Dossier de presse d'Alexandra Stréliski

Alexandra Stréliski parmi les favoris

Samuel Pradier, Journal de Montréal, 18 septembre 2019

En plus d’être en nomination pour la première fois, Les Louanges et Alexandra Stréliski partent favoris du prochain Gala de l’ADISQ, obtenant chacun six nominations artistiques. Un vent de fraîcheur semble d’ailleurs souffler sur le milieu de la musique québécoise, si l’on se fie à la liste des nominations dévoilée mardi après-midi, au Club Soda.

Le collectif Alaclair Ensemble, Loud, Cœur de pirate, Les Trois Accords et Ariane Moffatt font également partie des artistes qui obtiennent plus de quatre nominations. 

«C’est la première fois que les deux plus nommés sont des artistes de la relève, a analysé Julie Gariépy, productrice exécutive des Galas de l’ADISQ. Ça veut dire que le milieu est fragile, mais qu’il est très dynamique et qu’il crée encore beaucoup. Les jurys, qui ont déterminé ces nominations, ont envie de découvertes musicales.» 

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Grâce à son album La nuit est une panthère, Les Louanges se distingue dans les catégories Album alternatif, Album de l’année (choix de la critique), Auteur ou compositeur, Révélation et Vidéo, alors que Pitou est aussi en nomination pour la chanson de l’année. 

«Je n’ai pas encore de recul pour savoir ce que ça me fait, a avancé Vincent Roberge, alias Les louanges, quelques minutes après le dévoilement. J’imagine que ça me donne une coche de crédibilité en plus. Je ne pense pas avoir fait de compromis. J’avais envie que ce soit comestible, mais je ne me suis pas mis de barrière.» 

Même s’il travaille dans le milieu de la musique depuis quelques années, Les Louanges est dans la liste des nominations pour la première fois. «Je trouve le fun de me faire reconnaître pour quelque chose dont je suis fier. Ce qui m’importe, c’est d’avoir le respect de mes pairs; je pense que j’y suis un peu arrivé.» 

Nominations surprises

La pianiste Alexandra Stréliski était aussi surprise. «Je ne m’attendais pas à avoir autant de nominations. J’ai déjà eu une grosse tape dans le dos du public, avec un disque d’or. Les nominations à l’ADISQ, c’est une façon pour l’industrie de me dire que je fais partie de la famille.» 

Pour Alexandra Stréliski, qui a été citée dans les catégories Auteure ou compositrice, Album de l’année (choix de la critique), Album instrumental, Meilleur vendeur, Artiste de l’année ayant le plus rayonné hors Québec et Révélation, ces distinctions étaient d’autant plus improbables que sa proposition se démarque nettement du reste. 

«Voir un album instrumental être sélectionné autant de fois, c’est la première fois à ma connaissance. Je suis aussi la première femme issue de la musique instrumentale, j’en suis très fière. Je pense que les Québécois sont un public beaucoup plus ouvert qu’on pense.» 

Un milieu en effervescence

Le mouvement rap est aussi très bien représenté dans les nominations (cinq nominations artistiques pour Loud, quatre pour Alaclair Ensemble, trois pour Koriass...), ce qui semble correspondre à une évolution du marché. 

«Il y avait des soubresauts de la tendance rap dans les dernières années, a précisé Julie Gariépy. En 2019, c’est vraiment une consécration, autant dans les ventes, dans la notoriété que dans la curiosité qu’il suscite. On est très content de voir un peloton de tête comme celui-là, avec Ariane Moffatt qui est la doyenne des plus jeunes, et de voir aussi des artistes confirmés comme Michel Rivard et Ginette Reno les côtoyer.» 

La 41e édition du Gala de l’ADISQ se déroulera le dimanche 27 octobre, dès 20 h, à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, et sera diffusée en direct sur Radio-Canada. Louis-José Houde en assurera l’animation pour une 14e année consécutive. 

Le Premier Gala de l’ADISQ animé pour la première fois par Pierre Lapointe se tiendra au MTelus, le mercredi 23 octobre, dès 20 h, et sera diffusé sur les ondes de Télé-Québec. Les artisans du monde de la musique se retrouveront au gala de l’industrie, le 23 octobre, à compter de 17 h. 

LES PRINCIPALES NOMINATIONS : 

Interprète féminine de l’année :

Cœur de pirate 

Lara Fabian 

Marie-Mai 

Ariane Moffatt 

Ginette Reno 

Interprète masculin de l’année :

Marc Dupré 

Éric Lapointe 

Hubert Lenoir 

Loud 

Fred Pellerin 

Groupe ou duo de l’année :

2Frères 

Alaclair Ensemble 

Bleu Jeans Bleu 

Les Cowboys Fringants 

Les Trois Accords 

Chanson de l’année :

Léo Gagné, 2Frères (Amélie Larocque) 

Tu trouveras la paix (pour Renée Claude), Artistes variées (Stéphane Venne) 

Des p’tits bouts de toi, Roxane Bruneau (Roxane Bruneau) 

Fous n’importe où, Charlotte Cardin & Cri (Daniel Bélanger) 

Dans la nuit (avec Loud), Cœur de pirate (Béatrice Martin, Simon Cliche/Béatrice Martin) 

Tout le monde, Corneille (Corneille, Sofia de Medeiros/Corneille) 

La tempête, Marc Dupré (Marc Dupré, John Nathaniel, Amélie Larocque) 

Pitou, Les Louanges (Vincent Roberge/Vincent Roberge, Félix Petit) 

Ouvre tes yeux Simon! Les Trois Accords (Simon Proulx/Les Trois Accords) 

Fallait y aller, Loud (Loud/Ruffsound, Banx & Ranx, Ajust et Realmind)

 

ENTREVUE

Catherine Brisson, Isabelle, 98,5, 15 août 2019

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ENTREVUE

Louis-Jean Cormier, Table tournante, ICI Radio-Canada Première, 11 août 2019

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ENTREVUE : ALEXANDRA STRÉLISKI – RENTRER AU BERCAIL

Jasmine Legendre, Urbania Musique, 25 juillet 2019

C’est à la belle étoile que Alexandra Stréliski offrait une performance au Festif! de Baie-Saint-Paul il y a quelques jours. Si son public est autant diversifié, c’est qu’elle sait rendre accessible un concert de piano alors qu’elle se positionne à cheval entre le classique et la pop.

Ses pièces accrocheuses font voyager sa musique à travers le monde, et on a eu la chance de la rencontrer lors de son passage dans les paysages de Charlevoix, région tout aussi majestueuse que ses compositions. 

Tu te promènes un peu partout à l’international actuellement, comment te sens-tu quand tu reviens à la maison?

C’est la première fois que je joue à Baie-Saint-Paul. Mais revenir au Québec, c’est cool. Premièrement, la région ici est magnifique et le Festif!, ça rock. C’est une belle vibe. Il y a une grosse différence entre jouer ici et à l’international, parce que les gens ici me connaissent. Ils connaissent la musique. Ça arrive ailleurs dans le monde, mais ici c’est quand même massif. Mes shows au Québec sont à plus grand déploiement, il y a plus de monde, plus de gens qui m’arrêtent dans la rue. 

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L’an prochain, je fais la tournée du Québec et ça me tente d’aller à la rencontre des gens. Je viens d’ici, c’est comme revenir à la maison.

Est-ce que tu vis bien avec les gens qui t’arrêtent dans la rue?

Ça dépend des jours. Y a des fois où j’aimerais plus passer inaperçue. T’sais quand t’as tes règles là… tu ne veux pas parler à personne (rires). Comme aujourd’hui, par exemple! C’est drôle. C’est un peu comme vivre dans un village. Tu t’en vas à l’épicerie pis Madame Monique te demande : « Pis, comment ça va? ». 

Vois-tu une différence chez ton public dans les différentes régions du Québec?

C’est sûr qu’à Montréal, il y a beaucoup de shows et les gens sont habitués de consommer la musique, mais c’est juste des humains. Je pense que le type de musique que je fais nous amène dans l’intériorité et il y a un fil conducteur là-dedans qui n’a rien à voir avec l’endroit où vivent les gens.

Est-ce que tu écris sur la route?

Je peux pas vraiment, j’ai pas de piano. J’écris parfois dans les soundchecks. Parfois j’ai des idées qui sortent là, ou dans des locaux de répètes. C’est plus difficile comme pianiste, tu peux pas seulement gratter ta guitare ou écrire des paroles dans un parking. 

Composer pour moi, c’est spontané. Je peux m’asseoir au piano à minuit avant d’aller me coucher et me rasseoir le lendemain matin avec le même riff. Ça sort quand ça a besoin de sortir. C’est souvent une émotion, une période de vie que je suis en train de traverser. C’est la vie, j’en ai besoin. J’ai besoin que ça sorte dans un piano. C’est comme ça!

Il va peut-être falloir que l’an prochain je me barre une période de création, parce que je pars en tournée au Québec.

Quand t’es sur une scène, seule avec ton piano, sens-tu une pression pour en donner beaucoup à la foule?

C’est certain que les gens sont plus silencieux. Mais moins tu en as sur scène, plus tu dois livrer une performance parce que tu es toute seule. 

J’ai des moments clés dans mon show où je sens davantage les gens. Toi et moi on est en face l’une de l’autre en ce moment et il y a une vibe. C’est la même chose avec mon public, mais c’est pas pareil partout dans le monde. Les gens n’ont pas le même comportement, n’ont pas la même vibe. Il y a des gens qui réagissent plus à l’humour, d’autres moins.

Il y a des publics qui sont très habitués aux conventions classiques, donc ils n’ont même pas le réflexe d’applaudir. Je dois donc leur dire, « applaudissez, c’est pas un récital ». Je leur dis souvent, parce que ça décontracte la foule.

J’ai un public varié, y a plein de gens qui n’ont jamais été voir un concert de piano de leur vie. Donc j’aime bien les accompagner là-dedans pour décloisonner le style.

Est-ce qu’il y a une place dans le monde que t’as particulièrement aimé?

J’ai vraiment aimé les Pays-Bas, Londres, Paris. Les plus froids c’était sans aucun doute les Anglais. Mais c’est pas tant qu’ils sont froids, c’est qu’ils sont conventionnels. Ils sont habitués à aller voir un récital de piano. Ça les sort moins de leur zone de confort que nous. Il y a beaucoup moins de gens au Québec qui écoutent de la musique classique qu’en Europe. Ils ont une histoire beaucoup plus lourde. 

Je m’attendais d’ailleurs jamais à vendre autant d’albums au Québec. Je m’étais pas fait d’attente à l’international. C’est sûr que je joue du piano, donc il n’y a pas de frontières. D’emblée on savait qu’on pourrait se promener. Je pense que c’est juste l’humanité. Ça parle aux émotions des gens.

Tu composes plus par inspiration qu’en suivant les conventions, comment tu penses que c’est perçu dans l’univers classique?

Je me doute qu’ils doivent me voir comme une artiste pop, parce que je ne fais pas du classique. Je n’ai pas de formes lourdes, mon langage harmonique musical est relativement simple. Pour un musicien classique je fais de la pop, pour un musicien pop je fais du classique.

Et moi je trouve que je suis entre les deux. Mon langage c’est le piano, mais j’écoute beaucoup de pop et de musique de film. C’est un mélange de ça.

On reste accroché à ma musique pour la mélodie et vu que j’ai écouté beaucoup de musique pop, je l’ai cette propension-là à faire des hooks. J’ai des thèmes dans mes mélodies. Et ça, je pense que c’est accrocheur. Mais en chanson c’est la même chose, tu ne vas pas nécessairement accrocher sur la chanson. Parfois tu vas accrocher sur la voix et probablement sur la mélodie.

Tu dis que les gens connaissent tes chansons, mais comment ça se manifeste s’ils ne peuvent pas chanter tes paroles?

Je les entends chuchoter au début d’une pièce « ah, ça c’est ma préférée ». C’est surtout après que je m’en rends compte. Les gens viennent me parler et me disent dans quel contexte ils écoutent mon album. Je réalise que ça accompagne le quotidien des gens.

Y a aussi des gens qui me livrent des témoignages assez deep : « mon enfant est né sur ton album », « mon père est mort sur ton album », des trucs comme ça. De grands évènements de vie et c’est vraiment touchant. Je reçois beaucoup de témoignages humains. 

Mais je ne compose pas pour ça. Je me concentre à créer la proposition la plus sincère, avec moi-même et de l’interpréter de la manière la plus sincère et la plus directe. Après, ça rejoint ou ça ne rejoint pas les gens.

Comment tu vois ta tournée à travers le Québec?

J’ai hâte. Il y a plein de places que je n’ai pas encore vues. Je redoute aussi, parce que je tourne en hiver. Ça risque d’être un peu intense, par moment, sur la route… Aller au Saguenay en hiver là (rires). Ça va faire changement. Parce que j’ai beaucoup voyagé.

 

ENTREVUE

Élise Jetté, Journal de Montréal, 24 juillet 2019

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Le mur du son : Alexandra Stréliski – The Franklin Electric – Monkey House

Benoit Bilodeau, L'Éveil, 23 juillet 2019

Découvrez de nouvelles sorties musicales. Cette semaine: Alexandra Stréliski, The Franklin Electric et Monkey House.

Alexandra Stréliski

Inscape

Secret City Records

Sorti au mois d’octobre dernier, le plus récent album de la pianiste montréalaise Alexandra Stréliski fait parler de lui ces jours-ci. En effet, début juillet, Secret City Records a remis, lors de l’émission matinale Salut Bonjour, un disque d’or à la musicienne pour souligner les 40 000 copies vendues de ce plus récent opus qui n’en finit plus de s’attirer des éloges bien mérités. L’album a grimpé sur les palmarès de ventes de musique classique dans plus de 20 pays à travers le monde et il dépasse aujourd’hui les 52 millions d’écoutes en continu cumulées, surpassant déjà Pianoscope – le premier opus de Stréliski sorti huit ans plus tôt – qui cumule quant à lui 29 millions d’écoutes en continu. Une belle occasion, si ce n’est déjà fait, d’apprécier le talent d’Alexandra Stréliski, rare femme évoluant dans le monde du néo-classique, sur les 11 pièces instrumentales qui composent cet album. En spectacle au Théâtre Lionel-Groulx le 14 octobre prochain et à la salle Le Zénith Promutuel Assurance le 1er mars prochain.

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ENTREVUE

Claudine Prévost, iHeartRadio Canada, 22 juillet 2019

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Le Festif en cinq temps

Alexandre Shields, Le Devoir, 21 juillet 2019

La 10e édition du Festif de Baie-Saint-Paul bat son plein jusqu’à dimanche. Le Devoir est sur place pour rendre compte des moments forts de ce festival devenu un incontournable pour les festivaliers amateurs de musique, au coeur de l’été québécois. On vous présente ici cinq moments forts de la mouture 2019 du Festif.

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Le moment du recueillement

Alexandra Stréliski en concert nocturne intime

On aurait pu entendre voler un papillon de nuit durant la prestation d’Alexandra Stréliski, au début de la nuit de jeudi à vendredi. Moment de recueillement parfait, dans la nuit fraîche, pour les quelques dizaines de chanceux qui ont pu assister à sa prestation, seule au piano, sur une petite scène installée au milieu d’un bassin d’eau, dans la cour de l’hôtel Germain. Même recueillement d’ailleurs, et beau retour dans le temps, avec Luc De Larochellière, qui avait revisité quelques heures plus tôt l’intégral de son premier album, Amère America, sorti il y a plus de 30 ans.

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Le Festif! – 18 juillet 2019

Marie-Ève Fortier, Ecoutedonc.ca, 19 juillet 2019

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Alexandra Stréliski

On se sentait déjà privilégiés de pouvoir aller entendre la pianiste néo-classique originaire de Montréal qui parvient, lorsqu’elle passe à Québec, à remplir le Palais Montcalm deux fois plutôt qu’une. Mais quand on est arrivés au Jardins de François, sous la lueur des flambeaux, et qu’on s’est installés tout près d’un étang surplombé de projections visuelles, on a pogné d’quoi. Après quelques minutes assez frigorifiantes – il faut le dire, il faisait frette – Alexandra Stréliski s’est installée à son piano « aqueux ». Ensuite, ce ne fut que volutes contemplatives, qu’elles soient lyriques ou dramatiques. L’artiste jouait avec passion et bienveillance, même, accompagnée seulement par le doux bruit de l’eau qui coule. On a tous ainsi plongé au coeur d’« Inscape », ce paysage intérieur qui se faisait autant le sien que le nôtre. C’était une expérience qui transporte.

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Quatre sentiments qui décrivent bien la première journée du Festif!

Christian Labarre-Dufresne, HuffPost Québec, 19 juillet 2019

Une journée appartient déjà au passé dans cette 10e édition du Festif! de Baie-Saint-Paul et les attentes furent largement comblées.

Le jeudi se veut toujours une journée de hors-d’oeuvre puisque les spectacles commencent un peu plus tard et qu’il n’y a pas de concert de la série des «Imprévisibles». 

L’offre était tout de même très vaste si bien qu’il fallût malheureusement faire quelques choix déchirants. Mais, c’est ça la vie de festival, direz-vous, et vous avez bien raison!

Voici un résumé en quatre sentiments parmi les quelques centaines ressentis durant cette bonne soirée de musique en tous genres.

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SURPRISE

Pas d’«Imprévisibles», pas de surprises? Ce serait mal connaître les organisateurs du Festif!. 

C’est Chromeo qui avait le mandat de clore ce jeudi soir sur la scène principale du festival. Après que les quatre gars (on vous explique plus tard ce qui est arrivé au cinquième) de Qualité Motel eussent déguerpi en nous laissant sur Alegría, on devait patienter une vingtaine de minutes avant de voir le duo montréalais.

Mais ce n’était pas le temps d’aller se chercher une bière ou d’aller s’agglutiner en ligne pour une toilette chimique parce que l’intermède était assuré par Naya Ali. Du haut des marches métalliques qui longent le bâtiment à gauche de la scène, la prometteuse rappeuse a interprété quelques chansons.

La talentueuse artiste a de nouveau prouvé qu’elle n’a rien à envier aux grandes rappeuses internationales et son avenir semble rose si elle joue bien ses cartes.

Avec cette courte prestation, elle a certainement convaincu quelques festivaliers de se rendre à son spectacle complet qui avait lieu un plus tard en soirée. 

L’autre belle surprise que réservait le Festif! était au Hangar-29. Safia Nolin, armée de sa guitare, a comblé les festivaliers près du feu de camp. C’est l’anniversaire du Festif!, mais c’est lui qui distribue les cadeaux.

ENCHANTEMENT

L’un des spectacles les plus convoités de cette édition du Festif! était la prestation de la pianiste Alexandra Stréliski.

Le festival nous conviait au Jardin de François, un site jamais exploité jusqu’à présent par l’événement. Des flambeaux guidaient les gens sur le pavé jusqu’à l’endroit où le piano à queue avait été installé.

GALERIE PHOTO

Jour 1 du Festif! 2019

Située sur une plateforme au-dessus de l’eau, la compositrice montréalaise, qui a avoué être sous les effets du décalage horaire, a joué des morceaux de son plus récent album Inscape ainsi que quelques pièces de son opus précédent, Pianoscope.

Les effets lumineux et les mélodies envoûtantes ont complètement séduit la foule qui demeurait très silencieuse, trop même au goût de la pianiste. Mais personne ne voulait déranger la virtuose qui ne cesse de nous charmer par sa personnalité attachante et sa capacité à nous amener dans son imaginaire avec sa musique.

JUBILATION

Un sentiment qui revenait souvent en cette première journée, c’était le pur et simple bonheur d’être enfin au Festif!. «Maudit que je suis content(e) d’être à Baie-Saint-Paul» a été entendu au moins 2843 fois.

Devenu un incontournable parmi les festivals québécois en région, le Festif! a réussi à fidéliser une clientèle qui revient année après année. 

Les organisateurs connaissent bien les goûts de leurs festivaliers et avaient concocté une programmation pour que les gens se déhanchent en ce jeudi. C’est Les Louanges qui commençait le bal, lui qui fait partie de la courte liste pour le Prix Polaris pour son album La nuit est une panthère. Vincent Roberge, qui n’est âgé que de 23 ans, et sa bande nous ont fait monter à bord de leur Tercel ’96 (pièce que la foule connaissait presque par coeur d’ailleurs) pour une arrivée tout en douceur à Baie-Saint-Paul. 

Les gars de Qualité Motel (qui sont aussi les gars de Valaire) ont ensuite brassé la cabane. Qualité Motel, c’est un «DJ set» de luxe, il faut se le dire. En plus d’aligner les chansons de leur récent album C’est pas la qualité qui compte, les Sherbrookois ont envoyé bon nombre de succès québécois à la foule qui en redemandait.

Tour à tour, les milliers de personnes présentes ont chanté les refrains de I think of you de Gregory Charles, Party de gars de Mixmania, Parce qu’on vient de loin de Corneille et Sauvez mon âme de Luc De Larochellière qui était d’ailleurs en spectacle un peu plus tôt dans la journée dans le cadre du festival.

C'était un véritable party dans la foule pendant Qualité

Le refrain de la chanson Basilic (C’est pas du romarin, c’est du basilic) a été le moment fort du spectacle, peut-être même trop fort au goût de l’un des membres du groupe. À un moment, on se rend compte que le quintette n’est maintenant plus qu’un quatuor. 

«Drouin s’est pété la cheville solide», lance un des quatre membres restants de Qualité Motel. On souhaite un prompt rétablissement à Jonathan Drouin (ce n’est pas celui du Canadien, ne vous inquiétez pas les amateurs de hockey). 

Il y a peut-être eu d’autres blessures ailleurs sur les sites du Festif! puisque ça bougeait beaucoup devant Dead Obies, notamment sur la pièce Tony Hawk, un classique du groupe de rap québécois.

ÉPUISEMENT

Les amateurs de spectacles de fin de soirée sont comblés au Festif! puisque chaque nuit à 2h, le curé Armand Bégin accueille des artistes devant son garage.

C’est le groupe féminin Nobro qui concluait cette première journée de la 10e édition du festival. Le rock des quatre Montréalaises n’avait rien de doux et on a même pu apercevoir quelques personnes faire du bodysurfing. Bravo aux gens qui avaient encore de l’énergie à 2h30 du matin pour les transporter au bout de leurs bras.

Après ce défoulement collectif qui permettait de se réchauffer dans cette nuit froide, c’était l’heure d’aller recharger les batteries avec quelques heures de sommeil avant de nouvelles péripéties.

Le Festif! se poursuit jusqu’au 21 juillet. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site Internet du festival.

 

Kevin Parent s’amuse dans la cour chez Kim - Le Gaspésien offre un spectacle-surprise au Festif!

Yves Leclerc, Journal de Québec, 19 juillet 2019

BAIE-ST-PAUL | Kim est ­chanceuse. Après avoir accueilli Vincent Vallières dans sa cour, en 2017, c’était au tour de Kevin Parent d’y offrir une prestation surprise. 

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Stréliski, la nuit

Un peu après minuit, dans la nuit de jeudi à vendredi, ­Alexandra Stréliski a offert une prestation magique d’une heure dans le ­Jardin de François.

Derrière un piano à queue, avec très peu d’éclairages et des ­projections qui se reflétaient dans un petit étang, la ­pianiste, ­totalement investie par sa musique, a joué la totalité de son album Inscape et quelques pièces de Pianoscope.

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Quelques étoiles, une presque pleine lune recouverte par un filtre nuageux et une foule de 500 noctambules attentifs. C’était un moment unique.

«C’est rare qu’on invite une ­pianiste solo dans un festival. Je me sens comme une rock star. Rock n’ roll», a-t-elle lancé en ­faisant ce qui semblait être le signe du «devil».

 

LES VEDETTES QUI ONT FAIT LE BUZZ

Sabin Desmeules, Échos Vedettes, 19 juillet 2019

ALEXANDRA STRÉLISKI

La pianiste montréalaise Alexandra Stréliski a reçu un disque d’or pour les 40 000 exemplaires vendus de son album Inscape. Ses pièces Interlude et Burnout Fugue font partie de la trame sonore de la saison 2 de Petits secrets, grands mensonges. 

 

Les suggestions du grand manitou du Festif!

Josianne Desloges, Le Soleil, 18 juillet 2019

Alors que Baie-Saint-Paul s’apprête à résonner aux sons joyeux du 10e Festif!, nous avons demandé à Clément Turgeon, son fondateur et directeur général, de nous pointer les groupes à découvrir et les incontournables de sa programmation.

Pour célébrer sa décennie d’existence, le festival a installé une scène flottante sur la rivière du Gouffre, où Jérôme 50 et Bleu Jeans Bleu joueront avant l’apéro. L’équipe a aussi développé une série «Bar clandestin» avec la Microbrasserie de Charlevoix : des prestations livrées devant 75 personnes, dans des lieux tenus secrets. Le Soleil sera sur place jusqu’à dimanche pour vous raconter les moments forts de cette édition anniversaire.

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3- Alexandra Stréliski

Jeudi à minuit, Jardin de François

«On présente Alexandra Stréliski dans un magnifique jardin public, devant l’hôtel Le Germain, au milieu de la nuit. Elle sera seule au piano et le concert inclura de la projection. Il y a un petit lac artificiel et la scène va partiellement aller sur l’eau. C’est la première fois que nous faisons un spectacle à cet endroit, ce sera vraiment unique.»

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Le Festif! 2019 : 10 spectacles à ne pas manquer

Alexandre Daneau, IHeart Radio, 10 juillet 2019

La première édition du festival Le Festif! a eu lieu en 2010, et depuis, l'évènement ne fait que progresser et gagner en momentum. Difficile de ne pas embarquer dans le buzz quand les festivités se déroulent dans l'un des plus beaux coins du Québec, que tout le village embarque et que la programmation est magique d'année en année!

Tu as envie de triper et de vivre une expérience inoubliable? Saute dans ta voiture avec une couple de chums et va faire un tour dans Charlevoix. Le Festif! c'est du 18 au 21 juillet c'est un truc de fou que tu ne veux surtout pas manquer!

Voici les 10 spectacles auxquels tu devras assister si tu vas dans le coin pour l'occasion, tu vas voir qu'il y en a vraiment pour tous les goûts:

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5. Alexandra Stréliski

Jeudi 18 juillet

La douceur, l'intelligence et surtout la somptuosité, voilà trois mots qui décrivent bien le travail de la super talentueuse Alexandra Stréliski. Sa musique, souvent utilisée à la télé et au cinéma, est tout simplement envoutante. Amène ta blonde ou ton chum et collez-vous!

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ENTREVUE

Franco Nuovo, Dessine-moi un été, ICI Radio-Canada Première, 6 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

De l’émotion livrée à l’état pur

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 5 juillet 2019

C’est une sorte de consécration qu’Alexandra Stréliski a vécue jeudi. Moins d’un an après la sortie de son deuxième album, le magnifique Inscape, la pianiste a joué dans un Théâtre Maisonneuve archi complet, jeudi soir, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.

