Dossier de presse de Martha Wainwright - Novembre - Décembre 2012

Récent
Septembre - Novembre 2013
Août 2013
Mai - Juillet 2013
Janvier - Avril 2013
Octobre 2012
Août - Septembre 2012

 

Rétro 2012: Top-10 anglo

Darryl Sterdan, Agence QMI, 21-23 décembre 2012

Musicalement parlant, l'année 2012 fut féconde, présentant son lot de petits nouveaux au son accrocheurs et de vieux de la vieille qui savent toujours comment séduire le public. Si vous avez passé à côté des meilleurs albums de l'année, voici une liste de suggestions qui saura certainement vous aider à rattraper le temps perdu. [...]

10. En rafale: Martha Wainwright / Come Home to Mama

 

Des attentes québécoises

Cédric Bélanger, Journal de Montréal, 29 décembre 2012

La page est tournée sur une année 2012 riche en belles découvertes et en grands moments musicaux au Québec. Il est maintenant le temps de jeter un oeil sur ce qui nous attend en 2013, année durant laquelle le groupe québécois le plus populaire sur la planète, Arcade Fire, nous présentera le fruit de ses récents travaux en studio.

Autres parutions prévues en 2013: 19 février: Martha Wainwright / Chansons de la série télé Trauma 4

Les chansons qui nous ont marqués

Cédric Bélanger, Journal de Montréal, 29 décembre 2012

Nombreuses sont les chansons qui auront marqué l’année 2012. On a qu’à penser à Somebody That I Used To Know de Gotye, Call Me Maybe de Carly Rae Jepsen ou même à Gangnam Style du sympathique Psy. En cette période propice aux bilans, trois de nos journalistes.

Le top 10 de Cédric Bélanger: 9. Proserpina / Martha Wainwright (Come Home to Mama)

 

Les 10 albums québécois de l'année: 10. Martha Wainwright / Come Home To Mama

Cédric Bélanger, Kathryne Lamontagne, Yves Leclerc, Raphaël Gendron-Martin et Vanessa Guimond, Journal de Montréal et Journal de Québec, 22 décembre 2012

Grâce à eux, nous avons dansé. voyagé, été émus, avons souri, rigolé même et essuyé une larme. Qu'ils chantent en anglais ou en français, les artistes québécois parlent tous le même langage: celui d'une crétivité qui dépasse nos frontières.

«Peut-être que demain ça ira mieux, mais aujourd'hui, ma vie c'est de la marde», est un refrain qui a rallié des milliers de Québécois, maisqui ne reflète pas l'état de notre industrie musicale.

Le talent foisonne chez nous et rayonne partout sur la planète. On ne compte plus les artistes qui exportent leur musique en Europe et aux États-Unis. Qui était la sensation indie au début de l'année sur la planète? La Montréalaise Grimes.

Si 2012 a été l'année qui nous a fait découvrir Lisa LeBlanc et qui a confirmé le talent de Marie-Pierre Arthur ainsi que de Karim Ouellet, elle a surtout été celle qui nous a fait réaliser, si besoin é encore, que nous détenons dans notre propre cour des diamants comme Patrick Watson et Louis-Jean Cormier.

À vos lecteurs MP3. voici les albums favoris de notre &eeacute;quipe de jounalistes. [...]

10. Martha Wainwright / Come Home to Mama: On se rappellera de COme Home to Mama comme de l'album qui a permis à Martha Wainwright de sortir définitivement de l'ombre de son excentrique frangin Rufus. Hantée par le deuil de sa mère, Wainwright a confectionné dix chansons habitées par une intense charge émotive. La réalisation signée par Yuka Honda met finement en valeur les mélodies pop accrocheuses de même que la voix puissante de l'artiste montréalaise. (CB)

À télécharger: Proserpina

 

Musique: Martha Wainwright / Come Home To Mama

Ralph Boncy, L'Actualité, Décembre 2012

Elle pose entièrement nue et vulnérable pour Mark Squires, le photographe des stars, jouant pour un instant le jeu de la séduction. Mais le titre de cet album autobiographique et infiniment personnel, Martha l'emprunte sciemment à une chanson terrible de sa mère - «Proserpina» -, la dernière que Kate McGarrigle a écrite, «alors qu'elle avait déjà un pied dans le monde où elle s'en allait», me dit-elle. Il y a surtout des chansons de deuil déchirantes sur Come Home To Mama, et la délicate «All Your Clothes» reste peut-être la plus touchante. Mais tout n'est pas résolument tourné vers le passé. Son quotidien de nouvelle maman, sa vision futuriste, voire apocalyptique, dans une chanson comme «Radio Star», la chanteuse montréalaise les assume totalement sur cet opus é;claté, conçu dans une saine liberté, sans crainte d'un échec commercial. Dans le studio de Sean Lennon, à New York, tout s'amalgame avec humour, audace, et une certain défiance accentuée par la réalisatrice japonaise Yuka Honda.

 

Le week-end culturel de... Guillaume Wagner

Camille Desrosiers, Journal de Montréal, 17 novembre 2012

Cette semaine, c’est au tour de Guillaume Wagner, qui vient tout juste de lancer son premier spectacle solo intitulé Cinglant, de nous faire part de ses incontournables de la scène culturelle. Cet artiste engagé, qui croit en l’importance d’entendre la voix des artistes, trouve le temps de rester à l’affût des nouveautés artistiques entre ses prestations à Cliptoman sur MusiquePlus et à Un gars le soir diffusé sur V-Télé. Plusieurs l’ont découvert au cours des dernières semaines à cause de divers débats concernant la politique et de son style d’humour cru. Voici donc ses incontournables pour l’automne 2012. [...]

L'artiste qui joue dans votre iPod?

Martha Wainwright. Je suis un méga-admirateur et depuis que je l'ai rencontrée à Tout le monde en parle (je sais, je parle beaucoup de mon passage à l'émission), je l'aime encore plus. Sa voix est remplie d'émotions. C'est une fille à fleur de peau et ça transparaît dans sa musique. Ça me touche à chaque fois. En fait, je suis sensible, malgré ce que plusieurs pensent.

 

Spectacles brouillons: jusqu'où va votre indulgence?

Nicolas Houle, Le Soleil - Blogue, 7 novembre 2012

J’étais au Petit Champlain, mardi soir, pour le spectacle de Martha Wainwright (ma critique ici). Digne fille de Kate McGarrigle et de Loudon Wainwright III, et soeurette de Rufus, Martha est bourrée de talent. Je reste partagé quant à la réalisation de son nouvel album, Come Home To Mama, où je sens un mariage un peu forcé entre sa folk et des claviers ou programmations qui se veulent audacieux ou novateurs. Le contenu, cependant, est pertinent, on pouvait très bien le constater en spectacle.

