Biographie de Richard Reed Parry

Un homme voyage en terre étrangère, traversant une forêt de fantômes, qui lui chantent son passé. Un orage commence et ne se termine jamais. Un garçon se dissout dans une étendue d’eau. Ces images inspirent une musique qui raconte l’histoire de deux sphères : dans l’une d’elles, une expérience incarnée du monde physique; dans l’autre, quelque chose de désincarné, dissous et océanique. Les mythes folkloriques japonais, les poèmes d’adieu et la musique folk britannique sont des affluents se jetant dans une rivière de composition d’avant-garde de la fin du 20e siècle et de confection de chansons traditionnelles, le tout écrit et joué par un membre d’un groupe rock gagnant d’un prix Grammy. C’est une expérience musicale vaste et méditative avec des harmonies à la Beach Boys et un pouls hypnotique. Des chansons à niveaux multiples qui évoluent de façon linéaire, suivant un courant au lieu d’être circulaires. Voici Quiet River of Dust de Richard Reed Parry. Lancé en deux volumes, Quiet River of Dust Vol. 1 sera disponible au début de l’équinoxe d’automne, le 21 septembre 2018. Quiet River of Dust Vol. 2 paraîtra l’année prochaine, lors de l’équinoxe de printemps en 2019.

Longtemps avant d’avoir rejoint les rangs d’Arcade Fire en 2003, Parry a grandi dans une communauté florissante de musiciens folk à Toronto, où les fêtes privées étaient remplies de chant, où les regroupements hebdomadaires incluaient des danses provenant des îles britanniques, et où toute la progéniture était régulièrement poussée à chanter sur de populaires albums pour enfants. Alors qu’il étudiait la musique électroacoustique et la danse contemporaine à l’université, il a formé l’ensemble instrumental Bell Orchestre, qui a lancé trois albums (un autre est attendu prochainement). En 2014, il a fait paraître un album de compositions d’inspiration biologique, Music for Heart and Breath, sur la prestigieuse étiquette classique Deutsche Grammophon.

Quiet River of Dust est en lente gestation depuis une décennie, agissant de bien des façons comme un répit nécessaire des autres occupations de Parry. Créer cette musique est devenu une pratique méditative. « Je suis incapable de rester assis à ne rien faire », confie-t-il. « Mais être à l’extérieur dans la nature ou immergé dans la musique, c’est la méditation idéale pour moi. C’est le cœur de ce disque : l’expérience de transcender l’endroit où tu es, de perdre la conscience d’où tu te termines et d’où le monde commence, dans un monde onirique de musique et de réflexion. » C’est une musique qui se doit d’être absorbée dans un contexte dénué de distractions, et non aléatoirement dans une liste d’écoute — une demande exigeante ces jours-ci, mais qui en vaut la peine.

La genèse de ces chansons est venue après la première tournée japonaise d’Arcade Fire en février 2008. Parry est demeurée là-bas pendant des semaines après le dernier spectacle, se rendant dans un monastère pour trouver réconfort dans « le plus grand silence que vous avez jamais entendu ». Un jour, alors qu’il marchait seul dans une massive forêt de cèdres enneigée, il a entendu des voix distantes, des voix qui sonnaient beaucoup comme le groupe de folk dont faisait partie son père à Toronto, Friends of Fiddlers Green. (Parry avait 18 ans lorsque son père est décédé en 1995.) « Il n’y avait aucune raison pour que quelque chose sonne comme du folk des îles britanniques chanté à pleine voix là », se rappelle-t-il. « J’ai marché et marché, mais je ne pouvais jamais me rapprocher d’où la musique provenait. » Cette expérience fantomatique a inspiré la chanson “On the Ground”, qui a ensuite inspiré le reste du cycle de chansons. Quand est venu le moment d’enregistrer “On the Ground”, il a fait appel aux anciens collègues de son père pour jouer du concertina, de la cornemuse du comté de Northumberland et du violon.

