Dossier de presse d'Isabelle Boulay - décembre 2011, janvier et février 2012

Isabelle Boulay: nouvel extrait et dates de tournée

Rosanne Brais, Showbizz.net, 17 février 2012

Isabelle Boulay lance «Jolie Louise», un nouvel extrait tiré de son plus récent album «Les grands espaces» qui s’est écoulé à plus de 40000 exemplaires. Cette pièce est une reprise du classique de Daniel Lanois.

Au printemps, la chanteuse partira à travers la province pour présenter à son public québécois son nouveau spectacle «Les grands espaces». Mentionnons que l’album a été certifié platine en France et disque d’or au Québec. Les deux premières de son spectacle se dérouleront à l’Olympia de Montréal, le 8 et le 9 mars 2012.

Sur des airs folk et country, Isabelle Boulay interprétera les chansons de son dernier album, en plus d’offrir plusieurs de ses succès. Sur scène, elle sera accompagnée de ses fidèles musiciens Martin Bachand, Michel Roy, Francis Covan et Éric Sauviat.

Yves Desgagnés a signé la mise en scène du spectacle, Jean Bard a réalisé les décors et Jacques Rouveyrollis a conçu les éclairages (ce dernier a, entre autres, travaillé pour les spectacles de Johnny Halliday, Charles Aznavour, Serge Gainsbourg, Michel Sardou, Barbara).

Isabelle Boulay arrive à peine de France, où elle a donné trente représentations de ce spectacle, dont quatre à guichet fermé au Casino de Paris.  Une supplémentaire est prévue en mai prochain. Un spectacle qui promet de faire voyager son public…

 

 

C'est dans l'air

Catherine Perron, Châtelaine, Mars 2012

Isabelle Boulay nous dit...

...pourquoi il faut assister à son nouveau spectacle LES GRANDS ESPACES. « Pour voir grand, loin et respirer large... C'est un spectacle où il y a de la place pour le rêve et qui fait voyager les gens. Et c'est la première fois que je réussis à marier mon amour de la grande chanson de variétés à celui de la musique country et à les faire tenir un même monde.» La belle rousse repart en tournée avec sa bande habituelle de complices. «J'ai des musiciens exceptionnels. Des gars fidèles, passionnés et très talentueux. une superbe équipe de tournée! Ça se ressent sur scène. On souffle dans la même direction!» Le spectacle a été créé au Québec, à l'Olympia de Montréal. « C'est là que tout le travail de recherche a été fait. Le résultat est intimiste et chaleureux, mais a aussi énormément de dimensions.» À partir du 8 mars, partout au Québec.

L'univers d'Isabelle

Quels souvenirs gardez-vous de votre premier amour?

Depuis mon jeune âge, je suis une grande sentimentale. À sept ans, alors que je chantais avec le groupe de musique Réflexion, je suis tombée amoureuse du directeur musical, qui, lui, fréquantait la bassiste. le jour où ils m'ont annoncé leur mariage, je suis partie en courant, pleurant à chaudes larmes. J'ai eu le coeur brisé.

Qu'est-ce qui vous fait rire?

Moi-même. Extrêmement maladroite, je peux tomber dans la rue, me relever et, si je ne me suis pas trop fait mal, je serai la première à rire. J'aime les situations cocasses. Je n'ai jamais autant ri de moi que la fois où j'ai embrassé Corneille au gala de l'ADISQ [en 2005, avant d'aller chercher son prix, elle avait fait la bise au chanteur et était montée sur la scène avec du fond de teint foncé sur le visage].

Le meilleur conseil qu'on vous ait donné?

«Changer les préoccupations en occupations.» Je participais à une émission en Gaspésie et j,avais fait la rencontre d'un pêcheur de 80 ans, monsieur Adam. Je lui avais demandé comment il faisait pour être aussi serein et conserver une joie de vivre et un regard neuf à chaque instant. Il m'avait répondu avoir pris cette résolution après un gros chagrin. Ça fait 20 ans et cette phrase ne m'a jamais quittée.

La personne que vous admirez le plus?

Le Dr Gilles Julien [fondateur de la pédiatrie sociale] parce que c'est un homme qui fait ce qu'il dit. J'aime les gens qui travaillent comme des ouvriers dans leur vocation. Ça demande une énergie surhumaine. Je ne sais pas où lui la prend.

Le geste le plus fou que vous ayez fait?

J'étais à Paris et j,avais deux jours de congé. J'ai sauté dans un avion pour venir passer une journée avec mon amoureux au Québec.

Pour retrouver Isabelle

1. On revoit sur YouTube sa participation à l'émission LE COEUR À SES RAISONS. « Ç'a été une expérience fantastique. On a tellement ri! Je suis très clown dans la vie! C'est une partie de moi que les gens ne connaissent pas. Je suis certaine que je pourrais faire un numéro comique au festival Juste pour rire.»

2. On visionne le vidéoclip de sa chanson LE SAULE (YouTube). Une réalisation de Jean Beaudin (Le matou, Les filles de Caleb). «Jean est une personne àqui on peut lui ouvrir son coeur et il ne mettra jamais le feu dedans. Le saule, c'est une chanson qui a marqué le public. Les gens m'arrètaient dans la rue et m'appelaient "mon saule inconsolable"!»

On découvre ou redécouver ses trois derniers albums. DE RETOUR À LA SOURCE, CHANSONS POUR LES MOIS D'HIVER et LES GRANDS ESPACES. «Ce sont les disques qui sont le plus proche de mon identité profonde et qui rendent hommage à mes racines.»

Ses projets

«L'été prochain, je ferai la tournée des festivals.»

«À plus long terme, j,aimerais faire un disque country en anglais que réaliserait Daniel Lanois ou T-Bone Burnett. J'aimerais aussi faire quelque chose en lien avec les oeuvres du Dr Julien, mais je veux avoir le temps de le faire comme il faut. Je me donne 10 ans pour accomplir tout ça!»

 

 

Isabelle Boulay: Mémoire affective

Nancy Hall, Moi et cie, Mars 2012

Isabelle Boulay sait d'où elle vient et elle sait où va: là où son coeur d'ouvrière et sa voix réconfortante l'appellent. Dans cette entrevue sous le signe de la confidence, nous avons laissé s'exprimer la mère, la chanteuse et la Gaspésienne, qui n'a jamais oublié ses originies...

LA GASPÉSIENNE

L'importance des racines

« Je suis très attaché aux valeurs d'antan. J'ai été élevée à l'ancienne. Dans mon village de Sainte-Félicité. tout le monde s'entraidait. La maison de mes parents était un lieu de ralliement et de rencontre, même après qu'ils ont vendu le restaurant. Je me souviens des amies de ma mère qui venaient tisser des couvertures et des tapis à la maison. J'aimais les entendre parler et rire. J'ai eu de la chance d'être entourée de très bonnes personnes pendant mon enfance, des ouvriers qui étaient ouverts aux autres et qui avaient des valeurs profondes. Ça fait partie de moi.»

Une grand-maman clairvoyante

« À l'âge de deux ans, ma grand-mère paternelle m'a dit: "Isabelle, tu ne seras pas comme les autres. Tu vas partir d'ici quand tu seras grande, parce que tu ne seras pas comme nous. Tu vas faire un autre métier." J'ai effectivement continué la lignée familiale mais d'une façon différente, tout en restant toujours fidèle à mes origines.»

LA MÈRE

Le jour où son fils, Marcus, l'a vue en spectacle pour la première fois.

« C'était le 1er décembre au Casino de Paris. il était assis avec mon garde du corps et sa nounou française, Tatie Danielle. Je ne pouvais pas le regarder pendant le spectacle, car ça me donnait envie de pleurer! (rires) J'étais très émue de le voir dans la salle. Pendant le spectacle, il dansait et tapait dans ses mains. Il a été parfait jusqu'à ce que je quitte la scène pour changer de costume. Il est alors venu me rejoindre en coulisses. Quand j'ai salué le public, à la fin du spectacle, il s'est levé sur son siège pour faire la même chose!» (rires)

L'exemple du plaisir

«C'était très important pour moi de rester auprès de mon fils pendant les trois premières années de sa vie afin de lui donner un équilibre. Je n'aurais pas pu partir en tournée en France si je ne l'avais pas aussi bien entouré à l'époque. Maintenant, je peux m'éloigner un peu plus pour faire mon métier. Je dois aussi m'accomplir sur le plan professionnel, sans quoi je deviendrais une mère malheureuse. Donner l'exemple du plaisir et de l'épanouissement personnel est la meilleure façon d'élever un enfant. Je souhaite que Marcus réalise l'importance de faire ce qu'on aime dans la vie.»