Or voilà, Martha était au début de sa tournée et si certaines pièces étaient bien rodées, d’autres ne l’étaient guère. Pire, entre les chansons, la leader passait son temps à accorder sa guitare dans différentes tonalités. Résultat? Quelques faux départs, dont un en ouverture, passablement de temps morts, voire de longueurs, et quelques interprétations croches, avec des «sorry» qui venaient souligner à gros traits les oublis ou maladresses…

Avec sa verve et son humour, Martha a pu faire passer la pilule avec passablement d’aisance. Mais s’il n’y avait pas eu des interprétations magnifiques pour contrebalancer ces passages gauches, pas sûr que la foule aurait été si indulgente.

Soir de première ou pas, la responsabilité de l’artiste est d’arriver préparé. La spontanéité, c’est bien, tout comme l’improvisation, mais un minimum de préparation est requis. Après tout, le public donne de son temps et de son argent pour s’asseoir dans la salle. Je me souviens d’avoir déjà vu Chloé Sainte-Marie chanter avec ses paroles sur son lutrin tout au long de sa performance, à l’Anglicane, il y a plusieurs années. N’y a-t-il pas une différence entre début de tournée et répétition générale?

À l’autre bout du spectre, j’ai vu Sophie Hunger, avec ses musiciens il y a quelques semaines, au Cabaret du Capitole. La troupe n’était qu’au deuxième concert de sa tournée, mais personne ne s’en serait douté tellement c’était solide…

Ce qui m’amène à la question du jour: jusqu’où va votre indulgence envers ces artistes plus ou moins préparés ou ceux qui peinent à être justes en concert? J’imagine que le coût du billet entre en ligne de compte, tout comme le niveau d’expérience du musicien et le style qu’il pratique… Personnellement, je suis du type exigeant. Et encore plus envers les artistes que j’apprécie.

 

Martha Wainwright brouillonne, mais intense

Nicolas Houle, Le Soleil, 7 novembre 2012

Spontanée au risque d'être brouillonne, mais toujours authentique, attachante et intense. Elle est comme ça, Martha Wainwright, et sa performance d'hier, au Petit Champlain, était exactement à son image.

Veston noir à paillettes sur un t-shirt où l'on pouvait lire «Rufus Is A Tit Man» - titre d'une chanson signée papa Loudon Wainwright III et inspirée de frérot Rufus -, Martha était de passage pour partager les pièces de son troisième album, Come Home To Mama. Elle n'a pas tardé à entrer dans le sujet, livrant d'emblée plus de la moitié de ses nouvelles compositions. Pour l'occasion, elle était entourée d'une troupe de premier ordre, parmi laquelle on trouvait le guitariste Andrew Whiteman (Broken Social Scene), la choriste Ariel Engle et son bassiste de mari, Brad Albetta.

Si la chanteuse et ses cinq complices étaient en début de tournée et que l'on pouvait les sentir, çà et là, prudents, on a eu droit à de vibrantes livraisons. Radio Star, avec ses changements de rythme et son crescendo, a fonctionné à merveille, tout comme l'accrocheuse I Am Sorry ou encore I Wanna Make An Arrest, servie en fin de programme. Entre les deux, Martha a trouvé le temps de revoir quelques titres de ses disques précédents, dont Ball & Chain.

Interventions décontractées

Invariablement intense, voire dramatique dans ses interprétations, l'artiste de 36 ans était tout le contraire dans ses interventions, drôles et décontractées. Bavarde tandis qu'elle accordait et réaccordait ses guitares, elle s'est parfois éternisée de ce côté au risque de menacer le rythme du concert. Ce côté improvisé est d'ailleurs venu contaminer certaines pièces, servies en solo ou en formule intime, à mi-parcours, ponctuées de «sorry» lorsqu'elle s'accrochait ou oubliait des mots.

Martha a raconté avoir enregistré des versions françaises de refrains connus ou de ses propres créations pour la série télé Trauma. Elle a ainsi revu Ayoye, d'Offenbach, et remodelé This Life, devenue Cette vie. Un passage sympathique, mais qui a traîné en longueur. Elle nous l'a fait oublier quand sa bande est revenue pour une solide finale, culminant sur une magnifique Proserpina, titre écrit par maman Kate McGarrigle. Pour l'occasion, Engle, Whiteman et Albetta formaient un très beau choeur, tandis que Martha semblait en transe. Le public, très chaleureux, n'a pas laissé partir la Montréalaise sans lui réclamer un rappel. Il a notamment eu droit à l'incontournable Bloody Mother Fucking Asshole. Un spectacle qui mérite d'être rodé, mais qui compte plus d'un moment fort.

Le claviériste de Martha, Jared Samuel, s'est chargé de la première partie. Le musicien a une voix assurée, or il a opté pour des arrangements minimalistes de son répertoire et ses interprétations étaient laborieuses - la foule a été indulgente.

 

Martha Wainwright au Théâtre Corona

La Voix Pop, 7 novembre 2012

C'est chez elle, à Montréal, au Théâtre Corona, que Martha Wainwright a donné le coup d’envoi d’une mini-tournée nord-américaine, le 5 novembre. Entourée de quatre musiciens et d'une choriste, la chanteuse nous a offert les pièces de son plus récent album, Come Home To Mama, sorti il y a un peu plus de deux semaines. Pour Martha Wainwright, ce disque dont la plupart des chansons ont été enregistrées au studio de Sean Lennon, à New York, est le premier en quatre ans à proposer des compositions originales.

 

Martha Wainwright au Corona - Martha comme on aime Martha

Guillaume Bourgault-Côté, Le Devoir, 6 novembre 2012

Ce n'est pas parce qu'elle donnait lundi le vrai coup d'envoi à la tournée de son nouveau disque que Martha Wainwright allait se prendre la tête ou les pieds dans les fleurs du tapis. Que non: on a eu droit à la Martha de toujours, éclatée dans le genre, puissante dans le ton, émotive dans l'intention, zéro protocole, plein plaisir. Jusqu'au t-shirt sous son veston à paillette, clamant que «Rufus is a tit man»… 

En fait, le chandail reproduisait le titre d'une vieille chanson du paternel Loudon III, dédiée à son fils. Façon pour Martha de saluer subtilement son frère et son père. Car la Martha de toujours est nécessairement aussi celle des réunions du clan Wainwright-McGarrigle, et ça non plus ça ne change pas. Salut Loudon et Rufus donc, et salut Anna également — la tante s'est pointée au piano vers 23h pour accompagner Martha sur «Dans le silence», une perle du répertoire des soeurs McGarrigle. 

