus vieux théâtre à Montréal. En près de 130 ans d’existence, l’établissement a passé deux fois au feu, a déjà abrité une patinoire intérieure et un cinéma érotique.

Depuis que Spectra exploite les lieux, le Métropolis accueille, bon an mal an, entre 150 et 200 concerts par année. « Je dois voir environ un spectacle sur deux », indique André Ménard, qui apprécie annuellement entre 300 et 400 concerts.

Beck et Leloup

Ses moments marquants du Métropolis? « Le premier soir qu’on était propriétaire, c’est Beck qui était là. C’était un excellent show. Je me souviens aussi de soirées fantastiques avec Jean Leloup, qui a dû jouer au Métropolis une dizaine de fois. Il y a aussi George Thorogood et Motörhead pour lesquels je me prends toujours un siège dans la première rangée du balcon. »

« C’est une salle dont le destin est marqué par beaucoup de spectacles mémorables. La quantité d’émotions que je peux vivre au Métropolis, il y a beaucoup de gens qui ne connaissent pas ça. C’est une salle qui, malgré son volume impressionnant, est quand même chaleureuse. »

Le 4 septembre dernier, la merveilleuse histoire du Métropolis a toutefois subi un dur coup avec l’attentat qui a causé la mort du technicien Denis Blanchette. « C’est sûr que ça fait partie de notre histoire, maintenant, dit André Ménard. C’est une chose qu’on ne pourra jamais occulter. »

« Il y a une espèce de deuil qu’il faut faire, poursuit-il. Dans mon cas, c’est le deuil d’une certaine naïveté. Quand j’ai commencé à organiser mes premiers concerts au collège, il y a 40 ans, je trouvais ça extraordinaire de communier à la culture, d’essayer de faire partager mes goûts aux gens. Mais quand il arrive un truc comme ça, tu prends un peu congé de tes idéaux. Ç’a été assez choquant. »

Honorer la mémoire du disparu

En moins d’un mois, le mélomane a réussi à rassembler de grosses pointures de la musique qui ont toutes accepté de chanter, gratuitement, ce soir. « Seuls les techniciens et la sécurité seront payés », dit André Ménard.

En plus de ce spectacle, l’Équipe Spectra songe à une façon d’honorer la mémoire de Denis Blanchette. Un mémorial pourrait être installé dans les coulisses, pour les collègues du défunt, ainsi qu’un autre, dans la salle, pour le public.

« On travaille là-dessus. On veut le faire comme du monde. On aurait pu s’acheter un cadre chez IKEA, mais on veut faire quelque chose de chic et témoigner de ce moment historique, de la solidarité qu’on éprouve à son entourage. »

Pour ce qui est de l’idée de changer le nom de la petite salle du Savoy en salle Denis-Blanchette, André Ménard répond que toutes les options sont envisagées. « Il faut aussi en discuter avec son entourage. »

 

Tous - vraiment tous - derrière une même cause

Philippe Rezzonico, Radio-Canada, 1er octobre 2012

Aider son prochain. Ce n’est pas d’hier que les artistes donnent leur temps et leur talent pour aider et soutenir des amis, des concitoyens, des compatriotes et parfois des inconnus qui résident tout près d’eux ou très, très loin. Ce sera le cas, lundi soir, au Métropolis, lors du spectacle offert à la mémoire du technicien Denis Blanchette, assassiné au terme de la soirée des élections, le 4 septembre. Et on aimerait bien que tout le monde affiche la même solidarité…

Le groupe Arcade Fire ainsi que Céline Dion, Cœur de pirate, Patrick Watson, Ian Kelly, Vincent Vallières et Ben Harper se succéderont sur les planches de la salle de spectacle de la rue Sainte-Catherine, à quelques mètres de l’endroit où Blanchette a perdu la vie. L’objectif : amasser des fonds pour sa fille de 4 ans, qui a perdu son père. Cause noble et beau geste de l’Équipe Spectra qui a réussi à réunir une brochette spectaculaire d’artistes en un rien de temps.

Ce genre d’initiative spontanée n’est pas rare au Québec. L’an dernier, lorsque de graves inondations ont causé des dégâts énormes aux maisons des résidents de la Montérégie, un groupe d’humoristes formé de Jean-François Mercier, Jean-Marc Parent, Mike Ward, Stéphane Fallu et consorts avait donné deux spectacles-bénéfices à Saint-Jean-sur-Richelieu. Roch Voisine, Éric Lapointe, Sylvain Cossette, Coral Egan et Andrée Watters avaient fait de même avec un spectacle musical offert à L’Olympia.