La musique dans le sang

« Marcus adore la musique et les spectacles. Pendant nos vacances au soleil, il voulait voir tous les spectacles et aussi assister aux répétitions!(rires) Son amour de la musique n'est sûrement pas étranger au fait que j'ai chanté jusqu'à huit mois et demi de grossesse. j'ai recommencé à chanter cinq semaines après l'accouchement et je le l'ai emmené partout avec moi en tournée.»

LA CHANTEUSE

Un coeur d'ouvrière

« Je chante avec mon coeur d'ouvrière. Devenir une grande star n'a pas jamais été ma motivation profonde. Je veux plutôt devenir une grande interprète. Je ne pourrais pas chanter sans qu'il y ait une recherche de sens. Chanter doit avoir une dimension sociale pour moi. il faut que mes chansons et ma voix fassent du bien.»

En duo avec Dolly Parton, l'idole de sa jeunesse

« Dolly Parton est le symbole du triomphe de la dignité humaine sur les difficultés de la vie. Elle représente beaucoup de choses pour les femmes de ma famille et pour moi. ma grand-mère regardait la télévision pour trois raisons: les informations, le pape et Dolly Parton! (rires) Quand je l'ai rencontrée, j'avais l'impression d'être avec une de mes tantes. J'ai la conviction profonde que nous allons à nouveau collaborer ensemble dans le futur. Je me sens profondément liée à elle.»

 

Isabelle Boulay, chanteuse. Chronique «En 10 questions»

Johanne Fournier, Le Bas-St-Laurent, 21 janvier 2012

Isabelle Boulay a passé son enfance à Sainte-Félicité, à l’est de Matane. À deux ans et demi, la petite Isabelle connaît déjà ses premiers frissons d’interprète, juchée sur le juke-box du restaurant de ses parents. De l’âge de sept à onze ans, elle chante dans les bars. À seize ans, elle participe à un concours de chansons à Matane. Elle fait alors la rencontre de Josélito Michaud, qui deviendra plus tard son agent. 

Deux ans après, elle remporte le prix d’interprétation et le prix du public au Festival en chanson de Petite-Vallée. Par la suite, elle décrochera plusieurs autres prix, dont trois Félix au gala de l’ADISQ en 2007. Elle sort son premier album en 1996, entièrement écrit et composé par Daniel DeShaime. En 1999, elle brise la glace de la scène musicale parisienne et, l’année suivante, elle chante pour la première fois à l’Olympia de Paris. 

Plusieurs disques plus tard, Isabelle Boulay a lancé, en novembre, un tout nouvel album intitulé «Les grands espaces». 

Le Bas-Saint-Laurent (B.S.L.): 1. Qu’est-ce qui vous a inspiré le plus au cours de votre carrière? 

Isabelle Boulay (I.B.): Observer les gens que j’admire, tels que Serge Reggiani, Julien Clerc, Johnny Halliday et Christian Lacroix. 

B.S.L.: 2. Est-ce que votre enfance à Sainte-Félicité a eu une influence sur votre carrière? 

I.B.: Beaucoup. La plus grande chance que j’ai eue, dans ma vie, c’est d’être née là. Ça a beaucoup déterminé tout ce que j’ai fait par la suite. Mes parents, ma grand-mère et ma tante Adrienne sont des gens qui m’ont donné un très grand héritage. 

B.S.L.: 3. Quel a été le plus beau moment de votre carrière? 

I.B.: Il y en a plusieurs, mais il y a deux moments très forts de ma carrière, soit d’avoir chanté avec Dolly Parton et d’avoir fait l’Olympia de Paris pour la première fois, le 4 décembre 2000. 

B.S.L.: 4. Qu’est-ce que vous aimez de votre région d’origine? 

I.B.: La bonté et la chaleur humaines. Les gens ont le cœur à la bonne place. 

B.S.L.: 5. Si vous aviez le pouvoir de rencontrer une personnalité de votre choix, qu’elle soit fictive, décédée ou contemporaine, qui choisiriez-vous? 

I.B.: Édith Piaf. 

B.S.L.: 6. Demain matin, vous êtes élue première ministre du Québec. Quelle est votre première décision? 

I.B.: J’essaierais de faire en sorte qu’il y ait moins d’attente pour obtenir une place en garderie et que nos routes soient en meilleur état. 

B.S.L.: 7. Que faites-vous de concret, au quotidien, pour changer le monde? 

I.B.: J’essaie d’être la plus intègre et la plus cohérente possible. En chantant, j’ai l’impression que j’aide le monde. 

B.S.L.: 8. Qu’est-ce qui vous met en colère? 

I.B.: La barbarie et quand une personne porte atteinte à la dignité humaine. 

B.S.L.: 9. Qu’est-ce qui vous rend heureuse? 

I.B.: Quand je vois qu’il y a encore des gens bons et quand j’entends mon enfant rire aux éclats. 

B.S.L.: 10. Avez-vous un rêve à réaliser? 

I.B.: J’aimerais vraiment faire un projet significatif en collaboration avec le Dr Gilles Julien. 

En rafale… 

Âge: 39 ans. 

Profession: chanteuse. 

Lieu de naissance: Matane. 

Lieux de résidence: quartier Pointe-Saint-Charles à Montréal. 

Situation familiale: fiancée et maman de Markus, trois ans. 

Lecture: lectures variées, mais particulièrement les romans de Douglas Kennedy et de Michel Houellebecq ainsi que le livre «L’homme blanc» de Mélanie Vincelette. 

Cinéma: le film «À Saint-Henri le 26 août». 

Musique: toute sorte de musiques, que ce soit Radio Radio, Emmylou Harris ou le nouvel album de Noël d’André Gagnon. 

Loisirs: la lecture et l’aménagement intérieur. 

Mets favori: les croustilles, surtout celles à l’huile d’olive et au romarin ou encore celles à l’avocat et à la lime.

 

 

Isabelle Boulay brille plus que jamais en France

Raphaël Gendron-Martin, Agence QMI - La Voix de la Matanie, 28 décembre 2011

Ayant donné naissance au petit Marcus, il y a trois ans, Isabelle Boulay conjugue avec bonheur sa vie de mère et de chanteuse.

Cela faisait quatre ans qu'Isabelle Boulay n'avait pas donné de spectacle à Paris. La raison? Elle voulait être près de son fils et lu donner un équilibre. «Je voulais lui ce qu'il fallait autour lui pour ne pas partir inquiète.»

Très occupée par ses deux carrières au Québec et en France, la chanteuse a déjè passé énormément de temps entre les deux pays. Elle se rappelle, en sourianr, avoir déjà fait 42 allers-retours entre les deux villes, sur une période d'un an et demi.

«C'était très exigeant, mais c'était quelque chose de nécessaire, dit-elle. Quand j'étais seule et célibataire, je me laissais porter. Je n'avais pas la maturité que j,ai aujourd'hui. Là, je regarde ça avec mes yeux et mon coeur d'aujourd'hui et je me dis que ça n'a pas de sens.»

Arrivé en 2008 dans la vie d'Isabelle et son conjoint, Marc-André, Marcus a évidemment chamboulé l'horaire de la chanteuse et de celui qui agit comme gérant et producteur.

«Toutes les décisions sont prises à partir de lui. On organise notre temps. Je ne suis jamais plus de deux semaines sans le voir, quand je suis à Paris. Là, c'est lui qui est venu me rejoindre parce que je suis ici pour cinq semaines.»

Présent au début de la tournée française, pour s'assurer que tout était en place, Marc-André repartira au Québec, auprès du petit, et laissera Isabelle entre les mains du producteur Gilbert Coullier et de son équipe. «Je me sens vraiment en confiance», dit-elle.

S'installer à Paris?

Bien entendu, la nouvelle maman s'ennuie de sa progéniture lorsqu'elle est à l'étranger. «Les deux ou trois premiers jours à Paris, je m'ennuie tout le temps beaucoup, tout comme la veille de mon retour. Mais, je ne pourrais pas m'imaginer ne pas faire mon métier non plus. J'ai la chance de pouvoir aussi faire mon métier en France. C'est un cadeau du ciel. Quand on me demande où je vis, c'est au Québec. Mais j'ai de la chance de séjourner en France et ça me nourrit beaucoup sur le plan culturel.»

