Dossier de presse Lydia Képinski

10 albums sortis en avril à écouter absolument!

Tabarnak!, 1 mai 2018

Avril 2018 fut riche en sorties ! Voici 10 albums ou EP fraîchement sortis à écouter absolument si ce n'est pas déjà fait.

Lydia Kepinski – Premier juin

C’était la bonne surprise du début du mois : la sortie du premier album de Lydia Kepinski !

Depuis, la lauréate des Francouvertes en 2017, dévoile un clip par semaine. Un pour chaque chanson de l’album.

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CRITIQUES MUSICALES DE L'ÉTÉ

Alice Beaubien & Simon Provencher, Impact Campus, 1 mai 2018

Les sorties musicales d’intérêt se sont avérées nombreuses au cours des derniers mois, mais le temps, ce salaud si rare, aura bien fait son travail de sape en nous empêchant d’en apprécier toute la richesse. Impact Campus, éternellement en quête de rédemption, vous offre donc ce petit récapitulatif de parutions locales récentes dans le but d’évacuer tout moment de silence de votre belle saison.

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Premier juin par Lydia Képinski | ** |

3 avril 2018 | bandcamp | goo.gl/jK4gNT

L’artiste montréalaise Lydia Képinski sortait le 3 avril dernier un attendu premier album. Armée d’un EP, encensé autant par le public que la critique, d’une victoire aux Francouvertes, et de l’étiquette “pop épique”, on s’attendrait à une proposition confiante, exubérante, mais le résultat est tout autre. Premier Juin est une écoute difficile, voire laborieuse. L’album vit dans un espace mitoyen trop souvent inconfortable entre l’expérimentation sonore et l’accessibilité au grand public.  

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On aurait souhaité que Képinski plonge à pieds joints dans l’exploration, les pièces comme 360 jours et Les routes indolores ayant des structures est des recherches prometteuses, quoique comme arrêtées par excès de prudence au moment où l’intérêt commençait à se concrétiser. Ou encore qu’elle ose jouer avec la pop décomplexée qu’elle tâte du bout des doigts sur Maïa ou Premier Juin. Cette dernière pièce tombe à plat, ses paroles déclarées plutôt que chantées réussissent à enlever tout plaisir à la groove intéressante. Les pièces plus calmes ressemblent souvent à un pastiche de la pop avant-garde récente, sans la profondeur qu’on aurait désirée. Belmont en est un excellent exemple, les changements stylistiques sont lents et souvent discutables, surtout la guitare ambiante très typée post-rock, qui ne pourrait être plus inintéressante. L’artiste réussit tout de même à se démarquer par ses excellents textes, qui ne rattrapent toutefois pas l’impressionnant nombre de choix musicaux douteux. Décevant, le projet ayant un potentiel incontestable, qui se concrétisera peut-être dans les prochaines sorties, qui, espérons-le, profiteront d’une meilleure réalisation. – Simon Provencher

 

La FutureStar IHeartRadio du mois de mai: Lydia Képinski

Énergie 94,3, Mai 2018

Un univers pas tout à fait préparé à ça voit jaillir Lydia Képinski dans le Mile End de 1993. Enfant unique, elle est élevée comme l’espoir de survivance de ses familles québécoises et polonaises par des parents timides, stupéfaits des surprises que réserve le brassage génétique.

Bien qu’elle passe presque la moitié de son parcours pré-universitaire en retenue, la petite Lydia parvient à se démarquer en français, en arts plastiques et dans ses présentations orales, un art qu’elle approfondira au secondaire avec la classe comme public et ses professeurs tenant lieu de répliques. Elle se méritera d’ailleurs, outre des menaces d’expulsion constantes de son collège privé, cinq années consécutives de prix Méritas « Sens de l’humour » ainsi que divers diagnostics de douance, de TDAH et de trouble d’opposition/provocation.

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Elle canalisera son énergie expansive d’enfant spéciale dans la musique, apprenant le piano classique puis l’ensemble du répertoire des Beatles à la guitare, ce qui la mènera un jour à CEGEP en Spectacle où elle perdra en finale par un joueur de football qui fait du stand-up. Minée par le choix des juges, elle passe les années subséquentes à pratiquer le chant et la guitare de manière à gagner si jamais l’occasion de l’affronter à nouveau se représentait.

Déraisonnable et incapable de garder un emploi plus de deux mois, elle envisage dès lors de faire de la musique son métier.

Après deux longues années de refus dans tous les concours possibles, elle participe à Ma première Place des Arts, où on lui conseille d’arrêter de chanter et d’envisager un avenir de parolière. Son obstination à toujours faire le contraire de ce qu’on lui dit la mène ensuite à se faire remarquer aux concours Univers-cité ainsi qu’au Festival de la chanson de Granby. C’est finalement lors du Cabaret Festif de la relève de Baie-St-Paul que Lydia, plus mature et en contrôle, fait son entrée officielle dans le grand purgatoire de l’émergence.

2016 marque cette consécration ; après avoir lancé sur étiquette Chivi Chivi un EP baptisé EP et réalisé en compagnie de son nouveau complice Blaise Borboën-Léonard, les entrevues se bousculent à travers les différentes étapes des Francouvertes, seul concours gagné par Lydia Képinski qui n’impliquait pas de boisson. Elle y remporte pratiquement la totalité des prix en lice.

Elle passe l’année suivante à vivre de son art chez ses parents et à tourner au peu partout au Québec, du Festival de la Poutine de Drummonville aux Francofolies de Montréal en passant par Brossard, puis remporte les honneurs aux GAMIQ d’où elle repart avec les trophées Révélation de l’année et EP de l’année.

C’est portée par un guts de tannante qui a beaucoup travaillé que Lydia Képinski rend aujourd’hui l’âme à travers ce premier album de chansons douces-amères réalisé par Blaise Borboën-Léonard et mixé par le brillant Jace Lasek (Besnard Lake, Wolf Parade, Suuns). Elle y déploie sans fard une vaste palette de couleurs, passant sans effort du fuchsia au noir fluo. À travers une justesse d’écriture peu commune, elle use autant de candeur que de son ironie légendaire pour graver son souffle dans l’époque à grands renforts de guitares électriques et d’arrangements pop finement ciselés. C’est un disque marqué d’une honnêteté brute autant que d’ambitions aériennes que nous offre la multi-instrumentiste poético-synthétique tout-terrain ; qu’on y rit jaune, qu’on y danse, qu’on s’y colle ou qu’il nous dépasse, l’univers de Lydia Képinski en est résolument un de liberté qui déborde, vous éclabousse et vous emporte avec elle.

Qu’elles s’attardent aux aléas de l’attachement, aux méandres des troubles de la personnalité, à la difficulté de trouver sa place ou qu’elles célèbrent la vitalité de la jeunesse, les chansons de Premier Juin sont un exorcisme des apprentissages douloureux. Soutenues par des envolées synthétiques et des rythmiques détonantes autant que par les attaques répétées de la distorsion, le contraste marqué des textes sombres et des airs entraînants parvient à créer un terrain propice à la fragilité et à la confession.

C’est un album qui défend l’idée d’une pop intelligente brillant d’une lumière sombre que nous offre Lydia Képinski. Puisant dans son expérience intime, elle arrive à donner aux récits qui composent Premier Juin une dimension mythique en créant des métaphores qui les englobent et les dépassent : qu’elles fassent référence aux Cités d’Or (Les routes indolores), au Parc Belmont ou qu’elles nous emmène dans la grisaille poussiéreuse de l’est de la ville (Pie IX),  ses chansons sont à cheval entre territoire réel et imaginaire. C’est de cette manière qu’elles nous portent ou nous poussent toujours plus loin tout en restant collées au quotidien des préoccupations de toute une génération équivoque.

Les portes du succès s’ouvrent toutes grandes devant cette nouvelle voix aussi fragile qu’affirmée de la chanson québécoise ; parions qu’un jour tout proche, on saura écrire son nom correctement.

 

Lydia Képinski: célébrer la noirceur

Maxime Prévost-Durand, Le Courrier de Saint-Hyacinthe, 26 avril 2018

Les textes de Lydia Képinski sont sans détour, parfois lourds. Les arrangements, eux, sont pour la plupart vivants, presque joyeux. Avec cette formule, la chanteuse de 24 ans célèbre à sa façon les moments les plus sombres de sa vie.

Après la sortie d’un EP qui a capté l’attention, la jeune artiste, découverte au Festival de la chanson de Granby et gagnante des Francouvertes en 2017, a fait paraître au début avril son premier album, Premier juin.

Dans les huit chansons qu’on y retrouve, Lydia traite du passage à l’âge adulte, de l’amitié, de l’amour, mais aussi de la maladie mentale, de la dépression, d’idées suicidaires et de rejet. Avec la musique, quelque part entre la pop électro et le rock progressif, elle réussit néanmoins à dédramatiser les textes pourtant forts évocateurs avec des airs rythmés.

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« Je ne voulais pas que ce soit triste ni vedge, je voulais célébrer la noirceur, explique-t-elle dans un entretien avec LE COURRIER. Les épisodes sombres font que l’on apprécie plus les moments lumineux. »

Huit chansons, huit clips

Afin d’accompagner cet album, un vidéoclip sera rendu disponible pour chacune des chansons, chose peu commune chez les artistes québécois. Déjà, les pièces « Premier juin », « 360 jours » et « Belmont » ont été dévoilées en image. Les autres seront diffusées dans les prochaines semaines.

« C’est complètement fou ça, avoue Lydia, visiblement excitée par le projet. Je voulais quelque chose de global. Avant de lancer l’album, on n’a pas sorti de single, on a juste rendu tout l’album disponible. Je voulais la même chose avec le vidéoclip, que ce ne soit pas juste une chanson qui soit mise de l’avant. »

Faire danser les gens

Dès les jours qui ont suivi la sortie surprise de Premier juin sur les plateformes numériques, le 3 avril, Lydia Képinski entamait déjà une série de spectacles dans différentes villes du Québec. Celle-ci l’amènera à Saint-Hyacinthe, au Zaricot, le 28 avril.

« J’aime vraiment beaucoup le Zaricot, c’est malade comme place! Et je ne dis pas ça à tout le monde, ce n’est pas pour être téteuse », dit-elle au bout du fil.

Elle se souvient entre autres y avoir joué en première partie de Groenland. Cette fois, c’est avec son propre spectacle qu’elle montera sur scène, où elle espère faire bouger les spectateurs. « C’était important pour moi qu’il y ait du rythme dans mes chansons et que les gens puissent danser. »

Pour le moment, l’album Premier juin est seulement paru en format numérique. Une copie physique sera lancée le 1er juin, date de l’anniversaire de Lydia. L’objet prendra la forme d’un livre, accompagné d’un disque.

 

Premier juin de Lydia Képinski

The Stingray Blog, Charles, 26 avril 2018

Lydia Képinski lance son premier album intitulé Premier juin. Dès l’écoute de sa chanson portant le même titre que l’album, nous vivons une expérience auditive hors du commun. La recherche d’un ailleurs dans sa démarche artistique nous séduit totalement. La première impression est bonne.

Premier juin est un album déjanté où l’auditeur se sent constamment dans l’invention puisque ses références musicales semblent venir d’une planète, hors de notre système solaire. Évidemment, cela n’empêche pas d’aborder des thématiques bien terriennes. Celle qui se voit comme une vieille poétesse du 19e siècle traite les sujets de la maladie mentale, les plaisirs charnels, la mort, l’enfance, la relation abusive avec un franc-parler et un langage admirablement affilé.

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Il y a de la tragédie chez cette jeune artiste. Tel un puissant éveil de la conscience, elle nous partage sa vision du monde dans laquelle elle vit et observe soigneusement les détails. Espiègle, elle se livre avec une vigueur juvénile qui donne à l’ensemble une souveraineté vitaminée.

C’est dans un rock-électropop parfaitement assorti que sa proposition musicale reste brillamment oxygénée et accessible. Bien qu’elle puisse parfois danser autour de la piscine des conventions, elle n’y plonge jamais. Pas même un orteil. Elle ne fait que la surveiller afin sûrement de ne pas y tomber par inadvertance.

Ce disque surprend et on aura rarement abordé le thème de mort avec autant de vitalité et de fougue. Comme quoi, il y a une première à tout!

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Lydia Képinski à la petite boîte noire

Jean-Christophe Morin, Le Collectif, 26 avril 2018

Vendredi le 20 avril dernier se produisait Lydia Képinski à la Petite Boîte Noire dans le cadre de la programmation Arrière cours de l’Université de Sherbrooke. La gagnante de l’édition 2017 des Francouvertes nous a fait le plaisir de nous donner accès à son univers dans une ambiance intime et conviviale. Un sens du groove assumé, une plume hors du commun et une énergie sans pareil : l’artiste a livré une performance remarquable.