Pour les bonnes causes

Les artistes sont toujours prêts à aider ceux qui sont dans le besoin. Et pas uniquement ceux qui vivent au Québec. En janvier 2010, il y a eu plusieurs spectacles d’importance afin d’amasser des fonds pour Haïti, qui avait été ravagé par un tremblement de terre : le téléthon du Québec, télédiffusé en provenance des studios de TVA et animé par Luck Mervil; le spectacle mis sur pied par Pop Montréal au Club Lambi; une soirée au Gesù avec Arianne Moffatt, Bïa et Kodiak, et des prestations au théâtre Télus, avec Loco Locass et le rappeur Dramatik.

Ces initiatives ont rapidement été mises sur pied, en moins de deux semaines dans certains cas, et les profits ont été versés à des organismes d’aide présents à Haïti comme Partners in Health, la Croix-Rouge et Médecins sans frontières. Un téléthon américain animé par George Clooney qui mettait en vedette Wyclef Jean et une foule d’artistes de renommée internationale a été télédiffusé sur toutes les chaînes de télévision d’importance aux États-Unis.

Le tsunami survenu aux Philippines en 2004, l’ouragan Katrina qui a fracassé les digues à La Nouvelle-Orléans en 2005 et, bien entendu, les attentats du World Trade Center à New York en 2001 ont été l’objet de collectes de fonds ou d’hommages au cours des ans, et ce, à petite ou grande échelle.

La famine en Éthiopie

On peut remonter aussi loin qu’au désormais légendaire spectacle de Live Aid, en 1985, qui visait lutter contre la famine en Éthiopie. Les chansons We are the world (États-Unis), Do they know it’s Christmas? (Royaume-Uni), Tears are not enough (Canada) et Les yeux de la faim (Québec) ont été enregistrées pour cette même cause au milieu des années 1980.

Ce soir, une poignée d’artistes et des techniciens offriront de façon bénévole leur temps et leur talent afin de remplir à ras bord le Métropolis. Même les journalistes présents qui assureront le compte-rendu du spectacle devront débourser 80 $ (places debout) pour faire leur boulot. Excellente initiative. On met sur pied un spectacle-bénéfice ou on ne le fait pas…

Bref, tout le monde va aider son prochain… sauf les revendeurs de billets.

Billets au noir

L’animateur de la station 98,5 Sylvain Ménard a été l’un des premiers à sonner l’alarme sur les réseaux sociaux en milieu de semaine dernière : des revendeurs tentent de refiler à des prix gonflés les billets du spectacle à la mémoire de Denis Blanchette.

La recette qui sera amassée par cette soirée-bénéfice ne sera pas affectée, car tous les billets – peu importe l’identité de l’acheteur – ont été vendus  à leur valeur nominale. N’empêche, rayon morale, on peut difficilement tomber plus bas. Les revendeurs se disent qu’une foule de fans sont prêts à payer cher pour voir les artistes présents.

Pensez-y… Qui a déjà vu Céline Dion dans une salle de taille moyenne plutôt que dans un stade ou un aréna? Qui ne voudrait pas voir Arcade Fire en formation acoustique, d’autant plus que le groupe ne devait pas donner de spectacle à Montréal cette année? Qui pensait revoir Cœur de pirate sur scène alors que Béatrice Martin vient d’accoucher il y a quelques semaines de son premier enfant? Même si chaque artiste n’interprétera probablement que deux ou trois chansons, tout au plus.

Affiches inédites

C’est le propre des spectacles-bénéfices. Au-delà de la cause soutenue, certains événements du genre proposent une affiche que les amateurs ne verraient pas autrement. Et ces artistes sont la raison pour laquelle on fait appel à eux. On désire que la salle soit pleine pour que l’événement atteigne son objectif.

Alors, je lance un message aux revendeurs qui ne manqueront pas d’être devant la porte du Métropolis ce soir. Si vous vendez à l’entrée des billets au double du prix demandé (80 $ debout et 175 $ assis), ayez au moins la décence de remettre la moitié de votre profit aux organisateurs. Je ne me fais pas d’illusions. Vous ne remettrez jamais la totalité de cette somme.

Au moins, comme les artistes, les techniciens et les journalistes présents, vous mettrez l’épaule à la roue pour une bonne cause. Ça serait bien que tout le monde – vraiment tout le monde – aide son prochain. Pour une fois…

 

Critique: Arcade Fire, Céline Dion et plus au Métropolis pour un spectacle-bénéfice

Marc-André Mongrain, Sors-tu, 1er octobre 2012

Surréelle que cette idée de voir Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson, Ben Harper et une demi-douzaine d’autres artistes québécois réunis dans une seule et même soirée. Les gens de l’ADISQ n’oseraient même pas en rêver; même les Grammys peineraient à rassembler tout ce beau monde. C’est pourtant le spectacle-bénéfice à la mémoire de Denis Blanchette – technicien tristement décédé lors des incidents survenus pendant la soirée des élections au Métropolis – qui a pris la forme de cette grande communion musicale anglo-franco extraordinaire et unique…

Mais aussi « extraordinaire » (au sens propre) soit-elle, cette soirée acoustique se déroulait également sous le signe de la sobriété. Pas trop de discours, ni d’émotions appuyés. Pas de décor non plus, ni de montage photo larmoyant (n’eut été d’une vidéo hors-ton avec Sir Pathétik). Principalement de la musique. Belle et épurée. De la musique de coeur.