Au plus fort de sa popularité à Paris, Isabelle n'a jamais songé à s'y installer plus sérieusement. Mais avec désormais un enfant dans sa vie, elle changera peut-être d'idée. «Quand je vais au parc et que je vois les enfants de l'école internationale, je me dis que peut-être à un moment donné, si ça devient nécessaire, j'aurais à m'installer ici pour une année.»

Ne voulant pas se sentir comme une touriste à Paris, en demeurant à l'hôtel, Isabelle se loue un petit appartement de deux pièces, quand elle séjourne dans la Ville lumière. «J'ai besoin de me faire un petit nid àquelque part, car je suis déjà beaucoup à l'hôtel en tournée. J'aime ça avoir l'impression de rentrer un peu chez moi.»

Les charmes de la ville lumière

Qu'est-ce qu'Isabelle Boulay aime particulièrement de Paris? «L'accessibilité à toutes sortes de choses. Au niveau de la culture et des produits, il y a une grande richesse. Je suis gourmande et épicurienne et à Paris, j'y trouve vraiment mon compte. Avec un enfant, je regarde aussi les choses d'un autre oeil. Je vais dans les carrousels et les manèges de chevaux avec mon fils et je l'emmène voir du théâtre de marionnettes.»

Les premières années où elle jouait en France, Isabelle souligne avoir eu, à l'occasion, des coups de cafard. «Je prenais alors un taxi le soir, je disais au chauffeur de mettre un poste de radio nostalgique et je lui demandais de me promener dans Paris. Je regardais les édifices illuminés et ça me faisait du bien.»

Avec le nouvel album qui a été très bien accueilli, autant au Québec qu,en France, Isabelle Boulay continuera assurément de faire régulièrement le trajet Montréal-Paris. «En demandant à Benjamin Biolay de réaliser l'album, c'est comme si on s'était donné la main au-dessus de l'océan et qu'on avait fait quelque chose qui ralliait nos deux cultures. C'était important pour moi d'amener dans ma musique le souffle de l'Amérique.»

Le succès se poursuit

-Après trois semaines sur le marché, le nouvel album «Les grands espaces» est déjà certifié or en France, pour plus de 50 000 exemplaires vendus.

-Isabelle Boulay a vendu plus de 4,5 millions d'albums en Europe, en carrière.

-Son tout premier passage à Paris remonte en 1999, alors qu'elle avait chanté au théâtreDéjazet. Quelques mois plus tard, elle était invitée par Serge Lama à se produire à l'Olympia.

L'album «Mieux qu'ici-bas», sorti en 2000, a été le plus grand succès de la chanteuse en France, lui permettant de remporter deux victoires de la Musique (Album découverte de l'année et Artiste découverte de l'année).

Suite: Voir l'article Isabelle Boulay: une vie de star à la française du même auteur publié dans le Journal de Montréal le 10 décembre 2011.

 

      

       

Isabelle Boulay: «Ma vie loin de mon fils»

Marie Poupart, La Semaine, 17 décembre 2011

Après quatre ans d’absence de la scène française, une pause qu’elle sait accordée, entre autres, pour être avec son fils Marcus, celle qui a vendu plus de 7 millions d’albums au cours de sa carrière renoue avec son public français pour lui présenter son dernier album: Les grands espaces. Si l’accueil chaleureux du public l’a comblée de bonheur, elle doit tout de même composer avec la dure réalité d’être séparée de son fils, qu’elle surnomme affectueusement son «ti-namour». Marcus a une mère qui chante Elle s’absente parfois mais à entendre la chanteuse en entrevue, il est probablement l’enfant le plus aimé du monde.

PAR MARIE POUPART / PHOTOS: STÉPHANE NEVILLE (WTK PRODUCTIONS)

Lors de notre conversation, j’ai tout de suite senti qu’Isabelle Boulay flottait sur un nuage. Après quatre ans d’absence, elle retrouvait enfin son public français. Il faut le dire, la Gaspésienne, influencée par les goûts musicaux de sa mère, rêve de la France depuis sa tendre enfance.

Aujourd’hui, avec son album Les grands espaces, c’est à son tour de faire rêver les Français. Elle réussit bien à le faire puisque le public en redemande. Mais c’est en parlant de son parcours de vie, de son amour pour son fils que j’ai senti la chanteuse plus épanouie que jamais. À l’aube de la quarantaine, elle avoue n’avoir jamais été aussi heureuse de sa vie. Elle est fière des choix qu’elle a faits, de sa carrière, mais surtout d’être la mère du petit Marcus. D’ailleurs, la mère et le fils venaient tout juste de passer deux semaines inoubliables en France au moment de l’interview. Il fallait l’entendre rire en me racontant ses anecdotes pour s’apercevoir de la passion indéniable quelle a pour lui.

C’est lorsqu’elle m’a parlé de son retour imminent a Montréal que j’ai senti la chanteuse à fleur de peau- «Je viens de passer de beaux moments avec mon fils en France. Il part demain, avec son père. De ne plus l’avoir avec moi pour les deux prochaines semaines, 

de ne plus pouvoir le toucher, le sentir, l’embrasser sera une dure épreuve...»

Mais les séparations éprouvantes sont le lot des grandes chanteuses comme Isabelle, dira-t-on. Céline Dion, Lynda Lemay et Lara Fabian en savent sûrement quelque chose. La chanson fait partie intégrante de leur vie. Elles en ont besoin pour vivre, respirer; se sentir libres. Elles ont parfois besoin de partir au loin pour mieux revenir...

La Semaine: Vous vous trouvez en France, plus précisément à Paris. Comment se déroule votre séjour?

Isabelle Boulay: Tout se passe très bien. Je viens de terminer quatre soirées au Casino de Paris. Ma tournée en France a débuté le 24 novembre. J’ai offert deux spectacles en province, pour ensuite faire ma rentrée parisienne au Casino de Paris du 1er au 4 décembre. Cette semaine, je poursuis ma tournée. Je serai au pays jusqu’au 18 décembre. Je reviens au Québec pour les Fêtes, car c’est essentiel pour moi de passer le temps des Fêtes au Québec. Je continuerai ensuite ma tournée en France du 10 janvier jusqu’au 18 février.

LS: Quels sont vos plans pour les Fêtes cette année?

I.B.: La fête de Noël se déroulera dans la famille de mon conjoint, Marc-André. Chaque année, les Boulay y sont invités chaleureusement. Ma mère devrait venir de la Gaspésie.

LS: À vous entendre, on dirait que vous avez hâte de rentrer au Québec...

I.B.: Oui. J ’ai hâte de revenir, car dès mon retour, nous allons faire notre sapin de Noël. C’est une tradition qui est très importante pour moi. Je me souviens que tous les Noëls,

mon père allait couper un sapin dans le bois. Nous le décorions ensuite en famille.

LS: À quoi ressemblaient vos Noëls en Gaspésie?

I.B.: Mon père venait d’une famille de 14 enfants. Alors, de très grands rassemblements étaient organisés. Malheureusement, tous les membres de la famille sont décédés. Alors, en perdant des êtres chers et avec le temps qui passe, les Noëls revêtent un

caractère différent aujourd’hui. Il y a donc des traditions que je tiens à garder. Celle

du sapin de Noël en est une.

En prestation pour son fils 

À peine âgé de trois ans, le fils de la flamboyante chanteuse rousse baigne déjà dans le milieu artistique. Lorsqu’Isabelle nous confie pas vouloir se séparer trop longtemps de la prunelle de ses yeux, on comprend que c’est son cœur de mère qui parle. Récemment, Marcus a vu sa maman sur scène pour la première fois. Un moment qui restera jamais gravé dans la mémoire de la chanteuse.

LS: Maintenant que vous êtes mère du petit Marcus, âgé de trois ans, avez-vous toujours autant de plaisir à faire des tournées?

I.B.: Oui. Cet aspect de mon métier fait vraiment partie de moi. Évidemment, étant donné que je suis mère, partir en tournée exige une organisation précise ainsi qu’un entourage exceptionnel pour prendre soin de mon fils, ce qui n’était pas le cas auparavant.