Une notoriété toute récente

Lydia Képinski s’est fait remarquer récemment dans le cadre de l’édition 2017 des Francouvertes. Le concours étant une véritable vitrine pour les artistes francophones émergents au Québec, l’occasion était idéale pour Képinski de tenter d’exposer son art au grand jour. Son style assurément unique lui vaudra la première place.

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En entrevue, l’artiste confie qu’on l’a longtemps encouragé à se concentrer sur l’écriture des paroles plutôt que d’essayer de les chanter. La révélation est surprenante compte tenu du fait que l’âme et le caractère qui transparait dans son chant lui confère un style excentrique et unique.

Danser en pleurant

Dès la première pièce, une atmosphère envoûtante s’est installée. On remarquait les musiciens hors pair desquels Képinski s’est entourée. D’ailleurs, l’ambiance minimaliste exaltante des Routes Indolores, pièce qui ouvrait le spectacle, leur était tout à fait due. La joyeuse bande ne tarde pas à faire danser la salle par la suite avec des pièces joignant racines pop à la sauce secrète de l’artiste franco-polonaise.

Avec un répertoire relativement petit pour le moment, Képinski est tout de même parvenue à installer des ambiances contrastantes les unes avec les autres. Si l’on s’étonnait de devenir sentimentaux avec des pièces telles que Pie-IX et Les balançoires, l’artiste ne prenait que quelques instants pour refaire danser la salle avec sa fougue, son énergie et ses rythmes entraînants.

Un genre d’intimité s’est installée au fil du spectacle. Avant de débuter ses chansons, Képinski faisait part des petites tranches de vie derrière leur existence. La pièce 360 jours est d’autant plus intéressante lorsqu’on comprend qu’elle s’inspire d’une relation passée avec un mineur, et attendre patiemment ses 18 ans pour éviter les potentiels conflits légaux. Ces petits intermèdes permettaient d’en connaître un peu plus sur l’artiste sur un plan personnel, certes, mais également de mieux cerner les pièces sur un plan émotionnel.

L’Arrière cours a assurément frappé un bon coup en invitant l’artiste émergente à se produire à la Petite Boîte Noire. La bière était bonne, la salle était pleine, l’ambiance était chaleureuse et l’artiste s’est ouverte aux spectateurs; elle ne s’est pas contentée d’enchaîner ses pièces une après l’autre pour obtenir la paie et s’en aller. En bref, tous les éléments étaient réunis pour faire de ce 20 avril une soirée mémorable.

 

Crédit Photo @ Ben Meir Ohayon

 

ENTREVUE

Catherine Duranceau, Les weekends de Catherine, M103,5, 22 avril 2018

 

UN UNIVERS UNIQUE ET CHAOTIQUE

Jocelyn Legault, ARP. MEDIA, 22 avril 2018

Un an après un premier EP fort remarqué, l’auteure-compositrice-interprète Lydia Képinski arrive avec son premier album.

Voici Premier juin : 8 pièces dans une musique inqualifiable et indomptable, mais jamais redondante pendant l’écoute. L’univers disjoncté et coloré de l’artiste de Lydia Képinski nous rappelle une sorte de croisement entre Pierre Lapointe, Klo Pelgag et Phillipe Brach.

Lydia Képinski qui semble sortir d’une mutation renversante arrive avec une expérimentation artistique sans censure et sans limite. Tantôt rock mordant, tantôt pop électro, Lydia Képinski est un nom qu’il faudra retenir et apprivoiser pour apprécier le personnage parfois étourdissant, mais certes incroyablement créatif.

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J’ai très hâte de voir sur scène Lydia Képinski nous faire découvrir son monde. Ça risque de faire des étincelles mémorables. Pour l’album Premier juin, je continue de prendre le temps d’écouter pour saisir toutes les subtilités de son univers unique et chaotique.

Chansons coup de cœur :

Les routes indolores

Premier juin

360 jours

Maïa

Sur la mélamine

 

ENTREVUE

Jhade Montpetit, Les malins, ICI Radio-Canada Première, 21 avril 2018

L'auteur-compositrice-interprète Lydia Képinski sera en spectacle samedi soir, au Petit Chicago, à 20 h. L'occasion de revenir sur son album Premier juin, sorti au début du mois, une espèce de symphonie moderne au son plein, riche, parfois agressant et arrogant.

L'artiste montréalaise, qui a remporté les Francouvertes en 2017, a connu une année 2018 exceptionnelle - elle a présenté une cinquantaine de spectacles en province.

https://ici.radio-canada.ca/

 

MUSIQUE ENTREVUE

Marie-Claude Doyle, Echos Vedettes, 21 avril 2018

Un premier album pour la gagnante des Francouvertes 2017

« LA MUSIQUE M’A SAUVÉE » — Lydia Képinski

IL Y A UNE BELLE AURA AUTOUR DE LYDIA KÉPINSKI, LA GAGNANTE DES FRANCOUVERTES 2017. L’AUTEURE-COMPOSITRICE-INTERPRÈTE S’EST TAILLÉ UNE SOLIDE PLACE DANS LE PAYSAGE MUSICAL. SON DISQUE PREMIER JUIN, LANCÉ EN VERSION NUMÉRIQUE EN MARS ET QUI VERRA LE JOUR EN VERSION CD LE 1er JUIN, A ÉTÉ CHAUDEMENT ACCUEILLI, TANT PAR LES CRITIQUES QUE PAR LE PUBLIC. UN EFFORT OÙ ELLE LÈVE LE VOILE SUR SON PASSÉ, QUI N’A PAS TOUJOURS ÉTÉ GLORIEUX.

Alors que certains artistes se prennent des noms de plume, Lydia Képinski est son véritable nom. «Tout le monde me dit que c’est rare, Képinski. Mais en Pologne, il y a un village où tout le monde s’appelle Képinski. Mon père est français, d’un père polonais.» 

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UN PARCOURS SEMÉ D’EMBÛCHES

C’est au cours de son baccalauréat multidisciplinaire en littérature et en études cinématographiques à l’Université de Montréal, il y a de cela trois ou quatre ans, qu’elle a voulu prendre un virage musical. «Dans mes cours de littérature, je m’ennuyais atrocement. J’avais plus besoin de créer que d’étudier ce qui avait été fait par les autres. Ça m’a amenée à écrire des textes parallèlement à mes études et à commencer à faire des petits shows, à travailler en restauration et à me mettre de l’argent de côté en me disant que ça allait servir un jour pour mon album. Ce qui fait qu’aujourd’hui, je suis capable de sortir un album. Il y a des gens qui travaillent pendant 10 ans avant que ça fonctionne; moi, ça s’est passé vraiment vite. Je pense que c’est parce que j’ai su aligner mes efforts.» Le chemin n’a toutefois pas été sans embûches pour l’auteure-compositrice-interprète de 24 ans. «Je voulais faire de la musique dans la vie, et ce n’est pas nécessairement quelque chose qui est bien vu par la famille, les parents et les amis. On m’a conseillé de travailler sur un plan B.» Cependant, à force de travail acharné, elle a réussi à atteindre son but. Même si elle avait déjà sorti un EP, intitulé tout simplement EP, en 2016, c’est en remportant les Francouvertes en 2017 que Lydia Képinski a commencé à se faire connaître. Puis, en mars dernier, elle proposait, en version numérique, son premier disque aux couleurs musicales assez variées. «Je décrirais mon style comme un de citations, dans le sens où ce n’est pas nécessairement un style qui prime, mais un mix de plusieurs.» Rien n’est anodin pour la jeune femme. Pas même le titre de son album, qui revêt une valeur symbolique, puisqu’il s’agit de sa date d’anniversaire. «J’ai écrit la chansontitre Premier juin le jour de mes 23 ans, à l’été 2016. Je voulais en finir avec l’époque trouble où je me cherchais et je désirais ouvrir la porte sur un bel épanouissement.»

UN DISQUE TRÈS PERSONNEL

N’ayant pas peur d’aller au fond des choses, Lydia Képinski a choisi d’aborder des thèmes profonds dans ses chansons, comme les relations abusives, la maladie mentale, la dépression et la mort. La jeune femme puise son inspiration de situations qu’elle a vécues et qui ne sont pas toujours glorieuses. «Je trouve important de parler de ces épisodes-là afin de faire la paix avec ça. Je ne veux pas que ça sonne quétaine, mais je pense que la musique m’a sauvée. Elle m’a permis de canaliser dans une œuvre les émotions que je vivais. J’ai vécu une période de doute quand je ne savais pas encore si je me lançais dans la musique ou si c’était mieux de faire autre chose. À partir du moment où je me suis écoutée, les choses ont mieux été. Je pense aussi que c’est utile d’en parler pour d’autres personnes, qui pourraient se retrouver dans la même situation et voir que ce n’est pas une finalité en soi. On peut s’en sortir!» D’ici à ce qu’elle lance officiellement son disque le 1er juin, au Centre Phi à Montréal, la musicienne a plusieurs tours de chant au calendrier, dont le 20 avril à La Petite Boîte Noire, à Sherbrooke, et le 11 mai au Café du Clocher, à Alma. MARIE-CLAUDE DOYLE

 

LYDIA KÉPINSKI PRÉSENTE SON PREMIER ALBUM « PREMIER JUIN »

Marie-Ève DuSablon, ICI Radio-Canada, 21 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

 

Le plan A de Lydia Képinski

Camille Lopez, Métro, 20 avril 2018

Lydia Képinski fait ce qu’elle veut. Et avec Premier juin, son premier album paru ces jours-ci et déjà acclamé par la critique, la jeune chanteuse montréalaise prouve que faire à sa tête, c’est payant.

Premier juin est comme un roman pour les oreilles. Un livre en huit chapitres qui abordent des thèmes différents et qui foncent sans faire dans la dentelle dans des sujets plus durs, comme le suicide. «Je dirais que l’album, c’est une épopée en huit étapes, décrit l’artiste de 24 ans. C’est un recueil de nouvelles.»

Elle ne cache d’ailleurs pas que certaines de ses chansons s’inspirent d’une période plus sombre de sa vie: le début de la vingtaine. Et comme le sujet fait réagir, la chanteuse en discute presque quotidiennement avec les journalistes en ce moment. «C’est complètement bizarre, lance la Mont­réalaise. C’est des affaires dont je ne parle même pas à mes proches amis. Mais je comprends pourquoi il faut que j’en parle.»

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D’une certaine manière, la sortie de Premier juin, en référence à la date de son anniversaire, marque la fin de cette période, qu’elle compare à une adolescence tardive. «J’ai passé par-dessus et aujourd’hui je suis tellement fière de l’album», se réjouit-elle. Bienvenue dans l’âge adulte de Lydia Képinski.

Si ses projets musicaux sont chaleureusement accueillis par le public et les critiques – la chanteuse a remporté l’édition 2017 des Francouvertes –, le choix de se consacrer entièrement à son art n’a pas été facile à faire. «Ç’a été important pour moi de faire ça contre vents et marées. Parce que, quand tu dis que ton plan A, c’est la musique, du milieu d’où je viens, la réponse c’est: “Non, tu vas faire autre chose.”»

Ce plan A se déploie à son rythme, à sa manière et avec l’aide de sa deuxième moitié professionnelle Blaise Borboën-Léonard. La chanteuse signe des textes qui n’ont pas la facture habituelle des chansons québécoises. Et les comparaisons avec deux autres chanteurs bien connus se font nombreuses. «Je pense que les gens me comparent à Klô Pelgag et à Philippe Brach parce que notre attitude envers la création est la même. Mais nos arrangements, nos textes, nos voix, c’est la nuit et le jour.»

Pour l’instant, l’interprète prend son temps: le lancement de son album physique, qui se présentera sous la forme d’un livre, se fera en grand dans quelques semaines, le 1er juin, au Centre Phi. Une fête d’anniversaire qui permettra à celle qui n’a presque jamais fait de spectacle en solo de rencontrer son public.

«La sortie de la version numérique de l’album va permettre aux gens de digérer l’album avant le lancement», indique-t-elle, en précisant l’importance de rendre toutes ses chansons publiques en même temps. «Moi, en tant que public, ça me fait un peu chier de me faire servir des singles. Pourquoi sortir un album au compte-goutte?»