Le Corona était plein pour le passage de la Montréalaise. Six musiciens sur scène, groupe complet pour présenter le contenu presque intégral de Come Home To Mama. Un seul titre du disque n'a pas trouvé place dans le concert. Martha a autrement pigé trois chansons dans ses deux premiers albums, et une dans son hommage à Piaf. Pari risqué que de se consacrer uniquement au nouveau matériel? Mais non: la facture joliment pop du dernier disque le rend tout ce qu'il y a plus agréable d'approche. C'est comme les mules en reptile de Fersen: essayer, c'est adopter. 

Un début de tournée implique quelques hésitations, des versions assez semblables de celles studio (la griffe de la réalisatrice Yuka Honda est peut-être un peu moins présente sur scène). Mais le naturel désarmant de Martha Wainwright gomme n'importe quel petit cafouillage, crée le liant qui pourrait manquer. On appelle ça du charisme — trait de personnalité plutôt remarquable chez elle. Faut pas chercher à comprendre: ça opère, c'est tout.

De même sa voix: envoûtante. Dans la pop-rock, dans les ballades bluesées, dans le folk, tout colle. Wainwright possède non seulement le registre, mais aussi la puissance et la texture des voix qui ont de l'âme. Sa technique, c'est l'émotion pure, le souffle qui vient du coeur et du ventre. Et c'est plus que tout ce qui porte ce spectacle: le groove est là, les textes sont là, mais c'est au final la couleur de la voix et ce qu'elle porte qui révèlent le mieux Martha Wainwright. 

 

 

Martha Wainwright au Corona avec Come Home To Mama

Jean-François Cyr, Huffington Post, 6 novembre 2012

MONTRÉAL - Après deux albums solo et un disque de reprises des chansons de Piaf, Martha Wainwright revient à Montréal avec Come Home To Mama, un très bon album (réalisé par Yuka Honda et enregistré à New York) qui signale un changement de cap important. La chanteuse était au Corona, lundi soir, pour présenter ses nouvelles compositions. 

Quoi de mieux qu'une ville qu'on affectionne particulièrement pour entamer une tournée ? C'est d'ailleurs ce qu'elle affirmera à l'audience durant le concert, tenant également à expliquer que sa troupe ne maîtrisait pas encore parfaitement toutes les pièces. Qu'à cela ne tienne, sa superbe voix folk et son énergie contagieuse auront vite fait oublier cette mise en garde sympathique. 

« Elle est belle cette guitare, n'est-ce pas? Mais je porte seulement ça pour le look. Je ne sais pas en jouer », envoie-t-elle à la blague (en français) en mettant en bandoulière sa guitare électrique bleue. Nous sommes au tout début de la performance et déjà, elle s'amuse. Jeans beige, veste noire aux paillettes scintillantes sur t-shirt pâle, Martha Wainwright donne le ton pour un spectacle (d'une centaine de minutes) aux accents rock. Elle ouvre le bal avec I Am Sorry, premier morceau à se retrouver sur Come Homme To Mama. L'interprétation est plus dynamique que sur le gravé, les beaux arrangements (guitare, batterie, claviers, basse) étant plus poussés de l'avant. L'atmosphère est sensiblement la même pour Can You Believe It, bien que les lignes mélodiques au saxophone que l'on retrouve sur le disque ont été délaissées sur les planches.

À Four Black Sheep, le bruitage synthétique et les sonorités électro-asiatiques qui colorent l'album font écho au travail de la réalisatrice Yuka Honda (collaborations diverses et nombreuses dont Sean Lennon, Medeski Martin & Wood, Beastie Boys, Yoko Ono). Du côté de la performance vocale, elle riche, puissante et un peu nasale. On croirait entendre Kate Bush. Le tout transpire le rêve, l'urgence et une sorte de sensualité dansante.

L'Américaine et Montréalaise d'affection (elle a confirmé en entrevue qu'elle revenait sous peu s'installer dans la métropole avec son jeune fils et mari, le bassiste Brad Albetta) replonge ensuite dans le rock avec Radio Star : « C'est une chanson de fin du monde qui n'a rien a voir avec les stars de radio!, lance-t-elle en rigolant. Elle est plutôt inspirée de l'étoile menaçante du dernier film de Lars Von Trier, Melancholia. L'esprit de mon frère Rufus est aussi présent dans cette chanson ». Sur scène, on retrouve ici davantage les ambiances de l'album. Les claviers, guitares et batterie sont bien présents. D'abord, assez rythmée, l'interprétation bercera les spectateurs dans un folk de chambre avant de laisser la place à un crescendo de sons bruts et assez soutenus pour la finale.

Le spectacle n'est pas rode, disait la chanteus,e et c'est ici, notamment, que le spectateur en est témoin. Prenant quelque temps pour accorder sa guitare, elle tente de faire diversion en jasant de tout et de rien. C'est authentique et chaleureux, mais ces nombreuses interventions techniques durant la soirée auront malheureusement pour effet de briser quelque peu la cadence.

Sur Leave Behind, autre composition issue de Come Home To Mama, Wainwright se fait enveloppante, charmeuse, mélancolique. Texturée et versatile, sa voix fait penser à celle de Holly Cole. Avec le jeu tout en retenue de la guitare électrique, la présentation est magnifique.

Quelques pièces plus tard (Jesus & Mary, You Cheated Me et la toujours très efficace Ball & Chain), Martha Wainwright, accompagnée seulement de son pianiste Jarred Samuel, propose avec douceur la chanson Soudain une vallée, d'Édith Piaf. Malheureusement, plusieurs gens dans la salle ont oublié les bonnes manières à la maison et parlent beaucoup trop fort. Problème qui sera d'ailleurs récurrent autour du bar situé à l'arrière. Rien ne s'améliore à Montréal à ce sujet.

Histoires de vie

Arrive juste après Dans le silence, pièce composée par les soeurs McGarrigle et traduite par Martha pour la trame sonore francophone de la télésérie Trauma, qui devrait être disponible en magasin au début de 2013.

On entendra ensuite la prenante All Your Clothes, qu'elle avoue chanter pour partager ses inquiétudes amoureuses et le chemin parfois cahoteux du mariage, « même heureux ». Sa tante, Anna McGarrigle, viendra aussi jouer du piano acoustique pour une chanson.