Davantage de matériel a commencé à s’écouler, incluant une chanson sur le Vol. 1 intitulée “River of Death” et une autre à propos d’un petit garçon qui disparaît dans l’océan tandis que ses parents dorment sur la plage. Lors d’un autre voyage au Japon des années plus tard, Parry était en randonnée près d’une source chaude quand il a vu un panneau dirigeant les voyageurs vers une « rivière de la mort » (« Sai No Kawara »). Il a appris que c’était un concept mythologique prébouddhiste décrivant un endroit où les parents se rendent pour faire le deuil de leurs enfants morts; une étendue d’eau perçue comme une zone de transition entre la vie et l’au-delà.

Les deux moitiés de Quiet River of Dust sont conçues pour représenter chaque côté de cette rivière. Il y a une constante thématique et sonore à travers le tout : la sensation d’être debout dans cette rivière et de « vivre une expérience extatique dans la nature », explique Parry, « alors que tu transcendes ta forme physique et que tu ne sais plus qui tu es, ou bien où tu es à ta place ». Ainsi est née la chanson “I Was in the World, Was the World in Me?” Les deux volumes de Quiet River of Dust se fondent intentionnellement l’un dans l’autre. « J’ai l’impression que c’est comme un dé à faces multiples », dit Parry. « C’est toujours la même chanson, mais juste avec une vision prismatique différente du monde. » 

La musique est redevable à celle de son père, mais Parry ne voulait pas composer dans un style folk traditionnel des îles britanniques. Il ne voulait pas non plus créer le genre de chansons pop que des dizaines de milliers de personnes pourraient chanter en chœur, comme il le fait avec Arcade Fire. L’emblématique premier album de 2004 de ce groupe, Funeral, était une déclaration grandiose à travers des mouvements amples et vigoureux. Quiet River of Dust accomplit la même chose, avec des couches verticales d’architecture sonore, mais en inversant l’approche, qui est ici plus modeste, plus douce, plus délicate, tout en demeurant tout aussi grandiose. Parry souhaitait créer un jardin auditif tangible aux couleurs ravissantes, nous invitant à l’exploration et à une expérience immersive. 

Durant l’enregistrement, trois des influences clés étaient l’œuvre du violoncelliste et auteur-compositeur d’avant-garde Arthur Russell, l’album Live ’93 de The Orb, et Bone Machine de Tom Waits — ce dernier ayant été mixé par Tchad Blake, qui a accepté l’invitation de Parry de mixer certaines parties de ce disque. Les autres invités incluent la partenaire de Parry, Laurel Sprengelmeyer de Little Scream; Stef Schneider de Bell Orchestre; Dallas Good des Sadies; Yuka Honda de Cibo Matto; Amedeo Pace de Blonde Redhead; ainsi qu’Aaron et Bryce Dessner de The National, qui ont d’abord encouragé Parry à jouer cette musique sur scène en 2012 lors d’un concert All Tomorrow’s Parties au Royaume-Uni. Pour un musicien élevé au sein d’une famille et d’un environnement musicaux, la collaboration et l’esprit de communauté sont des éléments essentiels au processus. 

Parry lancera Vol. 1 à Montréal avec une résidence montréalaise dans un dôme s’apparentant à un planétarium, la Satosphère, avec des films semi-animés créant un « monde flottant » autour des artistes et du public. Ensuite, il dit vouloir « jouer dans des endroits intéressants où l’on a l’impression qu’il y a de l’espace pour ça. Je n’ai pas envie d’aller dans des endroits bruyants, mais plutôt dans des endroits calmes. Je suis très curieux de découvrir qui cette musique atteindra. »

Peut-être que même ces fantômes dans la forêt japonaise entendront le résultat de l’aventure qu’ils ont inspirée. 

 

Bio par Michael Barclay, auteur de ‘The Never-Ending Present: The Story of Gord Downie and the Tragically Hip’.

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