Par ailleurs, chaque chanson possède son propre visuel, réalisé par le duo Aaliyeh Afsha et Marc Taeu­schel. «On leur a dit: “Voulez-vous faire huit vidéos en un mois?” et ils ont accepté!» rigole Lydia Képinski. «Et c’est malade parce que ce sont des anglophones et qu’ils ne comprennent pas vraiment les tounes… mais ça donne des idées vraiment cool. Ils sont allés avec ce que leur évoquaient les chansons.»

Avant de payer le thé qu’elle a bu pendant l’entrevue, la jeune artiste revient sur les dernières années, consacrées à l’écriture de Premier juin.

«J’ai passé une couple d’années à chasser mon lièvre, et là, je l’ai enfin capturé, songe-t-elle tout haut. Je l’ai mis dans une cage et je le garde en captivité. Et je sais que mon lièvre est là, qu’il peut s’échapper à n’importe quel moment. Et moi, mon travail, c’est de le surveiller, de le nourrir, de lui donner ce qu’il faut pour ne pas qu’il s’en aille.»

 

Lydia Képinski décrypte Premier juin

Olivier Boisvert-Magnen, Paroles & Musique, SOCAN, 17 avril 2018

Sur Premier juin, Lydia Képinski aborde l’amour et la mort avec une poésie saisissante à l’aplomb palpable. Entre chanson française, rock progressif et synth pop, l’auteure-compositrice-interprète y présente une direction musicale éclatée et féconde, élaborée en collaboration avec son complice Blaise Borboën-Léonard. Deux semaines après la parution inopinée de ce premier album sur le web, la chanteuse montréalaise de 24 ans revisite le processus de création qui a mené à l’écriture de chacune de ses huit nouvelles chansons.

Les routes indolores
« Je faisais cette chanson dans mon show solo et, à chaque fois, c’était le moment où les gens allaient pisser ou se chercher une bière. Visiblement, elle était dull un peu ! J’ai donc pris le temps de regarder le texte et j’ai repéré quelques références aux Mayas et aux traditions aztèques. Ça m’a donné envie d’interpréter le thème des Mystérieuses Cités d’or juste avant de commencer la toune. Les réactions ont été instantanées : peu importe où les gens étaient dans le bar, ils se retournaient, complètement happés. À partir de ce moment-là, Blaise et moi, on n’avait pas le choix. Il fallait que cette toune-là soit épique et qu’on y ajoute des synthés à la fin.  Ça donne un beau crescendo qui permet d’entrer dans l’album. »

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Premier juin
« Là, l’album prend vraiment son envol. C’est une chanson plus accrocheuse avec un arrangement pop. Je l’ai écrite le jour de mon 23e anniversaire, le 1er juin 2016. Au lieu de faire comme d’habitude et mettre l’accent sur les éléments dramatiques de ma vie, j’essayais de poser un regard naïf sur moi. Tout se passe bien jusqu’au moment où je fais allusion au suicide dans le bridge. J’ai cherché des façons différentes de traduire ma pensée, mais finalement, je l’ai gardée telle quelle : “Aujourd’hui c’est mon anniversaire / Ce que je n’ai pas fait je vais le faire / Car si j’avais tout vécu / Sans doute que je me serais pendue” Mon anniversaire, c’est pas juste un an de plus, c’est aussi la preuve que j’ai survécu à tout ce qui s’est passé avant. »

360 jours
« J’aime beaucoup les chansons avec des longues introductions, un peu comme la situation initiale dans le schéma narratif. Après une minute, quand la musique change du tout au tout, c’est comme l’élément déclencheur qui embarque. (rires) Le premier jet du texte a été écrit sur le coup de l’émotion. J’étais en couple pendant ce temps-là, mais il fallait que je règle des affaires et que je vive d’autres shits. J’utilise beaucoup le temps de verbe à l’impératif. J’accuse la personne et je lui donne des ordres. Comme si je lui en voulais et qu’en même temps, j’étais la victime de l’histoire. »

Maïa
« L’anecdote derrière cette chanson est vraiment nulle! (rires) Ça part d’une soirée où je devais rejoindre des amis d’université, mais que j’étais pris dans une soirée de P.R. avec ma gérante et mon producteur. J’étais déchirée et, au fond de moi, je sentais que, tranquillement, je perdais de vue ces amis-là, car on n’a pas des cercles relationnels communs. En quelque sorte, je sentais que j’avais failli à ma tâche… Bref, ça part de l’émotion que j’ai ressentie ce soir-là et que j’ai ensuite extrapolée à la manière d’un conte. Pour ce qui est de la musique, notre référence, c’était Billie Jean. On voulait un beat dansant et ultra simple, mais un peu bizarre. C’est moi qui suis arrivée avec la ligne de basse et, après, Blaise l’a reprise sur son Moog. On voulait inviter un bassiste pour compléter certaines parties, et finalement, Jean-François Lemieux a accepté notre invitation. Pour moi, ce gars-là est une fuckin’ légende. Il a joué sur Le Dôme ! »

Belmont
Pour moi, le parc Belmont, ça représente vraiment pas la joie, mais plutôt les ruines d’un parc d’attractions brisé. À l’époque, il y avait eu un accident là-bas, quelqu’un de mort dans un manège, ce qui a provoqué sa fermeture en 1983. Certains disaient même que ça pouvait être la mafia qui s’en était mêlée afin d’enlever toute compétition à La Ronde… Musicalement, il y a quelque chose de cyclique dans la toune, comme un manège qui tourne. À un moment donné, la chanson pogne une débarque, pis c’est là que je dis « Emmenez-moi au parc Belmont ». L’affaire, c’est que, quand tu commences un manège et que t’es excitée, ça se peut qu’à un moment donné, tu veuilles débarquer, mais c’est impossible. C’est la même chose avec la relation que je vivais à l’époque. Objectivement, je savais que c’était de la marde, mais j’étais pognée dedans. »

Les balançoires
« Y’a un côté math rock à la chanson, quelque chose de mathématique, à la limite un peu aliénant. Le fil conducteur, c’est vraiment le beat de batterie très simple de Stéphan Lemieux. Autrement, l’enrobage reste sobre et permet à ma voix de prendre le dessus.  Le texte parle de statistiques, de probabilités, de chimie. Je parle de médicaments, d’intoxication récréative, de ces procédés chimiques qu’on utilise pour balancer le cerveau. J’ai pas envie d’entrer dans les détails de ma médication, mais au-delà de ça, je sais qu’il y a un gros tabou autour de la prise de médicaments. J’ai souvent été heurtée, car les gens me jugeaient à cause de ça. Ils font des généralisations super rigides, mais ils savent pas de quoi ils parlent. Ils catchent pas que j’ai déjà vécu des épisodes où je voulais tout simplement en finir… »

Sous la mélamine
« Ça, c’est vraiment de l’écriture automatique. J’étais chez nous en mode party. Je venais de boire la moitié d’un litre de vin et j’avais vraiment envie d’écrire de quoi. Ça a pris la forme d’un texte ludique, assez drôle, où je me permets pas mal de références littéraires. J’étais dans ma première année d’université et je tripais sur Rimbaud et Baudelaire. Y’a aussi un peu de référence à Loco Locass. J’ai beaucoup écouté ce groupe-là, et l’album Manifestif est gravé à vie dans ma tête. »

Pie-IX
« J’ai commencé à écrire cette chanson-là après une soirée à Saint-Siméon, une petite ville sur la route de Charlevoix. C’était une soirée vraiment fucked up… J’entendais le chant des baleines en regardant le fleuve, pis ma vie allait crissement pas ben. Pas trop longtemps après, je marchais sur le boulevard Pie-IX dans le bout de Montréal-Nord. Le coin était vraiment drabe, nul et laid. Tout d’un coup, je me suis sentie pareil comme à Saint-Siméon. Dans ma tête, y’a comme un triangle géographique qui s’est formé avec le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, qui fait le lien entre les deux endroits par l’entremise du fleuve. Ça me permettait de donner un tout nouveau sens à l’expression « la lumière au bout du tunnel ». À la guitare, j’ai fait n’importe quoi qui me passait par la tête. Ça donne un résultat assez impulsif. »

Premier juin est disponible en magasin et sur la plupart des plateformes d’écoute en continu dès maintenant. Lancement officiel le 1er juin au Centre Phi, à Montréal.

 

L'aperçu culturel de la semaine de Marie-Claude Veilleux

Marie-Claude Veilleux, Par ici l'info, ICI Radio-Canada, 16 avril 2018

L'auteure-compositrice-interprète Lydia Képinski, grande gagnante des Francouvertes 2017, sera de passage à La Petite Boite Noire de Sherbrooke ce vendredi 20 avril.

La troupe de théâtre amateur La Petite Réplique présentera une toute première soirée de lecture publique au Tremplin de Sherbrooke les 20, 21 et 22 avril. Le texte Le Quatuor des golfeuses de Norm Foster de sera à l’honneur.

Pour connaître toutes les suggestions culturelles de la chroniqueuse culturelle Marie-Claude Veilleux, écoutez sa chronique présentée ce lundi matin à Par ici l’info.

 

 

CRITIQUE - La tornade Lydia Képinski

Josée Lapointe, La Presse +, 16 avril 2018

Lydia Képinski en a gagné, des concours, depuis deux ans. Mais après un EP déjà prometteur, elle fait la preuve, dans ce premier disque, qu'elle n'est pas qu'un feu de paille et que le talent est à la hauteur de ce qui était annoncé.

Avec Premier juin - pièce-titre qui est aussi la date de son anniversaire -, qui comporte huit chansons aussi fortes les unes que les autres, l'auteure-compositrice-interprète de 24 ans s'affirme déjà comme bien plus qu'une révélation.

Lydia Képinski, c'est une voix qui écorche autant qu'elle berce, des arrangements riches et brillants signés Blaise Borboën-Léonard - qu'on retrouve aussi aux cordes, synthétiseurs, percussions et échantillonnage -, des références multiples qui vont de la chanson française au new wave, de la pop au rock progressif. Le tout digéré et rendu de manière totalement contemporaine, mais surtout personnelle, ce qui fait qu'elle ne ressemble à personne d'autre.

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On dira que c'est du Lydia Képinski comme on a dit que c'est du Marie-Jo Thério ou du Joni Mitchell: une manière unique, un style en soi, un univers hyper cohérent et défini.

C'est déjà beaucoup, mais, en plus, Lydia Képinski fait preuve d'une maîtrise totale de la langue chansonnière. Elle joue brillamment avec les mots, les ellipses et les images, sur des grands thèmes existentiels et pas toujours joyeux. «Ma peau de gemme a mal, cicatrice où germe l'opale, ma chevelure ambre sombre, dans la nuit jais qui jette son voile», écrit-elle dans Pie-IX, dernière chanson du disque, pièce douloureuse sur la dépression et le suicide qui traverse le coeur.

Qu'elle parle de la mort (Les routes indolores), de l'amitié (Maïa), de l'amour (360 degrés), de la folie (Belmont, une référence directe au Parc Belmont de Diane Dufresne, ou Les balançoires, dans laquelle on trouve un extrait d'un poème de Mallarmé, «Jamais un coup de dés n'abolira le hasard») ou des paradis artificiels (Sur la mélamine), Képinski est toujours juste, toujours intensément intense.

Le résultat est un disque qui ne fait rien à moitié, foisonnant, épique, halluciné et incandescent. On peut être rebuté par un tel abandon, il faut au contraire se laisser happer par l'énergie de cette chanteuse intelligente, douée et sincère, dont on n'a pas fini d'entendre la voix particulière. Du moins, on l'espère.

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Chanson. Premier juin. Lydia Képinski. Chivi Chivi.

 

ENTREVUE AVEC LYDIA KÉPINSKI - 16 AVRIL 2018

Alexandra Dupuis, La Renvers, CFAK, 88.3 FM, 16 avril 2018

https://cfak883.usherbrooke.ca

 

Lydia Képinski en spectacle à Lavaltrie

Pierre Bellemare, L'action d'Autray, 14 avril 2018

CULTURE. Tout juste avant de diriger vers les magasins son premier album (déjà disponible sur les plateformes numériques) intitulé «Premier juin», comprenant huit titres, Lydia Képinski sera sur la scène du café culturel de La Chasse-Galerie de Lavaltrie.

Le spectacle est inscrit pour le vendredi 27 avril. Les billets sont disponibles par le biais du portail Internet du café culturel (www.chasse-galerie.ca).

Mélange

«J'écris comme un vieux poète du 19e siècle, mais sur de la musique de jeunes. C'est un mélange de rock, d'électro et de pop. Un peu comme si Alain Bashung chantait sur du Pink Floyd dans les années '80», raconte l'auteure-compositrice-interprète au sujet de ses huit compositions.