La sincérité est de mise pour Everything Wrong, adressée à son fils, et pour Proserpina, l'un des plus beaux morceaux du récent album. Sur cette dernière pièce, le batteur et le pianiste s'exécutent en douceur alors que Martha Wainwright livre une poignante interprétation de la dernière chanson écrite par sa mère, Kate McGarrigle. Côté jardin, à l'avant-scène, les deux autres musiciens et la choriste (tous au micro) accompagnent la chanteuse pour certains passages. Un hommage passionné et mélancolique. 

Au rappel, on aura droit à This Life, Stormy Weather et Bloody Mother Focking Asshole, jouée seule à la guitare acoustique. 

Légèrement trop théâtrale et empreinte de petites dérives vocales quelque peu nasillardes, la prestation de Martha Wainwright est néanmoins très belle dans l'ensemble. Une fois la mise en scène « ramassée », ce concert saura plaire à bien des mélomanes et amateurs de la première heure, même si les claviers et les sonorités électro-pop ont pénétré l'univers folk habituel. Surtout que sur scène, elle est drôle, touchante, sexy et sans prétention.

 

Martha Wainwright au Corona: en-deçà des attentes

Alain de Repentigny, Journal de Montréal, 6 novembre 2012

Après avoir chanté Piaf à sa façon au cours des dernières années, Martha Wainwright présentait son tout nouvel album Come Home To Mama lors de sa rentrée montréalaise au Corona, lundi soir. Accompagnée de trois nouveaux musiciens, d'une choriste et de son mari Brad Albetta à la basse, elle a proposé en partant pas moins de six chansons du nouveau disque.

Malgré la présence du claviériste Jared Samuel, qui est également de Come Home To Mama, le son électro qui donne des couleurs originales aux nouvelles compositions était très discret.  Il faut dire qu'au parterre en tout cas, la sonorisation de la toute première chanson I Am Sorry manquait de netteté et de précision et qu'on y distinguait difficilement le son des claviers. Par la suite, ça s'est amélioré mais sauf exception - comme la jolie Four Black Sheep -, c'est surtout le son des guitares qui dominait.

Le public du Corona renouait avec plaisir avec cette jeune femme qui a du chien et qui fait parfois penser à une jeune Chrissie Hynde par sa dégaine rock and roll. Mais Martha Wainwright, c'est d'abord une chanteuse en liberté capable de nous faire passer par toute la gamme des émotions et de racheter ainsi quelques faux pas de cette soirée qui par moments prenait des allures de générale.

Malgré son talent indiscutable, Martha a encore sur scène ce petit côté brouillon qui fait partie de l'héritage familial. Mais alors que son frère Rufus a acquis avec les ans une rigueur et un professionnalisme qui n'éteignent pas sa spontanéité, Martha perd un peu de l'ascendant qu'elle a sur son public en s'égarant dans toutes sortes de distractions.

Quand elle dit qu'en ce début de tournée ses musiciens ne sont pas encore très familiers avec les chansons, on met ça sur le compte de l'autodérision qu'elle pratique fréquemment et qui lui fera dire qu'elle prend une guitare électrique uniquement pour le look parce qu'elle ne sait pas vraiment en jouer. Mais, c'est un fait, la plupart des nouvelles chansons sont jouées mollement et n'ont pas l'impact qu'on leur connaît sur disque.

On aime l'humour iconoclaste de Martha qui parle de ses chansons «déprimantes» sur le thème de la fin du monde, mais il arrive aussi qu'on en perde des bouts quand elle parle à côté du micro comme si elle causait en aparté à un musicien ou à un spectateur collé sur la scène. On applaudit chaudement quand elle s'éclate jusqu'à en crier pendant Ball and Chain et qu'elle s'investit corps et âme dans Soudain une vallée de Piaf. On est séduit quand elle chante sobrement Dans le silence des soeurs McGarrigle accompagnée au piano par sa tante Anna puis s'approprie Proserpina, la dernière chanson de sa mère, avec un choeur de trois musiciens.

On sourit même quand elle bafouille légèrement pendant Bye Bye Blackbird et on se dit qu'elle a les moyens de s'attaquer aux standards de la chanson américaine. Mais, au rappel, le charme est carrément rompu quand après un trou de mémoire pendant Stormy Weather, plutôt que de se ressaisir, elle se met à cabotiner avant de s'accrocher à sa voix pour éviter le naufrage.

Le public lui réclame un deuxième rappel et les lumières de la salle sont déjà allumées quand elle revient chanter Bloody Mother Fucking Asshole en s'accompagnant à la guitare acoustique. L'espace de quelques minutes, on retrouve la Martha concentrée, intense et bouleversante qu'on voudrait présente d'un bout à l'autre d'un spectacle.

 

Wainwright ravit une salle comble

Cédric Boulanger, Journal de Québec, 6 novembre 2012

QUÉBEC - Martha Wainwright peut bien se prétendre jalouse du talent de son frère Rufus, la performance qu'elle a offerte au Théâtre du Petit-Champlain, où elle présentait les pièces de son nouvel album Come Home To Mama, mardi, n'avait rien à envier à ce que fait son frangin.

Tout en voix, charismatique, drôle, alternant avec brio entre l'énergie rock et la douce mélancolie du folk, Wainwright a ravi une salle comble, attentive à ses élans vocaux aussi frissonnants que nuancés.

Après avoir chanté en français sur son album de reprises de Piaf, Wainwright s'est dite heureuse de retrouver sa langue maternelle, l'anglais, et ça se sent. Elle a amorcé la soirée en alignant les titres de Come Home To Mama, de la jolie Four Black Sheep à la décoiffante Radio Star, qu'elle a composée en s'inspirant de la pièce Bitter Tears, de son frère, «qui fait tout bien», a-t-elle raconté en feignant d'être frustrée.

On a cependant constaté, quand elle a enchaîné avec l'envoûtante Leave Behind, que l'héritage musical de Loudon Wainwright III et de feu Kate McGarrigle est entre de très bonnes mains.

Du reste, on a entendu la presque totalité de Come Home To Mama. Les pièces plus rythmées, comme I Wanna Make An Arrest, ont fait belle impression mais c’est l’émouvante interprétation de Proserpina, une chanson écrite par Kate McGarrigle, qui a volé la vedette.

Trio en français

À mi-parcours, Martha Wainwright a offert un trio de chansons en français, dont deux tirées de la trame sonore de Trauma, qu’elle vient d’enregistrer à la demande de Fabienne Larouche.