Il y a à peine un an, le nom d’Alexandra Stréliski était inconnu du plus commun des mortels. Or, la sortie d’Inscape, en octobre – qui lui a valu jeudi un disque d’or pour 40 000 exemplaires vendus –, a tout changé pour la pianiste de 34 ans.

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Alexandra Stréliski a reçu un disque d’or, jeudi, pour avoir atteint les 40 000 exemplaires vendus avec son deuxième album en carrière, Inscape. L’album était paru huit ans après Pianoscope.

Le concert qu’elle donnait jeudi, dans le cadre du FIJM, affichait complet depuis plusieurs mois. En fait, c’est le même scénario qui se répète dans chacune des villes où la musicienne passe en tournée cette année. Tout est à guichets fermés.

Alors, est-ce que la « folie Stréliski » est pleinement justifiée en spectacle ? Dans l’ensemble, oui. Bien que généralement introvertie, la pianiste réussit à emmener les spectateurs dans son univers.

Quasi communion

D’abord, un souci judicieux a été apporté à la scénographie et aux éclairages. Au lieu de simplement retrouver la musicienne seule derrière son piano, on a eu la bonne idée d’ajouter de très belles projections sur des toiles, au début de la prestation. La musique de Stréliski, déjà très cinématographique, se retrouve ainsi magnifiée par les images et les éclairages.

En lever de rideau, Alexandra installe une ambiance de quasi-communion dans la salle. Le public, silencieux et attentif, écoute chacune des notes qui émanent de son piano. Entre les pièces, personne n’ose applaudir. Ça tombe bien, le premier chapitre du spectacle s’appelle The Quiet Voice (la voix silencieuse).

Sur la poignante Plus tôt, première pièce d’Inscape, c’est de l’émotion à l’état pur qui ressort de l’interprétation d’Alexandra. Aucunement froide, sa façon de jouer, souvent toute en douceur, s’avère bien touchante même si les versions live sont quasi identiques à celles des albums.

Au bout de quelques morceaux, la pianiste a pris le micro pour dire au public que la dernière fois qu’elle s’était retrouvée au Théâtre Maisonneuve, c’était pour un gala de publicité. « J’ai gagné pour un projet dont je ne me souvenais même pas ! » a-t-elle lancé, sous les rires du public. Touchante et drôle, cette Alexandra.

 

ENTREVUE

La matinale d'été, 5 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

CRITIQUE

Richard Terrien, Puisqu'il faut se lever avec Louis Lacroix, 98,5, 5 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

APRÈS LE TRIOMPHE EN LIGNE, LE MONDE PHYSIQUE

Alain Brunet, La Presse, 5 juillet 2019

Star en ligne du néoclassicisme avec plus de 52 millions d’écoutes en continu sur le web, la Montréalaise Alexandra Stréliski peut aussi savourer son triomphe dans le monde physique : disque d’or pour les 40 000 exemplaires vendus de son album Inscape (Secret City Records), sélection sur la liste préliminaire du prix Polaris 2019… et un Théâtre Maisonneuve à guichets fermés.

Hier soir, devant ses fans les plus fervents, la musicienne de 34 ans avait prévu quelques valeurs ajoutées pendant l’impeccable exécution de ses pièces originales : magnifiques projections au pied et au-dessus de son instrument, toile dressée derrière elle, vaguelettes de tissu à ses pieds, subtils éclairages.

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Rappelons que l’objet de ces compositions est de dépeindre ses paysages intérieurs. Ces paysages sont incarnés par des mélodies et harmonies consonantes, postromantiques, modernes, postminimalistes, très simples pour la plupart, très souvent repérables dans la forme chanson ou dans l’environnement audiovisuel – télévision ou cinéma.

Connues de tout un chacun, les trajectoires mélodiques et progressions d’accords de son œuvre encore jeune déclenchent des gammes d’émotions depuis leur conception… il y a plus d’un siècle. Consciemment ou non, Alexandra Stréliski a identifié ces puissants déclencheurs pour le grand public, se les est appropriés, les a ficelés à sa manière, les a intégrés à ses paysages intérieurs où pousse la fleur de peau, et que traversent des populations entières d’âmes sensibles.

 

Un disque d'or pour Alexandra Stréliski

Hollywood PQ, MSN Divertissement, 4 juillet 2019

La pianiste Alexandra Stréliski a conquis de nombreux fans au courant de la dernière année. Depuis le lancement de son album Inscape, elle a vu sa carrière exploser alors que ses compositions ont rejoint plus que jamais des mélomanes un peu partout au Québec et dans le monde. Ce matin, ses efforts ont été récompensés alors que Secret City Records lui a remis un disque d'or en direct de l'émission Salut Bonjour afin de souligner ses 40 000 copies vendues (au Canada seulement!).

« Après moins d'une année de vie, Inscape a atteint le statut de disque d'or! Merci énormément à mon équipe incroyable à Secret City Records d'avoir travaillé avec tant de cœur sur ce bébé », écrit l'artiste sur Instagram avant de remercier ceux qui l'entourent. « Mais, BIEN SÛR, merci aux oreilles et aux cœurs derrière ce succès, c'est-à-dire VOUS! Je me sens bénie », conclut-elle.

Alexandra Stréliski présentera plusieurs spectacles au courant des prochains mois.

 

ENTREVUE

Salut Bonjour, 4 juillet 2019

 

Album «Inscape»: la pianiste montréalaise Alexandra Stréliski reçoit un billet d'or

Agence QMI, TVA Nouvelles, 4 juillet 2019

À quelques heures de sa plus récente prestation au Festival international de jazz de Montréal, la pianiste et compositrice montréalaise Alexandra Stréliski a reçu, jeudi matin, un billet d'or soulignant la vente de 40 000 exemplaires au Canada de son deuxième album intitulé «Inscape».

L'artiste a accepté cet honneur sur le plateau du rendez-vous «Salut Bonjour» diffusé à TVA. Depuis sa sortie, son opus a généré plus de 52 millions d'écoutes en continu sur les différentes plateformes numériques.

Pour Alexandra Stréliski, l'obtention de ce billet d'or s'ajoute à plusieurs honneurs associés à l'effort «Inscape», dont son insertion au sein de la plus récente liste du prix Polaris et sa victoire aux Indie Awards de la Canadian Music Week, dans la catégorie du meilleur album de l'année.

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Sa musique a déjà été choisie pour étoffer la trame sonore des séries «Sharp Objects» («Sur ma peau») réalisée par Jean-Marc Vallée et «Big Little Lies 2» («Petits secrets, grands mensonges 2») pour laquelle ce dernier a notamment agi à titre de monteur.

L'agenda d'Alexandra Stréliski comprend de nombreuses dates au Québec avant la fin de l'année. Elle doit aussi se rendre en Europe afin de jouer dans des pays comme l'Islande, la Suisse et la France

 

La musique envoûtante d’Alexandra Stréliski

Carmen Bourque, Blogue Télé, ICI Radio Canada télé, 4 juillet 2019

La pianiste Alexandra Stréliski fait de plus en plus d'adeptes avec sa musique qui touche droit au cœur. Ses ventes d'album et son succès sur les plateformes de musique en ligne sont impressionnants.

Sur le plateau de Bonsoir bonsoir!, l’artiste a interprété la pièce Burnout Fugue, tirée de son album Inscape.

Les pièces musicales d’Alexandra Stréliski ont enregistré 70 millions d’écoutes sur les plateformes de musique en ligne, et l’artiste a vendu 40 000 exemplaires de son album Inscape.

La musique que je fais, pour une raison que je ne comprends pas forcément, va chercher vraiment le cœur des gens. Donc, je reçois beaucoup de messages, puis je reçois plein de témoignages très touchants. - Alexandra Stréliski

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En concert, plus elle laisse transparaître sa vulnérabilité, plus les spectateurs sont sensibles à la leur.

Ça fait des concerts où il y a un peu quelque chose de l’ordre de la communion. On est tous ensemble, puis on est dans nos émotions puis dans nos rêves. Il y a quelque chose de beau, puis moi je trouve que de mettre un peu ma vie à ce profit-là, c’est la chose la plus sensée que je peux faire. - Alexandra Stréliski

Alexandra Stréliski, vecteur d'émotions

À savoir si l’inspiration vient surtout des moments difficiles, l’artiste ne peut pas dire le contraire.

Dans des moments où on vit des trucs, ça peut être l’amour aussi, […] on est inspiré. On est des éponges, les artistes, on est des éponges à vie. - Alexandra Stréliski

 

Un disque d’or pour Alexandra Stréliski

Journal Métro, 4 juillet 2019

La pianiste montréalaise Alexandra Stréliski a reçu jeudi son premier disque d’or en carrière, qui souligne les 40 000 copies vendues au Canada de son album Inscape.

Numéro un des ventes au Québec lors des deux premières semaines de sa sortie, Inscape a cumulé plus de 52 millions d’écoutes en continu sur le web, en plus d’être sacré album de l’année au Independent Music Awards et de faire partie de la longue liste des nominés au prestigieux prix Polaris.

La Montréalaise de 34 ans se produit ce soir à guichets fermés au Théâtre Maisonneuve dans le cadre du Festival international de jazz.

 

L'histoire d'une chanson avec Alexandra Stréliski

Philippe Papineau et Catherine Lalonde, Le Devoir, 4 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

Notre série «L'histoire d'une chanson» se poursuit avec Interlude, d'Alexandra Stréliski, une «toune transitoire» qui s'est construite en plusieurs mois.

Elle sera en spectacle, le jeudi 4 juillet, à 20 h, au Théâtre Maisonneuve, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.

 

ENTREVUE

Catherine Beauchamp, Le Québec maintenant, 98,5, 4 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

MENTION

Katerine Verebely, Le 15-18, ICI Radio-Canada Première, 4 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

ENTREVUE

Jean-Philippe Wauthier, Bonsoir Bonsoir, ICI Radio Canada, 3 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

Alexandra Stréliski, en quête d'émotion

Philippe Papineau, Le Devoir, 3 juillet 2019

Dix petits mois se sont écoulés depuis la sortie du deuxième disque d’Alexandra Stréliski, Inscape. Mais quelque chose s’est produit entre la pianiste et le public. Quelque chose comme le début d’une belle histoire d’amour, qui se matérialise aujourd’hui avec plus de 40 000 disques vendus — et de nombreux spectacles encore à l’horaire. C’est presque logique, l’émotion étant au coeur de l’approche de la musicienne.

« Ma démarche est claire, et c’est celle de faire la chose la plus authentique envers moi-même », explique Alexandra Stréliski, rencontrée en amont de son spectacle de jeudi dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal. « Et après je crois que c’est comme ça qu’on arrive à entrer en lien. C’est comme un couple. Si tu partages qui tu es à l’intérieur avec l’autre personne, cette personne va se sentir plus près de toi, et réciproquement. C’est uniquement là-dessus qu’est fondée ma démarche artistique : sur l’émotion. »

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Stréliski, une habituée de la composition de musique à l’image, livre sur Inscape une trame originale instrumentale, très évocatrice, d’inspiration classique, mais presque plus proche de la chanson pop sans paroles. La catégorie la plus fréquemment utilisée pour décrire son travail est celle de « néoclassique », ou ce que les Anglos appellent aussi « modern classical ».

« Perso, je m’en fous des classifications. Au palmarès de l’ADISQ, je suis dans la catégorie francophone ! s’amuse-t-elle. Je faisais une entrevue avec un gars de musique classique l’autre jour. Et il demandait : “Qu’est-ce vous diriez aux auditeurs de musique classique ?” J’ai répondu : “Je suis désolée !” En fait je suis numéro 1 des palmarès classiques au Canada depuis six mois. Et c’est sûr que tous les gens de l’industrie classique se disent : Who is this ? C’est sûr qu’il y a des gens que ça fait chier. Je leur dirais : écoutez avec votre coeur et pas nécessairement avec votre tête. »

Impressionniste

Alors qu’elle était au Conservatoire de musique de l’Université McGill, Alexandra Stréliski était pourtant une première de classe, destinée aux plus hautes sphères du genre. Sauf qu’elle était déjà certaine d’une chose : elle ne voulait pas devenir pianiste de concert.

La réalité l’aura d’une certaine façon rattrapée. « Je me suis fait la réflexion l’autre jour en montant sur scène à Londres. Je me suis dit : Fuck, je suis pianiste de concert ! lance-t-elle en riant de bon coeur. C’est juste que là, je joue ma propre musique, et c’est moi qui décide de l’habillage, de la scénographie, et ça me ressemble davantage. »

Son spectacle est donc loin de la performance classique, normée et figée. Son abondant travail de composition pour la publicité, le cinéma et la télévision — dont avec Jean-Marc Vallée (Sharp Objects) — a nourri sa réflexion. Elle veut d’ailleurs évoquer plus que diriger.

« On est restés impressionnistes, explique la pianiste. J’ai deux morceaux de tulles transparents sur lesquels je projette des illustrations de l’album. Et il y a un jeu d’éclairage, de mouvement, c’est un peu comme La science des rêves, de Michel Gondry. Ça fait juste soutenir la poésie. »

Concordance des choses

Inscape est donc un succès dans les ventes — à grande majorité québécoises, dit Stréliski — ainsi qu’en terme d’écoutes sur les plateformes de streaming, ce qui lui ouvre des portes à l’international.

Elle explique cet accueil vénérable par une « concordance d’événements ». Il existait déjà des fondations, coulées avec son premier disque Pianoscope (2010), qui a fait son petit bonhomme de chemin, notamment dans les oreilles de plusieurs journalistes. « Il y a eu la série [Sharp Objects], et après le fait que l’album parle aux gens. Et il y a Tout le monde en parle, ç’a beaucoup aidé ».

Moi, je change de ville, je change de pays, je change de salle, je change de piano, je change de public. Ma réalité, elle n’est jamais pareille. Il faut être easy going, prendre un truc à la fois. — Alexandra Stréliski

Zen, la pianiste surfe sur cette vague d’amour sans trop se poser de question, sans trop d’attentes. « Ça fait partie de mon état d’esprit. […] Moi je change de ville, je change de pays, je change de salle, je change de piano, je change de public. Ma réalité, elle n’est jamais pareille. Il faut être easy going, prendre un truc à la fois. »

Transmettre

Dans les derniers mois, Alexandra Stréliski a fait paraître non seulement les partitions de ses morceaux, mais aussi des tutoriels en ligne pour montrer comment elle joue ses morceaux. C’est pour elle une chose toute naturelle à faire pour son public.

« La première fois que j’ai vu des gens jouer ma musique sur YouTube, c’est ce que j’ai trouvé le plus tripant de tout ce que je fais. Je trouve ça écoeurant ! s’emballe-t-elle. En termes de transmission, ils peuvent se l’approprier, le vivre, au point de l’interpréter comme ils le veulent. C’est surtout magique. »

On revient donc à la notion de partage qui rapproche les gens. Stréliski ne s’avoue aucunement protectionniste quant à sa création, soulignant qu’il est de toute façon inévitable de voir apparaître en ligne des partitions de ses pièces.

« C’est très égocentrique de penser que ça t’appartient, en fait. Parce qu’on ne réinvente rien, on est des éponges à tout plein de styles qui ont existé et on retransmet ça. On y met notre voix, notre vie, notre humanité à nous, mais je trouve ça très prétentieux de dire : cette oeuvre est à moi, elle m’appartient, je suis le maître de cette création. » 

Une version précédente de ce texte, qui affirmait qu'Alexandra Stréliski avait composé la musique de la série Big Little Lies, a été corrigée.

Alexandra Stréliski : Au Festival international de jazz de Montréal, le 4 juillet au Théâtre Maisonneuve. Au Festif ! de Baie-Saint-Paul le 18 juillet.

 

PRESTATION

ICI Musique, 2 juillet 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

Prête pour l’international

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 2 juillet 2019

La musique d’Alexandra Stréliski n’a pas fini de voyager. Moins d’un an après avoir sorti le magnifique Inscape, la pianiste québécoise et son équipe travaillent pour développer les marchés du Japon et des États-Unis.

Alexandra Stréliski vit un véritable tourbillon depuis un an. Son deuxième album en carrière, Inscape – qui est sorti huit ans après Pianoscope –, a touché une corde très sensible auprès du public. Pratiquement tous ses concerts affichent complet, dont celui du Théâtre Maisonneuve jeudi soir, à l’occasion du Festival international de Jazz de Montréal.

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« Le Festival de Jazz est quand même symbolique pour moi, car le tout premier show que j’ai fait avec ma musique, c’était à ce festival, à la Cinquième salle [en 2013] », dit-elle. Au Théâtre Maisonneuve, Alexandra Stréliski présentera le même spectacle que celui de sa tournée, avec des projections et des jeux d’éclairage.

En tournée

Après cet arrêt dans la métropole, la pianiste reprendra la tournée. Alors que plusieurs dates sont prévues un peu partout au Québec, son calendrier compte aussi quelques arrêts en Europe.

« Je viens d’y aller au printemps pour faire la première partie de Cœur de pirate, dit-elle. Ça m’a pris quand même beaucoup de courage, car Béatrice est très populaire en France. Il y avait parfois des publics de 1000 personnes debout dans une salle un peu plus rock. Mais ça s’est super bien passé. J’ai eu une écoute de rêve pour une première partie. »

Il y a environ un mois, son album a aussi été lancé au Japon. « On a trouvé un partenaire là-bas et on est en train de travailler pour des concerts, dit-elle. Je crois que ce sera dans le courant de l’année prochaine. »

Percer aux États-Unis

Et les États-Unis, dans tout ça ? Sachant que Jean-Marc Vallée a utilisé la musique de la pianiste dans les séries américaines Big Little Lies et Sharp Objects, du réseau HBO, on aurait pu penser qu’Alexandra y était déjà allée donner des spectacles. Mais non, c’est plutôt en septembre qu’elle ira jouer pour la première fois au pays de l’Oncle Sam.

« On ira à New York et Los Angeles, dit-elle. Quand Sharp Objects est sorti, c’était dans les plans qu’on y aille. Mais il y avait déjà tellement de choses à gérer ici qu’il fallait choisir les combats (rires). Les États-Unis, c’est le genre de pays où tu t’installes tranquillement. C’est un énorme marché. Il faut y aller de manière graduelle. »

Jean-Marc Vallée lui a-t-il demandé d’autres musiques depuis ces deux séries ? « Il m’a appelée quand j’étais à Milan et j’ai dû dire non, indique-t-elle. Je me suis dit : “OK, je suis rendue là dans ma vie, dire non à Jean-Marc Vallée parce que je suis à Milan” (rires) ! »

Sinon, la pianiste a reçu quelques offres du Québec pour différents projets. Elle fera notamment la musique du court métrage d’Edith Jorisch, qui a réalisé ses vidéoclips. Le film devrait sortir en mai 2020 et on pourra y entendre Alexandra jouer en compagnie d’une chorale.

► Alexandra Stréliski sera en spectacle jeudi, au Théâtre Maisonneuve. Le concert affiche complet. Une supplémentaire aura lieu le 13 février 2020 dans la même salle. 

 

La force des femmes au Festivoix

Josée Bourassa, ICI Radio Canada Mauricie Centre-du-Québec, 30 juin 2019

CHRONIQUE | Voir Alexandra Stréliski en spectacle, c'est vivre une communion qui passe par le coeur et non par la raison. Sa musique fait appel à nos rêves et souvenirs enfouis, comme si on voyait les moments de notre vie défiler dans un vieux film Super 8.

Seule au piano, la compositrice néo-classique paraît onirique à travers les projections défilant sur et derrière elle, grâce à des rideaux de filets placés entre elle et les spectateurs ainsi qu'au fond de la scène. Très cinématographique, sa musique possède énormément de pouvoir évocateur. Ce n'est pas un hasard si le réalisateur Jean-Marc Vallée fait appel à son talent pour plusieurs de ses films, dont Dallas Buyers Club.

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Vivre un spectacle d'Alexandra Stréliski dépasse de loin le simple plaisir d'écouter l’album. Dans la salle, nous étions tous suspendus à ses notes. Jamais je n'avais entendu un tel silence dans une salle. Pas un papier qui craque, pas même un toussotement. De quoi faire verdir d'envie tout comédien de théâtre.

L'artiste a profondément remercié son public et lui a souhaité de pouvoir s'évader en pensées tout au long du spectacle. Par le simple pouvoir de ses notes, Alexandra Stréliski nous mène là où elle veut, à l'instant où elle le veut : nostalgie, sourire, larmes, rêverie, en l'espace de quelques mesures. Si jamais elle repasse dans le coin, allez la voir, sans hésitation.

Mara Tremblay, comme une chère amie

Après le spectacle de la pianiste, Mara Tremblay nous attendait à la scène des Voix acoustiques. Le Festivoix a décidément bien choisi les artistes de cette petite scène qui a trouvé sa niche et un public qui lui sera assurément fidèle, celui des jeunes fans de folk. Mara Tremblay n'avait pas de nouveau spectacle en route, mais lorsque le Festivoix l'a invitée, « je ne pouvais pas refuser », nous a-t-elle raconté.

De toute façon, elle peut jouer tout un groupe à elle seule. Elle s'accompagne à la guitare, joue du violon et même a capella, c'est toujours parfait. Mais le plus grand talent de Mara, c'est de nous procurer cette impression de retrouver une amie avec qui on partage bien des souvenirs et certains grands moments de notre vie. Douce lueur, quand tu nous prends au coeur.

Elisapie Isaac, la voix venue du Nord

La distance entre la scène des Voix acoustiques et celles des Voix libres a été bénéfique pour reprendre un peu mes esprits. Le parterre était plein, comme je l'ai rarement vu. Cette année, le Festivoix a trouvé le filon pour donner à cette scène son trait distinctif en lui offrant les artistes de la musique du monde. Contrairement aux soirs rythmés par la samba, la salsa ou les rythmes africains, c'est à la voix du Nord et des Premières Nations qu'on avait choisi d'offrir la scène : Elisapie Isaac.

Avec sa chanson Una, elle nous a raconté comment, chez son peuple, il était courant pour une mère de donner son enfant naissant à une proche ne pouvant en concevoir. À travers ses chansons, Elisapie nous dévoile à la fois les beautés et les épreuves de son peuple.

Elle porte de sa voix douce comme la caresse du vent, toutes ces histoires touchantes et émouvantes. Après Alexandra Stréliski et Mara Tremblay, l'artiste inuite a défait d'une seule pichenotte les dernières réserves qui me restaient avec sa sublime chanson Navvaatara. Tour à tour, à leur manière, ces trois femmes fortes ont démontré que c'est par la douceur que l'on peut susciter les plus puissantes émotions.

Un moment qu'on n'est pas près d'oublier.

 

5 saveurs locales à expérimenter au Festival International de Jazz de Montréal 2019

Alexandre Demers, Nightlife.ca, 27 juin 2019

C’est une 40e édition toute particulière qui s’apprête à se déployer du côté de l’incontournable Festival International de Jazz de Montréal.

Devenu une véritable institution de la vie culturelle de la métropole, l’évènement qui se déroulera du 26 juin au 6 juillet renchérit une fois de plus avec l’audace qu’on lui connaît, celui qui lui aura évidemment permis de transcender le jazz afin de présenter une vaste variété de genres musicaux, pour donner lieu à une programmation éclatée qui promet son lot de surprises.

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Pour ce nouveau tour de piste estival, le FIJM a voulu faire les choses en grand en mettant encore mieux en vitrines les artistes qui colorent ses plages horaires. Parmi les initiatives qui retiennent l’attention, on remarque ces installations et scènes qui seront érigées à Verdun et qui, pour une première fois, permettront aux festivaliers de profiter des spectacles dans un arrondissement à l’extérieur de la Place des Festival!

À travers le lot des nombreuses légendes internationales et autres showcases extraordinaires qui sont au menu, on a pris le temps de piger cinq saveurs locales à expérimenter pendant ces onze jours de célébrations, certaines extérieures et gratuites, d’autres spécialement mises en vitrine dans les diverses salles et installations du FIJM.

[...]

La douceur d'Alexandra Stréliski (le jeudi 4 juillet)

En demande un peu partout à travers le monde, la pianiste et compositrice néo-classique Alexandra Stréliski laisse une forte impression à chaque fois qu’elle se produit sur une scène. De passage dans sa ville d’origine pour un spectacle présenté au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, elle viendra (notamment) donner vie aux magnifiques et profondes pièces de son nouvel album, Inscape, paru l’année dernière.

Accompagnée par le violoncelliste montréalais Justin Wright qui assurera sa première partie, la compositrice met la table pour une soirée d’une grande beauté qui s’annonce forte en émotions. Ça se passe le 4 juillet dès 20h.

 

ENTREVUE

Joanie Gonthier, Sucré Salé, TVA, 27 juin 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

ENTREVUE

Valérie Roberts, Puisqu'il faut se lever, 98,5, 26 juin 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

PRESTATION ET ENTREVUE

Rebecca Makonnen, On dira ce qu'on voudra, ICI Radio-Canada Première, 20 juin 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

PRESTATION

ICI Musique, 18 juin 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

ENTREVUE

Pierre Brassard, Parasol et Gobelets, ICI Radio-Canada Première, 12 mai 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

ENTREVUE

Emmanuel Sayer, City Slang, CHUO 89.1 fm, 10 mai 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

CRITIQUE

Par ici l'info, ICI Radio Canada, 15 avril 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

Alexandra Stréliski : phénomène pianistique

Steve Bergeron, La Tribune, 14 avril 2019

CRITIQUE / On peut parler sans se tromper d’un phénomène. Une vague québécoise non négligeable dans ce courant qui renouvelle une partie de la musique instrumentale, comme le font aussi le pianiste Jean-Michel Blais ou le compositeur italien Ludovico Einaudi. On pourrait aussi parler d’une déferlante : la vague engendrée par l’album Inscape (paysage intérieur) d’Alexandra Stréliski a amené 1000 personnes au Théâtre Granada samedi soir.

Et on dit ici « instrumental » parce qu’on n’ose pas dire classique. Pourtant, il y a quelque chose de ça, lorsqu’on sait que Mozart et compagnie étaient les popstars de leur temps et que plusieurs d’entre eux se sont inspirés de musiques populaires. À une époque où l’univers de la musique classique se demande comment renouveler son public, voici que débarque une Alexandra Stréliski avec ses compositions qui, malgré leur simplicité, touchent une grande partie des auditeurs en plein cœur. Peut-être est-elle en train de montrer la voie…

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Salle comble donc pour cette nouvelle André Gagnon qui s’est fait connaître lorsque sa musique s’est retrouvée au cinéma et à la télévision, et qui peut maintenant la jouer en concert. La musicienne est loin de s’asseoir sur ses lauriers : non seulement renouvelle-t-elle le genre, mais son concert participe complètement de ce désir de réinvention, avec une séduisante utilisation des éclairages, des projections, d’éléments de décors, de bandes préenregistrées de sa voix et même de manipulations du son réalisées en direct.