LS: Est-il exact de dire que vous n’avez jamais vraiment arrêté depuis que vous avez Marcus?

I.B.: Le travail a toujours occupé ma vie. J’ai fait de la tournée alors que j’étais enceinte de lui. J’ai chanté jusqu’à mon huitième mois et demi de grossesse. Lorsqu’il est venu au monde, je remontais sur les planches cinq semaines après sa naissance. Quand il était tout petit, j’ai fait de la tournée avec lui. Je l’ai même emmené en tournée en Europe alors qu’il avait quelques mois. Marcus a déjà séjourné en France, en Belgique, en Suisse. Maintenant, les choses ont changé. Il a sa propre vie. Il a ses amis, il fréquente la garderie. Il ne peut plus me suivre partout où je vais. Comme je le mentionnais l’organisation des tournées est maintenant très différente.

LS: Comment organisez-vous votre vie de famille lorsque vous êtes en tournée?

I.B.: Je ne passe jamais plus de deux semaines sans lui. Cette fois-ci, mon conjoint et lui sont venus me retrouver en France. Marcus est arrivé la veille de mon premier concert. Ils repartent malheureusement demain. Il est donc resté deux semaines avec moi. 

LS: Lorsque vous travaillez en France, qui prend soin de lui? 

I.B.: Nous avons beaucoup de chance, nous venons de trouver une nounou extraordinaire. Une personne de notre équipe nous a recommandé quelqu’un  de sa famille qui adore garder les enfants. Alors, c’est elle qui s’est occupée de Marcus lors des deux dernières semaines. Il l’appelle Tati, je trouve ça très drôle et mignon

comme tout.

LS: Est-ce que votre fils a eu la chance d’assister à vos spectacles?

I.B.: Oui. Il a vu un spectacle pour la première fois au Casino de Paris. Il m’a impressionné puisqu’il est resté dans la salle près d’une heure trente, jusqu’au moment précis où j’ai quitté la scène pour changer de costume. Il était hyper attentif. Lors de cette soirée, je savais exactement où il était assis dans la

salle. À un moment donné, je me suis tournée vers lui. Quand je l’ai vu, je suis devenue tellement émue. Il ne fallait pas que je le regarde trop, car je savais que j’allais me mettre à pleurer.

LS: Votre fils était-il heureux de vous voir en spectacle?

La chanteuse se remémore cet instant et un sourire se dessine sur ses lèvres. Visiblement, elle a été touchée par la présence de son fils à ce spectacle. Elle répond à la question la voix remplie de tendresse.

I.B.: Tout à fait. Et moi, j’étais heureuse de le voir réagir. Il était content, il tapait des

mains. Vraiment, je le sentais épanoui. Quand il m’a vue disparaître de la scène pour

aller faire mon changement de costume, il s’est demandé où j’étais rendue. Il voulait

venir dans mes bras. Alors, on a dû le faire sortir de la salle. Chose certaine, je trouve

exceptionnel qu’il soit resté aussi longtemps dans la salle. Après tout, il n’a que trois ans. 

LS: Il aime beaucoup les spectacles? 

I.B.: Tout à fait. C’est un petit garçon très sensible. D’ailleurs, mon metteur en scène, Yves Desgagnés, lui a offert un petit théâtre de marionnettes. C’est très amusant, car ce qui l’intéresse surtout, ce sont les rideaux. Il aime les placer, les ouvrir. Sa nounou croit qu’il va travailler dans le domaine artistique. Je pense la même chose. Il adore me voir me faire coiffer, maquiller... L’autre jour, je l’ai emmené au salon où je me fais faire les ongles. Je lui ai demandé s’il voulait se faire faire les ongles lui aussi et il a dit oui. J’ai pris des photos de lui en pleine action. Quand mon maquilleur vient, il veut également se faire maquiller, et c’est la même chose pour la coiffure. Il adore se déguiser. Il a des manies d’enfant, bien sûr, mais je crois sincèrement qu’il a la fibre artistique.

LS: Vous avez chanté vos premières notes dans le restaurant de vos parents alors que vous aviez deux ans. Diriez-vous que Marcus a hérité de votre voix?

I.B.: Il a une belle petite voix, mais je le laisse vivre son enfance. Je ne veux pas l’influencer de quelque façon que ce soit. Pour l’instant, je dirais qu’il chante comme les autres jeunes enfants. Il chante des comptines. Je ne crois pas nécessairement qu’il va devenir un chanteur, mais il semble attiré par les arts.

LS: Isabelle, est-ce que vous chantez beaucoup de chansons à Marcus?

I.B.: Disons que je lui chante surtout des comptines, comme n’importe quelle   

mère chante a son enfant. Le soir, il ne me demande pas de lire, mais il souhaite que je    lui chante des chansons. Alors, c’est ce que je fais et il m’accompagne. 

LS: ll doit aimer ce que vous lui chantez? 

I.B.: Oui, mais c’est un adepte des DVD. Il adore les DVD de Céline Dion. Il la trouve belle. Il trouve qu’elle a de beaux cheveux Il aime également Michael Jackson. ll préfère

ce qui bouge. Lorsqu’il joue dans sa salle de jeux, il demande toujours qu’on lui fasse jouer un DVD. Il joue tout en regardant les spectacles. C’est vraiment un petit garçon qui aime regarder des spectacles, en particulier ceux de Céline et de Michael Jackson.

Le choix d'un nom... 

Marcus n’est pas un nom courant. Où Isabelle Boulay et son conjoint ont-ils puisé leur inspiration la chanteuse nous parle de ces deux êtres exceptionnels qui leur ont fait choisir le nom de leur petit trésor.

LS: Marcus est un nom français assez rare. Pourquoi l’avez-vous appelé ainsi?  

I.B.: Quand j’étais dans la troupe de Starmania, il y avait un acrobate avec qui je m’entendais très bien. Il se nommait Marcus. C’était un acrobate exceptionnel, mais aussi une personne qui avait une vision très créative. Il avait également une belle philosophie de vie. Je me souviens, il peignait et il faisait des expositions. J ‘aimais beaucoup sa personnalité. C’était un vrai artiste.

LS: Avez-vous connu d'autres Marcus?

I.B.: Plus tard, alors que j’étais enceinte et en tournée en France, j’ai fait la rencontre d’une femme et de son fils, Damien. Ces derniers travaillaient pour la compagnie Poulet à bicyclette, un service de cafétéria qui suivait la tournée. Un jour, Damien a pris la décision de quitter la tournée, car sa fiancée allait accoucher. Il m’a promis, lorsqu’il a quitté travail, qu’un jour, il allait me présenter son fils. Or à un moment donné, alors que j’étais en tournée, je suis tombée sur un petit garçon très craquant qui portait un petit blouson de cuir et qui s’amusait avec sa moto en jouet. Il n’arrêtait pas de me parler en me faisant des compliments sur les brillants que j’avais sur mon bonnet. Je lui ai demandé comment il s’appelait pour apprendre qu’il se nommait Marcus. J’ai aussi appris qu’il était le fils de Damien. Ça m’a marquée.

LS: Ce prénom vous inspirait?

I.B.: Oui. J ’ai constaté que les deux personnes que je connaissais qui portaient ce prénom étaient des personnes au tempérament fort, à la belle personnalité et qui allaient beaucoup vers les autres.      

LS: Vous avez donc décidé d'appeler votre fils de cette façon...

I.B.: Oui, mais au départ, j’hésitais entre Marcus et Milo. Quand il est venu au monde et que j’ai entendu sa voix, j’ai tout de suite voulu l’appeler Marcus. Et ce, même si je ne l’avais pas encore vu.

LS: Est-ce que votre fils a un surnom?

I.B.: Je l’appelle mon «ti-namour», ou mon «Mipet». Parfois, c’est «Mizette pet pet»...

La parfaite nounou!

Avec sa carrière au Québec et en France, la talentueuse chanteuse est sauvent séparée de sa progéniture. Est-ce difficile? Certes oui! Mais, comme elle est entourée de femmes de confiance, de «mamans de remplacement» pour son petit Marcus, elle a moins de peine à le savoir loin d’elle.

LS: Quand votre fils n’est pas avec vous en tournée, qui s'occupe de lui au Québec?