Louis-Jean Cormier et Win Butler ont chacun souligné avec justesse l’importance d’une soirée visant à se « réapproprier un lieu tristement lié à une tragédie ». L’air était donc à l’appréciation de la musique dans sa forme la plus simple.

Céline unplugged

Ça commençait en grand avec la présence de Céline Dion, grande dame du showbiz plus grand que nature, cette fois sans artifice. Après une minute de silence pour le défunt, son pianiste Claude Lemay s’est pointé sur scène afin de démarrer la soirée avec une mélodie plutôt familière. Sous un tonnerre d’applaudissements, la chanteuse québécoise la plus populaire au monde a entonné L’Amour existe encore. Un grand moment, qui s’est déroulé dans un silence des plus respectueux.

Sans tambour ni trompette, les artistes se sont succédés, de Ben Harper (qui venait proposer une petite visite éclair, tout juste avant son spectacle complet à la Maison Symphonique) à Coeur de Pirate, en passant par Louis-Jean Cormier et Patrick Watson. Ce dernier a d’ailleurs pris le temps d’écrire une berceuse – en français de surcroît – pour la fille de Denis Blanchette.

Chacun y allait de sa spécialité: Dumas tentait de soulever la foule avec entrain, alors que Martha Wainwright et sa tante Anna McGarrigle ont offert leur contribution musicale avec une douce humilité, tout comme Coeur de Pirate (qui effectuait une première prestation publique depuis son accouchement).

Ian Kelly a rendu hommage à ces techniciens et « gars de sécurité » qui proviennent d’un monde qu’il connait bien, ayant été lui-même technicien de scène au Métropolis et au Spectrum.

La famille et les proches de la victime – qui occupaient les loges VIP en haut aux bords de la scène – ont semblé soulevés par la présence surprise d’Éric Lapointe et Marc Hervieux, qui ont interprété Mon Ange en duo, avec Rick Hugues au piano.  Ça et le succès fédérateur de Vincent Vallières, On va s’aimer encore.

Finale avec Arcade Fire

La cerise sur le gâteau: 3 chansons de la formation Arcade Fire, tous de noir vêtus, à la manière « MTV Unplugged ». Chics et minutieux, les 8 complices ont revisité My Body Is A Cage (avec une imposante finale à 6 voix), Empty Room (avec accordéon) et Wake Up de nouvelles façons.

Pour cette dernière, les artistes encore présents ont rejoint Arcade Fire sur scène pour une finale digne d’une St-Jean de rêve. Voir Éric Lapointe et Patrick Watson chanter ensemble la finale de Wake Up avec Arcade Fire aux devants de la scène? Qui l’eût cru!

Belle façon de « tourner la page » que cette soirée en privé, qui s’est déroulée dans le respect et la simplicité. Un beau petit happening qui fait du bien.

Déroulement de la soirée

19h20: La file d’attente s’étire jusqu’au coin Ste-Catherine et Sanguinet. Le bruit court que Céline Dion OUVRIRAIT la soirée. Dans 10 minutes. Ça rentre au compte-goutte. Un certain stress s’installe dans la file d’attente…

19h50: Le spectacle, prévu pour 19h30, n’est toujours pas commencé. Ça se remplit. Sur scène: un piano et quelques micros. C’est tout. Et Dieu sait qu’il en passera, des gros noms, sur cette scène pour l’instant presque déserte.

20h: Le vice-président et directeur général du Métropolis André Ménard arrive sur scène afin de présenter (dans les deux langues concernées) la soirée, qu’il veut « calme et apaisée ». Il lit ensuite un message adressé à la foule par nul autre que Leonard Cohen (qui est présentement en Europe). Belle pensée.

Une minute de silence pour le défunt.

20h05: La soirée commence en grand. Céline Dion arrive sur la scène du Métropolis. (On n’aurait jamais cru écrire cette phrase). Elle interprète L’amour existe encore, accompagnée d’un pianiste (Claude Lemay), alors qu’un silence religieux règne toujours dans la salle. Force est d’admettre qu’une chanteuse d’une telle stature dans une soirée aussi sobre, ça donne lieu à un moment inoubliable.

Évidemment, la foule lui réserve une ovation bien sentie. Céline n’interprètera qu’une seule chanson.

20h12: Au suivant: Ben Harper est au Métropolis… moins d’une heure avant son show à la Maison Symphonique! Il interprète une pièce instrumentale de 5 minutes, puis une jolie version solo de Pleasure and Pain.

20h27: Au tour de Louis-Jean Cormier, avec Un refrain trop long, puis Tout le monde en même temps, avec sa choriste Adèle Trottier-Rivard et son guitariste Simon Pednault.