Bref, faisant fi du discours des puristes qui estiment que la musique devrait suffire, Alexandra Stréliski offre une mise en scène ample sans être invasive, imagée sans donner toutes les clefs, inventive malgré une relative économie de moyens, organique en dépit du recours à la technologie. Mille bravos aussi au Cirque Leroux, qui signe ce parfait emballage.

DEUX TULLES VALENT MIEUX QU’UN

Ça commence par deux tulles : un sur le devant de la scène, l’autre au fond. Ces deux voiles serviront ponctuellement d’écran de projection. Entre les deux, le piano, plongé dans le noir. Personne ne verra la musicienne s’y installer. C’est la première note d’Ellipse qui indiquera sa présence, avant que sa silhouette se détache en ombre chinoise.

L’assistance verra d’ailleurs la pianiste se pencher plusieurs fois sur le clavier pour moduler le son de son destrier, notamment pour le prolonger dans un écho caverneux.

Deuxième pièce. Les zones d’ombres et de lumières s’inversent tel un négatif. Cette fois, Alexandra est directement dans le faisceau de l’unique projecteur, pendant que le tulle du devant reçoit toutes sortes de reflets chatoyants rappelant des aurores boréales. L’effet est d’une grande poésie.

Les deux rideaux deviendront ainsi l’écrin de nombreuses projections (paysages, titres, citations, vidéo rétro, même des méduses qui se changent en lune). Ils deviendront également un élément actif du spectacle, puisqu’ils seront remontés, repliés, voire largués au sol, l’effet le plus saisissant étant obtenu lorsqu’un paysage défilant se superposera sur le rebord enroulé, créant presque un effet de brume sur un lac.

Même si elle n’a pas la verve d’un Alain Lefèvre, Alexandra Stréliski dégage une aisance certaine lorsqu’elle s’adresse à la salle, précisant que ce spectacle est encore à ses débuts (ça ne donne pas du tout cette impression, le sentiment est plutôt celui d’une prestation bien rodée). Elle rassure aussi ses ouailles sur l’étiquette à observer, laquelle n’est pas la même qu’un concert classique.

« Vous pouvez faire du bruit avec vos verres. Vivez! » lance-t-elle, suscitant l’approbation de l’auditoire. « J’avoue quand même que c’est la première fois que j’ai des cris sur un lâcher de tulle », a-t-elle ajouté en riant.

PARTAGER LE PERSONNEL

La pianiste recevra plusieurs applaudissements nourris, notamment lors de l’emportée finale de sa Burnout fugue. Elle livrera, en 75 minutes bien tassées, une interprétation pratiquement sans faille, dans un touchant jeu de nuances, extrayant toute la charge d’émotions que comporte sa musique, prouvant que simplicité ne rime pas avec facilité, ni insipidité. Que non! Les longs silences introspectifs du public et ses hésitations à applaudir (par crainte de briser le moment) en disaient aussi long que ses ovations.

Alexandra Stréliski n’est pas non plus assujettie aux versions endisquées, se permettant de prolonger, d’accélérer, d’amplifier, de mixer quelques-uns de ses morceaux, gardant sa musique vivante.

Elle terminera toutefois le concert par les six dernières plages d’Inscape, dans l’ordre, reproduisant le périple intérieur (on sait qu’elle a traversé un épisode d’épuisement professionnel) qui l’a menée où elle est aujourd’hui, recevant, notamment par le succès qu’elle remporte, la confirmation que de « partager le personnel peut résonner à l’intérieur des autres, et que nous sommes beaucoup plus semblables qu’on le pense ».

Mille personnes viennent de lui redonner raison.

 

Alexandra Stréliski: de l’intime à l’universel

Geneviève Bouchard, La Tribune, 11 avril 2019

Alexandra Stréliski a enregistré plusieurs titres de son récent album «Inscape» dans la plus grande intimité, sur le piano Lodz qui la suit depuis ses six ans. Voilà que la pianiste s’apprête à aller jouer ses airs néo-classiques en Europe et aux États-Unis. Pas de doute, la Montréalaise multimillionnaire des plateformes de diffusion en continu a clairement un don pour cultiver le lien entre le personnel et l’universel.

De passage à Québec mercredi pour prendre part au lancement de programmation du Palais Montcalm, où elle se produira en mars, la musicienne énumère à notre demande les pays étrangers où elle s’est produite à ce jour. «Je suis allée en France et en Suisse. Là, je m’en vais en Allemagne, en Hollande, en Italie, à Los Angeles et je retourne en France», détaille celle qui a notamment pu entendre sa musique à la cérémonie des Oscars… Mais qui est loin de laisser le succès lui monter à la tête. 

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«Ce qui me flabbergaste [renverse, ndlr], c’est qu’en allant chercher le plus intime et le plus personnel à l’intérieur de moi, ça rejoint quelque chose qui est assez intéressant, observe-t-elle. Nous sommes plus semblables que nous le pensons. Dans mes shows, il y a des enfants, il y a des jeunes, il y a des gens de toutes les cultures. C’est beau à voir. Et moi, ça me donne espoir de voir qu’il y a des émotions qu’on a tous en commun.»

Musique à l’image

Même dans les épreuves, le parcours d’Alexandra Stréliski tient presque du conte de fées. «Je veux faire ça depuis que je suis toute petite, de la musique de film et des récitals de piano. Je vis vraiment la vie que j’avais imaginée», résume celle qui est née à Montréal d’une mère originaire de l’Abitibi et d’un père français. 

En terminant ses études, elle a œuvré dans la musique qu’elle dit «de commande» (publicité, cinéma, etc.) avant de proposer en 2010 Pianoscope, un premier album solo qui n’a pas tardé à faire sa marque et qui a récemment retrouvé le chemin du palmarès. Ses compositions ont notamment attiré l’attention du réalisateur Jean-Marc Vallée, qui les a incluses dans les films Dallas Buyers Club (de là sa présence musicale aux Oscars), Demolition et dans la bande-annonce de la série Big Little Lies. 

Renouveau

Quelques années plus tard, la pianiste travaille dans un studio de postproduction lorsqu’elle plaque tout, en épuisement professionnel. «Je n’étais plus au bon endroit, il fallait que je fasse autre chose, résume-t-elle. Pour moi, un burn-out, c’est quand tu travailles trop, mais c’est aussi quand tu n’es plus à ta place. J’avais l’impression de passer à côté de ma vie. C’est un signal d’alarme qui, au final, est un gros cadeau… Même si tu ne le sens pas comme ça sur le coup.»

La musicienne raconte avoir mis deux ans à remonter la pente. Deux années pendant lesquelles elle n’a presque pas touché à son piano. À la fin de son cheminement, elle a composé l’album Inscape, paru le mois dernier, qui la mènera à passer les prochains mois dans ses valises. 

«Je ne voulais pas que l’album soit trop sombre. J’avais envie de ce renouveau et c’est vraiment à ce moment-là que je l’ai enregistré. C’est vraiment un album qui parle d’une période transitoire», note celle qui dit toujours aimer faire de la musique à l’image. «Je n’ai pas envie d’arrêter», confirme-t-elle. Mais avec un agenda de pianiste soliste très bien garni merci, il faudra sans doute attendre pour les nouveaux projets...

TIERSEN, MANX ET LES AUTRES AU PALAIS MONTCALM

Outre la prestation d’Alexandra Stréliski attendue le 1er mars, le Palais Montcalm accueillera aussi dans les prochains mois le Français Yann Tiersen (31 mai), à qui l’on doit notamment la trame sonore du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Côté jazz, David Linx et le Brussels Jazz Orchestra revisiteront Brel le 7 février. Le bluesman Harry Manx s’offrira une nouvelle visite dans la capitale le 8 février et son confrère Colin James le suivra le 12 avril. Florence K, David Myles, Alex Cuba, Nick Petrowsky et Katie Moore rendront hommage à Harry Belafonte le 8 mars. Lauréats du Félix du meilleur spectacle anglophone au dernier gala de l’ADISQ, The Barr Brothers feront escale au Palais Montcalm le 20 février. Détails et programmation complète au www.palaismontcalm.ca.

 

CRITIQUE

Eugénie Lépine-Blondeau, Dessine-moi un dimanche, ICI Radio-Canada Première, 24 mars 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

ENTREVUE

Mélanye Boissonnault, Les matins d'ici, ICI Radio-Canada Première Ottawa, 20 mars 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

MENTION

Évelyne Charuest, Gravel le matin, ICI Radio-Canada Première, 7 mars 2019

https://ici.radio-canada.ca

 

Une tournée allongée pour Alexandra Stréliski

Agence QMI, Journal de Montréal, 6 mars 2019

La pianiste Alexandra Stréliski transforme en or tout ce qu’elle touche et fait sensation depuis la sortie de son deuxième album, «Inscape», l’automne dernier.  

La musicienne vient d’ajouter des dates à sa tournée du Québec, elle qui vient de se produire à guichets fermés et avec grand succès au Théâtre Outremont, à Montréal, et au Palais Montcalm, à Québec.  

Elle sera ainsi sur la route au moins jusqu’en février 2020, et sera notamment de passage au Festival international de jazz de Montréal, au Théâtre Maisonneuve, le 4 juillet.  

Des prestations d’Alexandra Stréliski sont aussi prévues hors de nos frontières, entre autres en France et en Suisse, où elle assurera les premières parties de tours de chant de Cœur de pirate. Elle doit en outre faire un saut au festival The Great Escape, en Angleterre, en mai, et au festival Iceland Airwaves, en Islande, en novembre prochain. Toutes les dates de ses concerts sont sur son site web (www.alexandrastreliski.com).  

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Construit comme une œuvre cinématographique, le spectacle d’Alexandra Stréliski met à contribution les talents de l’illustratrice Elisabeth Gravel, de la réalisatrice Edith Jorisch et des acrobates Gregory Arsenal et Philip Rosenberg, du Cirque Le Roux.  

De plus, l’artiste entretient sa relation virtuelle avec ses admirateurs. Après avoir mis en vente un livret de partition comprenant l’intégralité des pièces d’«Inscape» sur son magasin en ligne, Alexandra Stréliski propose aujourd’hui une vidéo tutoriel complémentaire pour le morceau «Plus tôt», qu’elle a elle-même conçu et qu’elle interprète également.  

Depuis la parution d’«Inscape», l’opus s’est glissé dans les palmarès de ventes de musique classique dans plus de 20 pays à travers le monde et cumulera bientôt 30 millions d’écoutes en continu. Le premier album d’Alexandra Stréliski, «Pianoscope», lancé en 2010, a pour sa part atteint 20 millions d’écoutes en continu. L’extrait «Plus tôt» joue présentement dans une campagne de publicité de Center Parcs UK, à travers l’Angleterre.  

Parmi les éloges reçus, celle qui a créé des musiques entendues dans les longs métrages «Dallas Buyers Club» et «Demolition», et les séries «Big Little Lies» et «Sharp Objects», de Jean-Marc Vallée, a été décrite par Billboard comme «l’une des plus importantes nouvelles vedettes du classique moderne».

 

MENTION

Catherine Richer, Le 15-18, ICI Radio-Canada Première, 6 mars 2019

https://ici.radio-canada.ca

 

Une tournée allongée pour Alexandra Stréliski

Agence QMI, TVA, 6 mars 2019

La pianiste Alexandra Stréliski transforme en or tout ce qu’elle touche et fait sensation depuis la sortie de son deuxième album, «Inscape», l’automne dernier.  

La musicienne vient d’ajouter des dates à sa tournée du Québec, elle qui vient de se produire à guichets fermés et avec grand succès au Théâtre Outremont, à Montréal, et au Palais Montcalm, à Québec.  

Elle sera ainsi sur la route au moins jusqu’en février 2020, et sera notamment de passage au Festival international de jazz de Montréal, au Théâtre Maisonneuve, le 4 juillet.  

Des prestations d’Alexandra Stréliski sont aussi prévues hors de nos frontières, entre autres en France et en Suisse, où elle assurera les premières parties de tours de chant de Cœur de pirate. Elle doit en outre faire un saut au festival The Great Escape, en Angleterre, en mai, et au festival Iceland Airwaves, en Islande, en novembre prochain. Toutes les dates de ses concerts sont sur son site web (www.alexandrastreliski.com).  

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Construit comme une œuvre cinématographique, le spectacle d’Alexandra Stréliski met à contribution les talents de l’illustratrice Elisabeth Gravel, de la réalisatrice Edith Jorisch et des acrobates Gregory Arsenal et Philip Rosenberg, du Cirque Le Roux.  

De plus, l’artiste entretient sa relation virtuelle avec ses admirateurs. Après avoir mis en vente un livret de partition comprenant l’intégralité des pièces d’«Inscape» sur son magasin en ligne, Alexandra Stréliski propose aujourd’hui une vidéo tutoriel complémentaire pour le morceau «Plus tôt», qu’elle a elle-même conçu et qu’elle interprète également.  

Depuis la parution d’«Inscape», l’opus s’est glissé dans les palmarès de ventes de musique classique dans plus de 20 pays à travers le monde et cumulera bientôt 30 millions d’écoutes en continu. Le premier album d’Alexandra Stréliski, «Pianoscope», lancé en 2010, a pour sa part atteint 20 millions d’écoutes en continu. L’extrait «Plus tôt» joue présentement dans une campagne de publicité de Center Parcs UK, à travers l’Angleterre.  

Parmi les éloges reçus, celle qui a créé des musiques entendues dans les longs métrages «Dallas Buyers Club» et «Demolition», et les séries «Big Little Lies» et «Sharp Objects», de Jean-Marc Vallée, a été décrite par Billboard comme «l’une des plus importantes nouvelles vedettes du classique moderne».

 

Inscape d’Alexandra Stréliski : Une musique pour voyager dans son propre imaginaire

Martine Laval, Le Nord, 5 mars 2019

Pianiste-compositrice d’origines française et canadienne ayant grandi entre Paris et Montréal, Alexandra Stréliski a fait ses débuts avec son disque Pianoscope (2010), mais a été révélée au grand public à travers les films Dallas Buyers Club (2013) et Démolition (2016) de Jean-Marc Vallée et plus récemment via la bande-annonce de l’acclamée série Big little Lies (HBO, 2017).

Le 19 mars au Théâtre Gilles-Vigneault, elle jouera la musique de son 2e album Inscape, des compositions qui font vibrer les émotions et emplissent l’esprit d’images… cinématographiques.

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Qu’est-ce qui vous a inspiré les compositions d’Inscape?

Pour moi, Inscape réunit les mots interior et landscape qu’on pourrait traduire en français par « paysage intérieur ». Dans une année où ma vie a chaviré – j’ai changé de travail, je me suis séparée, j’ai vécu une profonde dépression -, Inscape a été une crise existentielle durant laquelle j’ai eu à traverser divers paysages intérieurs, mouvementés, beaux et souffrants à la fois, confie la compositrice. En cherchant à combler un certain vide émotionnel, j’ai suivi une pulsion créatrice. J’ai improvisé sur mes états d’âme. Comparé à Pianoscope, Inscape est un album beaucoup plus personnel dans ma vie.

Pourquoi tant d’années entre Pianoscope (2010) et Inscape (2018)?

D’abord j’avais besoin d’être prête pour faire de la musique à temps plein. Puis ça m’a pris un certain temps pour monter sur scène, partager mes pièces personnelles, dévoiler ma vulnérabilité, donner accès à mon intimité. J’étais également occupée à gagner ma vie, je travaillais en publicité. J’attendais le bon moment pour le faire.

Pianoscope s’est donc composé en parallèle de ce que vous faisiez et ça a porté fruit?

Vous vivez de votre musique désormais?

Absolument! C’est un privilège de pouvoir vivre de son art et de faire ça à temps plein! J’en suis très reconnaissante et je suis confiante. C’est également valorisant de passer d’un mode de vie de salariée, et de se lancer à temps plein dans son art, sans filet de sécurité. Je me sens choyée par la vie et ça me confirme que j’ai pris la bonne décision.

Avez-vous un lien avec les Laurentides?

Absolument! Mes parents demeurent à Morin-Heights. On y a une maison depuis environ 17 ans. Je viens donc souvent dans les Laurentides.

Ses coups de cœur laurentiens

Elle avoue avoir un faible pour Sainte-Agathe qu’elle trouve très jolie chaque fois que qu’elle y passe du temps.

Elle aime faire du ski de fond dans le Corridor aérobique à Morin-Heights.

Elle aime le plein air et les Laurentides sont une belle région pour ça.

 

ENTREVUE

Anne-Josée Cameron, Téléjournal, ICI Radio-Canada Télé, 1er mars 2019

https://www.facebook.com

 

Alexandra Stréliski au Palais Montcalm: 75 minutes en apesanteur

Cédric Bélanger, Journal de Montréal, 1er mars 2019

Alexandra Stréliski a rempli le Palais Montcalm pour sa première visite à Québec.

Ce fut court mais sublime. Pendant soixante-quinze minutes qui ont passé en un éclair, Alexandra Stréliski a transporté ses admirateurs de Québec dans son univers rempli d’émotions lors d’un concert qui a fait autant de bien à nos oreilles qu’à notre âme.

Touchante sur disque, la pianiste, star de la vague néoclassique qui déferle ­présentement sur le Québec, l’est encore plus sur scène, a-t-on pu découvrir avec ravissement, vendredi soir, au Palais Montcalm. Touchante sur disque, la pianiste star de la vague néoclassique Alexandra Stréliski l’est encore plus sur scène.

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Signe de l’engouement que suscite celle que plusieurs ont découvert par le biais des projets cinéma et télé de Jean-Marc Vallée, c’était salle comble pour sa toute première visite dans la capitale. Ce le sera encore samedi soir et on chuchotait, dans les couloirs du Palais Montcalm, qu’on aurait pu aisément vendre un troisième soir.

Or, elle a beau se maintenir au sommet des palmarès depuis la parution de son album INSCAPE, il y a quelques mois, Alexandra Stréliski ne joue pas à la vedette.

À 20 h et des poussières, dans la pénombre, elle s’est installée discrètement à son piano posté derrière un large voile transparent, pendant que des spectateurs cherchaient encore leurs places au parterre. On soupçonne que bien des gens n’ont même pas remarqué son arrivée sur scène.

Les contrastes

Elle a entamé son récital tout en douceur, en puisant d’abord dans ses pièces les plus apaisantes. Mais dès Changing Winds, troisième morceau au programme, elle s’est permis un premier moment d’impétuosité, un élan jubilatoire qu’on aurait dit porteur de mille émotions refoulées.

Cet espace-temps dans lequel elle nous a fait flotter en était donc un de contrastes, constamment entre l’ombre et la lumière. Touchante sur disque, la pianiste star de la vague néoclassique Alexandra Stréliski l’est encore plus sur scène.

À l’espoir et la joie de vivre (New York) succédait le désespoir (Blind Vision). Les instants de grands tourments (intense Bourrasques) cohabitaient avec l’innocence juvénile (Par la fenêtre de Théo, accompagnée d’images montrant une Alexandra enfant découvrant le piano).

Elle ne voulait pas d’un récital « classique », d’où son invitation à applaudir, se moucher ou tousser quand bon nous semble. Pourtant, personne n’a osé émettre le moindre son pendant qu’elle s’exécutait, preuve du niveau d’adhésion déjà hors du commun pour son œuvre.

Émotions similaires

Au passage, elle a pris quelques instants pour nous expliquer la signification du titre de son album. INSCAPE serait un concept philosophique référant au point unique de chaque individu.

Et la pianiste d’expliquer qu’en cherchant son point différent, lorsqu’elle a sombré dans la dépression, « j’en ai trouvé un qui fait en sorte que je peux le partager avec 900 personnes qui vivent des émotions similaires ».

Si on juge par l’ovation sincère et les cris de joie qui ont fusé en fin de parcours, elle a vu juste. Les émotions de tous étaient au même diapason.

 

Agenda culturel

Martine Laval, Accès le journal des Pays d'En-Haut, 27 février 2019

MUSIQUE

Pianiste néo-classique et compositrice montréalaise, Alexandra Stréliski est connue pour sa pièce « Prélude » de son premier album « Pianoscope » qui a fait les honneurs du film de Jean-Marc Vallée « Dallas Buyers Club » (le 29). Auguste Quartet, c’est une musique significative du jazz moderne guidée par des complices à la recherche et à l’innovation musicale (le 31). 

 

32e édition de la Bourse RIDEAU | Prix Étoiles Stingray

Charles, The Stingray Blog, 25 février 2019

Depuis plus de 30 ans, la RIDEAU rend hommage aux créateurs, diffuseurs et artisans du spectacle lors de la Soirée des prix RIDEAU. Cette année, cette soirée avait lieu le 21 février au Capitole à Québec. Stingray Musique était présent afin de remettre le Prix Étoiles Stingray.

Animée sans failles par Émilie Perreault et Fred Savard, la cérémonie a remis au total 14 prix aux acteurs du milieu des arts s’étant démarqués par leur contribution inestimable à la culture.

Le Prix Étoiles Stingray, d’une valeur de 3000$, a été décerné à la pianiste Alexandra Stréliski. Ce prix récompense l’audace et la qualité du projet créatif d’un artiste émergent en musique ou chanson. Délectez-vous de son interprétation de la pièce Revient le jour, tirée de l’album Inscape lors de son passage à Stingray PausePlay.

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La soirée a débuté avec le magnifique prix Hommage décerné à la chorégraphe Hélène Blackburn. Des artistes tels qu’Alexandre Désilets, Marina Thibeault, et Maude Sabourin se sont réunis pour souligner sa contribution à la démocratisation, au développement et au rayonnement de la danse.

Pour sa part, Pierre Larivière, directeur de la Maison de la culture Maisonneuve, s’est vu récompensé du prix Reconnaissance. Élise Guilbault, Marie-Pierre Arthur, Yves P. Pelletier et le slameur poète Ivy sont venus lui rendre un bel hommage. De plus, une vibrante interprétation de la chanson Les soirs de scotch par Luce Dufault a ravi Mr. Larivière.

Voici d’autres Lauréats :

Prix du jury ROSEQ & Prix du jury des diffuseurs européens / SODEC / RIDEAU : Lou-Adriane Cassidy

Prix du jury RADARTS / RIDEAU : Roxane Bruneau

Prix du jury accès culture : David Marin

 

Alexandra Stréliski: 75 minutes sans entracte et quiétude pour emporter

Élise Jetté, Feu à volonté, 23 février 2019

Le vendredi, quand t’as ta semaine dans le corps et février dans l’âme, y’a pas grand-chose de plus excellent qu’un show assis d’une heure et quart pas d’entracte et pas de première partie.

Vous cherchez une cerise sur le sundae au chocolat? Je vous parle d’un show avec des places assignées et qui commence quasiment à l’heure. Pas vu ça depuis le show de Carmen Campagne – le ciel ait son âme – au Centre culturel de Sherbrooke en 1996.

J’arrive à 20h pile au Théâtre Outremont. Je jubile une bonne 20aine de secondes devant l’affiche.

Je profite des 10 minutes qui précèdent la prestation pour apprécier mon entourage. Derrière moi: trois collègues (pas les miens) discutent d’une certaine Sylvie qui s’en va à la retraite pis elle a laissé sa paperasse dans un état de cul. Ils sont trois à ne pas s’en remettre. Come on, Sylvie!

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À ma droite, un homme nerveux que je vous présenterai plus en détails plus tard. À ma gauche, une prof de cégep qui trouve que ses collègues enseignent comme des culs, pas de plans de cours. À ses côtés, une fille qui songe à larguer son imbécile de chum qui la traite comme un cul.

Une lumière bleue imbibe les deux grands voiles diaphanes qui se jètent sur la scène à partir du plafond devant et derrière le piano. Alexandra Stréliski s’élance.

Puis, des projections sur les voiles nous donnent l’impression de regarder un film sur cassette en 1989.

Sa voix nous propose un «espace temps», «des évènements qui sont sur le point de nous changer». Entre ses quatre murs, Stréliski joue comme une enfant qui s’est fabriqué une tente avec les coussins du salon pour ne pas être vue au complet. Faire son affaire à elle.

Pendant ce temps, l’homme nerveux du début, à mes côtés, joue du air piano comme s’il était un ventriloque à distance. Peut-être est-ce lui, Alexandra Stréliski, et que la jeune femme sur scène n’est au fond qu’un robot téléguidé.

Puis, quand elle prend la parole pour de vrai, elle nous souhaite la bienvenue à son «soir de première mondiale». Elle nous raconte cette période de sa vie qu’elle nomme Inscape. Puis elle nous dit qu’il y aura un peu de Pianoscope aussi dans la soirée «parce que pour regarder en avant il faut parfois regarder en arrière», dit-elle.

«Dans les spectacles de piano, les gens savent pas quand tousser, se moucher et vivre, dit Stréliski, amusante. Là c’est le bon moment», assure-t-elle avant de recommencer à jouer.

Tout le reste du spectacle nous sort de notre espace temps et nous plonge dans celui de l’artiste. On n’entend rien sauf le piano et les problèmes digestifs de son/sa voisin.e.

Stréliski entre en profondeur dans la thématique d’Inscape, expliquant qu’il s’agit d’un concept anglais selon lequel nous avons un point unique en chacun de nous. «En cherchant le point unique, j’ai trouvé le point où je suis le plus en lien avec les autres humains», évoque-t-elle.

«On a tous un Inscape. Aujourd’hui vous faites juste une petit détour dans le mien», ajoute-t-elle, bellement.

Et alors qu’elle recommence, j’entends l’homme à mes côtés, tout en poursuivant son pianotage dans les airs, qui commente la performance tout bas, comme Alain Goldberg aux Olympiques. «Magniiifiqueeee», lance-t-il doucement dans un souffle. «La grâce», dit-il tout bas alors que je l’imagine en train de décrire un triple boucle piqué.

«C’est mon quinzième show à vie», conclut la pianiste qui maîtrise pourtant tout.

Elle remercie chaleureusement les metteurs en scène Greg et Phil qui sont venus de France pour la soirée. Gaspard aux éclairages et aux projections, puis Régina la régisseuse (no joke).

En rappel, elle subit un petit accrochage. «On va recommencer! C’est une berceuse fait que je m’endors chaque fois que je la joue», s’amuse-t-elle.

Avant de quitter la salle, une amie me présente le papa d’Alexandra. C’est le ventriloque, Alain Goldberg, l’homme qui joue du air piano. Quelle chance d’avoir été témoin de ses émois.

Tout le monde a quitté la salle les yeux un peu mouillés. Plus personne ne pensait aux humains de marde dont ils parlaient avant le show. Et la meilleure nouvelle: c’est avec cette paix d’esprit, cette quiétude et ce détour dans le Inscape de quelqu’un d’autre que toutes ces belles personnes se sont couchées avant 22h. Merci Alexandra.