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«Premier juin» suit les traces de son premier opus, un EP intitulé EP, paru en 2016, ainsi que de son passage flamboyant aux Francouvertes, où elle a remporté pratiquement la totalité des prix en lice. Dont la bourse SiriusXM.

À la fois franche et frondeuse dans ses textes, toujours évocateurs et bien fignolés, Lydia Képinski n'hésite pas à user de sa langue faussement candide pour créer des images. Des images grinçantes, touchantes, frappantes. Des images tragi-comiques.

Un spectacle à placer à votre agenda.

 

 

L'anti-stratégie de Lydia Képinski

Raphaël Gendron-Martin, Le Journal de Montréal, 14 avril 2018

Un an après avoir remporté la finale des Francouvertes, Lydia Képinski nous arrive avec un « album-surprise », Premier juin, qui n’avait pas été annoncé. Ce premier opus, fort bien réussi, comprend notamment des clins d’œil aux Mystérieuses cités d’or et à Diane Dufresne, avec une thématique pour le moins sombre sur la mort. Le Journal s’est entretenu avec l’artiste qui fêtera ses 25 ans... le premier juin.

Pourquoi avoir décidé de lancer l’album­­­ de façon surprise ?

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« J’ai l’impression qu’à l’ère du numérique, il y a comme un amincissement du contenu que je trouve personnellement un peu dérangeant. On a tendance à sortir les choses au compte-gouttes, comme si les gens n’avaient qu’un maximum de 60 secondes de concentration. On avait donc envie de faire une espèce d’anti-stratégie avec ça, de faire les choses à l’envers. Je crois que les gens ont encore envie d’avoir quelque chose d’assez profond, ils ont encore envie de consommer de la culture avec de la viande. »

Le thème de la mort est assez apparent sur certaines chansons. Pour quelle raison ?

« C’est une époque de ma vie qui est derrière moi. Mais c’était assez sombre. Pour moi, ça fait juste partie de la personne que je suis. Il y a eu des épisodes dans ma vie où ça n’allait vraiment pas bien. J’ai ressenti le besoin d’en parler à ce moment-là. Il y a des chansons qui ont été écrites dans ce contexte. Je trouvais ça important de les sortir. »

Le spectacle-lancement de l’album­­­ aura lieu le 1er juin, le jour de tes 25 ans, au Centre PHI. Pourquoi ne pas avoir fait de lancement ce mois-ci ?

« J’aimais mieux attendre pour continuer de pratiquer les chansons, au lieu de les jouer rapidement sur scène sans trop les connaître. Ça va être rodé et bon. Aussi, je trouve ça le fun de faire le spectacle le soir de ma fête, car ces dernières années, depuis que je fais de la musique, j’essayais tellement souvent d’inviter mes amis à mes spectacles que lorsque ma fête arrivait, je n’avais plus la tête à ça. Mes deux derniers partys de fête ont été un peu plates. Là, j’ai envie de prendre ma revanche (rires). »

Pourquoi avoir décidé d’intituler ton album Premier juin ?

« La première raison, c’est vraiment par rapport à la date de ma fête. Mais aussi, je trouve ça intéressant parce que c’est mon premier album. Appeler ça Premier juin, je trouve ça quand même cool. C’est le début de l’été, il y a quelque chose de festif là-dedans, malgré le fait que l’album parle de choses profondes. »

Sur la première chanson de l’album, Les routes indolores, on retrouve un clin d’œil aux Cités d’or. N’es-tu pas un peu jeune pour avoir connu cette émission des années 1980 ?

« Tout le monde me dit ça ! Je suis aussi trop jeune pour avoir connu l’Antiquité grecque et je sais ce que c’est (rires) ! Mais quand j’étais jeune, ma mère avait loué les VHS et j’avais regardé toute la série. Ça m’avait marquée. Je trouvais ça intéressant de faire un parallèle avec les sacrifices que les Aztèques faisaient pour avoir des faveurs des dieux. »

La chanson Belmont comprend aussi un clin d’œil à Diane Dufresne. Est-elle une inspiration pour toi ?

« Sa chanson (Le parc Belmont) parlait de la folie. J’ai connu Diane Dufresne en écoutant Starmania. C’est une des œuvres qui m’ont le plus marquée dans ma vie. Ces chansons-là sont incroyables. C’est une artiste que j’admire beaucoup. »

Tu as gagné le concours des Francouvertes l’an dernier. As-tu senti une certaine pression en travaillant sur ce premier album ?

« Non, pas vraiment. De remporter les Francouvertes, je l’ai plus vu comme un honneur. Sylvie Courtemanche, qui est à la tête des Francouvertes, c’est un peu comme ma deuxième maman. On se parle très souvent. J’ai reçu 10 000 $ en remportant la finale et ça m’a permis de financer mon album. Ça m’a beaucoup aidée dans mon démarrage d’entreprise­­­. »

L’album de Lydia Képinski, Premier juin, est présentement sur le marché.

 

 

CINQ MINUTES AVEC LYDIA KÉPINSKI

Louis-Philippe Ouimet, Téléjournal 22h, ICI Radio-Canada Télé / ICI.Radio-Canada.ca, 13 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca

Cette jeune artiste audacieuse a fait tout un tabac sur la scène musicale au Québec.Gagnante des Francouvertes l'an dernier, finaliste au Festival de la chanson de Granby, Lydia Képinsky vient de lancer son premier album. Louis-Philippe Ouimet nous la présente en 5 minutes.

 

CINQ MINUTES AVEC LYDIA KÉPINSKI

Louis-Philippe Ouimet, Sympatico.ca (Repiqué de ICI.Radio-Canada.ca, 13 avril 2018

http://www.sympatico.ca

Cette jeune artiste audacieuse a fait tout un tabac sur la scène musicale au Québec.Gagnante des Francouvertes l'an dernier, finaliste au Festival de la chanson de Granby, Lydia Képinsky vient de lancer son premier album. Louis-Philippe Ouimet nous la présente en 5 minutes.

 

MENTION

Vincent Bolduc, Entrée principale, ICI Radio-Canada Télé, 10 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca/tele/entree-principale

 

Musique - «Les dépêches musicales» de Bible urbaine – Avril 2018

Isabelle Lareau, Bible urbaine, 10 avril 2018

Ce mois-ci, Lydia Képinski annonce ses anniversaires, le hip-hop canadien a des nouvelles ambassadrices grâce à The Sorority, Lebanon Hanover revient nous hanter, GrimSkunk offrira un nouvel album, et Les Marmottes Aplaties gâtent ses admirateurs! Sur la scène internationale, ce sont The Weeknd et Cardi B qui risquent de faire bien du bruit!

Les découvertes et les nouveautés

Lydia Képinski – Premier juin

Le premier juin est une date importante pour la jeune chanteuse qui en a fait le fil conducteur, autant artistique que marketing, de sa première offrande en carrière, intitulée Premier juin, parue le 3 avril. 

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Bien qu’elle eût lancé un maxi nommé EP en 2016, Lydia Képinski considère le 1er juin 2018 comme celui qui sera le jour de sa naissance artistique. Ce sera également son anniversaire (25 ans!) et le spectacle du lancement de l’album. Sur ce disque, elle explore avec humour la maturité, avec le titre homonyme, mais surtout, elle visite la mélancolie.

On perçoit l’influence des années 80, mais celles-ci sont un élément de réflexion et non un pastiche ou un hommage dénudé d’originalité, ce qui est plutôt rare dans la musique pop. En fait, on s’amourache autant de ses mélodies que de l’interprète elle-même. Elle fait preuve d’une grande vitalité, même lorsqu’elle fredonne des chansons tristes telles que «Belmont», «360 jours» ou «Pie-IX», qu’elle chante avec justesse sans jamais tomber dans l’excès. 

En fait, la musicienne parvient à construire une relation avec l’auditeur où les histoires qu’elle raconte nous donnent envie de la connaître davantage.

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Lydia Képinski // Jeudis d'Azimut

Jocelyne Lambert, Lambert café, CJSO, 101,7 FM, 9 avril 2018

http://www.cjso.ca

La grande lauréate 2017 du concours Les Francouvertes Lydia Képinski viendra nous présenter son premier opus ”Premier juin” le jeudi 19 avril 18 heures à la salle Georges-Codling dans le cadre de la série les Jeudis d’Azimut.

 

ENTREVUE ET PERFORMANCE

Christiane Charette, Culture Club, ICI Radio-Canada Première, 8 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

ENTREVUE

Monique Giroux, Chants libres à Monique, ICI musique, 8 avril 2018

https://www.icimusique.ca

 

 

Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

Geneviève Bouchard, Le Soleil / La Tribune, 7 avril 2018

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MUSIQUE

Premier juin, album pop de Lydia Képinski  ***1/2

Elle s’est démarquée dans divers concours (elle est sortie gagnante des Francouvertes et a aussi fait très bonne figure à Granby) et a laissé un minialbum comme carte de visite fin 2016. Voilà que Lydia Képinski pose une pierre de plus dans une jeune discographie fort prometteuse avec Premier juin, dévoilé en ligne en début de semaine. L’auteure-compositrice-interprète a renoué avec le multi-instrumentiste Blaise Borboën-Léonard (anciennement du groupe Hôtel Morphée) à la réalisation de cette brochette de huit chansons fortes en personnalité… et en synthétiseurs! Loin de la pop formatée, la Montréalaise fait montre d’une belle liberté en brodant des pièces tantôt sautillantes, tantôt plus graves, mais toujours portées par une plume imagée et un bon sens de la mélodie. On loge ici pas trop loin de Klô Pelgag, moins dans le son que dans l’énergie et l’imaginaire foisonnant. Si on sourit à la référence aux Mystérieuses cités d’or des Routes indolores, on se laisse happer par la théâtrale Belmont ou par la gymnastique poétique de Sur la mélamine.  Geneviève Bouchard

Nos cotes: ***** Exceptionnel;  **** Excellent;  ***Bon;  ** Passable;  * À éviter

 

MENTION

Jean-François Côté, Style libre, ICI Radio-Canada Première Côte-Nord, 6 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

MENTION

Fred Savard & Olivier Robillard-Laveaux, On dira ce qu'on voudra, ICI Radio-Canada Première, 6 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Premier juin, Lydia Képinski

Sylvain Cormier, Le Devoir, 6 avril 2018

Fascinante, déconcertante, émouvante, grinçante, épatante, énervante : elle est tout et son contraire, Lydia Képinski, on le sait depuis Granby et surtout depuis sa victoire aux Francouvertes. Son EP déjà déjanté promettait du front encore plus frontal au premier album. C’est le cas, et pas tout à fait : peut-être s’attendait-on tellement à l’étonnement qu’on s’étonne de ne pas être plus étonné. Quand ça explose au milieu de la chanson d’ouverture, c’est bien plus beau que bizarre : ce blitz d’harmonies et de claviers submerge sans noyer. Il n’y a rien de vraiment étrange, rien de banal non plus dans la chanson-titre : on dirait bien que Lydia s’est trouvé un fil d’équilibriste sur lequel avancer sans tomber : « Ce que je n’ai pas fait je vais le faire / Car si j’avais tout vécu / Sans doute je me serais pendue ». C’est dansant dans 360 jours, pas dansable dans l’onirique Belmont, modulé à l’extrême dans Pie-IX, mais pas inaccessible pour autant. Une aventure, oui. Risquée ? Pas tant. Et tant mieux.

 

LES CHOIX MUSICAUX D'ALEX TRUDEL

Alexandre Trudel, ARP. MEDIA, 6 avril 2018

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LYDIA KÉPINSKI

Premier juin

La pochette présentant ce premier extrait d’un nouveau disque est intrigante. Képinski nous invite à valser de différentes façons.

Tout d’abord la jeune femme jongle avec les mots de manière efficace sur Premier juin. Texturée, enivrante et groovy, cette mélodie incandescente de la chanteuse, est une réussite. Son chant est plus assuré moins aérien.

Son tout premier disque en carrière, Premier juin, est actuellement disponible. Elle soulève les questions de l’amour, la mort et de quitter l’adolescence; le tout de façon lumineuse.

Premier juin est également le jour de l’anniversaire de la chanteuse.

 

 

La petite mort du premier album de Lydia Képinski

André Péloquin, Le Journal de Montréal, 6 avril 2018 // 24 heures, 13 avril 2018

Lydia Képinski - Premier juin

Un peu plus d’un an après le lancement d’un maxi fort apprécié des mélomanes et de la critique, l’auteure-compositrice-interprète montréalaise épatait à nouveau tout ce beau monde en dévoilant, ce lundi, sans tambour ni trompette, Premier juin, son tout premier album. Encore mieux : la surprise est de taille.