20h39: Louis-Jean présente ensuite son bon ami Patrick Watson. Autour d’un micro, le Patrick Watson Band et Louis-Jean Cormier interprètent Into Giants.

Watson se dirige ensuite au piano, alors que ses collègues retraitent au vestiaire. « Je ne savais pas quelle chanson chanter alors j’ai écrit une berceuse pour la petite fille de Denis (Blanchette) ». Il entonne une jolie berceuse inédite en français, lui au piano avec Robbie Kuster à la scie musicale.

20h49: Au tour de Dumas. « Une chanson pour Montréal »: J’erre avec Jocelyn Tellier à la guitare électrique. S’ensuit Le Bonheur (Rien ne nous areêtera).

21h: Martha Wainwright nous fait ensuite l’honneur de sa présence. Elle introduit une vidéo de son frérot Rufus, qui chante Hallelujah. vidéo d’archive tirée du Fetival de Jazz. Drôle d’idée. La foule du Métropolis chante en choeur le refrain. Rufus se trompe dans ses paroles, comme toujours. Même le monteur de la vidéo n’en a pas fait un cas apparemment.

21h05: Martha à nouveau, pour une chanson avec sa tante Anna McGarrigle. Un titre des Soeurs McGarrigle: Dans le silence.

21h09: Un message vidéo de Sir Pathétik. On le retrouve en studio; il a enregistré une chanson pour Denis Blanchette, avec les proches du regretté pour choeur.

21h35: Retour de l’entracte. Coeur de Pirate effectue sa première présence sur scène depuis son accouchement. Pas rouillée du tout, la nouvelle maman.

« Bébéatrice » interprète ses deux titres les plus connus, Place de la République et Comme des enfants, avec une humeur resplendissante dans la voix.

21h45: Ian Kelly se pointe sur scène et explique qu’il fut jadis technicien au Métropolis et au Spectrum, en franglais, et prend soin de remercier un à un tous les techniciens de l’établissement.

Il empoigne ensuite une guitare afin de jouer la bien-nommée We Will Meet Again, accompagné de Sandy Belfort au piano, avant d’enchainer avec Take Me Home, complètement débranché. Chaude ovation.

21h55: Surprise: Eric Lapointe et Marc Hervieux viennent chanter Mon Ange !  On dira ce qu’on voudra, ces deux voix résonnent jusque dans les tripes.

22h05: Vincent Vallières et son guitariste André Papanicolaou interprètent Le monde tourne fort et Laura. Et On va s’aimer encore. Trois chansons pour Vincent Vallières. Tiens donc. Ça augure bien pour la finale…

22h20: La cerise sur le gâteau. Arcade Fire. Tous les huit, tous de noir vêtus. My Body Is A Cage. Empty Room. Wake Up. De la contrebasse, des violons, de l’accordéon, des guitares acoustiques. Régine au piano. Win à la 12-cordes. Des harmonies à 6 voix. L’envie d’en prendre encore deux heures…

À la fin de Wake Up, les artistes encore présents viennent rejoindre notre groupe-joyau sur scène. Louis-Jean Cormier et André Papanicolaou semblent être en train de réaliser un rêve.   N’était-ce pas ce même Louis-Jean qui chantait, sur son nouvel album, ne pas aimer les « happy ends » ?

 

 

Spectacle-Bénéfice du Métropolis: Ben Harper, Dumas et Martha Wainwright

Agence QMI, 28 septembre 2012

Ben Harper, Dumas et Martha Wainwright s’ajoutent à l’impressionnante liste d’artistes qui prendront part au spectacle-bénéfice acoustique à la mémoire du technicien Denis Blanchette, ce lundi, au Métropolis.

Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson, Cœur de pirate, Ian Kelly, Vincent Vallières et Louis-Jean Cormier monteront aussi sur scène.

«Ce sera un spectacle acoustique historique parce qu’on parle d’une réunion d’artistes qu’on ne verra pas souvent sur la même scène», avait dit plus tôt cette semaine André Ménard, cofondateur et vice-président de l'Équipe Spectra, qui organise ce concert.

L’objectif est d’amasser plus de 200 000$, somme qui sera versée entièrement à la Fiducie Denis Blanchette afin de subvenir aux besoins de la fille de quatre ans de la victime. M. Blanchette a été tué lors de l’attentat du 4 septembre perpétré au Métropolis pendant le discours de victoire de la première ministre Pauline Marois.

Le présumé tireur et suspect, Richard Henry Bain, a été arrêté sur place. Il a fait une autre victime, Dave Courage, qui a survécu à ses blessures. On passera d'ailleurs le chapeau dans la salle lundi, invitant les gens à donner pour soutenir ce dernier dans sa convalescence.

Tous les billets ont été vendus en moins de 24h, mais le public peut continuer à donner en ligne (montrealmetropolis.com/concert-benefice).