 

Audio : tout le romantisme d'Alexandra Stréliski à Tellement Courteau

Alexandre Courteau, Tellement Courteau, ICI Musique, 21 février 2019

https://www.icimusique.ca

 

Les notes sensibles d’Alexandra Stréliski

Nicolas Houle, Palais Montcalm, 21 février 2019

Alexandra Stréliski fait une sorte de rêve éveillé. Depuis son plus jeune âge, elle a en effet toujours voulu gagner sa vie en partageant ses compositions sur l’instrument qu’elle affectionne, le piano. Après s’être égarée sur des routes musicales qui ne lui convenaient guère, elle se consacre désormais à ce qu’elle aime le plus et ça lui réussit. Inscape, son nouvel album, a atteint non seulement des sommets dans les palmarès et les plateformes d’écoute en ligne, mais il fait courir les foules qui veulent la voir à l’œuvre, notamment au Palais Montcalm, où elle se produira les 1er et 2 mars prochains.

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On connaissait Alexandra Stréliski pour son premier enregistrement solo, Pianoscope, de même que pour ses pièces qui se sont retrouvées dans les films ou séries du réalisateur Jean-Marc Vallée et même à la soirée des Oscars de 2014. C’est cependant avec Inscape, paru cet automne, que la pianiste montréalaise a pris son plein envol. Si elle est la première à être surprise de l’ampleur du succès qui entoure la sortie de son deuxième album, elle comprend qu’en ayant choisi de se consacrer entièrement à ses propres créations, elle a emprunté la bonne voie, comme elle me l’a indiqué dans l’entrevue qui suit.

Nicolas Houle : Vous êtes au début d’une importante tournée québécoise. Comment l’abordez-vous, sachant qu’il y a beaucoup de gens qui vous attendent?

Alexandra Stréliski : C’est cool, parce que j’ai pu tester quelques formules de show jusque-là, mais c’est sûr que là c’est vraiment le début et les salles sont pleines… et grosses! J’ai hâte de voir, c’est tout un trip! J’imagine que je vais m’habituer petit à petit à faire ça, mais à date, ça se passe super bien…

NH : En plus de la musique, il y aura des projections sur scène, n’est-ce pas?

AS : Oui, j’avais envie d’avoir un spectacle visuel. On me dit souvent que ma musique évoque des images, alors j’avais envie d’amener ça un peu sur le stage, de proposer quelque chose un peu différent d’une formule récital de piano. J’avais envie de sortir du carcan classique le plus possible et je suis super contente de ce qu’on a fait.

NH : Il y a eu un grand succès qui est venu avec l’album Inscape, qui s’est retrouvé en tête des palmarès de vente et qui a atteint des millions d’écoutes dans Spotify. Ça vient forcément confirmer votre choix de vous consacrer entièrement à votre propre musique, après des années où vous faisiez de la musique de commande, non?

AS : Il n’y a pas de doute dans ma tête que j’ai pris le bon chemin. Les gens sont là et j’en suis ravie, mais je ne pouvais pas m’attendre à ça. Je ne peux pas l’expliquer non plus. J’ai juste vu que mon album a parlé à plein de gens dans un espace-temps assez rapproché. Ça faisait huit ans que je n’avais rien sorti, donc c’était le calme plat, mais c’est comme si tout s’est vraiment bien enligné. Il y a eu aussi la série [Sharp Objects] de Jean-Marc [Vallée] qui est arrivée au meilleur moment possible durant la sortie de l’album et après, c’est la réaction des gens qui est super favorable. Il y a plein de gens qui achètent des disques en plus, ce qui est vraiment cool!

NH : Parlant de Jean-Marc Vallée, est-ce qu’il est venu jouer un rôle aussi pour vous encourager à vous consacrer prioritairement à votre musique, surtout que c’est un réalisateur chez qui les bandes sonores sont très importantes?

AS : C’est sûr que, quand en 2014 ma musique a joué aux Oscars, j’ai fait comme « ok, peut-être que je pourrais faire quelque chose avec ça »… Mais oui ça m’a encouragée de voir que ça pouvait inspirer des réalisateurs, que ça pouvait inspirer des gens. Jean-Marc Vallée est un artiste que j’admire beaucoup dans sa création, alors ç’a mis un sceau de validation sur ce que je faisais. Sinon, j’ai aujourd’hui une grosse équipe derrière moi et le succès que connaît Inscape en ce moment ne provient pas juste de Jean-Marc. On m’associe beaucoup à lui, mais ça m’a surtout donné un « go », c’était comme un signe assez fort, quand j’étais en studio, que je pouvais me lancer dans ça à temps plein.

NH : Votre musique s’inscrit pleinement dans la mouvance néo-classique qui rejoint un vaste public. Est-ce qu’il y avait un besoin, collectivement, de retourner à une musique acoustique et instrumentale qui n’a pas la rigidité qu’on tend à associer à la musique classique?

AS : Je pense que oui, il y avait des émotions dormantes, un peu, que la musique classique pouvait peut-être aller réveiller, mais le cadre étant devenu ce qu’il est et le répertoire aussi, qui est quand même assez vieux – et il y a quelque chose cérébral aussi dans la musique classique – je pense que c’est quelque chose qui n’est pas forcément accessible à tous. Mais je pense que l’utilité de la musique classique dans la vie est encore là, à tous âges et origines culturelles. Je pense que ça nous fait du bien de se rencontrer dans un événement qui est différent, aussi. Ce que je fais est tellement dépouillé, tellement minimaliste que ça nous fait aller un peu dans notre propre intériorité comme spectateur. C’est mon hypothèse, mais même si je suis là-dedans, je ne suis pas mieux placée que n’importe qui pour comprendre le phénomène…

 NH : Vous êtes arrivée comment à ce type de musique? Comme vous avez une formation classique et que vous avez déjà fait de la musique en répondant à des commandes, vous auriez pu décider d’aller dans une autre direction…

AS : C’est la chose la plus naturelle que je pouvais faire. Je m’exprime littéralement comme ça, en jouant du piano comme vous l’entendez. C’est comme une extension de moi-même. Après, le fait qu’il y ait un courant néo-classique et que ça pogne dans le monde, c’est un heureux hasard dans la vie. Je ne pourrais pas être plus directement liée à mon mode de communication. Le piano, c’est ma vie, c’est comme ça que je m’exprime depuis que j’ai six ans. C’est ce qu’il y a de plus naturel pour moi.

NH : Justement, quelle sorte de relation avez-vous développée avez l’instrument : s’agit-il de rendez-vous quotidiens à certaines heures, de sessions intenses selon les émotions que vous vivez ou de quelque chose de différent?

AS : Je ne suis pas très assidue, je ne suis pas quelqu’un qui répète, qui essaie de lire telle partition. Mon rapport à la musique est plus intuitif. C’est comme si j’en avais besoin. Et si je ne joue pas quand j’en ai besoin, je deviens désagréable! Il y a quelque chose qui ne va pas… C’est comme si je n’avais pas les outils pour exprimer ces émotions-là. Donc à un moment donné, je me mets à en avoir besoin. Je fais une espèce de jeu où je ne le touche pas et lorsque j’en ai besoin, il y a de la créativité qui sort, il y a de l’énergie… C’est un peu drôle à dire, mais je le retiens et je le relâche, c’est une extension de mon expression. Je n’ai pas un rapport technique à mon instrument du tout.

NH : C’est le même instrument qui vous suit depuis l’enfance, un piano droit, c’est bien ça?

AS : Oui, en fait c’est l’instrument sur lequel j’ai appris à jouer.

NH : C’est particulier, car c’est aussi l’instrument qu’on entend sur votre album. Mais quand vous partez en tournée, vous devez commettre des « infidélités » en jouant sur d’autres pianos, Comment vivez-vous avec ça?

AS : C‘est toujours le défi quand tu arrives dans une nouvelle salle : le piano. Mais en même temps, il y a quelque chose de « le fun » là-dedans, où tu exploites autre chose. Tu as accès à un autre registre sonore. Tu retrouves quand même souvent les mêmes pianos sur la route… Mais je n’ai pas l’impression de tromper mon piano sur la route deux secondes! Je serais excessivement contente de pouvoir voyager avec mon piano et de faire quelques tounes sur mon piano, car il n’y a rien de plus direct : je les ai composées sur ce piano-là. Parfois, c’est un défi [de jouer sur un autre instrument] parce que le piano n’est pas selon tes habitudes, mais c’est aussi « le fun » car ça crée autre chose. C’est le défi des pianistes. Il y en a plein qui ont du succès et qui voyagent avec leur piano, mais j’en suis pas là!

NH : Vous avez déjà dit que la vie que vous vivez présentement est celle dont vous avez rêvée. Mais vous êtes passée près de ne pas la vivre, occupée à répondre à diverses commandes musicales. Quand le déclic a-t-il eu lieu?

AS : Durant la période où je n’étais pas en train de faire ça, je le savais que ça me dérangeait. Je voulais faire un deuxième album. Je ne savais pas à quel point je voulais me consacrer à temps plein là-dedans. Je pensais faire une carrière variée, un peu de musique de commande, un peu de spectacles, un peu d’albums. C’est encore ce que j’ai envie de faire mais tu ne peux pas te consacrer à quatre choses en même temps dans la vie si tu veux y aller à fond. Je n’ai pas eu un moment de déclic particulier, mais c’est sûr que quand j’ai fait un burn-out, là c’était clair qu’il fallait que je change quelque chose. Quand tu chutes comme ça, je pense que tu dois te remettre en question. Si tu ne le fais pas, tu risques de te retaper le même mur, alors je me suis remise en question. Mais c’était clair, clair, clair que c’était ça la voie et que je n’étais pas dessus.

NH : Même si l’album est intime et qu’il y a un titre qui fait référence à cette période plus sombre, le contenu n’est pas sombre, ni hermétique. C’était un souci?

AS : Absolument. Je ne l’ai pas interprété dans le creux de ma dépression. Je crois qu’il aurait été beaucoup plus sombre, même avec les mêmes tounes. Je l’ai joué dans un moment où j’étais sortie de là, où je retrouvais de l’énergie et de la lumière. C’est un album de transition, mais je l’ai fait juste après, parce que je voulais que ce soit un souffle. On peut dire que ma musique est émotive, mais je ne veux pas que ce soit lourd, à part momentanément pour être dans l’émotion. Mais c’était important pour moi qu’il soit lumineux, même s’il a été composé dans une tourmente de vie assez grande.

NH : Vous êtes une amie de Chilly Gonzales. Avez-vous développé une complicité musicale particulière

AS : Non, pas du tout. Chilly m’a juste écrit un jour sur Twitter pour me dire que Pianoscope est un bel album, qu’il trouvait magnifique et qu’on devrait se rencontrer. Donc on s’est rencontré, mais on n’a pas une relation quotidienne. J’ai vécu chez lui un peu. Il habite en Allemagne et j’ai loué sa maison dans le creux de mon changement de vie, puis on avait un rapport un peu comme ça, en fait… Artistiquement, quand t’es un peu proche, c’est mieux de te garder un peu loin, parce que c’est facile d’être influencé par le travail des autres. Alors moi je n’écoute pas de musique néo-classique, j’essaie de me garder dans ma bulle, de ne pas me laisser influencer par les autres, mais Chilly, je m’entends bien avec, il est vraiment gentil.

NH : Votre sœur, l’humoriste Léa Stréliski, est également dans le milieu artistique. Elle vous a d’ailleurs rendu hommage dans une de ses chroniques. Êtes-vous chacune dans vos bulles artistiques respectives ou est-ce qu’il y a des interactions?

AS : On est beaucoup dans notre sphère, c’est sûr, mais on est beaucoup plus semblables qu’on le pense. Techniquement, elle, elle fait rire et moi je fais pleurer! Sauf qu’elle, elle fait rire en passant des messages deep et moi je fais pleurer [avec ma musique] mais je fais des jokes sur scène! On est très proches en termes de créativité et on échange beaucoup là-dessus, sur le processus créatif. Léa est dans une phase où elle est en train de construire son projet, de monter sur scène et moi aussi, en quelque part. J’ai une belle relation avec ma sœur, on est comme complètement différentes et complètement pareilles en même temps!

 

ENTREVUE

Jean-Philippe Wauthier, Olivier Niquet et Jean-Sébastien Girard, La soirée est encore jeune, ICI Radio-Canada Première, 2 février 2019

http://ici.radio-canada.ca

 

ENTREVUE

Entrée principale, ICI Radio Canada Télé, 31 janvier 2019

RENCONTRE AVEC LA PIANISTE ALEXANDRA STRÉLISKI

L’artiste montréalaise néo-classique a beaucoup fait parler d'elle dans les derniers mois grâce à la sortie de son deuxième album, Inscape.

Alexandra Stréliski nous interprète la pièce Revient le jour, tirée de cet album.

 

Pointe d'humour - La musique de ma soeur

Léa Stréliski, La Presse +, 19 janvier 2019

J’ai une sœur musicienne. Pianiste, pour tout vous dire. Ceci pourrait avoir l’air d’un coup de pub. D’une envie de faire de moi une Péladeau, de me mettre à vouloir gérer un empire familial qui rivaliserait avec celui des Rozon ; mais sans le monsieur. Tsé, le monsieur du bonhomme vert, dont on ne dira pas le nom ?

Mais ma sœur, Alexandra Stréliski, se passe ces temps-ci de présentation, et si vous allez voir son Spotify ou sa vente d’albums au Canada, vous allez vite comprendre qu’elle n’a pas besoin de sa grande sœur pour faire parler d’elle. J’en souris. Parfois, quand on me la mentionne, les gens s’en excusent. Comme si l’on était les deux belles-sœurs pimbêches de Cendrillon et que j’allais lui tirer son collier pour que les perles se répandent au sol et amusent notre chat imbécile. Mais d’abord, si vous pensez que ma sœur porte des colliers de perles, c’est mal la connaître. Et ensuite, rien au monde ne me réjouit plus que son succès.

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C’est particulier, grandir avec un membre de sa famille qui est musicien parce que, obligatoirement, sa musique devient la trame sonore de notre vie. Ça tombe bien, c’est la plus grande force de ma sœur. Sa musique est une trame sonore. Son grand talent, c’est qu’elle devient la trame sonore de la mienne, mais si vous l’écoutez, elle sera celle de la vôtre.

Elle vous accompagnera. Elle sera là pendant que vous joggerez sous la lumière froide de l’hiver, ou songerez dans la boucane des pots d’échappement du trafic. Elle sera là pendant que vous accoucherez, elle sera là pendant que vous endormirez le petit, elle sera même là pendant que vous vous envolerez dans l’espace… (Ben, si vous êtes David Saint-Jacques.)

Sa musique vous suivra. Et racontera votre histoire. Elle viendra vous chercher au creux de votre être comme si elle vous connaissait et vous rejoindra dans l’intime, l’unique… Ce qui, en ce bas monde, est un répit recherché.

On ne doit pas envier le succès des autres et ma sœur en est le plus bel exemple parce que je sais par où elle est passée pour réussir à vous pondre de telles musiques. Je connais les détours de son être et je sais le travail et la ténacité que ça aura pris. Je sais comment l’art peut nous avaler, je connais ses précipices. Pour qu’un artiste éclose, il faut une dose d’équilibre qui frise la folie.

Tous ceux qui font fleurir leurs jardins y ont mis le temps et la patience, et il n’y a rien de glamour ou d’instagrammable à défricher. Si en 2019, votre saison est aussi au défrichage, alors je vous souhaite de longs et profonds sillons. Vous fleurirez plus tard et si vous voulez de la musique pendant que vous poussez à la roue : Alexandra Stréliski sur Spotify, Apple Music ou Google Play. Un nécessaire rappel que la douceur est une force.

 

La bande des huit 2019

Paroles et Musique, SOCAN, 3 janvier 2019

ALEXANDRA STRÉLISKI

Alexandra Stréliski cumule un million d’auditeurs par mois sur Spotify et plus de 30 millions de diffusions en continu, toutes plateformes confondues. Le réalisateur Jean-Marc Vallée a utilisé sa musique dans ses quatre dernières productions, de Dallas Buyers Club à Sharp Objects. Elle vient tout juste d’entreprendre sa carrière d’artiste de scène et elle a signé une entente avec Secret City Records, un label synonyme de musique de grande qualité prête à l’exportation. Billboard a dit d’elle qu’elle est « une des plus importantes nouvelles étoiles de la musique classique moderne. »

 

Melody, Yannick, Alexandra et George pour la nouvelle année

Christophe Rodriguez, Journal de Montréal, 30 décembre 2018

Alexandra Stréliski

Du jazz, du néo-classique, allez savoir ! Toujours est-il que cette jeune pianiste a du potentiel. Entre le rêve et le minimalisme, nous irons entendre. 4 juillet, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.

 

25 chansons Québ qui ont marqué 2018

Élise Jetté, Journal de Montréal, 27 décembre 2018

 7 - Alexandra Streliski – Plus tôt 

Impossible de passer sous silence cet album qui meuble si joliment les silences de la vie. Le talent de la pianiste pour agrémenter les histoires (les films) lui sert habilement ici alors qu’elle installe des ambiances et raconte des choses sans dire un mot. Plus tôt s’est insérée dans la nouvelle série Sharp Objects de Jean-Marc Vallée. Notre personnage secondaire préféré.    

 

Les moments culturels marquants de 2018 - La revue culturelle 2018

André Robitaille, Radio Canada, 27 décembre 2018

En 2018, la vie culturelle a été bouillonnante, pour toutes les générations, partout au pays, que ce soit en théâtre, en littérature, en musique, en cinéma ou en arts visuels.

Pour la troisième année, La revue culturelle animée par André Robitaille témoigne de l'effervescence culturelle partout au pays.

La revue culturelle 2018

Cette année, Gilles Vigneault a célébré son 90e anniversaire en lançant un nouvel album et un recueil de poésie, Kim Thúy a été finaliste au prix Nobel alternatif de littérature, les spectacles de Robert Lepage SLĀV et Kanata ont suscité un vif débat sur l’appropriation culturelle et Loud a remporté le Félix de l’album hip-hop de l’année.

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Lors de l'émission, des discussions mettront l'accent sur les artistes et artisans qui ont marqué les 12 derniers mois. André Robitaille rencontrera des femmes qui ont su faire revivre des artistes qui ont marqué notre passé : Marie-Thérèse Fortin (Gabrielle Roy), Debbie Lynch-White (La Bolduc) et Ines Talbi (Pauline Julien).

L'effervescence culturelle jaillit partout au Canada. André Robitaille parlera aussi de l’importance de créer des œuvres qui résonnent à l’extérieur des grands centres avec l’auteur acadien Gabriel Robichaud, l’humoriste et conteur Boucar Diouf, la chanteuse country Guylaine Tanguay et le comédien Guillaume Cyr.

De petits nouveaux se sont également fait entendre. L’animateur s’entretiendra avec des artistes qui ont connu une première expérience convaincante : Mehdi Bousaidan, pour son premier spectacle solo en rodage; Sophie Dupuis, pour son premier long métrage Chien de garde, qui représentait le Canada dans la course à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère; Charlotte Aubin, pour son premier recueil de poésie, Paquet de trouble; Vanesa Garcia-Ribala Montoya, pour sa nomination en tant que première danseuse des Grands Ballets canadiens, et Tristan Azar, pour son rôle dans le spectacle musical Les choristes.

L'animateur se demandera comment signer une direction artistique qui parle au plus grand nombre dans le respect de toutes les cultures avec les nouveaux codirecteurs de la Compagnie Jean Duceppe David Laurin et Jean-Simon Traversy, la conservatrice de l’art moderne du Musée national des beaux-arts du Québec Anne-Marie Bouchard, le responsable de la programmation de Fierté Montréal Jean-François Guevremont (Rita Baga) et le directeur sortant du théâtre La Licorne Denis Bernard.

Aussi, deux pianistes qui brillent ici et ailleurs en cumulant des millions d’écoutes sur le web seront en vedette : Alexandra Stréliski et Jean-Michel Blais.

https://ici.tou.tv

 

MENTION

Magalie Lépine-Blondeau et Eugénie Lépine-Blondeau, Tricotées serrées, ICI Radio-Canada Première, 25 décembre 2019

https://ici.radio-canada.ca

 

Voici nos 15 albums québécois de 2018

CÉDRIC BÉLANGER, RAPHAËL GENDRON-MARTIN, SANDRA GODIN, BRUNO LAPOINTE et YVES LECLERC, Journal de Québec, 27 décembre 2018

La pop déjantée d’Hubert Lenoir, le néoclassique d’Alexandra Stréliski et Jean-Michel Blais, le rock de Fuudge et Galaxie. L’année 2018 s’est avérée riche et variée. Voici, sans ordre précis, les 15 albums qui ont le plus fait vibrer nos journalistes au cours des 12 derniers mois.  

Super Lynx Deluxe - Galaxie  

Les amateurs de rock dansant, d’arrangements costauds et de riffs saturés ne sont jamais déçus avec Galaxie. Leur cinquième album, Super Lynx Deluxe, a complètement rempli les attentes du haut standard de qualité auquel le groupe nous a habitués. (SG)  

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Celle que je suis - Geneviève Leclerc  

Que ce soit avec ses propres titres, ou ceux empruntés aux répertoires de Dalida, Johnny Hallyday ou encore Mario Pelchat, Geneviève Leclerc s’impose autant par sa voix que par son talent d’interprète. La pièce de résistance? Sa reprise de I (Who Have Nothing) qui n’a absolument rien à envier aux versions de Shirley Bassey ou encore Ben E. King. (BL) 

Working Class Woman - Marie Davidson  

Quatre étoiles dans le Guardian, tout autant sur Pichfork. Peu d’albums québécois ont eu autant de résonance internationale que ce Working Class Woman. Névrotique, ingénieux et même drôle, le quatrième album de Marie Davidson confirme que son ascension dans les hautes sphères de la musique électronique ne fait encore que commencer. (CB)  

Zay - FouKi  

Dans la foulée de Loud et Koriass, arrive à haute vitesse FouKi, prochain gros nom de la scène rap locale. Sur son premier album Zay, le jeune Montréalais chronique son quotidien avec style et une maîtrise étonnante de la phonétique, le tout appuyé par le travail impeccable à la production de son partenaire QuietMike. (CB)  

Les Matricides - Fuudge   

La formation montréalaise marque un bon coup avec un solide mélange de psychédélisme et de «stoner rock» qui rentre au poste. Un début intéressant et qui va à l’encontre de ce qu’on entend au Québec. (YL)  

Les choses extérieures - Salomé Leclerc  

La voix singulière et la démarche artistique méticuleuse de Salomé Leclerc, remarquées sur ses deux premiers albums traversés de maints flashs de brillance, trouvent sur ce troisième effort un somptueux aboutissement. Seule maître à bord cette fois, Leclerc enchante en refusant la facilité. Du pop-rock d’une rare finesse. (CB)  

Dans ma main - Jean-Michel Blais  

Après avoir vu son premier disque, Il, être unanimement accueilli, Jean-Michel Blais a brillamment poursuivi sur sa lancée avec un deuxième album tout aussi excellent. Très créatif, le pianiste y a incorporé davantage de sonorités électroniques, pour un résultat très réussi. Tout comme Stréliski, Blais continuera de connaître du succès à l’étranger. (RGM)  

Darlène - Hubert Lenoir  

Ceux, peu nombreux, qui connaissaient son groupe The Seasons, savaient. Pour les autres, la majorité, Darlène a été autant le choc que la révélation. Quelque part à Québec s’activait en secret un créateur de musique pop de génie prêt à transgresser les normes tout en offrant une œuvre d’une grande accessibilité. Chapeau! (CB) 

En cas de tempête, ce jardin sera fermé - Coeur de pirate  

Rupture, coming out, épuisement... Il s’en est passé des choses dans la vie de Coeur de pirate depuis la sortie de Roses, en 2015. Et c’est avec son album En cas de tempête, ce jardin sera fermé que la chanteuse s’affranchit de son passé parfois trouble. Plus mature, plus abouti et plus intime, ce quatrième opus en carrière frise la perfection et tourne encore en boucle dans nos écouteurs, et ce, plus de six mois après sa sortie. (BL)  

Inscape - Alexandra Stréliski  

L’année 2018 restera à jamais gravée dans la mémoire de la pianiste québécoise. Grâce notamment à l’apport de Jean-Marc Vallée, qui a placé ses musiques dans plusieurs de ses projets, Stréliski a été révélée à l’étranger. Une consécration pleinement méritée pour celle dont on a écouté en boucle le magnifique Inscape. (RGM)  

Retour à Walden - Richard Séguin  

Des chansons magnifiquement tricotées avec des citations du philosophe américain Henry David Thoreau, sur une trame musicale qui n’est rien de moins que magistrale. Un chef-d’œuvre auquel ont notamment participé Jorane, Élage Diouf et Normand d’Amour. (SG)  

Premier juin - Lydia Képinski  

«J’ai l’impression que les gens ont encore envie de consommer de la culture avec de la viande», a dit Lydia Képinski. Sur son premier album, la jeune auteure-compositrice-interprète honore ses paroles. Son Premier juin est un copieux repas de rock, pop, new wave assaisonné d’une verve qui laisse présager de grandes choses. (CB) 

Nos idéaux - Dumas  

Sans doute l’un des albums québécois les plus sous-estimés de l’année. Avec Nos idéaux, Dumas a livré son meilleur disque en carrière depuis l’acclamé Le cours des jours. À la fois dynamique, planant et touchant, ce disque possède tous les ingrédients pour ramener les fans de première heure de l’artiste. (RGM)

La nuit est une panthère - Les Louanges  

Finaliste aux Francouvertes 2017, Vincent Roberge, alias Les Louanges, a lancé un surprenant premier album très mature et qui se retrouve dans plusieurs palmarès de fin d’année. Difficile à catégoriser, son effort musical flirte parfois avec le R&B, mais aussi l’électro. Un disque qui laisse présager une très belle carrière pour le jeune auteur-compositeur. (RGM)

Quiet River of Dust (Volume 1) - Richard Reed Parry  

Le multi-instrumentiste d’Arcade Fire propose un surprenant voyage musical très éloigné des sonorités festives du collectif montréalais. Un album complexe, riche et recherché. De la très grande musique. (YL)

 

TOP 2018 ANGLO/INSTRU positions 10 à 1

Feu à volonté, 21 décembre 2018

6 - Alexandra Streliski – Inscape

Impossible de passer sous silence cet album qui meuble si joliment les silences de la vie. Le talent de la pianiste pour agrémenter les histoires (les films) lui sert habilement ici alors qu’elle installe des ambiances et raconte des choses sans dire un mot. Un album prenant qui accompagne toutes choses. (ÉLISE JETTÉ)

 

Coups de coeur musicaux à partager

Radio Canada, 20 décembre 2018

Avec le jour N(oël) dans une mire de plus en plus rapprochée, un disque demeure un cadeau potentiellement emballant à glisser sous le sapin. Mais lequel choisir pour mamie, frérot ou encore l'ado? Chacun des membres de l'équipe culturelle y va de ses trois coups de coeur de l'année, parmi toutes les nouveautés écoutées depuis janvier dernier.