On l’a d’abord senti hésitante – elle a même demandé un lutrin pour avoir accès aux paroles – quand elle s’est attaquée à Ayoye, d’Offenbach, dont elle a livré une version épurée. Elle était plus convaincante sur Cette vie, traduction française de sa propre chanson This Life. Elle a conclu cet intermède en pigeant dans le répertoire de Piaf pour une intense interprétation de Soudain une vallée.

Elle a peu revisité ses deux premiers albums, n’en chantant que quelques extraits tout de même appréciés, dont ce duo You Cheated Me et Ball & Chain. Des chansons du répertoire des sœurs McGarrigle ont complété le programme.

En plus de livrer la marchandise avec sa musique, Wainwright a déridé la foule à plusieurs reprises. Il fallait l'entendre confondre les verbes sucer et allaiter pour expliquer l'inscription «Rufus is a tit man» sur son chandail, qui était un cadeau de son père à sa mère quand cette dernière allaitait le jeune Rufus.

 

Martha Wainwright au Théâtre Corona: fougue et émotions, tout simplement

Alice Côté Dupuis, La Bible Urbaine, 6 novembre 2012

C’est au Théâtre Corona de Montréal que Martha Wainwright a décidé d’ouvrir, hier soir, sa mini-tournée canadienne pour «Come Home to Mama», son nouvel opus. En toute simplicité, elle a livré l’intégralité de son album, après avoir présenté l’un de ses coups de cœur en ouverture: le duo canadien AroarA.

AroarA

Si Martha Wainwright a demandé à Andrew Whiteman (Broken Social Scene) et sa femme Ariel Engle autant de l’accompagner sur scène en tant que musicien et choriste que de présenter leur propre matériel en ouverture de son spectacle, c’est qu’il y a une suite logique entre les styles. La voix d’Engle ressemble étonnamment, par endroits, à celle de Wainwright, mais ce qui frappe surtout, c’est la douceur des harmonies créées avec Whiteman. Jouant chacun de leur guitare électrique (celle d’Engle étant faite avec une boîte de cigares) et se relayant à la console électronique pour lancer tantôt des sons de cloches, tantôt des claps et bruits de voitures, les deux musiciens sont certainement talentueux, mais poussent l’expérimentation un peu loin. Ils venaient présenter leur album, In the Pines, et ont visiblement gagné certains jeunes fans, mais ont ennuyé les plus âgés avec leurs rythmes et sons générés électroniquement et leurs envolées instrumentales.

Martha Wainwright

C’est tout sourire que Martha Wainwright a foulé la scène du Théâtre Corona hier soir, débutant en force avec la pièce assez rock qui ouvre son dernier album, «I’m Sorry». Pas besoin de présentations, la réputation de la chanteuse née à New York mais élevée à Montréal n’est plus à faire. Sa fougue naturelle et son extrême sensibilité, contrastant autant dans sa personnalité que dans sa musique, lui confèrent un charme fou.

Elle a donc enchaîné avec «Can you Believe it», une autre pièce assez rythmée et dynamique qui lui a permis de lever une jambe, puis l’autre, de reculer, d’avancer, de bouger les genoux, bref, de se bercer au rythme des émotions qui l’habitent en chantant, ce qu’elle a fait tout au long de la soirée.

Charmante mais également très comique, cette Martha Wainwright. Parlant beaucoup à son public entre les chansons, elle n’a pas eu peur de faire des blagues, de mettre l’accent sur ses pépins techniques en riant, et même d’imiter son frère chanter. C’est que sa chanson «Radio Star» est en quelque sorte une réplique à une chanson de son frère, mais également inspirée du film apocalyptique Melancholia de Lars Von Trier. «Ça a vraiment pas rapport avec rien finalement! Les gens pensent que mes chansons sont autobiographiques. D’habitude oui, mais dans ce cas, pas du tout!» Il n’y a pas de doute, bien qu’elle soit la fille des illustres chanteurs folk Loudon Wainwright III et Kate McGarrigle et la sœur de Rufus Wainwright, Martha ne se prend pas au sérieux et est capable, en toute simplicité, d’échanger avec son public.

Ce qu’elle prend au sérieux, toutefois, c’est la musique: quelques difficultés techniques sont venues ponctuer la soirée, que ce soit une guitare non amplifiée ou des instruments mal accordés. Wainwright a fait preuve d’un professionnalisme impressionnant en réglant les problèmes tout en chantant. Mettre de l’émotion et vivre une chanson en étant concentrée sur un accordeur et en tournant des clefs de guitare, c’est tout un exploit. Il n’y a pas à dire, Martha Wainwright est une vraie «performeuse». Elle est visiblement habile et à l’aise sur une scène et elle s’investit énormément dans l’interprétation de ses chansons, ce qui donne des performances à couper le souffle.

Personne ne pouvait nier, toutefois, qu’il s’agissait du premier spectacle de cette tournée. Elle-même l’a annoncé, vérifiant sa liste de chansons entre chaque numéro pour savoir laquelle suivrait: «C’est un album très compliqué. On ne connaît pas encore tout à fait les chansons [rires]». Qu’à cela ne tienne, son expressivité, sa simplicité et sa voix à la fois douce et puissante font tout oublier.

Interprétant l’intégralité de Come Home to Mama, dont «Radio Star», «Can you Believe it», «Four Black Sheep» et «Leave Behind» ont été des moments forts de la soirée, Martha a également offert à son public des chansons de ses albums antérieurs. «J’ai pensé que vu que vous ne connaissez pas encore les nouvelles chansons, je pourrais chanter des plus vieilles chansons. Mais peut-être que vous ne connaissez pas les vieilles chansons non plus, c’est ça qui arrive. «Factory», «Bloody Mother Fucking Asshole» [cris de la foule]… Non, ça c’est plus tard, quand j’ai vraiment plus rien!». Elle a donc chanté deux chansons de ce qu’elle qualifie elle-même de son «deuxième album, le disque oublié», ainsi que «Ball & Chain» et «This Life», tirées de son album homonyme.

S’il est facilement reconnaissable qu’aucune œuvre de Wainwright n’a été un vif succès que tous peuvent chanter en chœur avec la chanteuse, chaque performance s’est avérée un moment de pure magie. Sa voix portante et si particulière a su envoûter un public nombreux qui s’était entassé sur le parterre du Théâtre Corona.