 

Un concert historique

Vanessa Guimond, Journal de Montréal, 26 septembre 2012

Réunir Arcade Fire et Céline Dion sur une même scène relève de l’exploit. Pourtant, ces artistes de renom seront du concert-bénéfice organisé à la mémoire du technicien Denis Blanchette, tué lors de l'attentat survenu au Métropolis, le 4 septembre dernier.

« Dès le lendemain du drame, nous parlions de notre projet avec la famille de Denis Blanchette, a raconté André Ménard, cofondateur et vice-président de l'Équipe Spectra, l’entreprise qui possède la salle. Après tout, les spectacles, c’est ce que nous savons faire le mieux. Nous avons donc appelé quelques amis qui ont accepté notre invitation. »

En plus du groupe rock Arcade Fire et de la vedette internationale Céline Dion, nombre d’artistes ont accepté de participer à l’événement qui sera présenté le 1er octobre, au Métropolis. Coeur de pirate, Vincent Vallières, Louis- Jean Cormier, Ian Kelly et Patrick Watson interpréteront une ou deux pièces lors de ce concert acoustique qui vise à amasser des fonds pour la fillette de Denis Blanchette, âgée de 4 ans.

« Ça n’a pas été difficile de convaincre les artistes, a soutenu M. Ménard, précisant que d’autres noms s’ajouteront au programme. La réaction de tout le monde a été parfaite. J’en suis vraiment heureux. »

Objectif : 200 000 $

Toutes les recettes générées dans le cadre de cette soirée seront versées à la fiducie Denis Blanchette, dont pourra profiter la fille du technicien.

« Nous faisons ce concert pour toute la communauté, mais, d’abord et avant tout, c’est pour cette petite fille que nous le faisons. Elle est privée de son père, désormais, mais nous voulons qu’elle puisse avoir une bonne éducation et qu’elle ne manque de rien. Nous trouvions que c’était le minimum à f aire pour qu’elle puisse g randir normalement. »

En plus des recettes engendrées par la vente de billets, la salle versera le montant généré grâce au service de bar à la fiducie. Une page Web (montrealmetropolis.com/concert-benefice) a également été mise sur pied afin de permettre aux gens de faire des dons en ligne. « Avec tout cela, nous aimerions amasser plus de 200 000 $ », d’affirmer M. Ménard.

Miser sur l’avenir

Les employés du Métropolis ont tous été bouleversés par la tragédie qui a directement frappé deux de leurs collègues. Rappelons qu’un autre technicien, Dave Courage, a été grièvement blessé lors de l’attentat.

« C’est sûr que ça laisse des traces. Ça fait 40 ans que je suis dans l’organisation d’événements. J’en ai vu de toutes l es couleurs. Mais on n’est jamais préparé à un événement pareil. Il y a un processus de réparation. Le Métropolis a un trou dans son âme, lui aussi. Nous voulons regarder vers l’avant et cette soirée va certainement nous aider à y parvenir. »

En plus de venir en aide à la fille de M. Blanchette, la soirée sera l’occasion de réaliser une collecte de fonds pour soutenir M. Courage. L’Équipe Spectra affirme qu’elle continuera d’assister le technicien et sa famille jusqu’à ce qu’il soit indemnisé par la CSST.

En fin de journée, hier, l’équipe de Mm Marois, qui prononçait son discours à l'intérieur de la salle au moment du drame, ne pouvait confirmer si la première ministre sera de l’événement.

Ian Kelly très touché par cet événement

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 26 septembre 2012

Le chanteur Ian Kelly s’est senti particulièrement touché par l’événement tragique du 4 septembre, lui qui a travaillé pendant quelques années pour les Productions du Grand Bambou, la compagnie qui employait Denis Blanchette.

« J’y ai travaillé comme technicien pendant un bon cinq ou six ans, dans les années 2000, dit-il. Je n’ai jamais rencontré Denis Blanchette, car il est arrivé après mon départ. Mais je connais bien les techniciens du Métropolis et la direction. Je suis très près de ce milieu-là.

« C’est comme une grosse famille, poursuit-il. C’est un travail où il y a tellement de trucs exigeants et intenses, mais aussi plein de périodes d’attente. On se rapproche donc vraiment des gens avec qui on travaille.

Ne pas vivre dans la paranoïa

Pour son travail, Ian Kelly a passé beaucoup de temps assis dans le fameux escalier bleu, derrière le Métropolis, là où Denis Blanchette a été tué. « C’est là que je me tenais en attendant que le spectacle ou l’événement se termine pour aller démonter. Il y a cinq ans, j’étais assis dans ces marches-là et je travaillais pour le Métropolis un soir d’élections. C’est pour ça que je me sens vraiment concerné. »

Également père de famille, avec des enfants en bas âge, l’auteur-compositeur-interprète trouve tragique le fait que la victime avait une petite fille.