Du rap à la musique instrumentale, en passant par la pop et le rock, la musique d'ici et d'ailleurs a profondément ému, résolument fait danser ou encore bercé les coeurs et les âmes. Nos reporters culturels ont toutefois dû trancher et proposent ici leurs albums préférés de 2018.

Inscape - Alexandra Streliski

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Cet album porte bien son titre : on plonge tout droit dans une introspection, transporté par les mélodies qui touchent et émeuvent. C’est un magnifique album, interprété par une pianiste de grand talent.

 

LES ALBUMS D’ICI QU’ON A ÉCOUTÉS EN BOUCLE

Mathieu Valiquette, Blogue Artv, 18 décembre 2018

Darlène – Hubert Lenoir

Que dire de cet album, 10 mois après sa sortie (soit après les frasques, le buzz, les coups d’éclat, La voix et le trophée avalé)? Si on revient à l’essentiel, on a devant nous neuf pièces à la fois imparfaites et impressionnantes, modernes et classiques, variées et cohérentes. De l’intro Fille de personne 1 à la reprise de Jean-Pierre Ferland Si on s’y mettait, on entend du jazz, du métal, du soul, du saxophone et aucune faute de goût. Si l’album a un défaut, c’est celui de nous en mettre trop peu sous la dent (35 minutes, dont quatre pièces instrumentales). Rarement un deuxième album n’aura été aussi attendu au Québec.

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Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Recommencer

La nuit est une panthère – Les Louanges

L’extrait Pitou nous avait mis l’eau à la bouche plus tôt cette année. Il n’y a pas de pièces aussi accrocheuses sur La nuit est une panthère, mais l’intérêt est ailleurs. Sur des rythmes jazzés et R’n’B, Vincent Roberge – Les Louanges, c’est lui et seulement lui – pose sa voix nonchalante, et instantanément, tout devient secondaire dans notre petite bulle. Si l’album s’inscrit dans la mouvance de l’esthétique « chill » (Jerôme 50, Choses Sauvages) qui semble avoir émergé sur la scène indie québécoise en 2018, le son des Louanges ne ressemble à rien à ce qui se fait ici présentement.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Pitou

Petites main précieuses – Ariane Moffatt

Inspiré par la naissance de son troisième enfant, ce sixième album d’Ariane Moffatt ne détonne pas dans sa discographie. L’auteure-compositrice-interprète nous offre ce qu’elle fait de mieux : une pop électro de qualité. Les propos intimes (Du souffle pour deux) côtoient les réflexions sociales (Cyborg, La statue) dans une belle homogénéité qui n’est sûrement pas étrangère au travail du réalisateur Philippe Brault. Bref, le premier faux pas dans la carrière d’Ariane Moffatt n’a pas eu lieu en 2018.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Pour toi

Beaucoup de plaisir – Les Trois Accords

Qui aurait cru que 15 ans après leur premier succès, Hawaïenne, on aurait encore autant de plaisir à écouter la musique des Trois Accords? Oui, ils ont ajouté un peu de profondeur à leur son et à leurs paroles au fil du temps, mais en somme, l’essentiel de ce qui fait leur charme est toujours intact. Encore une fois, on s’émerveille devant le talent de mélodiste de Simon Proulx, et il faut être sérieusement blasé pour ne pas être de bonne humeur en entendant les paroles naïves et absurdes de Beaucoup de plaisir. Ces gars-là sont incapables de faire un mauvais album.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Ouvre tes yeux Simon! 

Hell-On – Neko Case

Pour son 8e album solo, la chanteuse rouquine a fait appel à Bjorn Yttling (Peter Bjorn and John) pour la réalisation et a invité pas moins d’une trentaine de musiciens et chanteurs. Tout ce beau monde a certainement contribué au son riche et éclectique qui en résulte. Neko Case donne toujours dans l’indie folk, mais en explore les différentes nuances et prend des risques, comme sur la magnifique Curse of the I-5 Corridor, en duo avec Mark Lanegan, la plus longue chanson de son répertoire à ce jour. Et cette voix si caractéristique qui nous prend aux tripes, comme toujours…

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Curse of the I-5 Corridor 

Viens avec moi – Les Hôtesses d’Hilaire

Viens avec moi est un disque concept de rock psychédélique qui dure 90 minutes. On vous l’accorde : dit de cette manière, ce n’est pas super « sexy », mais ceux qui s’installent et écoutent attentivement le quatrième album de ce groupe de Moncton seront récompensés. Dans une histoire qui est une critique acerbe de l’industrie musicale, on suit la montée puis la déchéance de Kevin – un jeune chanteur issu de la téléréalité prêt à tout pour atteindre la gloire – et les déboires de Serge Brideau, le chanteur des Hôtesses, qui tente de faire sa place au soleil. Un opéra rock sarcastique, audacieux et foisonnant.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Pousser ma note

La nuit des longs couteaux – Koriass

« J’devrais sortir de l’ombre / J’devrais coller ma blonde / J’devrais border mes filles au lieu de « boarder » l’avion. » Ces phrases tirées de la pièce Alerte Amber résument bien le sentiment de culpabilité qui ronge Koriass sur la plupart des pièces de son cinquième album. C’est que l’année difficile qu’il a passée, lors de laquelle il a dû prendre une pause de la scène pour cause de graves problèmes personnels, aura été l’inspiration directe de ses nouvelles chansons. Toujours aussi précis et incisif dans sa prose, le rappeur fait appel à la nouvelle sensation Fouki sur deux pièces (Miracles et Lait de chèvre). Côté musical, rien de neuf à signaler, sinon l’apport très intéressant des échantillonnages sur J-3000 (extraits de Breaking Away from Sanity, de Kim Carnes) et sur bref. La nuit des longs couteaux n’est pas un album de tout repos, mais il se situe au-dessus de la mêlée de ce qui se fait sur la planète rap québécoise.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Éléphant

The Ballad of the Runaway Girl – Elisapie

Cinq ans après la sortie de Travelling Love, avec ses sonorités plutôt pop, Elisapie a mis un terme à une trop longue absence et a fait son retour dans le paysage musical en 2018 avec un album plus terre à terre et réconfortant. C’est suite à une dépression dont elle a parlé ouvertement dans les médias que la chanteuse originaire du Nunavik a amorcé la compostions des pièces de The Ballad of the Runaway Girl. Épaulée par le compositeur et arrangeur Joe Grass et Paul Basque, de Plants & Animals, aux guitares, Elisapie y fait preuve à la fois de force et de fragilité. Chaudement recommandé si vous aimez la musique de Leonard Cohen et de Patrick Watson.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Don’t Make Me Blue

Nos idéaux – Dumas

Le sujet est souvent revenu dans les entrevues que le chanteur a accordées lors de la sortie du disque : Nos idéaux est un album de remises en question. Enregistré alors qu’il était complètement sobre depuis quelques mois, Dumas regarde dans le rétroviseur pour mieux comprendre l’état des lieux. Le résultat, loin d’être déprimant, fait ressortir le meilleur du chanteur. Côté musique, la réalisation de Gus Van Go apporte du relief, et l’équilibre pièces planantes-pièces dansantes est parfaitement dosé. Peut-être le meilleur album de Dumas depuis Fixer le temps.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Bleu clair

In a Poem Unlimited – U.S. Girls

Qui a dit que la musique pop ne servait qu’à divertir ? Meghan Remy et son projet U.S. Girls prouvent le contraire sur In a Poem Unlimited. Dans la continuité du précédent album, Half Free, la Torontoise offre une réflexion sur différents enjeux de société – mais principalement sur les abus divers que subissent les femmes dans notre système –, avec toujours cette révolte et cette colère sourde comme toile de fond. La musique, souvent très pop (Rosebud) ou parfois même disco (Mad as Hell, Time), et cette voix qu’a Remy – à mi-chemin entre celle de Madonna et de Gwen Stefani – contrastent avec la dureté des propos. Le tout donne un objet assez unique est consistant. Pas étonnant qu’In a Poem Unlimited se soit qualifié pour la courte liste du prix Polaris.

Si vous avez une seule pièce à écouter : Pearly Gates

Inscape – Alexandra Stréliski

Le deuxième album d’Alexandra Stréliski aura été la bande sonore de l’automne 2018 pour plusieurs mélomanes. Et pour cause! Le consensus autour d’Inscape et de sa douce musique néoclassique rappelle l’engouement qu’il y a eu pour Solo Piano, de Chilly Gonzales, il y a une quinzaine d’années. On y trouve cette même accessibilité et cette réalisation totalement dépouillée. Celle qui s’est fait remarquer par sa présence dans les trames sonores des films et des séries télévisées de Jean-Marc Vallée avec seulement un piano comme outil nous invite à un voyage dans son paysage intérieur (Inscape), et chaque écoute nous bouleverse.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Plus tôt

Le sens des paroles – Alaclair Ensemble

Deux ans après Les frères cueilleurs et la chanson qui a élargi son bassin d’auditeurs, Ça que c’tait, Alaclair Ensemble aurait pu revenir avec un album plus « pop ». Il n’en est rien. Le sens des paroles creuse encore plus dans ce qui fait la singularité de l’art créé par cette formation : une chimie à toute épreuve entre les six membres, sans oublier une créativité sans retenue, et ce, autant pour le son que la prose. Même si l’autodérision et l’humour ne sont jamais bien loin, les « minces » prennent une tangente un peu sérieuse, le tout sur des sonorités latines, G-funk et R’n’B.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Paroisse

Premier juin  – Lydia Képinski

Le premier vrai album de Lydia Képinski est sorti sans crier gare au mois d’avril. Une sortie inattendue, en phase avec la spontanéité de la chanteuse et des surprises qui nous attendent tout au long de l’écoute de Premier juin. À travers les références à Diane Dufresne, aux Mystérieuses cités d’or, à la musique classique, au rap et au rock progressif, l’interprétation à fleur de peau de la fougueuse chanteuse nous garde sur le fil du rasoir du début à la fin. Un album qui a du souffle et qui confirme la place de Képinski (âgée de seulement 25 ans) parmi les auteurs-compositeurs-interprètes de marque du Québec.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Premier juin

Meilleur après – Diane Dufresne

La sortie d’un album de Diane Dufresne est toujours un événement en soi. Il s’est écoulé 11 ans depuis son dernier album, et la diva québécoise se fait rare depuis une vingtaine d’années. Sur Meilleur après, elle signe quatre textes, dont un sur l’écologie (L’arche) et un autre très intime sur le passage du temps (Le temps me fait la peau). Musicalement, la facture est plutôt classique dans son ensemble – piano, cordes –, mais on est surpris d’entendre l’influence de Björk sur Comme un damné (qui rappelle Human Behaviour en plus lent). Si c’était pour être son dernier album, et on souhaite que ce ne soit pas le cas, c’est une sortie de scène des plus réussies.

Si vous n’aviez qu’une seule pièce à écouter : Mais vivre

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Et vous, quel album d’ici a tourné en boucle dans vos oreilles en 2018?

 

Un vent néoclassique souffle sur le Québec

Cédric Bélanger, Journal de Montréal, 16-17 décembre 2018

La musique de la première accompagne l’astronaute David Saint-Jacques dans l’espace, celle de l’autre a attiré l’attention du magazine Time : Alexandra Stréliski et Jean-Michel Blais ne sont pas seulement des pianistes dont le talent pique la curiosité hors de nos frontières. Ils sont aussi les fers de lance de l’engouement pour la musique néoclassique qui frappe actuellement le Québec.

Un petit détour par la plateforme d’écoute en ligne Spotify donne la pleine mesure de la popularité sans cesse grandissante de ces deux artistes québécois.

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Les 10 chansons les plus en demande de Stréliski, dont on peut entendre la musique dans les films et séries télé de Jean-Marc Vallée, cumulent plus de 28 millions d’écoutes. Blais ? À elle seule, sa pièce Nostos a été écoutée plus de 28 millions de fois.

Blais vient tout juste de mettre sur le marché un nouveau EP, Eviction Sessions, nommé ainsi parce qu’il a été enregistré dans son ancien appartement après avoir reçu un avis d’expulsion du propriétaire.

Lancé au début octobre, l’album INSCAPE, d’Alexandra Stréliski, s’est pour sa part maintenu au sommet des ventes québécoises lors des deux semaines suivant sa parution. Il a facilement dépassé le cap des 10 000 exemplaires vendus, un accomplissement remarquable de nos jours.

Elle sera même l’une des têtes d’affiche du Festival de jazz de Montréal.

« Quand on a lancé notre communiqué de presse, il y a quelques semaines, pour annoncer des shows de 2019, on avait George Benson, Mélody Gardot, Pink Martini et quelques autres. Le nom qui est revenu le plus souvent dans les médias, c’est celui d’Alexandra Stréliski », note, avec étonnement, le programmateur Laurent Saulnier.

La résistance

Comment expliquer un tel élan d’amour pour cette musique instrumentale aux mélodies certes accrocheuses, mais à l’esthétique minimaliste hors de notre temps ?

Jean-Michel Blais y voit un acte de résistance, un pied de nez à notre rythme de vie effréné. « C’est une réponse à un besoin de collectif parce que nous sommes tellement dans une société “individualisante” », analyse-t-il.

Ce retour à un son pur et sans apport synthétique prend tout son sens dans l’intimité d’un concert, ajoute le pianiste. « S’il y a une panne de courant, c’est encore meilleur », image-t-il.

Alexandra Stréliski acquiesce. « C’est une musique qui nous incite à ralentir et à aller dans nos émotions. À prendre le temps de faire un peu d’introspection. J’ai l’impression de faire la seule petite chose que je peux faire comme humain pour essayer de mettre du beau et du doux dans le monde. »

Faire tomber des murs

Popularisé par des artistes internationaux comme Nils Frahm, ou montréalais comme Chilly Gonzalez et son album Piano Solo 1, le néoclassique a la particularité, contrairement à la musique classique traditionnelle associée à l’élite, de pouvoir séduire toutes les classes sociales.

Jean-Michel Blais croit que ce mouvement peut faire tomber des murs et permet aux gens de reconnecter avec le classique.

« Les gens ont tous aimé le Canon de Pachelbel et Satie. Est-ce qu’il y a moyen de se le réapproprier ? Et pas juste en consommant le passé, mais en créant quelque chose aujourd’hui. Encore plus, si c’est un petit gars ou une petite fille de chez nous. »

Certainement, lui ont déjà répondu de nombreux mélomanes québécois.

 

Toute une musique, toute une vie : le parcours d’Alexandra Stréliski

Nathan LeLièvre, ICI Musique, 10 décembre 2018

Alexandra Stréliski est l’une des plus populaires pianistes compositrices néo-classiques de l’heure. Les pièces de ses deux albums, Pianoscope et Inscape, ont été écoutées près de 30 millions de fois sur les plateformes d’écoute en ligne. Mais avant d’en arriver là, quel chemin musical a-t-elle parcouru? Quelles ont été ses influences? Quelle est sa démarche? Marie-Christine Trottier lui a posé toutes ces questions, et plus encore, à l’occasion d’une émission spéciale de Toute une musique.

Toute une musique reçoit Alexandra Stréliski

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Animation : Marie-Christine Trottier

Au cours de l’émission, elle nous révèle que la musique de Glenn Gould lui a servi de berceuse tout au long de son enfance, elle explique qu’elle doit contenir sa « patte gauche » en studio, et elle raconte comment la musique de Grieg l’a persuadée de poursuivre une carrière en musique quand elle a eu envie de tout lâcher. Alexandra Stréliski explique aussi pourquoi elle a tenu à enregistrer Inscape sur le piano droit de son enfance, et qu’est-ce qui fait elle chérit l’œuvre de Chopin, même si elle a vécu une expérience traumatisante en jouant de sa musique.

On a pu entendre Alexandra Stréliski au cinéma; elle nous dit au cours de l’entrevue quelles musiques de cinéma l’ont particulièrement marquée, et elle braque les projecteurs sur quelques compositeurs néo-classiques qu’elle juge dignes d’être découverts. Enfin, on apprend que Carmina Burana l’accompagne souvent lorsqu’elle fait la vaisselle...

Un entretien plein de confidences et d’anecdotes, où la pianiste-compositrice, fidèle à elle-même, nous invite dans une bulle qui porte sa signature distinctive!

https://www.icimusique.ca

 

On écoute (et on offre à tout le monde) Inscape d’Alexandra Stréliski

Bloome Magazine, 10 décembre 2018

Parce que ça fait du bien et que c’est beau. Point.

Le genre de musique qui t’interpelle tout de suite. Qui te donne envie de regarder la neige tomber lentement par la fenêtre, de lâcher ton clavier, de te faire une tasse de thé. Une trame sonore cinématographique qui embellit ton quotidien parce qu’elle te fait voir des choses douces, délicates, ouatées, secrètes. Alexandra Stréliski, une des seules femmes à percer dans la musique néoclassique – elle a signé des musiques pour les géniales séries Big Little Lies et Sharp Objects de Jean-Marc Vallée – est un phénomène rare. Au chapitre des cadeaux utiles, qui font du bien, qui vont donner du plaisir en continu, son nouvel album, Inscape, est incontournable.

 

5 QUESTIONS, 5 CHANSONS AVEC ALEXANDRA STRÉLISKI

Alexandre Demers, Urbania Musique, 6 décembre 2018

Les événements s’enchaînent à une vitesse hallucinante depuis quelque temps pour la pianiste et compositrice montréalaise Alexandra Stréliski. Après avoir lancé Inscape il y a quelques mois — un deuxième album de compositions originales plus personnelles — elle multiplie maintenant les apparitions publiques et les concerts un peu partout dans le monde occidental.

Elle trouve le temps de voyager avec sa musique quand ses compositions ne sont pas trop occupées, de leur propre côté,  à se tailler une place de choix dans les scores du prolifique réalisateur Jean-Marc Vallée, qui l’admire beaucoup. Par le passé, quelques-unes de ses pièces se sont fait connaître en étant apposées à des scènes marquantes d’œuvres comme Dallas Buyers Club et Demolition, ainsi que dans les séries à succès Big Little Lies et Sharp Objects.

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Reconnue pour sa musique néo-classique puisée dans l’émotion pure, elle peint de grands portraits musicaux à chaque fois que les marteaux de son piano frappent les cordes. On est allé à sa rencontre pour lui poser quelques questions sur sa vision, sa créativité et, pourquoi pas, sur ses goûts personnels.

Dans tes œuvres, tu préfères t’en tenir à tes émotions et à l’inspiration plutôt qu’à ta formation classique. De quelle manière est-ce que la formation peut constituer un frein pour ta créativité?

Il y a eu deux moments dans ma vie où j’ai été écœurée de jouer du piano. C’est arrivé à l’adolescence et quand j’ai fini l’université. J’avais fait ma technique d’écriture, ma théorie et tout. Quand je suis sortie de là, j’avais juste des formules mathématiques dans la tête quand venait le temps de jouer. J’ai arrêté de composer pendant environ deux ans, jusqu’à ce que je puisse retrouver un rapport spontané avec la musique. Pour oublier un peu tout ça.

« JE N’AI PAS UN RAPPORT INTELLECTUEL AVEC LA MUSIQUE. »

Je n’ai pas un rapport intellectuel avec la musique. Du tout. Ni au niveau du répertoire ni au niveau de la théorie. J’ai appris tout ça parce que si je voulais diriger des cordes et faire des trucs comme ça, c’est définitivement utile. C’est un langage. Maintenant, je le connais, mais c’est comme pas naturel pour moi. C’est juste que ça m’a empêché de composer pendant un moment.

As-tu toujours eu cette facilité à te vulnérabiliser comme tu le fais dans ta musique?

En fait, à l’adolescence, j’étais vraiment coupée de mes émotions. J’essayais de montrer que j’étais capable d’en prendre. En vérité, je suis quelqu’un de vraiment sensible, mais je le cachais. Je le barrais carrément. Je me suis moi-même fait violence à travers ça parce que je n’ai pas fait attention à ma sensibilité, et quand j’écoutais des œuvres déstabilisantes, que ce soit au cinéma ou en musique, ça me ramenait un peu à qui j’étais réellement. Ça me désarmait.

Tu composes de la musique qui se retrouve au cinéma. Quel genre de film vient particulièrement te chercher en tant que spectatrice?

J’adore les storylines où t’as des personnages qui ont des vies parallèles à travers le temps. À chaque fois que le temps est fucké et que les gens sont reliés. Au niveau du timeframe, j’aime des trucs comme Memento. Sinon j’aime aussi les films comme Love Actually où il y a comme dix personnages dans le temps des Fêtes. J’aime les lignes parallèles parce que ça donne l’impression que tous les humains sont reliés. Et je sens qu’on l’est, quelque part. Tout est dans tout.

T’es une amatrice de films d’horreur?

Je ne suis pas vraiment fan du genre, je suis mille fois trop sensible pour ça. Je me souviens quand j’étais allée chez une amie pis on avait regardé Poltergeist. Je devais avoir 11 ans. Pis oublie ça, j’ai pas dormi de la nuit! Mes parents sont venus me chercher. Je suis encore traumatisée par la petite fille dans la télé. Il y avait aussi le gars qui apparaît dans le miroir vers la fin du film. Donc, non, je suis pas vraiment une fan de thriller. Maintenant, je ne me fais plus ça!

Tu portes attention à la musique de film depuis longtemps. Tu le faisais avant même que ta propre musique puisse tapisser une œuvre. Qu’est-ce qui constitue de la mauvaise musique de film selon toi?

« DE LA MAUVAISE MUSIQUE DE FILM, C’EST QUAND ÇA PREND TROP DE PLACE. »

De la mauvaise musique de film, c’est quand ça prend trop de place. C’est lorsque ça se veut poignant, mais que c’est juste en train de révéler des choses que le spectateur a déjà compris! Donc si on remarque trop le score, c’est que c’est pas super bien fait. Ça peut être parce que c’est juste décalé ou encore parce que l’ego du musicien est dans le chemin. Ça gosse!

5 CHANSONS QUI ONT JOUÉ UN RÔLE IMPORTANT DANS TON PARCOURS OU DANS TA VIE EN GÉNÉRAL…

1) Glenn Gould — Variation Goldberg BWV 988 — Aria 

C’est la cassette que ma mère me mettait au moment de me coucher. Je me suis endormie avec ça pendant vraiment longtemps. Ce que j’aimais, c’est que tu l’entends chanter. Tu entends un peu sa vibe de pianiste. Sa sensibilité, dans le fond. C’est sûr que ça m’a influencé. C’est ma tendre enfance. Je devais m’endormir après cette toune-là, qui est la première de l’album d’ailleurs. C’est pour ça que je l’ai choisie.

Avec le recul, c’est super imparfait comme enregistrement. C’est classique, mais imparfait. Et ça, ça me ressemble encore à ce jour. Ça va chercher le côté brut. Ça me touche moins quand tout semble parfait. Tandis que ça, c’est touchant.

2) Philip Glass – The Poet Acts

J’ai découvert la toune dans le long-métrage The Hours que j’ai vu à l’adolescence et ça m’a vraiment inspiré à vouloir faire de la musique de film. Je connaissais déjà Philip Glass par ses bandes sonores comme celles du Truman Show et de Metamorphosis. Mais tsé, The Poet Acts, c’est juste un ostinato. Ce sont des cordes qui tournent. Il y a peu de choses, mais en même temps, ça dit tout. Toute la charge émotionnelle est là. Pis il y a beaucoup de musique dans le film. Ça m’a fait réaliser qu’un score, ça peut être très peu et tout dire en même temps. Être minimaliste et émotif. C’est exactement la bonne charge. J’ai trouvé ça super inspirant.

The Hours m’avait beaucoup marqué. C’est un film vraiment complet où tout est en harmonie. Tout est à la bonne place. C’est une véritable œuvre cinématographique. Philip Glass est connu pour être vraiment redondant dans ses affaires, mais en termes de score, il est vraiment particulier. Je l’ai vu live à la Maison Symphonique, j’étais au deuxième rang. Il a joué Mad Rush au piano et j’ai fondu en larme à la première note tellement il est puissant dans son être. C’est un artiste vraiment incarné.

3) Edvard Grieg — Elegy Book 2, Opus 38

C’est surtout pour l’anecdote que je l’ai choisie. C’est la pièce que j’ai jouée en concert à un moment de ma vie où j’avais envie de lâcher le piano, puis à cause de celle-ci, je n’ai finalement pas arrêté. C’était vers la fin de mon conservatoire. J’avais simplement envie de tout arrêter pis j’ai eu la meilleure note de l’année en collégial 2. Ça fait que j’allais finalement jouer dans la grande salle à McGill. J’ai joué cette pièce-là que ma prof avait sélectionnée. Je la jouais vraiment lentement, de manière un peu tordue. Au moment où je me suis arrêtée, il y a eu un long silence. Un silence qui parle, un silence chargé. C’était l’émotion du moment. Je me souviens, il y avait une vieille madame polonaise qui pleurait en avant. C’est vraiment ce moment-là qui a été déterminant pour me ressaisir.

4) Whitney Houston – I Have Nothing 

C’est une toune qui rend hommage à la place que prend la pop dans ma vie. Et surtout dans mon char! J’ai choisi cette chanson-là parce que récemment je suis allée en France chez des amis et on a blasté le vinyle de Whitney Houston. On s’est égosillé à chanter et c’était très cool comme moment! Chez-nous, j’écoute plus du indie folk. De la musique comme Avec Pas d’Casque, Sufjan Stevens, Safia Nolin ou Jose Gonzalez. Mais dans mon char, j’écoute du gros pop genre Stromae, Jain ou Lana Del Rey. Je trouve ça vraiment bon.

J’aime la musique catchy pis ça paraît dans ma musique quand même. J’aime les hooks. Ça pogne à planche et c’est pas pour rien. Il y a quelque chose d’universel dans ces musiques-là, et moi, c’est ce qui m’intéresse dans tout ça. Trouver quel est le lien entre les gens. C’est comme le leitmotiv de ma vie. Je cherche ce qui va rassembler les humains et je trouve que la pop le fait bien.

5) Tire le coyote – Le ciel est backorder

C’est une toune qui m’a marqué récemment parce que j’ai perdu un ami cher cette année. Tire le Coyote (Benoît Pinette), je l’avais déjà entendu, mais je ne l’avais jamais vu jouer live. Je l’ai vu à la télé, pis je pense que c’est là qu’il m’a le plus rentré dedans. Ça m’a fait penser à mon ami. C’est une très belle toune et c’est vraiment un beau texte. Il y a quelque chose de brut, de poétique. Pis c’est un bel artiste. Il est original et il a une voix de soprano. C’est quelque chose que j’aime beaucoup chez lui. Il a une belle sensibilité.

La vie est tellement allée vite dans les derniers mois que je process mon deuil petit peu par petit peu. C’était un de mes meilleurs amis de mon cercle privilégié. Il avait le cancer depuis 8 ans. Il est mort en mai dernier. Il y a tellement de grosses choses qui se pointent dans ma vie ces derniers temps auxquelles je dois faire face. Quand j’ai écouté Tire le Coyote, ça m’a comme remis tout ça en face. Je me suis mise à brailler, pis ça m’a fait du bien. Ça m’aide à faire mon deuil.