Rock folk eighties et... générique de dessin animé?

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Bonne nouvelle pour les fans subjugués par l’ambition de l’artiste (son hit Andromaque, disponible sur EP en témoignait déjà), Képinski est toujours aussi frondeuse. Les routes indolores, qui ouvre Premier juin, le démontre bien.

Pour celles et ceux qui découvrent la chanteuse avec cet album : attelez-vous!

Après deux minutes de rock lancinant qui suivraient bien une pièce d’Angel Olsen sur une liste d’écoute, ces susmentionnées routes bifurquent et les synthétiseurs au son vaguement eighties et vaporwave du réalisateur Blaise Borboën-Léonard rugissent soudainement. Comme si ce n’était pas assez, on y glisse un clin d’œil au thème des Mystérieuses cités d’or en conclusion.

Le formatage pop couplet-refrain-couplet? Très peu, encore une fois, pour Lydia Képinski!

Et pourtant...

Encore mieux, Premier juin n’est pas que références ou mashups de genres.

Si plusieurs noms viennent en tête au fil des chansons (la chanson-titre plaira aux nostalgiques de The Postal Service alors qu’on se surprend à rapprocher Les balançoires à certaines tounes de LCD Soundsystem), le tout demeure homogène et, surtout, rudement personnel (littéralement et figurativement).

Bref, attendez-vous à retrouver ce disque jouissif sur bon nombre de bilans.

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MENTION - C'est vendreDISQUE!

Vanessa Limage, Des matins en or, ICI Radio-Canada Première Abitibi, 6 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/des-matins-en-or

 

MENTION - Les découvertes de Jean-François Côté

Jean-François Côté, Boréale 138, ICI Radio-Canada Première Côte-Nord, 6 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/boreale-138

 

ENTREVUE

Stella Dupuy, Les Itinérantes, CISM, 5 avril 2018

http://cism893.ca

 

Y'a de la folie dans l'air à L'effet Pogonat avec Lydia Képinski, Klô Pelgag et Katherine Levac

Catherine Pogonat, L'effet Pogonat, ICI Musique, 5 avril 2018

https://www.icimusique.ca

 

 

Lydia Képinski: Déranger le monde

Olivier Boisvert-Magnen, VOIR, 5 avril 2018

À la fois désinvolte et minutieuse, Lydia Képinski nous éblouit avec Premier juin, un premier album qui marque la fin de son adolescence prolongée.

Difficile de demeurer insensible à cette voix indomptable qui, entre sa grandeur émotionnelle et sa volonté obstinée de sortir constamment du moule, cherche manifestement à déstabiliser. Difficile aussi de rester de glace face à ces arrangements composites qui, derrière leur esthétique électro-pop presque homogène, font référence à la chanson française, à la musique classique et au rock progressif.

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Bref, Premier juin (un clin d’œil à sa date de fête) est le résultat d’une créativité abondante, celle d’une jeune artiste qui fuit les compromis et assume son penchant pour la complexité. «Pour moi, c’est instinctif de faire des changements de mood comme ça, de faire évoluer une chanson. J’ai écouté beaucoup de prog dans la vie, beaucoup d’Harmonium. Y a rien de complexe pour moi là-dedans», explique-t-elle, rejetant en bloc «les tounes couplet-refrain de trois minutes». «Je suis inspirée par un artiste comme Gainsbourg et par cette idée de faire une œuvre grand public mais avec un petit edge, quelque chose de fuckin’ dérangeant. C’est quand même ça le but de l’art, déranger…»

À ses côtés, un talentueux multi-instrumentiste et réalisateur nommé Blaise Borboën-Léonard l’a aidée à trier, à faire de ses compositions tourbillonnantes un objet artistique digeste. «Y a la personne qui a l’idée et y a la personne qui décide de la garder. Ce second regard est aussi important, sinon plus», explique Lydia Képinski quand on lui demande l’apport de son complice, avec qui elle avait également conçu son EP initial en 2016.

Mais outre ce travail de filtrage inévitable, ce premier album s’avère profondément éclaté. Même s’il ne touche pas tout à fait aux mêmes styles, Premier juin rappelle la liberté féconde et les arrangements très rigoureux de L’étoile thoracique de Klô Pelgag et du Silence des troupeaux de Philippe Brach, deux albums qui marqueront sans doute les imminentes rétrospectives de la décennie.

Plus que jamais, la relève actuelle de notre chanson serait-elle définie par cette absence de formatage et de contraintes? «Ça prendra un anthropologue pour répondre à cette question-là dans 10 ans, mais y a clairement quelque chose de générationnel, quelque chose qui nous associe. On peut parler d’une gang, d’une nouvelle garde», remarque-t-elle, avant de critiquer vivement la génération dominante dans l’industrie musicale québécoise. «J’veux pas mettre les baby-boomers dans le même panier, mais certains d’entre eux ont une relation avec la musique qui s’apparente à du service à la clientèle. Moi, j’ai une vision punk du spectacle: je déchire pas mon chandail pis je fais pas de MDMA sur scène, mais même à ça, les baby-boomers me comprennent pas tout le temps. Ils veulent donner des conseils, comme s’ils avaient travaillé toute leur vie sur quelque chose, et que là ils avaient peur que leur château de cartes s’écroule.»

Caractéristiques de sa proposition artistique, la désinvolture et le franc-parler de Lydia Képinski frôlent l’irrévérence sur scène. Cet été, la chanteuse de 24 ans aux origines franco-polonaises a remarqué que cette attitude pouvait être incommodante pour les non-initiés. En témoigne un mémorable passage dans une ville qu’elle préfère ne plus nommer.

«Avant le show, on était allés manger dans un restaurant fuckin’ dégueulasse et beaucoup trop cher. Whatever, on paie pis on s’en va. Pendant le show, je remarque qu’il y a beaucoup de têtes blanches qui prennent quatre tounes à ouvrir leurs chaises pliantes, pis à un moment donné, je leur demande s’ils connaissent le resto. Ils me répondent tous “OUI!”. Je leur dis qu’on vient d’y aller pis que c’était infect…», raconte-t-elle, encore dépassée par les événements. «Sérieusement, je m’en fais encore parler! J’ai dû retourner au resto porter une bouteille de vin au dude, car il connaissait le maire et était prêt à briser ma réputation! Ce genre d’arrogance là, ça marche pas du tout avec les baby-boomers. C’est tellement une autre époque…»

L'EXTRÊME DE LA LIBERTÉ

À défaut de comprendre les codes et les conventions de cette «autre époque», Képinski accueille à bras ouverts ceux de l’ère actuelle. Le 3 avril dernier, la Montréalaise a causé la surprise en offrant d’un seul coup, sans aucune promotion ni 5 à 7 de lancement, la totalité de son premier album. Prisée par les artistes hip-hop et électro à l’international, cette technique anti-marketing est très peu adoptée dans l’industrie de la chanson au Québec. «Quand Netflix sort des séries, t’as tous les épisodes d’une shot, non? Alors si tu veux mon album, ben j’te l’donne, c’est tout. La technique du compte-gouttes, c’est prendre le monde pour des caves», tranche-t-elle.

Histoire de laisser le temps aux gens (et à elle-même) d’apprivoiser les chansons, elle attendra jusqu’au 1er juin prochain pour donner un premier spectacle officiel dans sa ville natale. «Je vais avoir 25 ans. Ça va être l’occasion parfaite de prendre une revanche sur mes trois derniers anniversaires qui étaient nuls», estime celle qui organisait «des partys épiques» chez elle au cégep et à l’université. «Le 1er juin, ce sera autant une célébration de ma fête que de ma naissance artistique. En même temps, c’est aussi la mort d’une période trouble, celle de mon adolescence tardive. Lydia Képinski: 1993-2018. J’écrirai pus jamais de texte dans cet environnement-là. C’est une époque révolue.»

Écrits en majorité il y a plus de trois ans, les textes de Premier juin laissent transparaître les tourments et le profond mal-être d’une jeune femme. «Aujourd’hui, je vais mieux/Retour à la maison/Mais mes espoirs sont comateux et je n’ai pas retrouvé la raison», chante-t-elle dans Les balançoires, signe que le trajet vers la lumière est possible mais sinueux.

«Oui, je suis une personne semi-pétillante dans la vie, mais y a quand même beaucoup de deepness dans mes chansons, car j’ai traversé beaucoup de périodes wack. Je trouve ça important de dire des affaires trop intenses. J’ai peut-être encore un pli de tragédie grecque, une volonté d’expier mes passions», observe-t-elle. «La mort, pour moi, c’est pas une peur, c’est quelque chose de rassurant, comme un vœu de liberté totale. Le suicide, c’est l’extrême de la liberté, y a quelque chose de vraiment fort là-dedans. J’ai eu des périodes de ma vie où j’avais ça en tête et, dans le pire des cas, ça me consolait de savoir que je pouvais tout arrêter quand je voulais. Maintenant, y a des endroits où je reviens et qui me rappellent qu’à un certain moment, j’étais ici et j’avais crissement envie de mettre fin à mes jours. Je trouve ça important de parler de ça, car je l’ai vécu. Ça me pousse à créer, à exulter ce sentiment-là.»

En ouverture, Les lettres indolores évoque cette période d’instabilité émotionnelle. «Je vais fuckin’ bien maintenant, mais quand j’ai écrit ça, esti que j’haïssais ma vie! C’tait l’automne, j’tais à l’université pis j’avais frappé un mur. Je venais de catcher que ça allait être difficile de faire carrière dans la musique. Je suis quelqu’un d’assez privilégié et j’atteins toujours mes objectifs, mais là j’étais pas sûre. Tout le monde me disait non, toutes les perches que je tendais marchaient pas. On me disait que j’étais poche…»

Une première opportunité s’est présentée en 2015 au concours Ma première Place des Arts, où Képinski s’est fait les dents avec «une formule piano-voix à la Georges Brassens». L’année suivante, la Montréalaise s’est illustrée au Cabaret Festif! de la relève. «Ç’a été un point tournant, constate-t-elle. Les gens de mon band pouvaient pas être là, donc je me suis présentée sur scène en solo et je me suis rendu compte que ça marchait crissement mieux comme ça.»

Son passage remarqué au Festival international de la chanson de Granby quelques mois plus tard et, surtout, sa victoire aux Francouvertes au printemps 2017 lui ont ensuite amené une visibilité considérable, qu’a décuplé la sortie de son EP. «Chaque chemin de croix est pénible à faire, mais visiblement nécessaire. Au début, tu dois convaincre les gens que t’es hot, pis à un moment donné, quelqu’un dit que t’es cool et tout le monde suit. Ça devient une vraie maladie vénérienne.»

L’été dernier, l’épidémie a visiblement contaminé Laurent Saulnier et son équipe de programmation puisque c’est à la jeune artiste de 24 ans qu’est revenu l’honneur de «jouer les premières notes de toutes les FrancoFolies» lors du grand événement d’ouverture extérieur. «Ça, ça avait aucun fuckin’ sens!» s’exclame-t-elle. «En général, je suis fière de ce que je fais et j’ai confiance en moi, mais là, j’en revenais juste pas.»

Heureuse du chemin parcouru en trois ans, Lydia Képinski espère maintenant s’établir au-delà du feu de paille et de l’engouement médiatique qui caractérisent bien souvent les succès fulgurants. «Souvent, on m’arrête dans la rue pour me dire que ma musique est bonne. Je trouve ça nice, mais j’ai de la misère à les croire, car t’sais, j’ai juste quatre tounes… En fait, Lydia Képinski, c’est un peu une rumeur, un genre de bruit que les gens entendent et trouvent cool. Même moi, parfois, je doute de mon existence! Mais là, je sais que mon album va rendre ça tangible. Voici ma marque dans l’univers.»

Lancement le 1er juin

Au Centre Phi

Premier juin

(Chivi Chivi)

Disponible maintenant

 

«Premier juin»: le premier grand vol de Lydia Képinski

Philippe Papineau, Le Devoir, 5 avril 2018

La jeune musicienne Lydia Képinski entre en coup de vent dans le café où elle nous a donné rendez-vous. « Salut. Eille, je viens de passer devant le resto en face et il y a un condor en néon rouge. Ça prend ça pour la photo ; en plus, ma première chanson parle d’un condor. » Euh ben, oui, oui, pas de souci. Résultat : il y a bel et bien une photo avec un condor en néon rouge illustrant cet article sur Premier juin, le premier disque complet de l’auteure-compositrice-interprète montréalaise.