Bien que plusieurs aient pointé du doigt la sécurité déficiente au Métropolis le soir du 4 septembre, Ian Kelly espère que les gens ne commenceront pas à vivre dans la peur. « Il ne faut pas vivre nos vies en se disant qu’on peut se faire tirer dessus n’importe où. Il ne faut pas être paranoïaque. »

Béatrice et Louis-Jean

Rejoints hier, Coeur de pirate et Louis-Jean Cormier ont émis les commentaires suivants. « Je tenais tout particulièrement à participer à ce spectacle. Les événements du 4 septembre dernier m'ont profondément ébranlée et cette tribune me permet d'exprimer mon support à la famille de Denis Blanchette », a dit Béatrice Martin.

« La communauté artistique québécoise est très petite ; on se connaît tous et les techniciens aussi. Le Métropolis, c'est un peu comme notre maison. Je me suis senti très près de ce drame et je n'ai pas hésité une seconde à l'idée de m'impliquer dans ce concert bénéfice », de déclarer, pour sa part, Louis-Jean Cormier.

 

Céline Dion et Arcade Fire au concert pour Denis Blanchette

Émilie Côté, La Presse, 26 septembre 2012

Il fallait un événement marquant pour réunir Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson, Coeur de pirate, Ian Kelly et Vincent Vallières dans un spectacle-bénéfice. Tous chanteront au Métropolis, lundi soir, à la mémoire du technicien de scène Denis Blanchette, mort le soir des élections.

De voir les artistes les plus en vue de Montréal partager la scène démontre à quel point l'incident tragique a marqué les coeurs et les esprits de la communauté artistique. «La réponse des artistes est impressionnante. Personne n'a dit non», indique André Ménard, cofondateur de l'Équipe Spectra, propriétaire du Métropolis.

Arcade Fire souhaitait partager le haut de l'affiche avec Céline Dion. «Ils me l'ont même demandé, explique André Ménard. Arcade Fire ne voulait pas porter le show.»

Coeur de pirate fera une première sortie publique depuis son accouchement, alors que Ian Kelly est particulièrement interpellé par l'incident du 4 septembre, lui qui a déjà travaillé comme machiniste dans l'ancien Spectrum pour la même entreprise que Denis Blanchette.

Pratiquement tous les mélomanes et artistes de Montréal ont de précieux souvenirs associés au Métropolis. Dès le lendemain du drame survenu lors de la soirée électorale, Spectra a eu l'idée d'organiser «un événement à la mémoire du défunt et de sa petite de 4 ans», raconte André Ménard. Denis Blanchette, technicien de scène de 48 ans, était un papa fier, très proche de sa fille Amy, qui vit en Abitibi.

Lui et les autres employés du Métropolis ont fait preuve d'un courage exemplaire le soir du drame, fait valoir André Ménard. Depuis le 4 septembre, l'équipe de la salle de la rue Sainte-Catherine est en deuil. «Il y a un trou dans le coeur du Métropolis... Et je pense que le spectacle va réparer le coeur des employés.»

D'autres artistes s'ajouteront aux têtes d'affiche en plus de «participations virtuelles, annonce André Ménard. On va avoir un beau concert sur un mode solennel et acoustique.»

Toutes les recettes du spectacle seront versées à la Fiducie Denis Blanchette, destinée à soutenir financièrement la fille du technicien abattu au Métropolis pendant le discours de victoire de la première ministre Pauline Marois. Il y aura également une collecte, lundi soir, pour venir en aide à son collègue Dave Courage, blessé lors du drame.

Les billets sont en vente par téléphone ou en ligne sur Ticketmaster (aux prix de 80$ et 175$).

Il est possible de faire des dons en tout temps sur le site web du Métropolis (montrealmetropolis.com/concert-benefice).

 

Céline Dion, Arcade Fire to headline benefit concert

Bernard Perusse, The Gazette, 26 septembre 2012

Céline Dion and Arcade Fire will be among the artists performing at a benefit concert for the financial support of Denis Blanchette’s 4-year-old daughter Amy, organizer Équipe Spectra has announced.

The performance will take place Oct. 1 at Metropolis, where Blanchette, a lighting technician, was killed at the PQ victory gathering the night of the Sept. 4 provincial election.

Other performers will include Patrick Watson, Coeur de pirate, Ian Kelly and Vincent Vallières. The Arcade Fire set will be acoustic. Spectra has also announced that other surprise artists will participate.

Tickets, which go on sale Sept. 25 at noon, cost $80 for an unreserved, standing-room spot, or $175 for reserved seating in the balcony. Only 355 reserved tickets are available. There is a limit of two tickets per credit card. Taxes and service charges will be waived for the occasion. Go to ticketmaster.ca or phone 1-855-790-1245.