Alexandra Stréliski vient d’annoncer une supplémentaire pour son spectacle sold-out de Québec, ça se passe le 2 mars 2019 au Palais Montcalm.

Elle sera de passage à Montréal le 4 juillet 2019 dans le cadre du Festival de Jazz.

 

Palmarès 2018 : les 50 meilleurs albums de l’année

ICI Musique, 4 décembre 2018

Avec l’année qui tire à sa fin vient le moment inévitable où l’on jette un regard dans le rétroviseur. L’équipe d’ICI Musique s’est amusée à recenser ses meilleurs albums de l’année. Les incontournables : ceux qui nous ont émus aux larmes, éveillé l’esprit, brassé doucement la cage ou apaisé l’âme...

Émilie Clepper – Émilie Clepper et la Grande Migration

Quelle surprise que ce poignant et renversant premier album en français d’Émilie Clepper. La Québécoise y embrasse d’une manière désarmante les textes de l’auteure Sara Garneau. C’est les poils hérissés sur les bras que l’on découvre la voix splendide, quasi métamorphosée, de la chanteuse. Il s'agit sûrement de l’un des disques en chanson les plus formidables de l’année.

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Hubert Lenoir – Darlène

La Révélation Radio-Canada en chanson pop nous offre un premier album solo aux allures d’un opéra post-moderne. Se promenant entre le rock, la ballade sensuelle et rêveuse, la relecture (Si on s’y mettait, de Jean-Pierre Ferland), le R’n’B, le jazz et la musique instrumentale, Hubert Lenoir s’émancipe, et on s’emballe!

Dumas – Nos idéaux

Sur Nos idéaux, la pop-rock-électro atmosphérique de Dumas est toujours aussi entraînante. Compositeur et mélodiste hors pair, le musicien parvient sans cesse à se réinventer et signe l’un de ses meilleurs albums depuis Le cours des jours, paru il y a déjà 15 ans.

Ariane Moffatt – Petites mains précieuses

Ariane Moffatt continue d’explorer et de s’affirmer comme l’une des auteures-compositrices-interprètes les plus créatives et importantes de notre chanson. Sur ce sixième album, elle s’associe au prolifique Philippe Brault pour nous offrir des arrangements riches et complexes ainsi que des musiques qui évoquent un climat nocturne. À nouveau, Ariane parvient à séduire et à émerveiller.

Richard Séguin – Retour à Walden : sur les pas de Thoreau

Cet hommage au philosophe abolitionniste Henry David Thoreau est une œuvre ambitieuse qui apparaît à contre-courant dans notre époque précipitée. Avec ce disque orchestral et engagé à l’envergure d’un conte musical, Séguin signe une véritable fresque historique. Grandiose et important.

Safia Nolin – Dans le noir

Avec son deuxième album de chansons originales, Safia Nolin réussit à nous donner des frissons avec des chansons guitare-voix dépouillées, tristes, pures, ancrées, taillées dans un folk spectral et saisissant. C’est dur, c’est plein de douceur douloureuse, et surtout, c’est beau à en pleurer. Encore une fois, par la force de son talent, l’auteure-compositrice-interprète nous jette en bas de notre chaise.

David Myles – Le grand départ

Il ne manquait à peu près que la chanson en français au tableau des réussites de David Myles, qui maîtrisait déjà autant le folk, le jazz, le rockabilly et… la musique de Noël! Entouré de ses vieux comparses Alan Jeffries à la guitare et Kyle Cuniak à la basse, puis bénéficiant de l’apport de François Lafontaine à la réalisation, Myles signe un album non seulement étonnant, mais tout à fait brillant.

Les Trois Accords – Beaucoup de plaisir

Mélodies contagieuses, textes absurdes, énergie rock et attitude punk qui pétille : tous les ingrédients sont réunis sur ce sixième album des Trois Accords pour vivre un joyeux party! Simon Proulx est certainement l’un des meilleurs mélodistes de la province, et il le prouve encore une fois sur les 11 pièces de cet album. Le plaisir est contagieux.

Diane Dufresne – Meilleur après

Les 11 ans qui séparent Effusions (2007) et Meilleur après auront permis à la diva Diane Dufresne de fourbir ses armes et de nous présenter un album solide du début jusqu’à la fin. De sa voix souple, présente, juste, à la fois séductrice et acrimonieuse, Diane Dufresne transforme toute sa colère envers les injustices de ce monde en beauté et en tendresse. Dès les premières notes, on sait qu’on est bel et bien partis pour un beau tour de montagnes russes.

Dominique Fils-Aimé – Nameless

Ce deuxième album aux couleurs blues et soul de Dominique Fils-Aimé est pour le moins prenant. La voix souvent époustouflante de beauté de la chanteuse s’élève au travers de sublimes harmonies vocales. Une merveilleuse et immense surprise.

The Brooks – Freewheelin' Walking

Freewheelin’ Walking est une incursion beaucoup trop courte de quatre superbes morceaux en territoire funk absolument libre, exécutés avec maestria. Funk accrocheur, livré par les nouveaux maîtres du genre.

Samuel Blais – Equilibrium

Passions, souvenirs, idées, joies, doutes… À travers son jazz, le saxophoniste québécois Samuel Blais exprime sur Equilibrium l’urgence de vivre qui l’habite. L’album est l’équilibre entre l’intellect d’un jazz riche et complexe et l’ivresse d’une vitalité expressive à la fois touchante et fortifiante.

Jordan Officer – Three Rivers

Réalisé par Charley Drayton, collaborateur entre autres de Miles Davis, de Bob Dylan, de Johnny Cash et de Neil Young, Three Rivers nous accroche par sa finesse et ses textures. Avec sa retenue habituelle, Jordan Officer infuse ici à son blues de la lumière et du pur contentement. Officer continue de nous toucher avec la fraîcheur de son blues et sa voix vulnérable.

Ingrid Jensen et Steve Treseler – Invisible Sounds: For Kenny Wheeler

La trompettiste canadienne Ingrid Jensen, le saxophoniste Steve Treseler ainsi que plusieurs autres musiciens, dont le pianiste Geoffrey Keezer, rendent un vibrant hommage au compositeur et trompettiste Kenny Wheeler. La symbiose à la fois collective et stylistique de l’ensemble crée l’une des plus belles sorties de l’année.

Alex Lefaivre Quartet – YUL

Alex Lefaivre et ses amis Erik Hove à l’alto, Nicolas Ferron à la guitare électrique et Mark Nelson à la batterie proposent en musique un message d’amour et d’admiration à Montréal. Sur YUL, la métropole est belle, lyrique, mélodique et sertie d’harmonies contemporaines. L’énergie montréalaise est ici brillamment jazzée.

Marianne Trudel et Karen Young – Portraits: Songs of Joni Mitchell

Le piano génialement poétique et source de lumière de Marianne Trudel ainsi que la voix juste assez fragile de Karen Young entrent en communion avec l’esprit des chansons de Joni Mitchell. C’est beau, c’est touchant, c’est même poignant, sans jamais perdre cette note d’ironie, ce regard en coin complice que nous envoie Joni. L’un des beaux albums de l’année.

Jean-Michel Blais – Dans ma main

Comme suite à son magistral premier album, IL, le pianiste Jean-Michel Blais raffine son style déjà si délicat, navigant sans s’amarrer entre le néo-classique, le minimalisme et la pop. Poussant davantage l’habillage électronique, avec Dans ma main, le musicien présente un résultat nocturne et mystérieux où son extrême sensibilité nous garde en éveil.

Alexandra Stréliski – Inscape

La musique est à la fois fragile et tenace. Autant elle nous remue, autant elle se fait réconfortante, comme notre douillette préférée un jour de pluie. Autant elle est songée, autant elle demeure accessible et évite de tomber dans la prétention. Nous nous y retrouvons, nous y reconnaissons, sans avoir à nous poser de questions. Inscape nous rappelle que chacun aurait avantage à ralentir et à se donner la force de se choisir.

Alain Lefèvre – Aux frontières de nos rêves

Coup magistral du pianiste Alain Lefèvre, qui propose avec Aux frontières de nos rêves un premier enregistrement du Concerto de l’asile, de Walter Boudreau. Accompagné de l’Orchestre du Centre national des arts (CNA) d’Ottawa dirigé par Alexander Shelley, Lefèvre offre un voyage bouleversant et profondément saisissant pour l’auditeur.

Caroline Gélinas et Olivier Godin – Confidences

La voix de la Révélation en musique classique 2017-2018 est ici belle, lumineuse, franche et gracieuse. Accompagnée au piano de la touche doucement perlée et parfaitement expressive d’Olivier Godin, la mezzo-soprano nous invite dans des univers merveilleux et envoûtants.

Marc-André Hamelin – Sonate en si bémol majeur D960

La Sonate en si bémol majeur D960, de Schubert, œuvre magnifique et l’un des grands accomplissements de la créativité humaine, rencontre l’exceptionnel pianiste Marc-André Hamelin. De la beauté envoûtante des lignes schubertiennes du premier mouvement jusqu’aux Quatre impromptus D935, Hamelin magnifie la beauté ineffable de ces morceaux.

Quartom – Renaissance

Le quatuor vocal Quartom offre un répertoire en apparence plus grave, voire austère, celui des chants sacrés du Moyen-âge et de la Renaissance (15e-16e siècles). On dit bien « en apparence », car il est irrésistible pour ceux et celles qui seront prêts à être touchés profondément. Renaissance est un accompagnement sérieusement libérateur de tensions quotidiennes.

Solistes de l’OSM – Octuor en fa majeur D803 de Franz Schubert

Les Solistes de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) s’attaquent à l’Octuor en fa majeur D803 de Franz Schubert, l’un des plus grands chefs-d’œuvre du répertoire, et l’élite OSMienne s’en tire avec panache! Ici, tous les instrumentistes sont impliqués dans la création d’un paysage musical à la fois pudique, bienfaisant et émouvant. 

Ramon Chicharron – Merecumbé

Avec cet album au son rond et joyeux, Ramon Chicharron laisse tomber les cuivres pour mettre l’accent sur des guitares mélodiques et des congas aux rythmes plus tempérés. Avec Merecumbé, les rythmes afro-colombiens traditionnels côtoient le funk, le ragga, la guitare psychotropicale et les sonorités électroniques pour un album plein de soleil.

Jeremy Dutcher – Wolastoqiyik Lintuwakonawa

Franchement inusité et très séduisant, Wolastoqiyik Lintuwakonawa, du chanteur, pianiste et compositeur Jeremy Dutcher, de la nation malécite de Tobique, au Nouveau-Brunswick, guide l’auditeur avec douceur et respect à travers les racines d’un peuple dont on néglige injustement l'histoire. Chantant en langue malécite et faisant revivre des enregistrements datant de plus de 110 ans, Dutcher présente un album aussi splendide que précieux.

Wesli – Rapadou Kreyol

Pour son cinquième disque, Wesli remet ça avec pas moins de 21 chansons chantées en yoruba. Sur des musiques inspirées de traditions haïtiennes, Rapadou Kreyol fascine par l’abondance de cordes, les chœurs et la diversité des rythmes. L’audacieux et passionné Wesli s’en donne à cœur joie dans les rythmes rada, et nous en redemandons!

Noubi Trio – Couleur terre

Apaisantes, vivifiantes et engagées, les chansons afro-acoustiques du Noubi Trio. La douceur de la guitare enrobe des chansons qui nous ramènent toutes à cette notion de paix et de fraternité. Battant la mesure sur des rythmes funk, folk et reggae, Couleur terre est l’un des meilleurs disques estivaux enregistrés ici. 

Genticorum – Avant l’orage

Si certains groupes de musique trad comptent sur des rythmes allants, une instrumentation garnie et une énergie brute, Genticorum choisit de faire autrement. On varie les procédés dans les arrangements et on réussit à constamment nous surprendre, sans toutefois faire compliqué pour faire compliqué. Au contraire, on donne dans la dentelle.

Le Vent du Nord et de Temps antan – Notre album solo

L’union, en 2016, de ces deux groupes phares de la musique trad était vouée à une existence ponctuelle. Mais leur musique était tellement festive que, tel un bon party, ça a levé : des spectacles se sont ajoutés en 2017, puis en 2018. Et le succès s'annonce international : la musique de Notre album solo résonnera même au prestigieux Carnegie Hall en 2020!

Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs – Chouïa

Les arrangements sont brillants; ils commandent une écoute attentive. En trad, le danger est d’enterrer la chanson sous une multitude d’instruments et d’en perdre l’âme. Bien qu'ils soient complexes, les arrangements sur Chouïa ne tombent pas dans ce piège. La musique trad de Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs est ouverte sur le monde. La présence de tous les collaborateurs met en valeur à la fois chacune des œuvres et le grand talent des musiciens.

David Portelance – Un abri contre le vent

Un deuxième splendide album pour l’exceptionnel auteur et compositeur David Portelance. Beaucoup plus abouti que le disque précédent, Un abri contre le vent est un bouquet de chansons déchirantes où l’on suit le chanteur dans sa quête du bonheur. Le ton, la poésie et les arrangements, ici, tout est magnifique. Un grand disque folk.

Foisy. – Foisy.

Doux, mélancolique et bouleversant, ce premier trop court album (cinq pièces) de Foisy. (Marc-André Foisy) fait l’effet d’un baume. Le folk du jeune auteur-compositeur-interprète, admirablement enveloppé du violon souvent déchirant de Laurence Möller, fait rêver de grands espaces puis laisse présager de belles et grandes choses pour la suite de son parcours.

Elisapie – The Ballad of the Runaway Girl

Il y a de la force et du réconfort au creux de ce The Ballad of the Runaway Girl. Instrumentation filée comme de la dentelle, une voix aérienne et séduisante, qui ne porte pas, mais qui envoûte même quand les tempos tempêtent. Elisapie retourne aux sonorités chaleureuses des instruments acoustiques et à la rudesse des guitares électriques, et on l’écoute encore et encore.

Fred Pellerin – Après

Ce magnifique Après, c’est Fred Pellerin et son complice caxtonien Jeannot Bournival dans une sobriété musicale comme jamais auparavant. Peu importe l’auteur dont il décide de chanter les mots (David Portelance, Mélanie Noël, Jacques Michel, Martin Léon ou Manu Trudel), Fred entraîne nos émotions dans des contrées paisibles, et tout doucement, à nouveau, il nous renverse.

Florent Vollant – Mishta Meshkenu

Sur Mishta Meshkenu (la grande route, en innu), Florent Vollant chante les déplacements, le mouvement et le nomadisme. Il nous propose des musiques americana qui évoquent les espaces vastes et les immenses forêts de pins. Les musiques et l’authenticité de Vollant nous parlent avec cœur.

Bolduc tout croche – Grande santé

Ce troisième album complet de Bolduc tout croche (Simon Bolduc) est l’une des plus formidables surprises de l’année. Grande santé trouve toute sa force dans des lignes de guitares énergiques, aussi grinçantes que séduisantes. Simple dans la forme, mais savamment habillé de puissantes instrumentations, l’amateur de folk peut difficilement trouver des musiques mieux enracinées dans le genre.

David Marin – Hélas Vegas

Le méthodique amoureux des mots aux tournures brillantes se fait ici plus personnel, mais sa poésie est à nouveau recherchée, touchante et remplie d’espérance. David Marin prouve sur Hélas Vegas, son troisième album, qu’il est hors de tout doute le plus méconnu des artistes incontournables de notre chanson.

Paul Daraîche – Ma maison favorite

Des guitares douces, de la pedal steel en abondance et des violons ici et là pour ajouter aux tourbillons du cœur. Accompagné de son fils Dan et de ses filles Katia et Émilie, Paul Daraîche nous livre un album franchement touchant.

Seba et Horg – Grosso-Modo

Réunis pour la première fois au sein du même groupe, le rappeur Seba et le réalisateur DJ Horg offrent sur Grosso-Modo un brillant arrangement de morceaux francs et joyeux. Faisant dans l’humour sans jamais sombrer dans le cynisme, le duo relève le défi de faire du hip-hop léger et divertissant tout en respectant la culture et sans sombrer dans la parodie.

Koriass – La nuit des longs couteaux

Sur son cinquième album, Koriass manie l’allitération avec brio et joue à nouveau habilement avec les mots. Entouré de Philippe Brault et de Ruffsound, collaborateur de la première heure, il nous offre une palette élargie des genres inhérents au hip-hop et présente un album pour le moins ambitieux.

Alaclair Ensemble – Le sens des paroles

Le groupe de Maybe Watson, Vlooper, KenLo Craqnuques, Claude Bégin, Robert Nelson, Eman et Nash est une machine de rap extrêmement bien huilée. Avec Le sens des paroles, Alaclair Ensemble retrouve ses thèmes de prédilection : l’identité, l’aliénation, l’humour et l’autodérision. C’est un album 100 % hip-hop, sans bonbon ni compromis.

Waahli – Black Soap

Voici un album sans faute pour celui que l’on a connu au sein du collectif Nomadic Massive. Les chansons de Black Soap sont rythmiquement complexes, parfois afro-cubaines, entre jazz, reggae et compas constituant une immersion musicale totale dans une identité hip-hop profonde. On se croirait en tout temps dans une session d’improvisation parfaitement maîtrisée. Superbe!

FouKi – Zay

Mariage musical entre le producteur QuietMike et le rappeur FouKi, Zay propose 12 morceaux chaloupés et bellement enfumés, entre le trap, le reggae et le folk. Il s’agit d’un premier album fort réussi pour ces deux jeunes artistes sur lequel se déploie une belle nonchalance. Beats judicieusement malaxés et rimes qui tuent que l’on réécoute avec plaisir.

Lydia Képinski – Premier juin

Contes cruels, ritournelles corrosives, tragédies surréalistes serties d’humour noir : voilà comment on pourrait décrire les huit chansons denses et merveilleuses de ce solide premier album de Lydia Képinski. Avec des pièces finement ciselées, à la mécanique dramatique précise et les émotions sur le fil du rasoir, Premier juin est un album bouleversant de sincérité et de talent.

Galaxie – Super lynx deluxe

La formation du guitariste surdoué Olivier Langevin frappe encore très fort. Les instrumentations costaudes, riffs de guitare aussi mélodieux que « rentre dedans », vibrantes percussions et arrangements soignés créent des musiques électro rock encore une fois endiablées. Plus que jamais, Galaxie est LE son du rock alternatif francophone.

Les Hôtesses d’Hilaire – Viens avec moi

Opéra rock déjanté en 80 minutes de musique rock psychédélique et de folie en stéréo, Viens avec moi s’avère un imposant album. Les élans rock complexes et maîtrisés des Hôtesses d’Hilaire, groupe phare de la contre-culture acadienne actuelle, font de ce disque une œuvre étonnante qui se déguste d’une traite.

Ponctuation – Mon herbier du monde entier

Sur ce troisième disque, Ponctuation (les frères Guillaume et Maxime Chiasson) emprunte un chemin plus vaporeux et psychédélique que sur La réalité nous suffit, paru en 2015 et qui sonnait comme une tonne de briques. Reposant sur des mélodies inspirées, Mon herbier du monde entier est sans doute le disque le plus complet de la formation.

Jésuslesfilles – Daniel

Voilà 27 minutes 29 secondes de rock sacrément bien foutu. De la distorsion, des mélodies pop étonnantes et un sens de l’orchestration toujours en crescendo dramatique, bruyant, abrasif, ce Daniel, du combo montréalais Jésuslesfilles, est un beau condensé de rock pesant et accrocheur.

Dave Chose – Dave Chose

Le rock de Dave Chose ne manque pas d’authenticité, de fougue, d’énergie, de gueule, d’autodérision et de panache. Son premier album, homonyme, est un condensé de chansons grunge rock, plus ou moins folk, habilement construites. Voilà un plus qu’excellent premier album.

Klaus – Klaus

Il est franchement savoureux, ce disque du trio formé des trois cerveaux créatifs que sont François Lafontaine, Joe Grass et Samuel Joly. On nous présente 10 compositions aux mélodies vigoureuses, soutenues par des tempos invitants. Klaus a fait ici un remarquable travail d’exploration des textures sonores que l’on réécoute à profusion.

Les Louanges – La nuit est une panthère

Ce premier album complet de Vincent Roberge (Les Louanges) est une inclassable et ravissante trame lo-fi au son suggestif et planant. L’impeccable réalisation de La nuit est une panthère en fait un tout où les 14 pièces semblent indissociables les unes des autres. Une œuvre splendide.

Fuudge – Les matricides

Le groupe montréalais Fuudge nous offre un premier album décapant, véhément et puissant. Le rock stoner psychédélique un brin rétro des Matricides nous fait entrer dans un univers surréaliste, sombre et tordu, mais non sans humour. Voici un album qui fesse pour de vrai et qui fait plaisir.

 

Local pianist hits the high notes

Andrea Howick, Global Morning News, Global, 30 novembre 2018

https://globalnews.ca

Pianist, composer Alexandra Stréliski’s resume includes collaborating with Jean-Marc Vallée for his films such as Dallas Buyers Club. She joins Andrea Howick to talk about her career, what it was like to hear her music play during the Oscars and her upcoming performance at the Montreal Jazz Festival.

 

Coups de coeur culturels

André Lavoie, Martine Letarte, Etienne Plamondon Emond, Émilie Corriveau, Hélène Roulot-Ganzmann, Mélanie Gagné, Le Devoir, 24 novembre 2018

De la musique à l’objet d’art, en passant par l’exposition et les livres, l’équipe de collaborateurs des cahiers spéciaux vous propose quelques-uns de leurs coups de cœur culturels. Autant d’idées-cadeaux à déposer sous le sapin.

L’odyssée miraculeuse d’Édouard Toulaine

Édouard Toulaine est un lapin de porcelaine à la garde-robe extraordinaire. Un lapin tellement aimé par sa propriétaire, une fillette de bonne famille, que celle-ci l’emporta un jour en croisière sur un gigantesque navire. Mal lui en prit, car il tomba par-dessus bord et erra dans le fond de l’océan, avant d’être récupéré par un pêcheur bien des années plus tard. Ce n’est là que l’une des multiples péripéties que vivra ce personnage si attachant malgré ses nombreux travers, au cours d’une odyssée miraculeuse de plus d’un siècle tout autour de la planète. Il passera de mains bienveillantes en mains malveillantes avec toujours le même optimisme et la même foi dans le fait qu’il retrouvera un jour le chemin de sa maison. Un récit bouleversant à lire en famille ou à déguster seul au coin du feu avec un bon chocolat chaud. Nul doute qu’il vous fera verser quelques larmes, tantôt chagrines, tantôt joyeuses.

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H.R.-G.

Album des Fêtes : Ella Wishes You a Swinging Christmas

Si, comme moi, vous avez un faible pour la musique de Noël aux sonorités d’antan, vous aimerez sûrement l’album Ella Wishes You a Swinging Christmas. Paru sous l’étiquette Verve en 1960, il a été enregistré en studio par la célèbre chanteuse américaine Ella Fitzgerald avec la collaboration de l’arrangeur-compositeur Frank DeVol et de son orchestre. Sa version originale comprend une douzaine de titres tous aussi jazzés les uns que les autres, dont les populaires Jingle Bells, Winter Wonderland, Rudolph the Red-Nosed Reindeer et Frosty the Snowman. En 2002, Verve a concocté une réédition du classique. Celle-ci comporte six titres supplémentaires, principalement des versions alternatives de pièces qui se trouvent sur l’album original. Que vous optiez pour ce disque en format vinyle, compact ou numérique, sachez qu’il s’écoute particulièrement bien en décorant le sapin ou en confectionnant des biscuits de pain d’épice. Dans ma chaumière, il jouera sans modération tout le mois de décembre !

E.C.

Alexandra Stréliski : Inscape

Dès la première écoute, ce fut un coup de foudre. Et il a été durable. Lorsque la musique, tout en douceur, de la pianiste et compositrice montréalaise Alexandra Stréliski entre dans votre vie, vous ne voulez plus la laisser repartir. J’écoute ses œuvres lorsque je dois plonger dans un après-midi de rédaction. Les dimanches matin de farniente. Lorsque je reçois des amis à souper. On y reconnaît notamment des inspirations de Chopin et de Philip Glass. C’est beau, mélodieux, enveloppant. Son premier album, Pianoscope, dont les chansons ont beaucoup joué dans les œuvres de Jean-Marc Vallée, est aussi à découvrir. Tout le monde à qui j’ai fait écouter Alexandra Stréliski a aimé instantanément sa musique. Je vous le souhaite aussi. Qui n’a pas besoin d’un peu plus de beauté dans sa vie ?

M.L.

L’exposition Alexander Calder : un inventeur radical

Au moment où la neige s’alourdit sur le paysage, une petite visite au Musée des beaux-arts de Montréal, pour voir Alexander Calder : un inventeur radical, devient presque thérapeutique. À l’instar des mobiles de l’artiste américain, le temps est suspendu dans les salles à la scénographie aérée. Si l’exposition s’avère un peu courte, les enfants semblent demeurer longtemps devant la projection de son cirque miniature avec des sculptures en fil de fer, tandis que les adultes restent un bon moment devant ses mobiles empreints de liberté et de légèreté. Une bouffée d’air frais en cette période surchargée et effrénée qu’est le temps des Fêtes !

E.P.-E.

 Une belle tristesse pour les Fêtes

Certains jugent sa petite musique démodée. Françoise Sagan n’atteindra jamais la respectabilité littéraire d’une Marguerite Duras, mais ses romans, pleins de personnages insouciants et insoumis, ont frappé l’imaginaire. Dès son apparition dans le paysage culturel français des années 1950 avec Bonjour tristesse, qu’elle a toujours qualifié de « mince roman », sa renommée fut mondiale… et les étiquettes sur elle et son œuvre, indélogeables. Peu importe sa minceur, ce premier coup de maître, écrit alors qu’elle était adolescente, vaut le détour, ne serait-ce que pour découvrir le caractère souvent amoral de ses héroïnes. Au fil des décennies, le décor n’a que peu changé, celui d’une bourgeoisie dont elle connaissait les travers, mais elle excellait également dans l’art du portrait. Ses recueils font d’aussi beaux cadeaux que ses romans, tout particulièrement Avec mon meilleur souvenir, où elle rend hommage à des monstres sacrés : Orson Welles, Billie Holiday, Tennessee Williams, et son grand ami Jean-Paul Sartre.

A.L. 

 L’art photographique de Bijou Bolieu

J’adore le travail de la photographe et artiste Caroline Bolieu. La jeune Bas-Laurentienne a le don de saisir la poésie d’un territoire. Cherchant à faire sortir la photographie de son cadre habituel, la photographe prend la route dans sa région avec son appareil photo, et se laisse guider par sa sensibilité. Après avoir capté la beauté de ce qui l’entoure, elle crée des bijoux photographiques sous verre recyclé. Paysages de Kamouraska à Saint-Jean-Port-Joli, photos de forêt enneigée, de billots de bois, de fleurs… Chaque collier est une œuvre d’art en soi.