«J’avoue qu’on n’a pas beaucoup de chansons en français ce soir. Après Piaf, ça faisait mal», a annoncé la chanteuse anglophone, se frottant la mâchoire. Elle a tout de même chanté avec émotion – et feuille de papier contenant les paroles –  «Soudain une vallée», de la regrettée Édith Piaf.

C’est pour un autre numéro francophone très réussi qu’elle a invité sa tante, la chanteuse folk Anna McGarrigle, à l’accompagner au piano pour interpréter «Dans le silence», tirée du répertoire des sœurs McGarrigle. Un beau moment, qui a toutefois été surpassé lorsqu’en clôture de spectacle, Martha a interprété «Proserpina», une chanson solo de sa défunte mère. Vous avez vu l’épuré et touchant vidéoclip réalisé pour cette pièce? En spectacle, c’était aussi vibrant d’émotion, alors que son bassiste (son mari, Brad Albetta), son guitariste et sa choriste (AroarA) se sont réunis autour d’un micro pour répéter doucement «Come Home to Mama» pendant que Martha semblait dans une bulle d’émotions impénétrable.

Les cris et applaudissements incessants ont nécessité deux rappels, témoignant du succès du spectacle et de l’amour que lui portent ses fans. En dernier recours, elle a satisfait le public en chantant «Bloody Mother Fucking Asshole» seule à la guitare, parce que là, c’est vrai, elle avait tout donné.

Le prochain spectacle de Martha Wainwright aura lieu ce soir au Petit Champlain de Québec, ensuite elle visitera l’Ontario, puis les États-Unis et l’Europe.

Appréciation: ****

 

Martha Wainwright: Come Home to Mama (critique)

Claude Rajotte, Rajotte, MusiquePlus, 5 novembre 2012

http://www.musiqueplus.com/videos/martha-wainwright-come-home-to-mama-critique-1.1104898

 

Martha Wainwright au Théâtre Corona

Webpresse/Canoe TV, 5 novembre 2012

http://www.webpresse.ca/#!/video/50984f484d3a4/martha-wainwright-au-theatre-corona

http://fr.video.canoe.tv/video/en-vedette/en-vedette-aujourdhui/1906868890/martha-wainwright-au-theatre-corona/1949267537001

 

Martha Wainwright à la maison

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 5 novembre 2012

Un peu plus de deux semaines après la sortie de son troisième album studio, Come Home to Mama, Martha Wainwright est entrée à la maison pour présenter ses nouvelles compositions. Parmi les invités, outre Lennon luimême, on retrouve Yuka Honda, le guitariste de Wilco, Nels Cline, et le batteur de Dirty Three, Jim White. Le premier extrait Proserpina, a été écrit par la défunte mère de Martha, Kate McGarrigle. C'était assurément l'un des moments les plus attendus de la soirée et qui allait procurer sa part d'émotion. En raison de l'heure tardive du concert au Corona, la critique complète de notre journaliste Raphaël Gendron-Martin se retrouve sur le site du Journal.

 

 

Martha Wainwright à la maison

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 5 novembre 2012

Un peu plus de deux semaines après la sortie de son troisième album studio, Martha Wainwright est entrée à la maison pour présenter ses nouvelles compositions au public montréalais.

«On va vous faire des nouvelles chansons de l'album qui s'intitule Come Home to Mama», a dit la Montréalaise en français. «C'est le début de la tournée, alors nous ne connaissons pas très bien les chansons.»

De l'avis de plusieurs, Come Home to Mama est le meilleur album de Martha Wainwright à ce jour. L'artiste y rend hommage à sa défunte mère, Kate McGarrigle. Le disque a été enregistré au studio de Sean Lennon, à New York.

Véritable bout-en-train sur scène, Martha a fait rire le public tout au long du spectacle avec ses diverses interventions comiques et sa gestuelle naturelle et qui ne se prenait pas au sérieux. «Je porte ça seulement pour le look. Je ne sais pas en jouer», a-t-elle dit, par exemple, en parlant de sa guitare.

Habillée d'un veston avec brillants, la chanteuse avait des allures de rockeuse mêlé avec une petite touche de chansonnier, gracieuseté de sa célèbre famille.

Intense Proserpina

Très généreuse, Martha a offert un concert de quelque 90 minutes, ponctué de nouvelles pièces, mais aussi de morceaux de ses deux premiers albums. «Il n'y a pas beaucoup de chansons en français ce soir, a-t-elle dit. Après l'album sur Piaf, ça faisait mal. Je perdais mon anglais!»

Parmi les nouvelles pièces, Four Black Sheep s'avère l'une des meilleures de l'album et elle est très bien rendue en concert. Radio Star est aussi efficace et la chanteuse nous a bien fait rire en présentant la chanson, qui n'a rien à voir avec les stars de la radio. Elle a plutôt indiqué avoir eu l'inspiration en voyant l'énorme étoile du film de Lars Von Trier, Melancolia, s'amener pour détruire la Terre. «C'est une chanson de fin du monde», a-t-elle dit.

Mais sans conteste le morceau phare du spectacle est l'interprétation de Proserpina, que Kate McGarrigle avait écrite. Il fallait voir Martha chanter de façon très intense les paroles de la pièce, accompagnée par deux de ses musiciens et sa choriste, qui se sont regroupés derrière un micro pour faire les choeurs. Un très beau moment.

«Merci. Vous avez été un public formidable, a-t-elle dit en fin de soirée. C'est un très beau théâtre. C'est plaisant d'être près de la rue Atwater, pas loin d'où j'ai déjà habité. À l'époque, c'était un coin merdique!»

Martha Wainwright a offert lundi soir le concert auquel on s'attendait. Une soirée charmante, drôle et touchante.

Liste des chansons interprétées par Martha Wainwright au Corona:

I'm Sorry
Can You Believe It
Some People
Four Black Sheep
Radio Star
Leave Behind
Jesus and Mary
You Cheated Me
Ball & Chain
Soudain une vallée
Bye Bye Blackbird
Dans le silence
All Your Clothes
I Wanna Make An Arrest
Everything Wrong
Proserpina

Rappel

This Life
Stormy Weather

 

Le retour de Martha

Natalia Wysocka, Journal Métro, 5 novembre 2012

Musique. Martha Wainwright s’arrête au Corona ce soir pour présenter des pièces de son étonnant et poignant dernier album, Come Home to Mama. Entretien.