I.B.: C’est très rare qu’un des deux parents ne soit pas avec lui. Par contre, si c’est le cas, ce n’est jamais plus d’une semaine. J’ai une de mes tantes, Sylvie, qui prend soin de lui. Elle m’a aussi gardée alors que j’étais petite. Je suis même allée vivre chez elle quand j’étudiais à Québec.

LS: Vous lui faites confiance?

I.B.: Tout à fait. Marcus la connaît depuis qu’il est tout petit. Elle vient donc donner un coup de main quand l’un ou l’autre des parents est absent. Si on doit s’absenter tous les deux, elle prend la relève avec laide des parents de Marc-André. Le jour, Marcus fréquente la garderie. Son entourage est donc familial. Ainsi, il n’est jamais déstabilisé. Avant de partir faire une tournée sur un autre continent, il était important pour moi d’installer une sécurité émotive chez lui. Quant aux spectacles que je donne au Québec, il est très rare que je ne rentre pas à la maison. Ce n’est que dans les cas où je suis à plus de 300 km que je ne rentre pas à la maison. C’est la même chose en France, si la distance est intérieure à 300 km, je rentre à l’appartement à Paris.

LS: C’est donc pour le sécuriser que vous avez pris la décision de ne pas partir en tournée à l’étranger durant les trois premières années de sa vie?

I.B.: C’est exact. Je voulais vraiment l‘enraciner et l’entourer pour qu’il ne vive pas trop d’insécurité. Aujourd’hui, je peux partir la tête tranquille, bien qu’évidemment, on s’ennuie l’un de l’autre. La séparation est difficile, je dois le dire, mais en même temps, C’est la vie que j’ai choisie. Marcus est venu au monde avec une maman qui chante. Et pour chanter, elle doit partir de temps en temps.

L.S.: Traditionnellement, c’était |‘homme qui partait pour travailler...

I.B.: C’est vrai. Ça peut sembler un peu contre nature, car la plupart du temps, ce sont effectivement les hommes qui quittent la famille pour travailler. Mais dans mon cas, m’exiler fait partie de la réalité de mon métier. Alors, on organise la tournée en fonction des besoins de la famille. Si je m’aperçois un jour que je dois passer plus de temps en Europe, alors je ferai venir Marcus. Je pourrais même prendre la décision de m’installer dans un appartement plus grand à Paris pour les besoins de la famille. L’important est de maintenir l’équilibre de mon fils. Marcus est vraiment au cœur de toutes mes décisions.

LS: Il semble avoir le caractère pour s'adapter à cette vie...

I.B.: Oui. Il a une nature très compatible avec ma vie. Il a une grande faculté d’adaptation. Il aime beaucoup les gens. Il aime aller vers les autres. C’est un enfant très ouvert avec une belle nature. En fait, plus je le connais, plus je l’aime.

LS: Parlez-moi davantage de votre nounou en France, celle qui a gardé Marcus pendant sa visite...

I.B.: Elle s’est toujours occupée des enfants. C’est une infirmière en pédiatrie, bien qu’elle soit retraitée aujourd’hui. Elle est en grande forme, et elle a vraiment un grand amour pour les enfants. Elle a beaucoup de tonus. Elle aime jouer avec lui. Elle lui apprend des chansons. Je l’ai trouvée fantastique.

LS: Vous gardez d’ailleurs de très beaux souvenirs de votre propre gardienne...

I.B.: C’est exact. Quand j’étais petite, mes parents travaillaient tous les deux. Ma grand-mère et ma tante Adrienne habitaient près de chez moi et elles prenaient soin de nous. Cela dit, nous avions toujours des nounous à la maison, dont une en particulier dont je vais me souvenir toute ma vie.

LS: Comment s'appelait-elle?

I.B.: Elle s’appelait Candide. Elle me fait beaucoup penser à la nounou de mon fils, en France. Elle se dévouait corps et âme pour nous. Elle nous apprenait des chansons. Elle savait imposer son autorité tout en ayant un côté très pédagogue. Elle m’a vraiment laissé un souvenir impérissable. Vous savez, une nounou, c’est comme une deuxième maman. Alors, quand je vois des gens de l’étoffe de Candide, ça me sécurise beaucoup. Ça me permet de faire mon métier et de ne pas être inquiète.

Un deuxième enfant?

Isabelle Boulay nous communique son bonheur d’être mère et avoue qu’elle pense peut-être à agrandir sa famille... Une petite Isabelle a la chevelure flamboyante de sa mère ou un petit enfant haïtien? L’avenir nous le dira.

LS: Aimeriez-vous donner un jour un frère ou une sœur à Marcus?

I.B.: Quand je vois de jeunes enfants, des petits bébés, j’aimerais pouvoir revivre l’expérience. Être enceinte a été de loin l’une des plus belles périodes de ma vie. La naissance de mon fils est aussi un moment inoubliable. Avoir un enfant est tellement intense. Et l’amour qu’on ressent pour lui l’est tout autant. Je suis très amoureuse des enfants, mais ma réalité n’est pas très compatible.

LS: Est-ce parce que vous ne voulez pas être une maman de passage?

I.B.: C’est exact. Je veux être présente pour mon fils. Par contre, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve. Maintenant, on peut avoir des enfants jusqu’à 45 ou 46 ans. De plus, j’adopterai peut-être un enfant un jour. Mais pour ce faire, il faudrait qu’il y ait une petite accalmie dans ma vie. Avoir une carriére sur deux continents est très exigeant. Pour l’instant, j’ai envie de profiter de mon fils et de ma vie.

LS: Si je comprends bien, |’idée d’avoir un second enfant, qu’iI soit adopté ou non, n’est pas exclue?

I.B.: C’est exact. Je connais beaucoup de femmes qui ne prévoyaient pas en avoir un

second. Elles ont finalement donné naissance à un second enfant, avec beaucoup de

bonheur. Je reste donc très ouverte a l’idée d’en avoir un autre.

LS: Et |’adoption, vous y songez sérieusement?

I.B.: Oui. J ’ai même envisagé cette possibilité avant d’avoir mon fils. Si je le pouvais, j’adopterais un enfant en Haiti ou en Afrique.

LS: Pourquoi voulez-vous adopter un enfant haïtien ou africain?

I.B.: Quand j’étais à la maternelle, j’avais une Poupée de race noire. Je jouais toujours avec cette poupee. En fait, j’ai toujours aimé les enfants de race noire. J’ai toujours eu une attirance envers eux, sans vraiment savoir pourquoi.

LS: Aviez-vous des amis de race noire?

I.B.: Chaque été, une petite fiile noire et sa famille passaient au restaurant. Ils venaient en vacances en Gaspésie. Elle était mon amie et je jouais avec elle. Elle s’appelait Leïla. Pour vous dire la vérité,j’aimerais la retrouver aujourd’hui. C’est peut-être à cause d’elle que je suis tant attirée par les enfants noirs. Cela me vient de mon enfance.

LS: Avez-vous d’autres souvenirs comme celui-la?

I.B.: Un jour, j’étais dans le hall d’entrée d’un hôtel à Paris et j’ai aperçu un petit garçon qui venait de la Guinée. Il avait un an et demi. J ’ignore pourquoi, mais il s’est mis à courir dans le hall d’entrée et m’a sauté dans les bras. Son geste m’a marquée, je m’en

souviendrai touiours. Il s’appelait Zacharie. Tout ça pour dire que si j’adoptais enfant, serait de race noire.

Un pied à Paris

La chanteuse est une véritablee star à Paris! Est-ce difficile de vivre dans le brouhaha qu’apporte la célébrité parisienne? Comment vit-elle cette popularité? Où habite-t-elle lors de ses nombreux séjours dans la Ville Lumière?

LS: Êtes-vous propriétaire d’un appartement à Paris?

I.B.: J ’aimerais bien trop ça! Nous louons présentement un petit deux-pièces meublé pour le temps de la tournée. J’aimerais avoir un appartement a Paris à l’année un jour. L’espace est très cher ici. Il y a 10 ans, c’était encore envisageable d’acheter un appartement, mais aujourd’hui, c’est une autre histoire. C’est un rêve que je caresse. J’aimerais avoir mon propre appartement que je pourrais décorer à mon goût.

LS: Vous n‘avez donc jamais été propriétaire en France?