M.G.

 

PRESTATION

En direct de l'univers, Ici Radio-Canada Télé, 24 novembre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Un nouveau concours pour tous

Josée Lapointe, La Presse +, 22 novembre 2018

Un nouveau concours de talents est né au Québec cet automne : Québec en scène, dont la finale aura lieu dimanche soir au Club Soda.

Il a attiré pas moins de 612 participants. « Je ne suis pas surpris par ce nombre, dit l’instigateur de Québec en scène, William Plamondon. Je sais que les artistes ont besoin de visibilité et que c’est difficile pour eux de s’exprimer. »

Cette visibilité, elle se fait d’abord sur le site web de l’événement, où toutes les vidéos des participants pouvaient être regardées. On a ensuite sélectionné 15 finalistes pour chacune des trois finales régionales, qui ont eu lieu à Québec, Montréal et Gatineau. Cette sélection s’est faite à partir d’un vote du public (20 %) et d’un jury (80 %), sur la base de ces vidéos.

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Chaque finale était par ailleurs divisée en trois catégories : cinq artistes en chant, cinq en danse et cinq en variété.

« C’est le premier concours où tous les types d’artistes peuvent participer », dit William Plamondon, qui déplore que plusieurs grands concours établis, particulièrement en chant, « refusent 99 % des gens » qui s’inscrivent. « Nous, on prend tout le monde. C’est vraiment inclusif. »

Il n’y a donc pas de limite d’âge ou de barrières géographiques, précise l’organisateur, qui a été surpris par le niveau de talent des artistes lors des finales régionales. « Certains étaient vraiment exceptionnels. J’ai hâte de montrer ça à tout le monde dimanche. » On pourra donc y voir les neuf gagnants issus des finales régionales, et c’est un jury de neuf personnes qui déterminera le vainqueur de chacune des trois catégories. Les gagnants se partageront 30 000 $ en prix divers.

« Cette année était une année exploratoire, dit William Plamondon. On a regardé, on a évalué, il y aura sûrement des modifications, mais nous reviendrons l’an prochain, c’est certain. »

 

MENTION

Catherine Richer, Le 15-18, ICI Radio Canada, 21 novembre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Alexandra Stréliski et Melody Gardot en vedette au 40e Festival international de jazz de Montréal

Radio Canada, 21 novembre 2018

Le nom d'Alexandra Stréliski est sur toutes les lèvres ces derniers mois. Il le sera aussi lors du 40e Festival international de jazz de Montréal, du 27 juin au 6 juillet 2019.

La pianiste montréalaise ainsi que la chanteuse Melody Gardot, la diva Dianne Reeves, le groupe Pink Martini et le guitariste-compositeur-interprète George Benson seront les têtes d'affiche de ce 40e Festival.

Alexandra Stréliski, qui s’est produite pour la première fois au Festival en 2013, a récemment lancé son deuxième album, Inscape. Son premier album, Pianoscope, a généré plus de 15 millions d'écoutes sur Internet et sa musique néoclassique a séduit le réalisateur Jean-Marc Vallée, qui a utilisé plusieurs de ses compositions dans les films et les séries télé qu’il a tournés.

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Dianne Reeves et George Benson sur scène

Chanteuse, mais aussi pianiste et guitariste, l’Américaine Melody Gardot fera à nouveau résonner sa voix sur la scène montréalaise. Autre habituée du Festival, la chanteuse de jazz Dianne Reeves y interprétera notamment les titres de son dernier album, Beautiful Life.

Véritable légende de la guitare jazz, George Benson, notamment connu pour son succès Give Me the Night, reviendra enflammer la scène du Festival, 30 ans après sa première prestation. La chanteuse soul de Nashville Kandace Springs assurera la première partie de son spectacle.

Le Festival annonce aussi la venue du groupe Pink Martini, qui interprétera ses succès des 20 dernières années ainsi que les chansons de son dernier disque Je dis oui!, et du saxophoniste québécois Yannick Rieu pour un concert inédit, où il jouera des morceaux du grand saxophoniste de jazz John Coltrane.

À noter également les participations du Joshua Redman Quartet et, pour la première fois, du Steve Gadd Band, le groupe du batteur Steve Gadd, qui a notamment joué avec Eric Clapton et Paul Simon. Rodrigo Amarante, connu pour avoir composé la chanson du générique de la série Netflix Narcos, fera aussi entendre sa voix et ses mélodies brésiliennes au public du Festival. La vente des billets débutera le 23 novembre à midi.

 

Alexandra Stréliski : de l'intime à l'universel

Geneviève Bouchard, Le soleil, 21 novembre 2018

Alexandra Stréliski a enregistré plusieurs titres de son récent album «Inscape» dans la plus grande intimité, sur le piano Lodz qui la suit depuis ses six ans. Voilà que la pianiste s’apprête à aller jouer ses airs néo-classiques en Europe et aux États-Unis. Pas de doute, la Montréalaise multimillionnaire des plateformes de diffusion en continu a clairement un don pour cultiver le lien entre le personnel et l’universel.

De passage à Québec mercredi pour prendre part au lancement de programmation du Palais Montcalm, où elle se produira en mars, la musicienne énumère à notre demande les pays étrangers où elle s’est produite à ce jour. «Je suis allée en France et en Suisse. Là, je m’en vais en Allemagne, en Hollande, en Italie, à Los Angeles et je retourne en France», détaille celle qui a notamment pu entendre sa musique à la cérémonie des Oscars… Mais qui est loin de laisser le succès lui monter à la tête. 

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«Ce qui me flabbergaste [renverse, ndlr], c’est qu’en allant chercher le plus intime et le plus personnel à l’intérieur de moi, ça rejoint quelque chose qui est assez intéressant, observe-t-elle. Nous sommes plus semblables que nous le pensons. Dans mes shows, il y a des enfants, il y a des jeunes, il y a des gens de toutes les cultures. C’est beau à voir. Et moi, ça me donne espoir de voir qu’il y a des émotions qu’on a tous en commun.»

Musique à l’image

Même dans les épreuves, le parcours d’Alexandra Stréliski tient presque du conte de fées. «Je veux faire ça depuis que je suis toute petite, de la musique de film et des récitals de piano. Je vis vraiment la vie que j’avais imaginée», résume celle qui est née à Montréal d’une mère originaire de l’Abitibi et d’un père français. 

En terminant ses études, elle a œuvré dans la musique qu’elle dit «de commande» (publicité, cinéma, etc.) avant de proposer en 2010 Pianoscope, un premier album solo qui n’a pas tardé à faire sa marque et qui a récemment retrouvé le chemin du palmarès. Ses compositions ont notamment attiré l’attention du réalisateur Jean-Marc Vallée, qui les a incluses dans les films Dallas Buyers Club (de là sa présence musicale aux Oscars), Demolition et dans la bande-annonce de la série Big Little Lies. 

Renouveau

Quelques années plus tard, la pianiste travaille dans un studio de postproduction lorsqu’elle plaque tout, en épuisement professionnel. «Je n’étais plus au bon endroit, il fallait que je fasse autre chose, résume-t-elle. Pour moi, un burn-out, c’est quand tu travailles trop, mais c’est aussi quand tu n’es plus à ta place. J’avais l’impression de passer à côté de ma vie. C’est un signal d’alarme qui, au final, est un gros cadeau… Même si tu ne le sens pas comme ça sur le coup.»

La musicienne raconte avoir mis deux ans à remonter la pente. Deux années pendant lesquelles elle n’a presque pas touché à son piano. À la fin de son cheminement, elle a composé l’album Inscape, paru le mois dernier, qui la mènera à passer les prochains mois dans ses valises. 

«Je ne voulais pas que l’album soit trop sombre. J’avais envie de ce renouveau et c’est vraiment à ce moment-là que je l’ai enregistré. C’est vraiment un album qui parle d’une période transitoire», note celle qui dit toujours aimer faire de la musique à l’image. «Je n’ai pas envie d’arrêter», confirme-t-elle. Mais avec un agenda de pianiste soliste très bien garni merci, il faudra sans doute attendre pour les nouveaux projets...

TIERSEN, MANX ET LES AUTRES AU PALAIS MONTCALM

Outre la prestation d’Alexandra Stréliski attendue le 1er mars, le Palais Montcalm accueillera aussi dans les prochains mois le Français Yann Tiersen (31 mai), à qui l’on doit notamment la trame sonore du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Côté jazz, David Linx et le Brussels Jazz Orchestra revisiteront Brel le 7 février. Le bluesman Harry Manx s’offrira une nouvelle visite dans la capitale le 8 février et son confrère Colin James le suivra le 12 avril. Florence K, David Myles, Alex Cuba, Nick Petrowsky et Katie Moore rendront hommage à Harry Belafonte le 8 mars. Lauréats du Félix du meilleur spectacle anglophone au dernier gala de l’ADISQ, The Barr Brothers feront escale au Palais Montcalm le 20 février. 

 

5 Albums to Surely Listen to! October 2018 Edition

pwnaud, Jano Lapin, 18 novembre 2018

October was a busy month with a ton of releases on the Quebec local music scene.  From newcomers to established acts like legends Gilles Vigneault and Ginette Reno, there was a great selection to choose from! Below, we discuss the five records that clearly rose to the top for us. Without further ado, let’s present October’s finest records that you should not miss!

Pierre Guitard – Tuer la bête jusqu’à dimanche (Pop-Rock)IMG_6889

This is Pierre Guitard’s second record and his latest since he finished received the first prize at the 2017’s Festival International de la chanson de Granby.  He has since moved from his native New-Brunswick province to urban Montréal. After listening to the opening song Embrasse-moi, you can feel Guitard’s ability to compose catchy melodies and choruses. The arrangements are lively throughout the first half of the album and are a nice way to perpetuate the good summer vibes! We can also hear the infamous track Gisèle (assumed to be pictured on the album cover, with her “deux montagnes d’amour”), the record’s groovier song that includes Guitard’s pristine delivery.

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The latter half of the album is a little more eclectic with rockers like Singapour and Je t’aime.  This record also has some of the finest introspective lyrics we’ve heard in a while.  In fact, the closing song includes a one-two punch in Flancher and Mis à nu (“À chaque fois que j’ai marqué, y’avait personne dans les buts. Même si je fais l’amour, je n’m’e suis jamais mis à nu”). Definite contender for album of the year!

Favorite songs : Mis à nu, Fleur Fanée, Singapour, Gisèle, Embrasse-moi

Maïa – Plus que vive (E-Pop)

Années-lumière (French for « light years ») is the album opener, reminiscent of modern-day Mylène Farmer, and appropriately titled if you’ve been following Maïa Davies’ career. This brand new 100% French album is sonically light-years away from what she has proposed in the past (such as Ladies of the Canyon where she is a singer-songwriter). It’s not a bad thing though, Plus que vive is the perfect collection of e-pop gems to get you through the day!

Helped by Gavin Brown on the production helm, Maïa seems right at home in this new musical style. Songwriting wise, this is as good as it gets and could easily compete among the best of pop stars. Lyrically, she tackles love relationships of all forms, from the aching feeling you get while looking at your phone hoping for a sign from the loved one (Échos) to the blossoming back to life sensation associated with falling in love again (Les couleurs me reviennent).

As good as her former projects were, this album knocks it out of the park!  Take a listen and spread the word!

Favorite songs: Échos, Les couleurs me reviennent, Années-lumière, Seule comme une étoile, Ici dans les nuages

Bears of Legend – A Million Lives (Pop-Folk)

The folk band of 7-pieces from Trois-Rivière lead by Vocalist David Lavergne is back with their third album: A Millions Lives. The group, who’s currently on a Quebec tour, are already sold-out on a number of dates and it’s no surprise because their new pop-tinged folk record is one hell of an ear pleaser!

From the opener Any Road to Anywhere and throughout the album, Bears of Legend have crafted beautiful melodies that’ll warm your heart through this early cold autumn. Regardless of the band being a seven-piece, one of their biggest strength is how they arrange and mix each instrument.  Each of them getting their shining moments at the right time.  You can hear a perfect example during the crescendo in the song Isn’t it over now.

Take the time also to contemplate the beautiful artwork (inside and out) created by Étienne Milette for the record. Even with all the changes in the music industry, here’s a band that took the time to put the effort in proposing a great artful product for the fans. There’s no doubt you’ll have your money’s worth on this one!

Favorite songs: I Need It, Only You, Miracle, Isn’t it over now, Young Me (This Inner War)

Alexandra Stréliski – Inscape (Piano-Neoclassical)

Like many people, I discovered Alexandra Stréliski through her recent presence at Tout le monde en parle. For the rest of the world, she’s been discovered with her songs being included in Jean-Marc Vallée’s movies Dallas Buyers Clu,  Demolition, and more recently, in the trailer of HBO’s Big Little Lies’s series.

Close to 15 million streams later, she’s back with a new full-length album, Inscape – Eleven new instrumental mini-movie soundtracks to appease your soul. Delicate, yet powerful, there’s really something unique in Stréliski’s songwriting.  Her songs confer an ability to connect with your soul and bring vivid images to your mind. Case in point, every time the song Blind Vision starts playing, there’s this higher power that prevents me from doing anything else but closing my eyes and listen to that pure, raw beauty coming out of Stréliski’s piano. It’s beautiful as beautiful can be.

Favorite songs: Blind Vision, Burnout Fugue, Plus tôt, The Quiet Voice, Overturn

Catherine Durand – Vingt (Folk)

To celebrate her 20-years of career, Catherine Durand decided to revisit some of the best songs of her past repertoire. Those songs have been re-imagined and completely revamped by Durand to become something completely new and unique. A wonderful folk cocoon. You can read our latest interview and feature on the album and Catherine here.

Favorite songs: Coeurs Migratoires, Aujourd’hui, Marcher Droit, Le Loup

 

7 shows à ne pas manquer à M pour Montréal

Nightlife.ca, 14 novembre 2018

Pour cette 13e année, M pour Montréal s’est dépassé niveau programmation. On ne sait pas trop où donner de la tête durant la durée du festival. C’est 4 jours uniquement : il faut donc savamment sélectionner les spectacles auxquels on veut assister. Le choix est tellement difficile! On vous a donc préparé une petite liste des shows-phare pour l’occasion.

 FOUKi

Jeudi soir, on va être au show de FouKi, c’est certain! D’abord parce qu’on l’organise en collaboration avec HHPQ.com et SiriusXM. Aussi parce que le spetactacle est au profit du Garage à musique de la Fondation du Dr. Julien. Mais surtout parce que ça va incroyable. C’est LE show à ne pas manquer : une soirée 100% rap montréalais avec FouKi, Zach Zoya et Rowjay, hell yeah!

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Le spectacle aura lieu au Club Soda le 15 novembre. Les billets sont en vente ici!

 ALEXANDRA STRÉLISKI

M pour Montréal vous présente la parfaite pause-dîner : un tête-à-tête avec Alexandra Stréliski GRATUIT! Difficile de trouver une meilleure façon de terminer sa semaine...

Nos oreilles pourront se délecter à l'écoute des nouvelles pièces de la jeune pianiste qui a été découverte grâce aux films de Jean-Marc Vallée. Le court spectacle d'une heure aura lieu à la Société Saint-Jean-Baptiste sur la rue Sherbrooke le vendredi 16 novembre .

MILK & BONE

On aura la chance d'entrer dans l'univers envoûtant de Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne le 16 novembre prochain. Le duo part par la suite en tournée au Canada, aux États-Unis et en Europe, c’est donc le moment ou jamais pour aller les voir en show! Gros plus, la première partie sera assurée par le duo indie Fjord.

Le spectacle aura lieu au MTELUS sur la rue Sainte-Catherine Est, mais l'ouverture des portes sera à 20h30. Les billets sont en vente ici au prix de 34,50$ (sans les taxes ni les frais!)

 HELENA DELAND

Helena Deland est une artiste indiemontréalaise dont la musique, très douce et un peu triste, est parfaite pour accompagner les jours de pluie de novembre. Elle sera en spectacle le 16 novembre prochain au Théâtre Fairmount. Elle partagera la scène avec Tess Roby en première partie. Les billets sont 15$ en prévente.

MULTIPLY

Pour les amateurs de hip hop, le 16 novembre, c'est au Belmont que se tiendra la soirée à ne pas manquer. Ce sera le showcase de Ghost Club Records X Multiply Mtl et plus de 12 artistes seront présents dont Aaricia, Ogee Rodman et Deusgod. On pourra en plus assister au lancement de la compilation WE DON'T DIE WE MULTIPLY.

Le spectacle débutera à 22h et est réservé aux 18 ans et plus. Les billets sont en prévente au coût de 7$.

CORRIDOR

Pour ses cinq ans, Corridor fête en grand! Le quatuor montréalais composé de Jonathan Robert, Dominic Berthiaume, Julien Bakvis et Julian Perreault, nous promet une incroyable soirée ponctuée de plusieurs invités et de surprises (youpi!) On pourra danser sur un mélange de new wave fin '70, de rock psychédélique et de pop joyeuse.

C'est à partir de 22h à L'Escogriffe qu'aura lieu le spectacle. Les billets sont en vente à 18$ ici!

LOUD

Nul besoin de présentation pour cet artiste québécois. Pour la dernière journée du festival, M pour Montréal présente, à notre plus grand plaisir, le rappeur Loud accompagné de plusieurs invités. On espère que vous avez déjà vos billets parce que le spectacle est sold out depuis plusieurs semaines déjà. 

On se retrouve au MTELUS à 22h! ÇA VA ÊTRE INCROYABLE!

 

Alexandra Stréliski : L'émotion avant tout

Alain Brunet, La Presse +, 12 novembre 2018

LE RETOUR DU PIANO POP

Le succès d’Alexandra Stréliski confirme la grande popularité du « piano hipster », écrit notre journaliste Alain Brunet.

Composés pour piano seul, les extraits des albums Pianoscope et Inscape ont été écoutés plus de 29 millions de fois sur les plateformes d’écoute en continu. Pendant deux semaines consécutives après sa sortie au début d’octobre, le deuxième opus d’Alexandra Stréliski a occupé la première place des ventes sur le marché québécois.

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Comment peut-on interpréter ce succès populaire pour le moins atypique ?

« Mon équipe et moi nous en étonnons encore, répond humblement la pianiste et compositrice. Il y a d’abord une connexion du cœur, j’ose croire. Je pense avoir rejoint les gens dans leurs émotions, sûrement dans leurs références musicales. Les émotions transmises par de la musique atonale, ça marcherait pas mal moins ! »

Aussi accessible soit-elle, la redécouverte de la musique instrumentale est un facteur important, pose la principale intéressée. D’où cette déferlante de pianistes qui se posent sur des millions de listes d’écoute – Chilly Gonzalez, Agnes Obel, Nils Frahm, Jean-Michel Blais et tant d’autres… 

« Le grand public avait perdu contact avec les émotions que génère la musique classique, car cette musique a été longtemps associée à l’élitisme et la rigidité. » — Alexandra Stréliski 

« Je ne l’affirme pas avec totale certitude, mais j’ai l’impression que des émotions dormantes se réveillent à l’écoute de ma musique, estime-t-elle. Cette expérience-là renaît. Ma musique est un peu comme du pop classique. Si c’est de la musique du passé ? Je ne crois pas… et je m’en câlice un peu. »

« ROMANTIQUE DANS L’ÂME »

Née d’une mère québécoise et d’un père français aux lointaines origines polonaises, Alexandra Stréliski a commencé le piano à 6 ans. Préadolescente, elle composait déjà des mélodies et des harmonies.

« C’est la manière dont je m’exprime, mais j’ai eu un parcours assez classique ; j’ai étudié le piano à McGill et à l’Université de Montréal. Je n’étais pas une excellente lectrice de partitions, ce n’est pas naturel chez moi. Ce n’est pas comme ça que je vis la musique, c’est beaucoup plus fondé sur l’improvisation et la spontanéité. Je compose à partir d’une émotion avant que se précise la forme musicale. »

La musicienne de 33 ans se dit « romantique dans l’âme ».

« J’aime Chopin, Liszt, Brahms, Tchaïkovski, Rachmaninov, mais aussi la musique impressionniste de Ravel, Satie ou Debussy, ou encore celle des compositeurs de musiques de films – John Williams, Michael Nyman, Philip Glass, Hans Zimmer, Alexandre Desplat, etc. J’ai joué tous les compositeurs classiques, j’ai plutôt choisi de composer. »

À l’université, toutefois, elle a choisi de ne pas étudier la composition. 

« Je ne voulais pas faire un trip cérébral. Pour moi, la création est quelque chose d’instinctif, de spontané, d’immédiat. Il n’y a aucune distanciation entre le concept et l’émotion. » — Alexandra Stréliski

Alexandra Stréliski ne fait pas dans la complexité, la simplicité musicale est pour elle un choix. « Il est important pour moi d’offrir une musique accessible. Il y a toujours ce côté de moi en réaction à l’académisme de la musique classique. Lorsqu’il y a trop de complexité, d’ailleurs, tu peux perdre le contact avec l’émotion. Bien sûr, les auditeurs érudits sont plus aptes à ressentir des émotions lorsque la musique est complexe, mais la plupart des gens… non. »

Au terme d’un premier cycle universitaire, elle en a eu marre. Elle a néanmoins été repérée par des professionnels de la pub qui lui ont demandé de composer des trames sonores. Sa carrière de musicienne a ainsi démarré.

« J’ai fait ça pendant trois années, puis j’ai enregistré Pianoscope en 2010. C’est alors que j’ai travaillé au studio La Majeur, coin Bleury et René-Lévesque ; j’y gérais le département de musique originale en postproduction, je traitais toutes les demandes de nos clients – dont plusieurs agences de pub. J’encadrais aussi le travail des compositeurs et je créais aussi de la musique pour nos clients. J’ai aussi dirigé des ensembles, j’ai vécu toutes sortes d’expériences de composition et d’enregistrement. »

INTROSPECTION ET MATURITÉ

Entre-temps, le cinéaste Jean-Marc Vallée a découvert Pianoscope et en a greffé certaines pièces à ses œuvres : Prélude dans Dallas Buyers Club, Le départ dans Demolition, Bourrasques dans la télésérie Big Little Lies. Pendant que Pianoscope faisait son chemin, la vie suivait un cours difficile du côté d’Alexandra. En 2015, elle a cessé toute activité musicale destinée à la pub ou à l’audiovisuel.

« Je sentais que ma vie était à côté de moi. Mon corps a lâché, j’ai vécu deux années de grande fragilité. »

Elle a joué Pianoscope quelques fois en public, puis s’est retirée dans ses terres pour traverser l’épreuve de l’épuisement professionnel. De cette longue et douloureuse introspection est né l’opus Inscape.

« J’ai alors fait le choix de vivre ma carrière de musicienne. Aujourd’hui, je suis bien, mieux que jamais. » — Alexandra Stréliski

« L’évolution musicale de mon nouvel album se trouve dans la maturité émotionnelle. Les formes y sont un peu plus développées, chaque pièce est un univers en soi alors que Pianoscope me semble offrir plusieurs pièces en une seule », indique-t-elle.

Alexandra Stréliski s’apprête à tourner partout au pays et partout dans le monde où Inscape trouve preneurs. Elle compte rester solo, ne rien ajouter jusqu’au bout de ce cycle créatif.

« Mon propre jeu est la clé, je ne suis pas sûre que ça passerait si je n’étais pas l’interprète de ma musique. J’ai le sentiment que beaucoup de force se dégage d’une proposition solo pour piano. C’est ce que je ressens pour l’instant. Ceci étant dit, j’aimerais vraiment travailler avec un orchestre ou un chœur. Mes prochains projets pourraient être plus élaborés. »

Ainsi se répand et se répandra l’émotion Stréliski.

 

PRESTATION

Belle et Bum, Saison 16, épisode 369, Télé-Québec, 10 novembre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

ENTREVUE

Première Heure, ICI Radio Canada, 7 novembre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

ENTREVUE

Susan Campbell, Quebec AM, CBC Radio, 7 novembre 2018

 

ENTREVUE

Jessica Lebbe, Premières loges, CKRL, 7 novembre 2018

 

ENTREVUE

Émilie Rioux, Chéri(e) j'arrive, CHYZ, 7 novembre 2018

 

MENTION

Claudia Genel, Téléjournal, ICI Radio-Canada Télé Québec, 7 novembre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Palais Montcalm: une touche de Stréliski

Cédric Bélanger, Journal de Québec, 7 novembre 2018

Sensation de l’heure au Québec depuis la sortie de son album INSCAPE, Alexandra Stréliski a donné un aperçu du concert qu’elle offrira le 1er mars, au Palais Montcalm, mercredi soir.

La pianiste néo-classique sera l’une des têtes d’affiche de la programmation hiver-printemps de la salle de spectacle qui recevra aussi, dans le même registre, le Français Yann Tiersen, vedette mondiale pour sa bande sonore du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, le 31 mai.

Au piano

Aussi, au piano, lors de cette soirée de lancement qui a attiré quelques centaines de fidèles du Palais Montcalm, il y aura Florence K, attendue le 8 mars avec les autres artistes qui ont chanté sur l’album We Love Belafonte.

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Parmi les autres artistes qui passeront par le Palais Montcalm au cours des prochains mois, notons les visites de Harry Manx (8 février), d’Anoushka Shankar (30 avril), des Barr Brothers (20 février) et de Colin James (12 avril).

 

Alexandra Stréliski: de l’intime à l’universel

Geneviève Bouchard, Le Soleil, 7 novembre 2018

Alexandra Stréliski a enregistré plusieurs titres de son récent album «Inscape» dans la plus grande intimité, sur le piano Lodz qui la suit depuis ses six ans. Voilà que la pianiste s’apprête à aller jouer ses airs néo-classiques en Europe et aux États-Unis. Pas de doute, la Montréalaise multimillionnaire des plateformes de diffusion en continu a clairement un don pour cultiver le lien entre le personnel et l’universel.

De passage à Québec mercredi pour prendre part au lancement de programmation du Palais Montcalm, où elle se produira en mars, la musicienne énumère à notre demande les pays étrangers où elle s’est produite à ce jour. «Je suis allée en France et en Suisse. Là, je m’en vais en Allemagne, en Hollande, en Italie, à Los Angeles et je retourne en France», détaille celle qui a notamment pu entendre sa musique à la cérémonie des Oscars… Mais qui est loin de laisser le succès lui monter à la tête. 

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«Ce qui me flabbergaste [renverse, ndlr], c’est qu’en allant chercher le plus intime et le plus personnel à l’intérieur de moi, ça rejoint quelque chose qui est assez intéressant, observe-t-elle. Nous sommes plus semblables que nous le pensons. Dans mes shows, il y a des enfants, il y a des jeunes, il y a des gens de toutes les cultures. C’est beau à voir. Et moi, ça me donne espoir de voir qu’il y a des émotions qu’on a tous en commun.»