C’est elle tout craché, comprend-on. Un peu sans filtre, pas mal libre d’esprit, sensible à l’image entourant son art et à l’ensemble des composantes de son métier.

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« Ça fait partie du travail, lance la sympathique et affirmée créatrice de 24 ans. C’est comme un chef de cuisine. Il y a des chefs qui aiment juste ça faire à manger, qui ne font que ça, et ça va être parfait pour eux. Mais il y a des chefs qui veulent ouvrir un restaurant. Ils vont choisir la couleur des murs et veulent faire une carte au goût du jour. Je serais ce genre de chef là. L’album est comme ça. »

Donc, après la mise en bouche de son EP de quatre chansons paru en novembre 2016 et sa victoire en forme de cerise sur le gâteau aux Francouvertes en mai dernier, voici la table d’hôte tout entière avec ce Premier juin — sa date d’anniversaire —, qui est sorti sans avertissement en début de semaine.

Lydia Képinski y livre une version plus en contrôle de sa chanson francophone baignée dans diverses influences, à la fois rock, pop et doucement électroniques. Les textes y sont poétiques, sombres, empreints de divers maux ou malheurs, mais couchés sur des musiques plutôt rebondissantes et rythmées.

COMPROMIS, NON MERCI

Jusqu’à un certain point, on oserait le cliché que Képinski ne fait pas vraiment de compromis. Remarquez, c’est elle qui le dit. En début de carrière, on lui a fortement suggéré d’assouplir le geste, d’opter pour plus de concision, par exemple, ou de recadrer le tir musical.

« J’ai essayé de faire des concessions, en me disant que les gens autour de moi avaient plus d’expérience, et donc qu’ils avaient raison, dit-elle. Et je me suis rendu compte que je n’aimais pas le résultat. Moi, pour être capable de dormir le soir et de lancer un album, il faut que ce soit correct selon mes standards. »

Premier juin propose quarante minutes de musique en huit chansons, aux textes abondants — gna gna les bien-pensants. « Je fais de la musique parce que la chanson, c’est la forme de littérature dans laquelle je m’inscris le mieux », explique Képinski.

Prenez Les balançoires, qui dure un bon six minutes, eh bien, elle était deux fois plus longue avant, confie la chanteuse. « C’est déjà un concentré ! Mais tu sais, c’est correct de couper. Des fois, les chansons sont enceintes d’autres chansons. Dans ce cas-là, je suis d’accord [pour couper]. Mais couper parce que tu penses que le public n’est pas habitué à ce genre de format… Excuse-moi, mais le monde lit Guerre et paix. Les gens sont capables de supporter six minutes de musique. »

La jeune femme joue donc du coude, n’a que faire des cadres classiques. Le but n’est pas de provoquer, mais elle note effectivement qu’il « y a un effet collatéral » à son approche libre.

« Je ne veux pas dire qu’il y a une révolution qui se prépare, mais tsé, des filles comme Safia Nolin et Klô Pelgag, des projets comme Hubert Lenoir, c’est nous, c’est notre génération, et on vient un petit peu déformer ce qui a été prévu pour nous, peut-être ? Nos généreux aînés nous ont réservé un petit spot en bas de l’étagère et, finalement, [on dit] non. Nous, on veut être au top of the shelves. »

DOULEUR

La trame des récits de Lydia Képinski n’est pas joyeuse, mais plutôt empreinte de mort, de douleur, d’amour douloureux ou corrosif, d’états altérés, de folie — notons un clin d’oeil au Parc Belmont de Diane Dufresne. Ce qui peut être surprenant provenant d’une femme aujourd’hui si sûre d’elle, née dans le Mile-End montréalais, issue d’une certaine bourgeoisie financière et culturelle.

« Ça peut tellement paraître comme un beau portrait : enfant unique, bonne famille, parents éduqués, école privée. Mais ça peut vraiment être de la marde aussi. Même que ça fait que tu te donnes moins le droit d’avoir de la peine. Tu ne peux pas faillir parce que tu es dans un contexte où tout devrait bien aller. Et quand t’essaies d’en parler, les gens minimisent. »

Lydia Képinski dit exacerber un peu les émotions dans ses chansons, ce qu’elle juge normal, voire important en art. Mais tout de même, elle parle du bout des lèvres d’idées suicidaires qu’elle a jadis eues. Ce qui la ramène au condor de sa chanson Les routes indolores. Dans le texte, elle cherche ses routes sans douleur. « Mais si dans trois mois je ne les ai toujours pas trouvées / je promets que je vais sortir de mon corps / et je pourrais voler haut comme le condor / j’aurais déployé tous mes efforts ».

« Les références à l’Amérique du Sud, ce sont les sacrifices aztèques, le négatif qui est aussi positif. Il fallait tuer quelqu’un pour avoir la grâce des dieux. Et un moment donné, j’entrevoyais aussi le suicide comme ça, en me disant qu’il y a peut-être des gens qui ne sont objectivement pas faits pour vivre. Et si moi je ne suis pas capable de faire ce que je veux faire dans la vie, ou de vivre mieux, à un moment donné je vais arrêter de m’obstiner. »

Doit-on dire qu’on préfère que le condor reste les pattes bien au sol ? « C’est pour moi la façon d’avaler cette période de ma vie. »

Au final, avec Premier juin, Képinski a surtout envie d’être entendue, et de pouvoir se promener avec les gens dans leur parcours. « Je veux ultimement être la trame sonore de la vie du monde. »

 

LE BUFFET: LYDIA KÉPINSKI SE CANNIBALISE EN RAMEN

Étienne Galarneau, Feu à volonté, 4 avril 2018

Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

Premier juin, date de fête et nom du premier album de Lydia Képinski, c’est aussi le titre du single qui a servi à lancer toute cette opération. Rien à voir avec la chanson Les 7 juin où la chanteuse accompagne Gabriel Noël. Y’en a un qui est un vendredi et l’autre un jeudi. Rien à voir.

Si c’était pas de cette sortie surprise, on aurait sûrement mis Alex Burger est son single À’ment donné en tête d’affiche. Seigneur. Burger. La blague de buffet s’écrit toute seule.

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Ce soir, JE SORS à Montréal ou JE RESTE chez nous?

Frederic T. Muckle, 24 Heures Montréal, 4 avril 2018

Cet album de l'artiste montréalaise Lydia Képinski marque le retour en force de la gagnante des Francouvertes 2017. L'opus de huit chansons vient plus d'un an après la sortie de son premier EP qui avait reçu plusieurs bonnes critiques. La chanteuse pop a notamment ouvert pour les artistes Safia Nolin, Charlotte Cardin, Alex Nevsky, Pierre Kwenders et Pascale Picard depuis ses débbuts.

Sorti le 3 avril

 

LES ARTS EN BREF

Isabel Authier, La Voix de l'Est, 4 avril 2018

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Lydia Képinski présente Premier juin

L’une des finalistes du Festival international de la chanson de Granby 2016, Lydia Képinski, présente son premier album à la face du monde. 

Premier juin est le titre que l’auteure-compositrice-interprète a choisi pour cet opus de huit chansons déjà disponible sur toutes les plateformes numériques. 

Jamais à court d’humour et de mots, la jeune femme le décrit ainsi : « J’écris comme un vieux poète du 19e siècle, mais sur de la musique de jeunes. 

C’est un mélange de rock, d’électro et de pop, un peu comme si Alain Bashung chantait sur du Pink Floyd dans les années 80. » Son lancement officiel est prévu le 1er juin prochain au Centre Phi à Montréal. 

D’ici là, la jeune femme promet de publier un clip par semaine. 

[...]

 

ENTREVUE

Catherine Richer, Le 15-18, ICI Radio-Canada Première, 3 avril 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

SURPRISE! LYDIA KÉPINSKI SORT PREMIER JUIN, SON PREMIER ALBUM

Hugo Mudie, Urbania, 3 avril 2018

Y’a vraiment beaucoup trop de monde dans ce bar en plein jour. Spot nouveau quand même trendy. La seule autre fois que je suis venu ici, j’me suis fait payer des shots par Christiane Charest. C’est sur St-Laurent. Lydia Képinski est assise au comptoir. Ça m’a pris deux secondes la reconnaitre en balayant l’énorme pièce remplie de plantes, de puits de lumière, de gens et de sortes de bois que je ne connais pas.

Je l’ai reconnu de dos même. Les cheveux longs, lisses, blonds. Vraiment pas mêlés. Solide revitalisant probablement. La seule fois avant que je l’avais vue c’était au GAMIQ pour ramasser un prix. EP de l’année je crois. Elle était mal à l’aise, comme la plupart des autres artistes qui montaient chercher leur prix.

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«  Euhh thanks ».

Elle demande au serveur si c’est le fun de travailler dans un bar en plein jour.

Il lui répond que c’est aussi un café. Justification.

Il a raison, car je commande un café et elle un thé.

Le 3 avril (aujourd’hui), elle sort son premier album complet. Le titre est Premier Juin.

Sans teaser, sans promo, sans avertissement. Tel une Drake. J’admire l’audace et la démarche. Ça prend du guts. Surtout pour une première offrande. Surtout au Québec.

Tu as voulu utiliser les trucs marketing du rap game pour sortir ton album ? Tu sors ça toi même ?

Je suis sur un tout petit label (Chivi Chivi). C’est moi qui fais ma prod d’album et de spectacle. J’aime choisir les intervenants. Tout est «hors-house». Ce n’est pas de l’intégration verticale avec une seule compagnie. Pour moi [l’intégration verticale] ça profite juste aux entreprises.

Vu que je suis impliquée dans beaucoup de choses, je trouve ça plus relax de faire ça comme ça. Je trouve ça chill de faire ça en deux étapes seulement. La sortie numérique et la promo. On va faire le lancement le 1er juin, c’est dans fucking longtemps. Ensuite, viendront les spectacles.

C’est un peu une anti-stratégie. On met tous nos œufs dans le même panier. Voici l’album. J’aurais pu sortir des singles pendant trois mois, mais c’est pas ça. En tant que public, je veux pas juste un p’tit bonbon après un p’tit bonbon. Fuck off, moi je veux souper.

C’est ton premier vrai album ? Ça te stresse ?

Exact. Je veux qu’il s’écoute comme un album. Le potentiel radio on s’en câlisse. Si après on trouve qu’il y a une toune qui pourrait être trackée à la radio, on le fera, mais je veux qu’on écoute l’album. Ça me fait chier sortir des tounes ou un album d’avance pour les médias, un 5 à 7 pour les médias ça me fait chier aussi. Sortir des singles pour les radios ça me fait chier. Je fais ça pour le monde.

Tu espères quoi? Quel monde? Tout le monde ?

C’est un peu un «ça passe ou ça casse» pour moi. Si ça marche pas l’album, je vais humblement me retirer et aller faire autre chose. J’ai plein d’autres talents.

Si ton album marche pas commercialement, tu feras pas un deuxième album ? Tu penses pas que tu devrais être fière de ce que tu as fait, sans le juger par rapport à la réaction du public ? C’est ton premier album, tu peux pas arrêter si ça marche pas…

[Je dois avouer qu’à ce moment-là, je suis devenu confrère artiste et j’ai oublié que j’étais intervieweur. Je ne voulais pas qu’elle lâche après un album. Elle a beaucoup trop de talent. Elle est beaucoup trop intéressante. Beaucoup trop d’autres « artistes » devraient lâcher avant elle.]

J’suis comme pas patiente dans la vie. Je parle pas nécessairement d’un succès commercial. Ça peut aussi être un succès critique. J’ai besoin d’exceller. Si je fais quelque chose et que ça fonctionne pas comme je pense, je préfère faire autre chose honnêtement. Ça se peut que j’aie rien à dire de pertinent. Que mes textes ne résonnent pas avec le monde. La musique me semble la forme d’art qui me va le mieux, mais ça se peut que j’aie d’autres compétences dans d’autres choses.

[J’essaie de lui dire, sans être paternaliste, sans jouer le Louis-Jean «moi ça fait 20 ans que je fais ça et m’a te le dire ma p’tite fille, c’est comme ça que ça marche!» Elle n’a aucune idée que je suis aussi musicien et c’est tant mieux. Je peux essayer de rester intervieweur. Mais j’me suis attaché. En peu de temps. J’aimerais que la réaction du public n’affecte pas l’appréciation de son œuvre. Qu’elle le fasse pour elle.]