I.B.: Non. Par contre, lors de la dernière tournée, j’ai loué un appartement pendant près de trois ans. Avec la naissance de Marcus, ce n’était plus nécessaire de louer un appartement à l’année. Chose certaine, avant de pouvoir m’en offrir un, il va falloir que je chante beaucoup. (Rires) Mais il n’y a rien d’impossible. J ‘aimerais avoir un pied-à-terre pour ma famille, un appartement assez grand pour qu’on puisse y vivre tous ensemble.

LS:Comment est votre vie en France? Faites-vous vos courses sans problème?

I.B.: J e suis assez connue. Étrangement, les gens me reconnaissent par ma voix. Si je me promène dans la rue, les gens m’observent sans être certains de mon identité. Évidemment, des gens me reconnaissent tous les jours. Quand c’est le cas, ils sont toujours très courtois. S’ils m’arrêtent, c’est pour me dire des gentillesses. En général, je vis très bien avec mon statut de chanteuse. Les jours où je me sens moins bien, je ne sors pas. Au cours de ma carrière, je ne me suis jamais sentie agressée par le fait que les gens me reconnaissent. Je vis bien avec ma réalité.

LS: Avez-vous un garde du corps?

I.B.: Ici, à Paris, quand je fais des spectacles, j’ai un chauffeur. Je le considère comme mon garde du corps. Il est là pour ma protection, mais son rôle est plutôt de me faciliter la vie. Je ne mène pas une vie très risquée, mais parfois, à la sortie des théâtres, les gens m’attendent; ils sont fébriles et ils veulent des autographes. Sa présence est donc une mesure préventive.

LS: Êtes-vous parfois traquée par des paparazzis?

I.B.: Ça m’est arrivé une fois, alors que j’en étais au début de ma relation avec Marc-

André. Il n’y avait rien de très méchant. On nous avait photographiés à la sortie d’un restaurant et lorsque nous marchions dans la rue. Sinon, je ne peux pas dire que je suis une cible, bien qu’on ne soit jamais à l’abri de ce genre de choses.

LS: De toute façon, les scandales ne font pas partie de votre vie...

I.B.: C’est exact. Je n’ai pas le style de vie qui pourrait intéresser les paparazzis. Je vais au parc avec mon fils, je fais mes courses. J ‘ai une vie normale. Je ne suis pas une friandise pour les paparazzis. J’ai une vie rangée.

La beauté de |a quarantaine

À l’aube de la quarantaine, Isabelle respire le bonheur. Bien qu’elle se soit déjà considérée comme le «vilain petit canard», rien ne transparaît de cette époque dans la femme qu’elle est devenue. Outre la peine d’être souvent loin des siens, la chanteuse, la mère et la femme semblent comblées.

LS: Vous aurez 40 ans en juillet; passer le cap de la quarantaine vous fait-il peur?

I.B.: Je trouve que l’âge de 40 ans est un bel âge. C’est à cet âge que nous sommes au cœur de notre vie. Nous avons accumulé un certain nombre d’expériences amoureuses, professionnelles ou humaines. À mon sens, avoir 40 ans, c’est remettre les pendules à zéro pour entrer dans l’espérance, forte de nos expériences. Je prends donc la quarantaine de façon très positive. D’ailleurs, j’ai hâte d’avoir 40 ans depuis l’âge de 20 ans!

LS: Pour penser ainsi,c’est que vous vous sentez épanouie à 39 ans...

I.B.: Oui. Je ne me suis jamais sentie aussi bien, aussi libre. J’ai la chance d’être une femme épanouie par mon travail, par les choix que j’ai faits. Je suis fière de mon parcours.

LS: Vous êtes une très belle femme; avez-vous peur de perdre cette beauté après 40 ans?

I.B.: Vous parlez à un vilain petit canard! Je ne me suis jamais sentie particulièrement belle. Il est difficile de répondre à cette question. Je me souviens d’un concours qui avait été organisé par un média il y a sept ou huit ans. On avait demandé aux lecteurs de voter pour l’artiste qu’ils trouvaient la plus belle. Quelqu’un de mon équipe m’avait annoncé que j’avais remporté la palme. Au moment où je l’ai su, je me suis mise à pleurer. J ’ai eu l’impression de verser toutes les larmes de vilain petit canard que j’avais en moi depuis tant d’années. Jamais je n’aurais pensé remporter pareil concours.

LS: Vous devez savoir que vous êtes une belle femme, Isabelle...

I.B.: Merci, c’est gentil.

LS: Qu’est-ce qui rend une personne belle, selon vous?

I.B.: Le fait d’être épanouie, de marcher dans la direction de ses rêves, de relever des défis personnels. La beauté qui nous est offerte par la nature est vouée à disparaître. C’est la loi de la nature. Les gens qui sont beaux en vieillissant sont ceux qui se sont réalisés, qui ont eu le courage d’assumer des choses, qui ont su faire des choix parfois difficiles, mais qui les ont menés à la plénitude, à la liberté.

LS: Qu’est-ce qui abîme les traits d'un être humain?

I.B.: Ceux qui ont des désirs non résolus, des regrets de ne pas avoir fait certaines choses, de l’ amertume, des choses dans lesquelles ils n’ont pas voulu s’engager. À partir de 40 ans, c’est l’histoire du courage qu’on aura eu dans notre vie qui s’inscrit dans nos traits.

LS: L'amour rend beau également, non?

I.B.: L’amour est ce qui embellit le plus les gens. Il s’agit du meilleur élixir de joie. L’amour est, à mes yeux, ce qui nous lave de tout, finalement. Et je ne parle pas uniquement de l’amour en couple. Aimer et être aimé, c’est le plus beau gage de bonheur qui soit.

LS: Quels sont les moments qui vous rendent le plus heureuse dans Iavie? 

I.B.: Je suis particulièrement heureuse quand je vois mon fils s’amuser avec son père. Les voir ensemble me touche beaucoup. Ils ont un rapport très fusionnel. Je me sens aussi très heureuse quand je côtoie la beauté humaine, une chose qui est de plus en plus rare. Rencontrer une bonne personne me fait beaucoup de bien. D’ailleurs, la chose qui m’impressionne le plus au monde est la beauté humaine et les gens qui ont  

le cœur à l’ouvrage. Je suis aussi très épanouie quand je sens que mon public comprend les messages que je lui envoie. 

LS: Quels sont les moments que trouvez les plus difficiles? 

I.B.: Je trouve très difficile d’être loin de mon fils. Je me sens parfois déchirée le quitter. Chaque fois, le premier et le deuxième jour après la séparation sont vraiment très difficiles à endurer. J ‘appréhende beaucoup le départ de Marcus et de son père demain. C’est la première fois que mon fils quittera Paris sans que je monte avec lui dans l’avion La séparation ne sera pas facile. Je resterai seule à Paris jusqu’au 21 décembre. Ce sera très dur. On se parlera sur Skype. Cela dit, rien ne remplace la présence physique. Je ne pourrai pas l’embrasser, le toucher, sentir ses cheveux, entendre sa petite voix...

Alors qu’ils n’ont même pas encore quitté Paris, Isabelle semble déjà trouver très long le temps qui la séparera de ses deux amours. Même si, dans ses mots, on la sent passionnée sa carrière et ses fans parisiens, la distance qui la sépare de sa famille pour quelques jours semble parfois difficile à vivre.

L’héritage de son enfance

Petite, elle chantait déjà au restaurant de ses parents... Bien quelle n’ait pas eu une enfance traditionnelle, Isabelle en garde un tendre souvenir. C’est grâce a celle-ci quelle a façonné son chemin vers le succès.

LS: On a parlé de votre fils. J'aimerais maintenant discuter avec vous de votre

enfance. Vous chantez depuis que vous êtes toute petite...Avez-vous|’impression d’avoir perdu une partie de votre enfance? 

I.B.: Non, jamais. Je n’ai jamais trouvé difficile de chanter, même toute petite. Au contraire, la chanson a été bénéfique pour moi. Je suis faite pour chanter. J’ai toujours chanté. Personne ne m’a forcée ou incitée à chanter. Je voulais le faire.

LS: Le fait de côtoyer des adultes avec leurs problèmes dans le restaurant et le barde vos parents vous a donné une enfance particulière, n'est-ce pas?  