À l’écoute de votre nouvel album, on sent que beaucoup d’événements personnels se sont produits depuis la sortie de votre disque hommage à Édith Piaf…

Beaucoup de choses, oui… Mais j’avais très hâte de faire un autre disque. Souvent, les femmes qui ont des enfants trouvent ça difficile de renouer avec leur carrière. Moi, j’ai su qu’il me fallait revenir tout de suite à la musique. Pour moi, pour le petit et aussi pour ma mère [la regrettée Kate McGarrigle]. 

Le disque s’ouvre sur une chanson d’excuses à votre amoureux et se termine sur une chanson à votre fi ls. Dans ce morceau, vous lui avouez que vous avez été très triste ces dernières années, mais que, ce qui vous rend heureuse, c’est de l’avoir eu, lui, et donc d’être devenue maman. Est-ce de là que vient le titre de l’album, Come Home to Mama, une phrase également tirée de Proserpina, une chanson de votre mère, que vous interprétez aussi sur l’album?

Exactement. Tout est connecté. La mort de Kate, la naissance de mon fils, le fait, pour moi, de devenir maman, mais d’être soudain une femme sans mère... Je ne pensais jamais que ça finirait comme ça. Que je deviendrais adulte sans qu’elle soit là. Sur ce disque, j’ai donc voulu aborder des thèmes propres à une femme dans la trentaine, prise dans un mariage d’amour très intense. Parce que, laissez-moi vous dire que, faire durer un mariage, c’est du travail! (Rires) Mais bon, j’avoue que, dans mes paroles, j’ai tendance à amplifier la réalité, pour la rendre plus intéressante. Cela dit, tout a changé dans ma vie… mais ça va.

Sur le titre Can You Believe It, vous chantez «plus je deviens fâchée, plus je vieillis»… et pas l’inverse. C’était important, pour vous, de faire cette nuance?

Oui! (Rires) J’ai fini par accepter de vieillir, parce que les femmes qui m’ont tout montré, ce sont mes tantes et ma mère. Des femmes qui sont toujours restées très naturelles, qui ont vieilli avec beaucoup de grâce. Elles ne se sont jamais torturées avec des histoires de cheveux gris et tout ça. Moi-même, je ne fais pas la poupoune!

Vous avez toujours été très indépendante, rebelle. Vous sentez-vous toujours ainsi?

Moins. (Rires) Lorsque ma mère est tombée malade, je m’en suis terriblement voulu, parce que j’avais passé beaucoup de temps à me rebeller contre elle. Et finalement, elle est morte tellement jeune! Après sa disparition, j’ai arrêté de me révolter et je me suis rapprochée de ma famille. J’ai cessé de penser que tout le monde était contre moi, une chose qui m’a toujours mal servie. Ma mère me l’a souvent répété et ce n’est que lorsqu’elle est partie que j’ai compris qu’être toujours fâchée, ce n’est pas une bonne façon de vivre.

Diriez-vous que vous êtes davantage en paix aujourd’hui?

Oui. Je crois qu’il fallait que je prenne un peu de force de ma mère – elle était toujours très à l’aise – pour pouvoir devenir moi-même une maman, plutôt que de me détruire et de tomber dans une dépression. Je sens aujourd’hui que, pour mon fils, je me dois d’être plus responsable. Comme je n’ai pas vraiment le choix de continuer à travailler, je veux que mon art ait plus de résonnance dans le monde.

 

Critique | Martha Wainwright au Théâtre Corona de Montréal

Amélie Bélanger, Sors-tu.ca, 5 novembre 2012

Critique En ce lundi initiateur de froideur sur la métropole, quoi de mieux pour se réchauffer le coeur que le show de Martha Wainwright. Elle présentait notamment son dernier opus, Come home to Mama, sorti le 16 octobre dernier soit trois ans après son CD hommage à Piaf. Au Théâtre Corona étaient réunis des fans assidus, autant anglophones que francophones, pour apprécier ce que la dame avait probablement préparé spécialement pour son public montréalais.

Après une première chanson solide aux accents plus rock que folk, I’m Sorry, elle exécute une présentation cocasse, « pic de guit » entre les dents, y allant d’une ironie comme quoi, au fond, elle ne sait pas jouer de guitare. Cet intermède donne le ton à la soirée ; une fille très simple, qui s’adresse à son public dans un français très apprécié avec lequel elle se permet des blagues… on peut appeler ça une fille bilingue !

On aime les nuances de la deuxième chanson, Can You Believe It, ainsi que l’honnêteté de l’interprétation, qui se traduit d’ailleurs à travers tout le spectacle. Malgré que Martha soit à l’aise à raconter, elle est quand même plus en voix quand vient le temps de chanter, comme en témoigne le blues à saveur Joplin Some people.

Martha Wainwright avoue que ça a beaucoup changé depuis le spectacle hommage à Édith Piaf, qui lui « donnait mal à la mâchoire », et que la plupart de ses chansons sont auto-biographiques. Sauf Radio Star, qui serait une réplique à son frère Rufus et une inspiration du film apocalyptique Melancholia (de Lars Von Trier). « Ça a rapport avec.. rien, finalement! » avoue-t-elle, déclenchant l’hilarité dans la salle. La chanson nous transporte ailleurs, en effet, et se démarque des autres, par ses sons plus électro bien dosés.

« Je me suis dit que comme vous ne connaissiez pas mes nouvelles chansons, j’en ferais des plus anciennes… mais peut-être vous connaissez pas les anciennes non plus. » Martha Wainwright ne se badre pas de son succès ; elle fait ce qu’elle veut, que ça plaise ou pas.

Sur scène, aux côtés de son mari Brad Albetta, elle est très enracinée, loin de l’extravagance du frère ou de la pression de ses géniteurs. Et le public est assidu, reconnaissant aux premiers accords Ball and Chain, issu de son album homonyme. Une pièce tirée de I Know You’re Married But I’ve Got Feelings Too finit de prouver que la fille a du coffre et l’étoffe du rock.

Et c’est là qu’elle fait plaisir à son assistance en interprétant Soudain une vallée, reprise très touchante de la regretté Édith, qui nous décroche la mâchoire, à nous cette fois! Après quoi, ce n’est qu’émotions, avec sa tante Anna McGarrigle qui prend place au piano pour Dans le silence et Bye bye Blackbird (un vieux standard jazz popularisé entre autres par Liza Minelli), deux chansons que l’on sent dédiées à la regrettée mère de Martha, Kate McGarrigle.

Elle a terminé le show avec les quatre derniers titres de Come home to Mama, dont Proserpina, une ode épique chargée et envoûtante.