 

Céline Dion et Arcade Fire pour Denis Blanchette

Le Devoir, 26 septembre 2012

Le spectacle-bénéfice organisé en mémoire du technicien Denis Blanchette sera mené par une supervedette mondiale et le groupe de rock indi le plus en vogue sur une bonne partie de la planète, le 1er octobre au Métropolis. Céline Dion mènera le bal de cette soirée particulière, avec notamment Arcade Fire, Patrick Watson, Coeur de pirate, Vincent Vallières, Ian Kelly et quelques « invités-surprises ». Particularité de cette soirée mise sur pied pour soutenir financièrement la fille de M. Blanchette - qui a été abattu à l’extérieur du Métropolis pendant le discours de victoire de Pauline Marois, le 4 septembre dernier -, tout sera déployé en mode acoustique, piano et guitare. Les billets sont vendus 80 $ ou 175 $. Une collecte sera aussi tenue pour soutenir le collègue de M. Blanchette blessé dans l’attentat, Dave Courage.

 

Arcade Fire et Céline rendront hommage à Denis Blanchette

La Presse Canadienne, Journal Métro, 26 septembre 2012

Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson et Coeur de pirate figurent parmi les artistes qui participeront au concert-bénéfice à la mémoire de Denis Blanchette, ce technicien qui est mort de façon tragique lors des incidents survenus au Métropolis le soir des élections.

Ian Kelly, Vincent Vallières et plusieurs autres artistes participeront aussi à ce spectacle exceptionnel qui aura lieu le 1er octobre au Métropolis, a annoncé hier l'Équipe Spectra, qui organise l'événement.

Les recettes seront remis à la fiducie Denis Blanchette, destinée à soutenir financièrement son enfant. Une collecte de fonds sera également faite sur place pendant la soirée pour venir en aide au technicien Dave Courage, blessé dans les mêmes circonstances qui ont coûté la vie à son collègue et ami.

Les billets pour ce spectacle sont présentement en vente. Leur prix oscille entre 80$ et 175$.

 

Céline Dion et Arcade Fire rénis

Guillaume Picard, 24 heures, 26 septembre 2012

De gros noms monteront sur la scène du Métropolis, le 1er octobre, à l’occasion du spectacle-bénéfice acoustique à la mémoire du technicien Denis Blanchette, tué lors de l’attentat du 4 septembre qui y a été perpétré : Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson, Cœur de pirate, Ian Kelly et Vincent Vallières seront du lot.

Trois ou quatre autres artistes doivent offrir une prestation surprise, a indiqué André Ménard, cofondateur et vice-président de l'Équipe Spectra, qui organise ce concert. «Ce sera un spectacle acoustique historique parce qu’on parle d’une réunion d’artistes qu’on ne verra pas souvent sur la même scène», a dit M. Ménard, qui est en déplacement à Paris cette semaine.

«Il fallait appeler René Angélil pour avoir Céline Dion, ce que nous avons fait, a-t-il indiqué. Arcade Fire nous a demandé, avant même de le savoir, si Céline serait là. Tout le monde a accepté spontanément et il restait juste à trouver une date. C’était non seulement important de faire ça au Métropolis, parce que c’est là que le drame s’est passé, mais on ne voulait pas de symbole politique lourd. On souhaitait une diversité de la communauté musicale.»

«Chaque artiste va faire deux chansons, et tout sera acoustique, a poursuivi M. Ménard. On veut ça simple, apaisant, solennel et mémorable en même temps, je ne vois pas ça autrement. Ce sera une soirée de guérison pour le Métropolis, pour les familles des victimes et pour la fille de M. Blanchette.»

Objectif : plus de 200 000 $

Tous les profits de ce concert seront remis à la Fiducie Denis Blanchette afin de subvenir aux besoins de sa fille âgée d’à peine quatre ans. M. Blanchette a été tué par le présumé tireur et suspect, Richard Henry Bain.

«On parle de plus de 200 000 $, car il y a aussi les recettes des bars qui vont être versées à la Fiducie, et on invite nos fournisseurs et le public à donner», a dit M. Ménard, qui est aussi le cofondateur et le directeur artistique du Festival international de jazz de Montréal.

Une collecte sera par ailleurs effectuée sur place pour soutenir Dave Courage, l’autre technicien qui a été blessé pendant le discours de victoire de Pauline Marois au Métropolis le 4 septembre. Il est cloué au lit depuis le soir des élections. Selon M. Ménard, passer le chapeau pour M. Courage n’est qu’un point de départ en vue de l’aider.

Le spectacle aura lieu à compter de 19 h 30. Les billets – 80 $ (places non réservées et debout) et 175 $ (sièges réservés et assis au balcon) devaient être mis en vente à 12 h, ce mardi, par téléphone ou internet uniquement auprès de Ticketmaster (ticketmaster.ca, 1 855 790-1245). Les contributions sont aussi les bienvenues en ligne (montrealmetropolis.com/concert-benefice).

Drame du 4 septembre : la sécurité n'est pas en cause pour André Ménard

André Ménard croit que l’équipe de sécurité du Métropolis n’est pas en cause dans le drame qui s’y est joué le 4 septembre, faisant un mort, le technicien Denis Blanchette.