J’veux pas faire de la musique de «biens et services». La culture populaire est vraiment importante, mais ça veut pas dire que c’est de la culture de marde pour autant. Ce sont les diffuseurs qui diffusent de la marde. Pour moi la chanson c’est de l’art populaire. Si j’avais voulu faire de l’art de niche, j’aurais fait du théâtre, mais ça m’intéresse pas le théâtre parce que j’ai pas l’impression que ça parle au peuple.

Tu as donc le désir de parler au peuple ? Comme Éric Duhaime mettons ?

Bennn…c’est qui «  le peuple » pour Éric Duhaime et c’est qui « le peuple » pour moi ? Moi je me considère comme faisant partie du peuple. J’me suis souvent fait dire que mes tounes étaient trop longues et qu’il y avait trop de mots. Comme si le monde était trop épais pour comprendre. La prise de risque semble très compliquée au Québec.

Parlant de risque, tu as quand même fait beaucoup de concours (Cégep En Spectacles, Granby, Francouvertes et autres Ma Première Place Des Arts ), c’est quand même l’avenue rapide vers une carrière musicale et non l’avenue risquée, mettons. Penses-tu que sans tout ça, tu serais ici en ce moment à me parler de ton premier album ?

Tout le monde a son chemin. C’était mon chemin. Ça m’a préparée à l’industrie de la musique. J’ai pu voir de l’intérieur que c’était un peu dégueulasse. Je suis mieux préparée à faire face à des baby-boomers qui haïssent ce que je fais. C’était bon pour me faire une carapace. Tout le monde dans le concours voulait que je change. J’ai fait ma tête de cochon. Je vais faire exactement ce que je fais et travailler plus.

Mais ils voulaient que tu changes quoi ?

Ben…toute! Ils aimaient rien. J’me faisais dire que je devrais être parolière. Moi je paye 100$ pour m’inscrire dans le but de gagner de quoi de plus gros ultimement. Eux pensent que je m’inscris pour avoir une formation et apprendre. Ce sont des gens qui ont écrit des hits, leurs affaires fonctionnent et ils veulent te former…à part les Francouvertes.

Aurais-tu fait La Voix ? Y’a tu une différence entre La Voix et Les Francouvertes ?

Moi je suis contre la moralité. Je ne suis pas une personne morale. Y’a un discours dans la musique qui me fait chier. Tel ou tel est pas intègre…moi j’m’en criss. Mon intégrité est par rapport à moi. Le mythe de l’artiste vendu, du sell out, ça me fait chier. Je trouve ça vraiment nul. Y’a un puritanisme gossant avec la gauche «qu’il faut garder ça pur, que la musique c’est juste de la musique.» Fuck off ! Y’a de la business là-dedans. Faut que je fasse des émissions niaiseuses qui me fendent le cul, mais je le fais avec ma personnalité. Y’a du monde qui me bitche sur internet après, vivez avec ça.

Mais c’est pas ça être intègre justement. Rester toi-même, peu importe la situation ?

Oui…mais tsé un artiste qui prend un virage pop et que le monde trouve pu cool à cause de ça…je trouve que ça fonctionne pas comme statement. Y’a le droit d’essayer d’autres affaires.

 

LYDIA KÉPINSKI SORT LES HUIT TITRES DE SON ALBUM PREMIER JUIN

Marie-Josée Boucher, Info-culture.biz, 3 avril 2018

Lydia Képinski rend l’âme à travers un premier album intitulé Premier juin, disponible dès aujourd’hui, sur toutes les plateformes numériques. L’auteure-compositrice-interprète explique:

J’écris comme un vieux poète du 19e siècle, mais sur de la musique de jeunes. C’est un mélange de rock, d’électro et de pop, un peu comme si Alain Bashung chantait sur du Pink Floyd dans les années 80.

On peut aussi dire que tsé…

Premier juin, c’est mon premier album

Premier juin 1993, c’est ma date d’anniversaire

Premier juin 2018, c’est ma naissance artistique

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Parlant d’anniversaire, le party aura lieu le premier juin au Centre Phi

Ironiquement, cet album aborde surtout le thème de la mort

Comme quoi toute est dans toute

Je vais publier un clip par semaine jusqu’à épuisement des stocks. Voici Premier juin, la chanson que je me suis écrite pour mon 23e anniversaire:

Premier juin suit les traces de son premier ouvrage, un EP intitulé EP et paru en 2016 ainsi que de son passage flamboyant aux Francouvertes, où elle a remporté pratiquement la totalité des prix en lice, dont la bourse SiriusXM.

Paroles et musiques: Lydia Képinski

Réalisation: Blaise Borboën-Léonard

Mix: Jace Lasek (Suuns, Arcade Fire, Patrick Watson)

 

Lydia Képinski - Premier juin 8/10

Frédéric Bussières, Poste d'écoute, 3 avril 2018

Vous me connaissez moi et les buzz… Ainsi celui entourant Lydia Képinski ne m’avait qu’à moitié convaincu. Par contre ce Premier juin me voit enfin embrasser pleinement la jeune artiste. Plus Rock son Electro/Pop est aussi plus abouti et démontre un meilleur éventail sonore. Avec son riche univers mais tout de même accessible, Képinski joue avec les conventions Pop. Côté textes, elle n’hésite pas à jouer avec les mots et à se servir de la nostalgie pour passer son message. Intelligent.

 

Lydia Képinski sort son premier album par surprise!

Tabarnak!, 3 avril 2018

Après avoir publié un premier EP en 2016 et remporté la finale des Francouvertes l’année suivante, Lydia Képinski présente aujourd'hui son premier album : Premier juin.

Rien ne laissait présager de la sortie de ce premier album. Pas de teaser, pas d’annonce... Telle Beyoncé, Lydia Képinski nous a dévoilé Premier juin par surprise ce mardi 3 avril !

Réalisé par son complice Blaise Borboën-Léonard, Premier juin rassemble neuf chansons mêlant sonorités post-rock, pop et électro.

Les références mythologiques du premier EP laissent place à des références plus contemporaines.

Lydia Képinski marche sur Pie-IX (boulevard de Montréal), veut qu’on l’emmène au Parc Belmont (comme Diane Dufresne), emprunte les mots du poète Stéphane Mallarmé sur la chanson Les balançoires et surprend avec les sonorités pop-urbaines de Sur la Mélamine.

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« J’écris comme un vieux poète du 19e siècle, mais sur de la musique de jeunes. C’est un mélange de rock, d’électro et de pop, un peu comme si Alain Bashung chantait sur du Pink Floyd dans les années 80 » explique l’auteure-compositrice-interprète qui fêtera ses 25 ans le 1er juin prochain.

Chaque semaine à compter d’aujourd’hui, Lydia Kepinski publiera un clip. Un pour chaque chanson de l'album.

Le premier accompagne la plage titulaire, Premier juin, une chanson que l’artiste Montréalaise a écrit pour son 23e anniversaire.

 

« Premier Juin » : Lydia Képinski sort son premier album

Les Méconnus, 3 avril 2018

On attendait avec impatience, et voilà qu’on peut enfin avoir du nouveau de Lydia Képinski dans nos oreilles! Après un EP super bien accueilli, l’auteure-compositrice-interprète nous revient avec son premier album, Premier Juin!

Toujours aussi unique, Képinski frappe fort avec un opus qui trouve son propre chemin avec aisance. Celle qui a remporté les Francouvertes en 2017 nous offre aussi un beau vidéoclip, tant qu’à y être. BOUM.L’album physique sera lancé le 1er juin au Centre Phi. On pourra également voir Lydia Képinski au Festival Santa Teresa en mai. Pour toutes les informations, c’est ici. – L’équipe du webzine Les Méconnus

 

Envie de découvrir ça? À écouter sur Spotify, maintenant!

 

 

LYDIA KÉPINSKI SORT LES HUIT TITRES DE SON ALBUM PREMIER JUIN

Arts & culture, 3 avril 2018

Lydia Képinski rend l’âme à travers un premier album intitulé Premier juin, disponible dès aujourd’hui, sur toutes les plateformes numériques. L’auteure-compositrice-interprète explique:

J’écris comme un vieux poète du 19e siècle, mais sur de la musique de jeunes. C’est un mélange de rock, d’électro et de pop, un peu comme si Alain Bashung chantait sur du Pink Floyd dans les années 80.

On peut aussi dire que tsé…

Premier juin, c’est mon premier album

Premier juin 1993, c’est ma date d’anniversaire

Premier juin 2018, c’est ma naissance artistique

Parlant d’anniversaire, le party aura lieu le premier juin au Centre Phi

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Ironiquement, cet album aborde surtout le thème de la mort

Comme quoi toute est dans toute

Je vais publier un clip par semaine jusqu’à épuisement des stocks. Voici Premier juin, la chanson que je me suis écrite pour mon 23e anniversaire:

Lydia Képinski – Premier juin

Premier juin suit les traces de son premier ouvrage, un EP intitulé EP et paru en 2016 ainsi que de son passage flamboyant aux Francouvertes, où elle a remporté pratiquement la totalité des prix en lice, dont la bourse SiriusXM.

Paroles et musiques: Lydia Képinski

Réalisation: Blaise Borboën-Léonard

Mix: Jace Lasek (Suuns, Arcade Fire, Patrick Watson)

LydiaKepinski.com

 

CRITIQUES

Louis-Philippe Labrèche, Le Canal auditif, 3 avril 2018

Lydia Képinski fascine depuis ses premiers pas. D’un côté, ses chansons empruntent à la mythologie pour imager ses sentiments. D’un autre, son personnage scénique est parfois malaisant et provocateur. Qui est la vraie Képinski? Sans doute un peu des deux. Après un EP qui avait retenu l’attention un peu partout, un couronnement aux Francouvertes en 2017, voici qu’elle lance son premier album en bonne et due forme.

Toujours entourée de ses accolytes Blaise Borboën-Léonard et Stéphane Lemieux, elle se lance dans une première épopée qui démontre un plus grand éventail sonore que ce qu’on avait vu à ce jour. Lydia Képinski avait commencé à injecter du rock dans ses compositions pendant les Francouvertes et ça se poursuit sur Premier juin. Surtout, ce qui se dégage de l’opus est une plus grande maturité dans les compositions et des chansons plus ramassées. Les directions sont claires et elle file à vive allure vers la cible.

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La chanson-titre est particulièrement éloquente de l’évolution de son de la part de Képinski. Les cordes de Borboën ont de la gueule et ventre alors que le rythme est entraînant.

Attends-moi, je vais trouver la faille

Retrouver la faille

— Premier juin

Peut-être qu’elle l’a trouvé la faille en faisant une pop assez accessible malgré ses détours art-rock. 360 jours se fait irrésistible quand le deuxième refrain se met en branle. Képinski parfait l’art qu’elle avait déjà entamé sur Andromaque. Elle sait faire monter la tension avant de tout faire éclater comme un cri « surprise » dans une fête. Maia est décalée à souhait, même si dans son fond, il s’agit d’une chanson de pop-rock plutôt efficace. Képinski utilise les conventions pour arriver à ses fins, même si elle refuse d’y plonger entièrement.

Les inspirations textuelles de Képinski traversent les époques. Elle nous chante une nostalgie du Parc Belmont alors qu’elle n’y a visiblement jamais mis les pieds. Sur la Mélamine met de l’avant sa capacité à jouer avec les mots y allant de liens peu ordinaires pour une chanteuse pop. On a l’impression d’avoir à faire à une rappeuse, mais qui chante. Le résultat est très convaincant.

C’est un premier album réussi pour Lydia Képinski qui s’aventure dans de nouvelles aires sonores et qui confirme le « buzz » qui l’entoure depuis un peu plus d’un an. Il faut saluer le travail des musiciens qui l’entourent. Ils sont assez inventifs pour suivre ses frasques créatrices. En découle une collection de 8 chansons desquelles Képinski n’aura pas à rougir.

 

LE PREMIER ALBUM DE LYDIA KÉPINSKI VOIT LE JOUR

Pascale Fontaine, ICI Radio-Canada Web, 3 avril 2018 2018

Un peu moins d'un an après avoir été propulsée par sa victoire aux Francouvertes, Lydia Képinski s'offre, mardi, une naissance artistique au lendemain de Pâques, en lançant son tout premier opus, Premier juin, en version numérique.