Une belle soirée qu’a offerte Martha Wainwright, malgré les transitions parfois longues entre les chansons pour des raisons techniques, et la belle tend à trouver le bon diapason dans le tumulte des différentes vibrations. On la garde dans la mire.

 

Martha Wainwright de retour chez elle pour présenter «Come Home To Mama» sur la scène du Théâtre Corona ce soir!

Alice Côté Dupuis, La Bible urbaine, 5 novembre 2012

Dans la même année, la mère de Martha Wainwright l’a quittée et son fils est né. De ces émotions contradictoires est né l’album Come Home to Mama, que la chanteuse de folk-pop canadienne présentera sur la scène du Théâtre Corona, le lundi 5 novembre prochain.

Longtemps éclipsée par l’extravagance, mais surtout le succès de son frère Rufus, Martha Wainwright s’est un jour – pas si lointain – libérée de la pression entourant son nom (elle est la fille de Loudon Wainwright III et de Kate McGarrigle, deux musiciens très bien établis). Elle a décidé de tracer sa propre voie, de ne pas cacher sa personnalité forte et ses idées et opinions franches, comme en témoigne la pièce «Bloody Mother Fucking Asshole», sur son premier album éponyme. Sur son troisième opus de compositions originales (quatrième en comptant le disque hommage à Édith Piaf, Sans Fusils, Ni Souliers, à Paris: Martha Wainwright’s Piaf Record), c’est pourtant une Martha Wainwright plus calme et posée qui se révèle.

Avec la maternité et la perte de sa mère, de qui elle était très proche et avec qui elle collaborait souvent, Wainwright a sans doute mûri, autant dans sa personnalité que dans ses pensées. Mise à nue sur Come Home to Mama (sur la photographie de la pochette, mais aussi dans ses textes), elle parle inévitablement du deuil, ce qui en fait un album plutôt sombre, mais éclaté. Tout en émotions et sonorités électriques, l’album paru le 16 octobre dernier est très réussi et promet un spectacle des plus intéressants.

Celle qui interprétera également la bande sonore en français de la quatrième saison de Trauma, série de Fabienne Larouche diffusée à Radio-Canada, envoûtera avec ses interprétations senties et son trémolo naturel touchant les spectateurs de Montréal qui voudront bien se rendre au Théâtre Corona le lundi 5 novembre prochain. L’émotivité dans sa voix et son tournant plus rock sur Come Home to Mama plairont assurément, en plus de garantir quelques frissons.

 

Martha Wainwright et la fragilité avec «Come Home To Mama»

Caroline Lévesque, La Bible Urbaine, 5 novembre 2012

Le nouvel album de Martha Wainwright sonne et résonne. Avec Come Home to Mama, la plus jeune de la dynastie Wainwright nous ouvre généreusement les portes de son intimité. Bien que cet album soit teinté d’une tristesse engendrée par le décès de la mère de la chanteuse, l’auteure-compositrice-interprète Kate McGarrigle, il parle aussi de la vie et de son fils.

Avec cet album, force est de constater que le talent des Wainwright est une source intarissable. Contrairement à ce qu’on pourrait croire en regardant à première vue la pochette – une Martha Wainwright flambant nue et sexy cachant avec peine et misère sa poitrine d’un seul avant-bras — elle chante sa tristesse, le deuil de sa mère et la fragilité de la vie. La chanson phare de l’album est sans aucun doute la lyrique «Proserpina», cette pièce composée par Kate et reprise par la fille en sa mémoire. Elle est chantée de manière intimiste, avec tristesse et amour, et on ne peut que ressentir la grande sensibilité de Martha dans sa voix. Une pièce qui évoque une complicité mère-fille qu’on peut agréablement saisir au vol et s’en émouvoir. Elle est douce, pleine d’humilité et donne des frissons.

Les morceaux de Come Home to Mama se situent principalement dans un créneau folk-pop, comme avec «Can You Believe it?» et «I Wanna Make An Arrest». D’autres trouvent leur achèvement avec des murmures de tonalités électroniques, comme avec «Leave it Behind» et «Four Black Sheep».

Martha use de beaucoup de variations dans son chant, montrant que son registre vocal est porteur d’une grande diversifié. Une voix tantôt bien puissante, d’autres fois plus délicate, car bercée par un ton plus juvénile et naïf. Un album portant une signature bien précise: celle d’une Wainwright qu’il serait temps d’arrêter de présenter comme la «sœur de». Elle forme un tout à part entière, et Come Home to Mama le prouve amplement avec un son folk-pop aux multiples variations musicales. Un album mature, touchant et agréable à écouter, car il nous transporte dans son univers très personnel, ce qui devient en quelque sorte un privilège de pouvoir y accéder.

Appréciation: ***1/2

 

Rentrée montréalaise de Martha Wainwright

Louis Lemieux, RDI Matin Week-end, RDI, 4 novembre 2012

http://www.radio-canada.ca/emissions/rdi_week_end/2011-2012/Entrevue.asp?idDoc=254577&autoPlay=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2012/RDI/2012-11-04_06_00_00_rdimatin_0004_1200.asx

 

Agenda: Musique

La Presse, 3 novembre 2012

Après l'intermède Piaf, Martha Wainwright nous revient avec certains musiciens qui l'accompagnent sur son très bon nouvel album Come Home To Mama, dont son mari bassiste Brad Albetta et le calviériste Jared Samuel. Elle a recruté le guitariste Andrew Whiteman, dont le groupe AroarA assurera la première partie.

 

Le Week-End Culturel de... Yves Desgagnés

Louise Bourbonnais, Journal de Montréal, 3 novembre 2012

[...] Quel est l'artiste qui joue le plus souvent dans votre iPod?

«C’est la chanteuse folk-pop, Martha Wainwright que j’écoute principalement. Elle est d’une sensibilité exceptionnelle. Peut-être même la plus sensible parmi tous.»

 

Musique: Girl power

Émilie Côté, Châtelaine, Novembre 2012

[...] 3. Le même jour, la trop peu connue Montréalaise Martha Wainwright, soeur de Rufus, présente Come Home To Mama. Il faut s'attendre à tout de celle qui s'est fait connaître en disant ses quatre vérités à son père dans Bloody Mother Fucking Asshole. [...]

 

Contact

info@natcorbeil.com
t. 514 244 7202
Facebook Twitter Rss
a. 1513a Sauvé Est, Montréal H2C 2A6

Facebook

Liste d'envoi

Recevez nos communiqués par courriel
Veuillez entrer une adresse courriel valide
Nom    E-mail 
Public Média

Mots-clés