«La sécurité a été très fonctionnelle, mais une enquête est en cours, un procès est à venir alors je ne veux pas trop en parler», a-t-il dit d'abord. «Les réflexes de l’équipe de sécurité ont été excellents, la police nous a félicités en double, autant le SPVM que la Sûreté du Québec, a ajouté M. Ménard. On essaie regarder en avant, mais je ne pense pas que la sécurité est en cause quand un fou se présente avec un fusil.»

 

Arcade Fire, Patrick Watson, Céline Dion et Coeur de Pirate participent au concert-bénéfice à la mémoire de Denis Blanchette

Mathieu Poirier, Voir, 25 septembre 2012

Le 1er octobre prochain au Métropolis, nombre d’artistes participeront au concert-bénéfice organisé par l’Équipe Spectra à la mémoire de Denis Blanchette, le technicien de scène décédé tragiquement le 4 septembre dernier pendant le discours de la Première ministre Pauline Marois qui venait tout juste d’être élue.

Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson, Coeur de Pirate, Ian Kelly, Vincent Vallières et plusieurs autres participeront au spectacle dont les billets sont déjà en vente.

Les recettes seront remises à la Fiducie Denis Blanchette qui soutient financièrement la fillette de quatre ans de M. Blanchette. Aussi, une collecte sera faite sur place afin de venir en aide au technicien Dave Courage qui a été blessé dans les mêmes circonstances.

Il est également possible de faire une contribution par le biais du site web du Métropolis.

 

Céline et Arcade Fire parmi les artistes qui rendront hommage à Denis Blanchette

La Presse Canadienne, Huffington Post, 25 septembre 2012

MONTRÉAL - Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson et Coeur de pirate figurent parmi les artistes qui participeront au concert bénéfice à la mémoire de Denis Blanchette, ce technicien qui est mort de façon tragique lors des incidents survenus au Métropolis le soir des élections.

Ian Kelly, Vincent Vallières et «plusieurs autres artistes» viendront également se joindre à ce spectacle exceptionnel, qui aura lieu le lundi 1er octobre au Métropolis, a annoncé mardi l'Équipe Spectra, qui organise l'événement. Tous les numéros seront acoustiques.

L'intégralité de l'argent amassé grâce à ce spectacle (billetterie, bar, etc.) sera versée à la fiducie Denis Blanchette, destinée à soutenir financièrement son enfant.

Une collecte de fonds sera également faite sur place pendant la soirée pour venir en aide au technicien Dave Courage, blessé dans les mêmes circonstances qui ont coûté la vie à son collègue et ami.

Les billets pour ce spectacle ont été mis en vente mardi, sur le coup de midi. Vers 16 heures, le même jour, des billets étaient toujours disponibles, mais la vente «va très bien», selon l'Équipe Spectra.

Il en coûte 80 $ pour une place debout et 175 $ pour une place réservée ou une place assise au balcon.

Denis Blanchette est mort sous les balles du tireur présumé Richard Henry Bain le soir du 4 septembre, alors que la nouvelle première ministre Pauline Marois prononçait son discours de victoire sur la scène du Métropolis.

Richard Henry Bain fait face à 16 chefs d'accusation, dont un de meurtre prémédité et trois de tentatives de meurtre. Il doit se présenter en cour le 11 octobre.

 

Céline Dion et Arcade Fire pour un concert bénéfice à Montréal

Laurence Fortier, Montreal.TV, 25 septembre 2012

Céline Dion, Arcade Fire, Patrick Watson, Coeur de Pirate, Ian Kelly et Vincent Vallières seront les têtes d’affiche du spectacle bénéfice à la mémoire du technicien de son Denis Blanchette, décédé dans des circonstances tragiques le soir de l’élection du 4 septembre.

Le concert acoustique, présenté par l’Équipe Spectra,  aura lieu le lundi 1 octobre prochain à compter de 19h30 au Métropolis.

Voir clip de Céline 2012 à Las Vegas.

Toutes les recettes seront versées à la fiducie de Denis Blanchette qui servira à soutenir financièrement son enfant. De plus, une collecte sera faite sur place dans la soirée pour venir en aide au technicien Dave Courage, blessé dans les mêmes circonstances qui ont coûté la vie à son collègue et ami.

Les billets sont en vente dès aujourd’hui au coût de 80$ pour une place debout et non réservée, et au coût de 175$ pour un siège réservé au balcon (355 billets disponibles seulement!).

 

Audio • Vidéo

V, Ça commence bien, 1er octobre 2012
http://vtele.ca/videos/ca-commence-bien/lundi-1er-octobre-2012-entrevue-ian-kelly

CBC Radio, Daybreak, 28 septembre 2012
http://www.cbc.ca/daybreakmontreal/our-show/2012/09/28/musician-ian-kelly

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