Un texte de Pascale Fontaine

Drôle de moment pour sortir un album, le 3 avril, un mardi, en revenant du congé pascal, non? « Avec quatre jours de congé, les gens ont pu regoûter à la vie et ils sont retournés travailler tellement déprimés », lance, moqueuse, l'auteure-compositrice-interprète, accoudée au bar du Darling, à deux pas de l'ancienne maison de Leonard Cohen. « Ils vont voir surgir sur Internet l’album de Lydia Képinski et ils vont pouvoir, premièrement, vivre leur peine, et deuxièmement, retrouver l’espoir. C’est très stratégique finalement, cet “adon”. »

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Ce « hasard » semble étonnamment en phase avec le concept de l'album, oscillant entre la mort et la lumière. Le tout livré à la sauce Képinski : frontal, avec une voix plus assurée qui se promène entre la dissonance et le parler, question de garder les auditeurs en haleine.

ÉPITAPHE?

« Lydia is dead », lisait-on déjà vendredi sur son site. Cette pierre tombale numérique d’un jaune criard laisse présager un coup d'éclat, mais n'a provoqué que des éclats de rire chez Lydia Képinski.

« C'est ça qui est drôle : j'annonce ma mort, mais je ne suis pas morte. Le jaune, c'est la mort, la naissance... deux extrémités qui se rejoignent », explique-t-elle. Son seul coup d’éclat de la journée, finalement, est de mettre ses dernières créations en ligne.

Rien que ça. Ou plutôt tout ça : tuer l'adolescente et ses angoisses pour faire naître l'artiste. L'âge adulte, le non-amour, les relations abusives, la maladie mentale et la mort sont au coeur de Premier juin, date d’anniversaire de la jeune femme.

« Je n'ai pas tant ça eu recours à la fiction. C'est pas mal tout du vécu. C'est pour ça que c’est viscéral, mais c'est bizarre de mettre [ses idées noires] sur un piédestal [et] de mettre la hache dedans. [...] Avec mes chansons, je veux catalyser tout ça et célébrer la vie. »

« Le plus proche de la mort que j'ai pu vivre, c'est d'avoir eu des pensées suicidaires, explique l’artiste de 23 ans. Ma façon de vivre avec ça, c'est d'écrire des chansons. L'an passé, j'ai écrit une toune sur la fin de l'adolescence, je pense avoir vu le bout. À partir de là, ça devrait être plus smooth. »

MALLARMÉ SUR VÉLIN

Pas de mythologie pour illustrer son vague à l'âme cette fois-ci. Les références sont plus contemporaines : Stéphane Mallarmé, à qui elle a emprunté un vers, caché dans une vieille édition en vélin, pour Les balançoires (« Jamais un coup de dé n'abolira le hasard »), ainsi que le parc Belmont, notamment celui que chante Diane Dufresne flirtant avec la folie, la mort et le plaisir.

« [Dans Belmont], il y a une métaphore avec les montagnes russes », raconte-t-elle à propos de cette chanson relatant une relation abusive « à s'éclater les genoux sur le trottoir ». « Quand t’es avec quelqu’un, t’as des hauts et des bas, puis là, tu penses que c’est fini, et non, ça revient (rires) : avoir la tête qui tourne avec une petite envie de vomir. »

Celle qui étudie en littérature et en cinéma à l’Université de Montréal est loin d’avoir la langue dans sa poche cette fois-ci, contrairement à d’autres entrevues qu’elle a pu donner, baveuse, un peu refermée sur elle-même.

« Il y a quelque chose en moi qui a envie de faire la révolution, mais il faut que j’apprenne à le faire avec amour et vulnérabilité. C’est une chose avec laquelle j’ai de la difficulté à vivre sur scène, parce que je me sens déjà tellement vulnérable dans mes textes. »

Elle espère qu’au cours des prochaines années, les gens percevront la générosité dans son art, qu’ils ne se buteront pas nécessairement devant son ironie et son arrogance.

SORTIE SOUVENT REPOUSSÉE

Ce premier opus devait sortir initialement l'automne dernier, mais la quarantaine de spectacles – qui ont déboulé avec sa victoire aux Francouvertes – en ont repoussé l'enregistrement. Ces prestations ont toutefois permis à Lydia Képinski de gagner en expérience pour arriver en studio bien solide, la voix plus posée, moins éthérée.

Pas question d’aguicher les auditeurs. Au lieu de livrer un single – qu'elle compare au petit chocolat sur un gâteau alléchant qu'on ne peut goûter –, Lydia fait un lancement en deux temps : un album numérique, puis un album physique, monté comme un livre, qu’elle lancera, en chair et en os, le 1er juin au Centre Phi. D'ici là, elle est ses musiciens auront environ huit semaines pour étrenner les nouvelles chansons, notamment au festival Santa Teresa au mois de mai.

Lydia Képinski, qui avoue encore ne pas connaître son public, aura-t-elle alors l’occasion de faire connaissance avec celui-ci? Avec quelques spectacles qui portent enfin son nom, nous le lui souhaitons.

 

Premier juin

Lydia Képinski

Réalisation : Blaise Borboën-Léonard

Offert en format numérique

Lancement le 1er juin au centre Phi

 

LYDIA KÉPINSKI: les contes cruels du Premier juin

Tony Tremblay, ICI Musique, 3 avril 2018

Contes cruels, ritournelles corrosives, tragédies surréalistes serties d’humour noir : c’est en ces termes qu’on pourrait sans doute décrire les huit chansons denses et merveilleuses de Premier juin, le solide et très personnel premier album de la Montréalaise Lydia Képinski.

L’an dernier, cette artiste de 24 ans a remporté les grands honneurs des Francouvertes. Lydia Képinski a convaincu tout le monde avec sa performance pleine de sincérité et d’intensité, et des chansons à la fois accrocheuses, complexes et déconcertantes.

Pour ce premier album, Premier juin, Blaise Borboën-Léonard assure une réalisation précise, parfaitement en phase avec l’univers singulier de Lydia Képinski. Ici, il n'y a pas d’effet de toge, seulement des procédés simples, chaque instrument devenant une sorte d’acteur des contes musicaux que déroule devant nous la talentueuse auteure-compositrice-interprète.

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Le monde musical de Lydia Képinski regorge de références assumées, allant du poète symboliste Stéphane Mallarmé (la chanson Les balançoires) jusqu’à Diane Dufresne (la chanson Belmont, saisissante et très réussie). Chaque pièce est finement ciselée, avec une mécanique dramatique précise, les émotions sur le fil du rasoir. Leur structure est complexe, progressive, passant du post-rock à l’électro et chaque texte est superbement écrit et rendu avec conviction. Tant de profondeur chez une artiste si jeune surprend et réjouit. On en redemande.

Lydia Képinski sait écrire des chansons efficaces, à la fois accrocheuses et percutantes. Elle jongle avec des émotions vives et des chansons qui voyagent loin, en équilibre sur le bord du précipice, sans jamais y tomber. En ce sens, Premier juin est un album bouleversant de sincérité et de talent. Voilà une découverte de très fort calibre. À écouter en boucle.

Premier juin (Indépendant) de Lydia Képinski est lancé le 3 avril 2018.

 

LYDIA KÉPINSKI SANS FILTRE

ELLE CULTURE, 29 mars 2018

« Je ne pense pas que je ferais de la musique si je n'avais rien d'unique ou de nouveau à proposer. Si je lance un disque, c'est que je crois pouvoir apporter à la culture québécoise quelque chose qu'elle n'a pas déjà. » Prise hors contexte, cette phrase pourrait sembler prétentieuse, voire arrogante. Il n'y a pourtant pas la moindre once de vanité chez Lydia Képinski, seulement une rafraîchissante candeur doublée d'un véritable talent. Reste que le sens de la répartie et l'humour mordant de la chanteuse de 25 ans désarçonnent parfois ses interlocuteurs: certains la trouvent baveuse, et même les gars narquois de La soirée est encore jeune, qui la recevaient peu de temps après sa victoire aux Francouvertes l'an dernier, ont perdu leurs moyens face à ses formules assassines. » 
« Ça doit être mon côté européen », poursuit celle qui évoque souvent ses racines françaises et polonaises, avant d'affirmer sa profonde québécitude en regrettant la déroute du mouvement indépendantiste. On pense à Apprendre à mentir, l'une de ses premières chansons, qui évoquait « un pays qu'on ne mérite même pas. » Cynique et blasée, Lydia? « Je suis trop jeune pour être désabusée; j'ai simplement écrit cette chanson pour piquer les gens. Cela dit, même si je ne fais pas de la chanson politique, je pense que le seul fait de chanter, de créer, est un geste politique. »
Après avoir évoqué du même souffle Jacques Parizeau, puis Laure Conan, on revient sur la musique de PREMIER JUIN, un album concocté avec son complice artistique, le multi-instrumentaliste et réalisateur Blaise Borboën-Léonard (ex-Hôtel Morphée). On tente de décrire ce joyeux mélange de « pop-électro-chanson-française-rock, puisqu'il faut bien donner des repères aux gens » , porté par une voix mutine et des synthés qui fleurent bon les années 1980. On aborde ces textes tantôt denses (la jeune femme a failli se diriger vers la littérature), tantôt ludiques et truffés d'allitérations, marqués par une passion pour la rime qui lui vient de son obsession pour « le rap et la poésie médiévale. » Puis on lui demande ce qu'elle souhaite le plus avec le lancement de ce premier album: « J'aimerais que ma musique accompagne les gens alors qu'ils sont en train de vivre quelque chose qui leur appartient. Une fille m'a dit qu'elle a écouté mon EP pendant qu'elle faisait Compostelle; je ne peux pas rêver d'une meilleure façon d'entrer dans la vie des gens. » 

 

LYDIA KÉPINSKI - STUDIO ET SMOOTHIE DE KALE

Télé-Québec, La Fabrique culturelle, 21 mars 2018

La lauréate de la 21e édition des Francouvertes, Lydia Képinski, est en studio ! Incursion dans cet espace de création où elle peaufine son nouveau matériel.

Bien préparée depuis ces multiples participations à différents concours, et motivée par l’enchaînement de ses succès, l’auteure-compositrice-interprète autodidacte entame avec détermination le début d’une carrière prometteuse. Guidée par ses convictions, Lydia Képinski fonce avec énergie et assurance dans cette vie professionnelle, rigoureusement planifiée et convoitée.

Après des passages remarqués dans le cadre des festivals Coup de cœur francophone, le Festif! de Baie-St-Paul, Zone Homa, FAST, et FRINGE, Képinski se rend en finale de l'édition 2016 du Festival international de la chanson de Granby. Lauréate de neuf prix — notamment d'une chanson primée SOCAN pour Apprendre à mentir —  et récipiendaire des prix du Domaine Forget et du Festival de la chanson de Tadoussac au Cabaret Festif de la relève, Lydia Képinski impose, un peu plus chaque jour, sa fougue, sa voix et son visage dans le paysage musical québécois. (Source : Bonsound)

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Premier juin, la pièce musicale entendue lors de la séance d’enregistrement au Studio Makina atteste tout le talent et la sensibilité de cette chansonnière montréalaise.

 

http://www.lydiakepinski.com/

 

DANS LES COULISSES AVEC LYDIA KÉPINSKI

Janis Le Dalour, VOIR, 15 mars 2018

Dans un documentaire au format court produit par Âge d’art, on découvre l’auteure-compositrice-interprète Lydia Képinski dans l’intimité de sa vie d’artiste au court de cette dernière année. La musicienne de 24 ans d’origine franco-polonaise livre le portrait d’une femme énergique et travailleuse, qui ne fait pas fi de l’humour et pour qui la langue de bois n’existe pas.

 

La caméra de David Francke-Robitaille l’a accompagnée lors de sa participation à la 21eme édition des Francouvertes l’année passée. Elle y avait remporté la finale. On la retrouve aussi à l’occasion de sessions en studio accompagnée de ses deux complices Stéphane Lemieux et Blaise B. Léonard. Bref, ça donne bien envie d’aller jaser avec elle pour découvrir son univers infusé par Barbara ou encore Serge Gainsbourg. À l’instar de ces deux icônes, elle fait de la chanson française pop où les mots trônent en place d’honneur et où la frontière entre les styles se révèle de plus en plus fine.  Elle résume avec dérision: «Je fais de la chanson française, pop quand je m’amuse, progressive quand j’ai des sautes d’humeur, jazz quand je me force, et rap quand je bois.» Elle a en tout cas prouvé ses talents sur son dernier EP paru en 2016 dans lequel on peut notamment entendre les titres Apprendre à mentir et Andromaque.

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Depuis, Lydia Képinski parcourt les scènes où «elle n’hésite pas à user de sa langue faussement candide, tragi-comique, parfois même acerbe, pour créer des images. Des images grinçantes. Des images clairs-obscurs, sans maquillage».

 

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