I.B.: C’est exact. J’ai eu une enfance différente des autres, mais je la considère comme exceptionnelle. Je suis l’aînée de trois enfants. J’ai été élevée dans un bar et un restaurant. J’y ai vécu des expériences. C’est en raison de cet héritage que je choisis les chansons que je chante aujourd’hui. Mon enfance m’a amenée à chanter des chansons country.  Cet esprit me hante. J ’ai eu besoin de faire ce disque pour rendre hommage aux gens avec qui j’ai grandi.

LS: C'est tout de même une enfance particulière... 

I.B.: Oui, c’est vrai, mais c’est ma vie. Mon enfance a ses traits, son caractère. Je ne voudrais jamais recommencer d’une autre manière. Mon enfance m’a donné du courage et de la force. Comme tout le monde, j’ai connu des failles et des manques, mais mon enfance a forgé ma personnalité. Elle a été plus bénéfique que le contraire.

LS: ll faut dire que vous en avez vécu des choses dans votre enfance!

I.B.: Tout à fait. J’ai vu des gens qui vivaient des souffrances. Quand ils avaient de la peine, ils venaient se confier à mes parents le soir. Quand mes parents ont fermé le restaurant, notre maison est devenue un refuge. Certaines femmes se sauvaient de leur mari et venaient se cacher chez nous. Dans ces situations, on peut vivre certains traumatismes, mais en même temps, ces expériences ont été très enrichissantes pour la petite fille que j’étais. 

L’accueil en sol français

Son talent n’est plus à prouver La chanteuse charme ses spectateurs français grâce à sa voix, mais aussi par sa présence sur scène. Elle sait raconter des histoires et faire rêver son public.

LS: Si on revient à votre tournée, quel a été l’accueil du public français à vos spectacles?

I.B.: Je suis ravie de l’accueil reçu, d’autant plus que je propose à mon public quelque

chose de différent cette fois-ci. En France, les gens me connaissent comme une chanteuse de variétés. Avec cette tournée et mon dernier disque, je souhaitais leur offrir une certaine vision de l’Amérique du Nord. Je voulais leur offrir des chansons réalistes, des chansons qui parlent de la vie des ouvriers de chez nous. J’ai donc voulu faire une alliance entre la musique de mes appartenances (folk et country) et la chanson de variétés.

LS: Leur offrez-vous de belles chansons folk et country?

I.B.: Oui. J ’en suis très heureuse. Le public est très à l’écoute. Quand je chante des chansons de mon enfance, celles qui sont typiquement country Western, comme Mille après mille, Guitare Cadillac, J’ai un amour qui rie veut pas mourir; le public s’emballe avec beaucoup de ferveur. Je sens que les spectateurs sont très heureux. Je les fais chanter. C’est très émouvant pour moi de voir mon public chanter Mille après mille.

LS: Ils connaissent déjà la chanson?

I.B.: Non. En fait, je leur apprends le refrain avant de faire la chanson. Ensuite, ils peuvent chanter avec moi. Ça m’émeut toujours beaucoup de les entendre chanter. Surtout que pour les Québécois, Mille après mille est la chanson country par excellence.

LS: Vous parlez beaucoup aux spectateurs.

I.B.: Dès le début du spectacle, je les fais rire... Je leur explique que je ne les ai pas vus depuis quatre ans, que je m’appelle Isabelle Boulay, que je suis une chanteuse québécoise et, évidemment, que j ’ai toujours rêvé de la France.

LS: Les Français rêvent-ils du Québec, eux?

I.B.: Oui, les Français rêvent du Québec, de l’Amérique. La plupart des Français rêvent

de venir au Québec, particulièrement en hiver pour voir les grands espaces. Plusieurs

rêvent aussi de voir l’automne. Alors, j’en profite pour les faire rêver. Mon spectacle devient un lieu de partage. Comme j’ai beaucoup rêvé de la France, je leur explique

que c’est la moindre des élégances de ma part de les emmener à mon tour dans le rêve et de leur faire connaître notre réalité à nous par mes chansons.

LS: Quelle est la chanson qui plaît le plus au public français?

I.B.: Il y en a plusieurs. Cela dit, le public réagit beaucoup quand je chante Johnny de Richard Desjardins. Je fais suivre cette chanson par deux chansons de Daniel Lanois, Jolie Louise et O Marie. J’explique aux spectateurs que je les emmène dans la réalité des pionniers de l’Amérique. Ceux qui ont construit l’Amérique, ceux qui travaillent

sur des chantiers.

LS: Vous offrez un spectacle très structuré...

I.B.: Oui. Je regroupe des chansons, je donne des explications et l’interprète les chansons. J’ai l’impression de leur présenter un film. C’est pour cette raison qu'ils apprécient le spectacle. Ils se sentent connectés à une autre réalité. Quand je fais mes chansons typiquement country, je crois que je pourrais leur demander de se lever et de chanter, et ils le feraient. Ensuite, je présente un autre bloc où je chante des chansons de légende, qui sont des chansons américaines, comme Crazy de Patsy Cline. Je fais Cant Help Falling in Love d’Elvis Presley. Ils réagissent aussi beaucoup à la chanson Fin octobre, début novembre. À la fin du spectacle, je leur chante des chansons de moi quîls connaissent très bien, comme Tout au bout de nos peines, Mieux qu’ici-bas et Parle-moi.

LS: Vous avez su créer un bel équilibre...

I.B.: Oui. Nous avons fait deux spectacles de rodage avant d’arriver au Casino de Paris et nous avons réussi à trouver le répertoire et l’ordre idéal qui font que mon spectacle est une belle histoire que je leur raconte. 

À voir l’énergie et le cœur quelle met à nous raconter son spectacle, nul doute que les spectateurs sont conquis et en redemandent. Avec sa voix douce et mélodieuse, Isabelle Boulay pourrait leur raconter nïmporte quelle histoire et ils seraient sous son charme...

 

Une vie de star à la française

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal: Cahier Week-End, 10 décembre 2011

PARIS - Elle est considérée comme une véritable star en France. Depuis déjà de nombreuses années, Isabelle Boulay fait de constants allers-retours entre Montréal et Paris. Pour la chanteuse originaire de Sainte-Félicité, près de Matane, voilà une vie particulière qu’elle a apprivoisée et dont elle ne pourrait se passer.

À Paris, ils sont nombreux à vouloir savoir où Isabelle Boulay demeure quand elle est de passage en ville. La situation est très différente de celle au Québec. «Il y a une sacralisation des artistes probablement due au fait que Paris est une ville qui contient toute la population du Québec, dit la chanteuse, que le Journal a rencontrée dans sa loge, au Casino de Paris. C’est sûr que les gens trouvent ça plus exceptionnel de rencontrer un artiste dans la rue.»

«Les gens sont toujours courtois avec moi, ajoute-t-elle. Ça m’arrive de me faire reconnaître, surtout quand je parle. Quand je vais au parc avec mon fils et que je me mets à parler, les gens lèvent la tête. J’ai une voix basse et un accent fort, donc je ne passe pas inaperçue.»

La rouquine ne compte que de rares situations où les fans français ont été plus que démonstratifs. Elle raconte, en riant, qu’au plus fort du succès de son album Mieux qu’ici-bas, lorsque Parle-moi jouait énormément à la radio, un groupe d’adolescents avait suivi la chanteuse, alors qu’elle se promenait dans la rue.

«C’était drôle, car ils ne cessaient de dire: "vous êtes une star", mais ils ne pouvaient pas dire mon nom! Ils m’avaient suivie et avaient réussi à entrer dans le bâtiment où je restais et ils cognaient à toutes les portes en criant "Parle-moi"!»

GARDE DU CORPS

Quand elle est en tournée et qu’elle fait beaucoup de promotion à la télé et à la radio, Isabelle requiert les services d’un garde du corps, qui agit aussi à titre de chauffeur personnel.

«À l’époque de Mieux qu’ici-bas, il était là continuellement. Mais je ne le prenais pas pour me promener dans la rue. Ça ne m’est jamais arrivé de me dire qu’il fallait que je sorte accompagnée d’un garde du corps. En tournée, il est essentiel qu’il soit là parce que quand tu sors des concerts, il y a beaucoup de monde qui t’attend. Mais je ne me sens pas menacée, il est là pour l’organisation.»

En comparaison, au Québec, la chanteuse a parfois un chauffeur en tournée, mais simplement parce qu’elle n’aime pas conduire pendant trois heures pour se rendre à un spectacle.

«Ça me demande trop de concentration et je ne suis pas la meilleure conductrice.»

Rencontré lui aussi à Paris, Yves Desgagnés, qui a mis en scène le nouveau spectacle d’Isabelle Boulay, racontait qu’il lui avait été très difficile d’entrer au Casino de Paris pour les répétitions du spectacle, car la sécurité était très accrue. «Il a fallu faire 15 appels avant qu’ils comprennent que j’étais le metteur en scène et qu’ils me laissent entrer», a-t-il dit.

«C’est une manière de fonctionner qui est vraiment différente du Québec, reconnaît Isabelle. Il faut que tu passes plusieurs portes avant d’arriver à l’artiste. En fait, même si on parle la même langue, on n’a pas la même culture. Ici, il y a un système hiérarchique qui est encore fort et présent. Un artiste ici, c’est presque comme un premier ministre au Québec!»

UN AUTRE NIVEAU

Isabelle Boulay a toutefois pu se remettre les pieds bien sur terre le jour où elle a participé à l’émission Champs-Élysées, animée par Michel Drucker, et à laquelle participaient aussi Salma Hayek et Antonio Banderas.

«Je voulais aller voir Antonio Banderas et même si son garde du corps me connaissait, parce qu’il m’avait déjà vue avant, il y avait deux attachés de presse à qui il fallait parler et plein d’autres personnes à qui demander la permission. Finalement, j’ai pu aller le saluer dans sa loge. Mais j’ai senti que je n’étais pas au même niveau! Haha!»

Maman comblée

Ayant donné naissance au petit Marcus, il y a trois ans, Isabelle Boulay conjugue avec bonheur sa vie de mère et de chanteuse.

Cela faisait quatre ans qu’Isabelle Boulay n’avait pas donné de spectacle à Paris. La raison? Elle voulait être près de son fils et lui donner un équilibre. «Je voulais lui donner ce qu’il fallait autour de lui pour ne pas partir inquiète.»

Très occupée par ses deux carrières au Québec et en France, la chanteuse a déjà passé énormément de temps entre les deux pays. Elle se rappelle, en souriant, avoir déjà fait 42 allers-retours entre les deux villes, sur une période d’un an et demi.

«C’était très exigeant, mais c’était quelque chose de nécessaire, dit-elle. Quand j’étais seule et célibataire, je me laissais porter. Je n’avais pas la maturité que j’ai aujourd’hui. Là, je regarde ça avec mes yeux et mon coeur d’aujourd’hui et je me dis que ça n’a pas de sens.»

Arrivé en 2008 dans la vie d’Isabelle et son copain, Marc-André, Marcus a évidemment chamboulé l’horaire de la chanteuse et de celui qui agit aussi comme son gérant et producteur.

«Toutes les décisions sont prises à partir de lui. On organise notre temps. Je ne suis jamais plus de deux semaines sans le voir, quand je suis à Paris. Là, c’est lui qui est venu me rejoindre parce que je suis ici pour cinq semaines.»

Présent au début de la tournée française, pour s’assurer que tout était en place, Marc-André repartira au Québec, auprès du petit, et laissera Isabelle entre les mains du producteur Gilbert Coullier et de son équipe. «Je me sens vraiment en confiance», dit-elle.

S’INSTALLER À PARIS?

Bien entendu, la nouvelle maman s’ennuie de sa progéniture lorsqu’elle est à l’étranger. «Les deux ou trois premiers jours à Paris, je m’ennuie tout le temps beaucoup, tout comme la veille de mon retour. Mais je ne pourrais pas m’imaginer ne pas faire mon métier non plus. J’ai la chance de pouvoir aussi faire mon métier en France. C’est un cadeau du ciel. Quand on me demande où je vis, c’est au Québec. Mais j’ai la chance de séjourner en France et ça me nourrit beaucoup sur le plan culturel.»

Au plus fort de sa popularité à Paris, Isabelle n’a jamais songé à s’y installer plus sérieusement. Mais avec désormais un enfant dans sa vie, elle changera peut-être d’idée. «Quand je vais au parc et que je vois les enfants de l’école internationale, je me dis que peut-être qu’à un moment donné, si ça devient nécessaire, j’aurai à m’installer ici pour une année.»

Ne voulant pas se sentir comme une touriste à Paris, en demeurant à l’hôtel, Isabelle se loue un petit appartement de deux pièces, quand elle séjourne dans la Ville lumière. «J’ai besoin de me faire un petit nid à quelque part, car je suis déjà beaucoup à l’hôtel en tournée. J’aime ça avoir l’impression de rentrer un peu chez moi.»

LES CHARMES DE LA VILLE LUMIÈRE

Qu’est-ce qu’Isabelle Boulay aime particulièrement de Paris? «L’accessibilité à toutes sortes de choses. Au niveau de la culture et des produits, il y a une grande richesse. Je suis gourmande et épicurienne et à Paris, j’y trouve vraiment mon compte. Avec un enfant, je regarde aussi les choses d’un autre œil. Je vais dans les carrousels et les manèges de chevaux avec mon fils et je l’amène voir du théâtre de marionnettes.»

Les premières années où elle jouait en France, Isabelle souligne avoir eu, à l’occasion, des coups de cafard. «Je prenais alors un taxi le soir, je disais au chauffeur de mettre un poste de radio nostalgique et je lui demandais de me promener dans Paris. Je regardais les édifices illuminés et ça me faisait du bien.»

Avec le nouvel album qui a été très bien accueilli, autant au Québec qu’en France, Isabelle Boulay continuera assurément de faire régulièrement le trajet Montréal-Paris. «En demandant à Benjamin Biolay de réaliser l’album, c’est comme si on s’était donné la main au-dessus de l’océan et qu’on avait fait quelque chose qui ralliait nos deux cultures. C’était important pour moi d’amener dans ma musique le souffle de l’Amérique.»

LE SUCCÈS SE POURSUIT

Après trois semaines sur le marché, le nouvel album Les grands espaces est déjà certifié or en France, pour plus de 50 000 exemplaires vendus.

Isabelle Boulay a vendu plus de 4,5 millions d’albums en Europe, en carrière.

Son tout premier passage à Paris remonte à 1999, alors qu’elle avait chanté au théâtre Déjazet. Quelques mois plus tard, elle était invitée par Serge Lama à se produire à l’Olympia.

L’album Mieux qu’ici-bas, sorti en 2000, a été le plus grand succès de la chanteuse en France, lui permettant de remporter deux Victoires de la Musique (Album découverte de l’année et Artiste découverte de l’année).

 

Les médias français ont été ravis

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 6 décembre 2011

PARIS | Qu’est-ce que les médias français ont retenu du nouveau spectacle d’Isabelle Boulay, présenté le week-end dernier, au Casino de Paris? Sa grande classe. De passage quatre soirs dans la Ville lumière, avant de partir en province, la Québécoise a semblé ravir le public parisien.

« Il n’y a pas de faute de goût avec Isabelle Boulay, a écrit Emmanuel Marolle, du Parisien. Sur scène, comme hier soir, pour son premier concert au Casino de Paris, la chanteuse arrive sobrement, en costume noir. »

Le journaliste poursuit en parlant des chansons subtiles, des orchestrations élégantes et du choix de chansons, qui n’est pas « de variété prévisible ».

« À 38 ans, après des débuts très calibrés dans Starmania, Isabelle Boulay évite ainsi tout formatage. Au point de terminer son concert avec une délicate reprise de Barbara, Dis, quand reviendras-tu?. Une première pour elle. »

Cet automne, le représentant du Parisien était venu rencontrer l’interprète québécoise à Montréal, dans sa demeure du quartier de Pointe-Saint-Charles. Isabelle Boulay l’a amené dans le Vieux- Montréal, à la Taverne Magnan et sur le plateau de l’émission Benezra reçoit.

« Grande classe et country », a titré de son côté le site Pure Charts, sous la plume de Steven Bellery. « Un tour de chant de grande classe, intimiste et tout en douceur », a-t-il écrit.

« Oui, on se demande déjà quand elle reviendra… Parce qu’Isabelle Boulay s’aventure dans des contrées musicales où on ne l’attendait pas forcément. Et qu’elle prouve que même si elle a été cataloguée « chanteuse à voix » à ses débuts, elle a aussi plusieurs voies possibles pour la suite de sa carrière », a-t-il poursuivi.

 

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