Musique à l’image

Même dans les épreuves, le parcours d’Alexandra Stréliski tient presque du conte de fées. «Je veux faire ça depuis que je suis toute petite, de la musique de film et des récitals de piano. Je vis vraiment la vie que j’avais imaginée», résume celle qui est née à Montréal d’une mère originaire de l’Abitibi et d’un père français. 

En terminant ses études, elle a œuvré dans la musique qu’elle dit «de commande» (publicité, cinéma, etc.) avant de proposer en 2010 Pianoscope, un premier album solo qui n’a pas tardé à faire sa marque et qui a récemment retrouvé le chemin du palmarès. Ses compositions ont notamment attiré l’attention du réalisateur Jean-Marc Vallée, qui les a incluses dans les films Dallas Buyers Club (de là sa présence musicale aux Oscars), Demolition et dans la bande-annonce de la série Big Little Lies. 

Renouveau

Quelques années plus tard, la pianiste travaille dans un studio de postproduction lorsqu’elle plaque tout, en épuisement professionnel. «Je n’étais plus au bon endroit, il fallait que je fasse autre chose, résume-t-elle. Pour moi, un burn-out, c’est quand tu travailles trop, mais c’est aussi quand tu n’es plus à ta place. J’avais l’impression de passer à côté de ma vie. C’est un signal d’alarme qui, au final, est un gros cadeau… Même si tu ne le sens pas comme ça sur le coup.»

La musicienne raconte avoir mis deux ans à remonter la pente. Deux années pendant lesquelles elle n’a presque pas touché à son piano. À la fin de son cheminement, elle a composé l’album Inscape, paru le mois dernier, qui la mènera à passer les prochains mois dans ses valises. 

«Je ne voulais pas que l’album soit trop sombre. J’avais envie de ce renouveau et c’est vraiment à ce moment-là que je l’ai enregistré. C’est vraiment un album qui parle d’une période transitoire», note celle qui dit toujours aimer faire de la musique à l’image. «Je n’ai pas envie d’arrêter», confirme-t-elle. Mais avec un agenda de pianiste soliste très bien garni merci, il faudra sans doute attendre pour les nouveaux projets...

TIERSEN, MANX ET LES AUTRES AU PALAIS MONTCALM

Outre la prestation d’Alexandra Stréliski attendue le 1er mars, le Palais Montcalm accueillera aussi dans les prochains mois le Français Yann Tiersen (31 mai), à qui l’on doit notamment la trame sonore du film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain. Côté jazz, David Linx et le Brussels Jazz Orchestra revisiteront Brel le 7 février. Le bluesman Harry Manx s’offrira une nouvelle visite dans la capitale le 8 février et son confrère Colin James le suivra le 12 avril. Florence K, David Myles, Alex Cuba, Nick Petrowsky et Katie Moore rendront hommage à Harry Belafonte le 8 mars. Lauréats du Félix du meilleur spectacle anglophone au dernier gala de l’ADISQ, The Barr Brothers feront escale au Palais Montcalm le 20 février. Détails et programmation complète au www.palaismontcalm.ca.

 

ENTREVUE

Dutrizac de 6 à 9, OMNY FM, 31 octobre 2018

[ Écoutez l'extrait ]

 

ENTREVUE

Stingray PausePlay, 31 octobre 2018

https://www.youtube.com

 

ENTREVUE

Médium Large, ICI Radio Canada, 30 octobre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

ENTREVUE

Salut Bonjour Weekend, TVA , 28 octobre 2018

 

Alexandra Stréliski - Inscape

Louis-Philippe Labreche, Le canal auditif, 25 octobre 2018

La pianiste montréalaise Alexandra Stréliski lançait il y a quelque temps son deuxième album intitulé Inscape. Celui-ci arrive 8 ans après son prédécesseur Pianoscope. Pourquoi? Stréliski n’a pas chômé se concentrant sur la musique sur commande que ce soit pour de la pub, de la musique de film et de théâtre. Si cette musique sur commande est une bonne façon d’apprendre à faire son métier, c’est aussi ça qui l’a mené vers la dépression.

Cette dépression a servi en quelque sorte de point de départ pour Inscape qu’on peut voir comme le voyage intérieur. Malgré cette thématique, les doigts de Stréliski, un peu comme ceux de Yann Tiersen, sont plus de genre à évoquer des images et des atmosphères de scènes de cinéma. Malgré ces thèmes plutôt noirs, la musique de la pianiste évite de sombrer dans l’abysse. Burnout Fugue tente par tous les moyens de se sauver de la morosité. Elle le fait à toute vitesse, à un rythme effréné, comme se lancer dans la danse quand on a le cœur en miette ou encore simplement la fuite quand l’anxiété nous pourchasse. C’est très efficace.

[ • • • ]

D’ailleurs, l’efficacité est une caractéristique très présente dans les compositions de Stréliski qui n’étire pas le propos plus qu’il n’en faut. Les pièces varient de 2 minutes 17 à 4 minutes 17. Elle ne passe pas par quatre chemins pour se rendre au point. On retrouve certains attributs des albums de Jean-Michel Blais dans son néo-classicisme, bien qu’elle est plus douée pour peindre des fresques alors que Blais nous peint des émotions qui souvent nous dépassent.

Plus tôt qui ouvre l’album n’est pas sans rappeler les rues touristiques désertées, les rares fois où cela arrive un mardi après-midi. Comme si tout le monde avait foutu le camp, alors que ce n’est simplement qu’une pause. Par la fenêtre de Théo rappelle les trames d’Amélie Poulain et leur charme indéniable. On y retrouve des trames qui évoquent la vielle animation 2D de Montréal au début des journées à Radio-Canada dans les années 90. Avec l’oiseau qui s’envole et suit le Canada de bord en bord. Le nouveau départ qui clôt l’album se fait un peu hésitant au début. Stréliski fait preuve de nuance dans son doigté et nous emmène tranquillement hors de la noirceur et vers un semblant d’espoir qui renaît. Mais on sent toute la fragilité qui habite toujours la compositrice alors qu’elle pianote les dernières notes d’Inscape.

C’est un album bien réussi pour Alexandra Stréliski qui nous ouvre un peu la porte de son jardin secret. C’est aussi un album idéal pour le néophyte en néo-classique, car ses trames sont accessibles, dénuées d’arrogance et prêtent à être savourée.

 

MENTION

Y'a des matins, ICI Radio Canada, 24 octobre 2018

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« Ma musique fait rêver les gens »

Cédric Bélanger, Journal de Québec, 21 octobre 2018

La musique d’Alexandra Stréliski a d’abord piqué la curiosité des gens qui l’ont entendue à la soirée des Oscars, en 2014, grâce aux nominations récoltées par le film Dallas Buyers Club, de Jean-Marc Vallée. Quatre ans plus tard, les mélodies néoclassiques à saveur pop de la pianiste québécoise ont manifestement élu domicile dans le cœur de nombreux mélomanes.

Jugez-en par vous-même. À sa sortie, le 5 octobre, son album INSCAPE s’est hissé au second échelon du palmarès des ventes d’iTunes et a, dans la foulée, tiré dans le top 10 son seul et unique album jusqu’alors, Pianoscope, paru en 2010. Sans surprise alors, INSCAPE a été l’album québécois le plus vendu de la dernière semaine.

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Stréliski, Montréalaise d’origine polonaise, est aussi l’une des rares artistes québécoises dont les écoutes se comptent en millions sur Spotify. Berceuse, pièce tirée de son premier opus, a même franchi le cap des 13 millions d’écoutes.Tout cela attire l’attention à l’étranger. La semaine dernière, elle faisait partie de la délégation québécoise qui a pris part au MaMA Festival, à Paris. Le Billboard, publication prestigieuse, vient pour sa part d’en faire « une des nouvelles vedettes du classique moderne ». Rien de moins.

Au bout du fil, Stréliski hésite quelques secondes quand on lui demande si elle sait pourquoi sa musique touche autant les gens.« Je sais que ça les fait rêver, que ça leur permet d’avoir des images dans leurs têtes. J’ai l’impression aussi que ma musique ramène le monde à leurs émotions et à leur cœur. Ça fait du bien. On en a besoin de nos jours et c’est ce que je reçois comme témoignage. »

Sortir de sa zone

Âgée de 33 ans, Alexandra Stréliski a d’abord mis son talent au service de l’industrie de la pub, un travail qui lui assurait une stabilité financière. Or, l’année dernière, elle a décidé de laisser tomber ce filet de sécurité et de composer de la musique pour elle-même.

Cette réorientation de carrière a amené la musicienne à sortir de sa zone de confort à plus d’un niveau. Entre autres, elle devra affronter le public sur une scène. Son lancement d’album à Montréal, la veille de notre entretien, était son « 6e ou 7e concert à vie ».

« C’est vraiment exigeant pour moi de jouer sur scène. Ça me prend beaucoup de concentration et d’ouverture parce que ce sont des pièces qui sont intimes. En même temps, ça fait de beaux moments parce que les spectateurs vont aussi dans leur intimité. »

Les mêmes ondes que Vallée

Stréliski adore faire de la musique de film. À cet égard, sa rencontre avec Jean-Marc Vallée a été une bénédiction. En plus d’utiliser des pièces de la pianiste dans Dallas Buyers Club, Demolition et Big Little Lies, le cinéaste québécois lui a demandé un concerto sur mesure pour sa nouvelle série Sharp Objects. Elle a aussi créé le thème du troisième épisode. La collaboration a été un charme, confie-t-elle.

« Je savais que si j’aimais ça, il allait aimer ça. On vibre un peu sur les mêmes ondes artistiques. »

Cette visibilité que lui ont procurée les projets de Vallée, on s’en doute, a fait sonner son téléphone de plus en plus souvent. Mais Stréliski évite sagement de trop encombrer son emploi du temps.

« En ce moment, je ne prends pas beaucoup de projets, car je me consacre à la sortie de l’album. Mais j’ai envie d’en faire. Je veux que la musique de film reste dans ma vie. »En concert le 22 février 2019 au Théâtre Outremont, à Montréal, et le 1er mars 2019 au Palais Montcalm, à Québec.

 

L'automne musical féminin en six albums

Martin Vanasse, ICI Radio Canada, 19 octobre 2018

L'automne est arrivé avec une kyrielle de nouveaux albums aux multiples couleurs. Qui plus est, plusieurs sorties sont teintées au féminin. Retour sur six sorties du mois qui ont particulièrement retenu l'oreille de notre reporter culturel.

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Alexandra Stréliski - Inscape

La pianiste trentenaire nous offre son deuxième album sous le signe de l’introspection. Un magnifique disque où elle transpose en musique ses états d'âme, avec beaucoup d’émotion et de vulnérabilité. Dans la foulée de ses comparses masculins, Chilly Gonzales et Jean-Michel Blais, ses pièces bousculent, touchent et émeuvent. Simple. Accessible. Que du beau et du bon.

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Inscape

Philippine de Tinguy, Journal Metro, 19-21 octobre 2018

Si son nom vous est inconnu, sa musique est forcément arrivée d'une façon ou d'une autre jusqu'à vos oreilles. Parce qu'Alexandra Stréliski en a imaginé, des mélodies. Après avoir composé des airs sur commande pour diverses publicités et prêté des pièces de son premier album, Pianoscope, à Jean-Marc Vallée pour Dallas Buyers Club, Demolition et Big Little Lies, la discrète pianiste néoclassique revient avec une oeuvre plus personnelle. Son deuxième opus, Inscape, est empreint de beauté, de mélancolie et de renouveau, comme témoignent les titres "Changing Winds", "The Burnout Fugue" et "Le nouveau départ". Sublime!

 

MENTION

Par ici l'info, ICI Radio Canada, 16 octobre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

L'Inscape d'Alexandra Stréliski

Bella Richard, Éklectik Média, 12 octobre 2018

Au lendemain du lancement d’Inscape, le nouvel album – le deuxième – de la pianiste Alexandra Stréliski, qui se tenait au Centre Phi à Montréal, hier soir, je cherche encore les mots, les bons, les plus justes. C’est normal, me direz-vous simplement : c’est que je suis restée sans voix à la suite de sa prodigieuse prestation! Pourtant, même si vous marquez un point, je vous assure qu’il est incroyablement difficile de mettre des mots, d’aligner des phrases les unes après les autres, face à ce qui parle déjà tant de soi. Il me paraît tout à fait impossible de m’exprimer intelligiblement pour décrire une création aussi pure, une œuvre à ce point complexe, d’émettre une pensée sur ce qui ne s’explique pas, mais se vit. Je signe : aucun mot n’arrive à la hauteur des mesures de ses partitions, car sa musique en elle-même est un langage, qui, certes, lui est propre, mais qu’elle nous partage, qu’elle nous livre, généreusement, à cœur dénudé, dans une aisance désarmante. Ce n’est pas seulement les cordes de son piano qu’elle fait vibrer, mais le corps entier de celui-ci, et le corps de son public. Pour Alexandra Stréliski, le piano n’est pas un instrument, non, mais une extension de son âme.

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Et c’est ce que sut nous véhiculer la pianiste en ce soir de Première.

Stréliski vacilla entre Pianoscope – son premier album – et ses nouveaux morceaux. Elle laissa ses mains s’épancher sur chacune des touches de son piano à queue pour nous raconter la plus belle des histoires… Celle de son cheminement personnel, de sa quête intérieure, de son humble parcours, de ses émotions tantôt joyeuses et nostalgiques, tantôt orageuses, mais toutes mises à nu, bref, l’histoire de son inscape. Elle fit voyager notre imaginaire, nous plongeant dans les projections de lumières et d’images qui accompagnaient le flot de ses partitions hypnotiques. Elle nous toucha, tous sans exception, dans nos profondeurs respectives. Un point de mire qu’elle devrait conserver précieusement et transporter d’une performance à l’autre, d’ailleurs!

La pianiste était dans une forme remarquable, hier soir : elle nous accrochait, souffle coupé, à chacune des notes. Si parfois, le public souriait, c’est dans l’instant d’ensuite qu’il pleurait ou retenait ses larmes, touché par tant de sensibilité, devant tant de talent et de grandeur.

Le réalisateur Jean-Marc Vallée (notamment, Dallas Buyers Club [cinéma, 2013], Big Little lies [télévision, 2017] et Sharp Objects [télévision, 2018], dans lesquels nous pouvons entendre la musique d’Alexandra Stréliski, respectivement, tirés de Pianoscope: Prélude, Le départ et Bourrasques) qui était présent pour l’occasion, hier soir, est ressorti du spectacle impressionné et est reparti inspiré, d’attaque. Une merveilleuse nouvelle pour la pianiste qui aura fort probablement de nombreuses autres occasions de collaborer avec l’artiste en ajoutant sa touche mélodieuse à ses futurs projets! Gageons que nous aurons bientôt la chance d’entendre ses pièces Burnout fugue et Overturn dans nos écrans, ou dans une prochaine cérémonie des Oscars.

Stréliski est une artiste accomplie, une artiste à surveiller de près… de très près. Je vous prédis que nous n’avons pas fini d’en entendre parler. Ce n’est qu’une sublime envolée. Un départ serein et tranquille pour la poursuite de son X.

Ce sont les Parisiens qui seront heureux de se laisser bercer par ses compositions le 18 octobre… Et, à son retour au Québec, le Théâtre Outremont est déjà comble pour son spectacle du 22 février prochain! À votre place, je filerais tout de suite acheter vos billets pour l’une ou l’autre de ses prochaines représentations, car ils s’envolent à une vitesse fulgurante!

 

Tout le monde en parle - Meilleures que les chefs

Richard Therrien, Le Soleil, La Presse +, 8 octobre 2018

Il y avait quelque chose de symbolique, hier soir, à voir ces quatre députées récemment élues à Tout le monde en parle, alors qu’un nombre record de femmes ont remporté leur siège à l’Assemblée nationale. Et elles étaient pas mal plus intéressantes que leurs chefs. « Il y a deux semaines, c’est pas les chefs que j’aurais dû inviter, c’est vous quatre », leur a lancé Guy A. Lepage après le segment le plus captivant de la soirée.

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DE LA PUB AU PIANO

On a entendu la magnifique musique d’Alexandra Stréliski, qui enveloppe souvent les images de Jean-Marc Vallée, tant au cinéma qu’à la télé. L’entrevue avec la pianiste et compositrice montréalaise a bifurqué vers le burn-out qui l’a amenée à quitter le monde de la publicité pour revenir aux sources. Au plus fort de sa carrière en pub, elle composait 40 jingles par année, assez pour s’épuiser. Elle a parlé d’« un épisode très difficile », après lequel elle a décidé de se consacrer entièrement à la composition de son deuxième album, Inscape.

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ENTREVUE

Tout le monde en parle, ICI Radio Canada, 7 octobre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Inscape : les paysages intérieurs d’Alexandra Stréliski, entre force et fragilité

Nathan LeLièvre, ICI Musique, 5 octobre 2018

Inscape, comme le veut la définition de ce mot anglais, c’est la représentation poétique du paysage intérieur d’un être. Le titre est bien choisi pour ce nouvel opus de la discrète et puissante Alexandra Stréliski.

Au premier coup d’œil, il est évident qu’on a affaire à une introspection; c’est l’intimité de l’artiste exposée en musique. C’était l’intention d’Alexandra Stréliski, et certains titres nous l’annoncent clairement : The Quiet Voice, Changing Winds, The Burnout Fugue et Le nouveau départ. La création d’Inscape est en fait arrivée à un moment particulièrement mouvementé dans la vie d’Alexandra : elle venait de choisir de quitter son travail de compositrice salariée en publicité pour se consacrer davantage à son art. Victime d’un épuisement professionnel, elle a dû ralentir et se mettre en priorité.

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Ce n’est donc pas un hasard si on retrouve le piano au premier plan sur Inscape. C’était aussi le cas sur son album précédent, sauf que cette fois, la prise de son est si hautement sensible qu’on entend même le mouvement subtil et délicat des touches du clavier… ou sont-ce les marteaux? Qu’importe, quand on se ferme les yeux, on a l’impression de se retrouver seul avec la pianiste et qu’elle joue rien que pour nous. Interlude semble être l’exception à la règle de l’esthétique dépouillée; les arpèges de la pianiste y sont plutôt enveloppés d’effets éthérés et synthétiques, sans pour autant détonner.

On peut très bien connaître Alexandra Stréliski sans le savoir. Sa musique résonne depuis plusieurs années sur la scène internationale. Jean-Marc Vallée a fait appel à trois créations de son premier album, Pianoscope (2010), par le passé : Prélude dans Dallas Buyers Club, Le départ dans Demolition, et Bourrasques pour la bande-annonce de Little Big Lies.

Plus tôt, la première pièce d’Inscape dévoilée au public le printemps dernier, a quant à elle été entendue dans Sharp Objects, une série diffusée sur le réseau HBO.

La musique d’Alexandra Stréliski est à la fois fragile et tenace. Autant elle nous remue, autant elle se fait réconfort, comme notre douillette préférée un jour de pluie. Autant elle est songée, autant elle demeure accessible et évite de tomber dans la prétention. C’est d’abord et avant tout une musique évocatrice et émotive. On s’y retrouve, on s’y reconnaît, sans avoir à se poser de questions sur sa structure. Alexandra Stréliski a récemment confié à La Presse que « ralentir fait désormais partie de [sa] démarche artistique ». Avec Inscape, elle nous rappelle que chacun aurait avantage à ralentir et à se donner la force de se choisir soi-même.

 

MENTION

Jean-François Cyr, 98, 5 fm, 5 octobre 2018

La pianiste québécoise Alexandra Stréliski propose un nouvel album de musique instrumentale intitulé INSCAPE.

Certains extraits de l’album ont reçu une immense visibilité cet été grâce à la minisérie de HBO Sharp Objects, réalisée par Jean-Marc Vallée.

Artiste d’origine juive polonaise ayant grandi entre Paris et Montréal, Stréliski a fait ses débuts avec son album Pianoscope, paru en 2010.

Elle a été révélée au grand public à travers les films Dallas Buyers Club (2013) et Demolition (2016) du Québécois Jean-Marc Vallée. Plus récemment, on a entendu son travail via la bande-annonce de la respectée série télé Big Little Lies (HBO, 2017), également réalisée par Vallée.

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«C'est sûr que la portée de l'oeuvre de Jean-Marc est très grande. Donc, plus de gens découvre ma musique, même de manière inconsciente. [...] À l'heure actuelle, ça me sert beaucoup puisque je sors un deuxième album. Il a un peu mis son approbation [sur mon travail]. C'est une vraie chance.»

Auparavant, Stréliski a travaillé dans le monde de la publicité. Elle y évolue encore, mais de façon plus spontanée. «Je faisais de la musique au service de quelque chose. Je n’ai pas l’intention d’arrêter, mais c’était trop régulier. […] Ça été une excellente école, mais c’était des montagnes russes...»

«J’ai frappé un mur. J’ai vécu une grosse crise qui a mené à INSCAPE. C’est la deuxième fois que je crée des albums en réaction au monde de la publicité.»

L’opus est déjà disponible via la maison de disque montréalaise Secret City Records. 

https://www.985fm.ca

 

Nouveautés musicales du 5 octobre 2018

François Valenti, Caisse de son, 5 octobre 2018

Une autre belle semaine de nouveautés de toutes sortes avec des sorties pour Cat Power, Twenty One Pilots, Bears Of Legend, Tokyo Police Club, Alexandra Streliski, Cursive, Fucked Up, Coheed And Cambria, Millimetrik, KT Tunstall, Behemoth, Phosphorescent, The Marcus King Band, la bande sonore du film A Star Is Born avec Lady Gaga et plus ! Du côté francophone, des nouveaux disques pour Catherine Durand, Safia Nolin, Jean-Pierre Ferland, Pirouettes, Pierre Guitard et MHD.  Voici la liste complète des sorties musicales en ce vendredi 5 octobre 2018.

 

PERFORMANCE

RDI Matin, 5 octobre 2018

 

@alexstreliski ‏- Inscape 7.5/10

Frédéric Bussières, Poste d'écoute, 5 octobre 2018

J’aime bien le Néo-Classique à la Chilly Gonzales et Alexandra Stréliski s’y intégré parfaitement. À défaut d’entré une musique très émotive, elle possède, chez Stréliski, une aisance à interagir avec notre imaginaire afin d’en faire jaillir des images (après tout Alexandra vient du monde de la publicité). Inscape se présente comme un voyage intérieur mais sans voyeurisme.

 

ENTREVUE

Le téléjournal, ICI Radio Canada, 5 octobre 2018

[ Écoutez l'extrait ]

 

MENTION

Esprit Critique, ICI Radio Canada Artv, 4 octobre 2018

https://ici.artv.ca

 

PRESTATION

Stingray Music, 4 octobre 2018

www.facebook.com/stingray.music

 

ENTREVUE

Gravel le matin, ICI Radio Canada, 4 octobre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

MENTION

Le 15-18, ICI Radio Canada, 2 octobre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Pour Alexandra Stréliski, le piano est un refuge

Philippe Renaud, Le Devoir, 2 octobre 2018

Alexandra Stréliski insiste : « Je n’ai pas composé cet album pendant ma dépression, ç’aurait été trop dark… » Elle le sait parce qu’elle a essayé. Chez elle, puis dans un chalet, ou réfugiée chez son ami Chilly Gonzales quand elle a touché le fond, chaque fois traînant avec elle son vieux piano droit, « mon piano à moi que j’ai depuis que j’ai six ans ». Quatre lieux différents avant d’aboutir en studio pour enfin enregistrer Inscape, son second album, qui paraît vendredi chez Secret City Records. Jamais sans son instrument. « Je connais super bien les déménageurs de pianos », lance-t-elle en souriant.

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L’anecdote rappelle combien la relation entre le musicien et son instrument est symbiotique. « Tu ne peux pas avoir plus direct, en terme de charge émotive », que d’entendre ce piano sur lequel furent composées, puis enregistrées, les onze pièces originales d’Inscape, cette fenêtre ouverte sur l’intime de la musicienne qui ne cache pas son admiration pour l’oeuvre de Frédéric Chopin, la première référence qui nous saute aux oreilles en découvrant son nouvel album.

« C’est indéniablement une grosse influence, abonde Alexandra. J’ai grandi avec Chopin. C’est un mélodiste d’abord, Chopin. Chacune de ses mélodies est comme un thème d’opéra… Je suis moi-même une mélodiste ; j’aime les thèmes qui racontent quelque chose », dit-elle, ajoutant au passage qu’elle a en commun avec le célèbre compositeur des racines européennes : « Je suis née à Montréal, mais mon père est français, et son arrière-grand-père était juif et polonais. »

Faire résonner l’intime

Enfant, elle entre au Conservatoire, puis décroche un baccalauréat en musique générale et piano classique à l’Université de Montréal, avant de se diriger vers le domaine de la « musique sur commande, beaucoup de pub, du documentaire, de la musique pour le cinéma », nommément les musiques des films de Jean-Marc Vallée, dont Dallas Buyers Club — sa composition avait même été entendue durant la cérémonie des Oscar en 2014. « Beaucoup de création, mais toujours au service de quelqu’un. » Elle assure avoir appris énormément sur son métier en oeuvrant dans un studio de création musicale, c’est cependant aussi ce qui aura provoqué sa chute, explicitement exprimée sur la huitième pièce de l’album, intitulée Burnout Fugue.

 On a voulu faire de moi une pianiste classique, ça ne m’intéresse pas, c’est trop rigide

— Alexandra Stréliski

« Je voulais dire cette chose, mais je n’avais pas allumé que j’allais ensuite me faire poser autant de questions là-dessus, raconte en souriant Alexandra. Résultat : je parle beaucoup de ma vie personnelle. Mais je me dis : tant qu’à parler, autant dire quelque chose. La dépression, tellement de gens la connaissent… Ce n’est pas un tabou, c’est un passage d’une vie, ça fait du bien d’en parler. Et ça fit avec ma démarche au piano : je partage quelque chose de très intime, ensuite, ça résonne ou ça ne résonne pas dans l’intimité des gens. On est nombreux à vivre la dépression, pourquoi ne pas en parler ? »

La musique sur commande est un bel apprentissage du métier, mais peu gratifiant quand on aspire à plus. « Moi, ce qui m’a fait crasher, c’est de ne pas être à la bonne place dans ma vie. J’ai trop fait les choses pour les autres. » Elle a tout balancé, le job confortable, les contrats qui défilent, pour se soigner l’âme et l’inspiration.

Pas une note de trop

Paraissant presque huit ans après son premier disque (Pianoscope), Inscape sonne magnifiquement bien. Or, il ne nous aura pas échappé que le matriçage de la chose fut confié au réputé compositeur électronique expérimental américain Taylor Deupree, aussi patron de l’étiquette12K, que Stréliski a recruté après avoir remarqué son travail sur la bande originale du film Lion, composée par les pianistes Dustin O’Halloran et Hauschka. « C’est difficile de bien enregistrer et masteriser le piano solo, et je sentais qu’il avait de l’expérience là-dedans. Il a vraiment fait une belle job : le son est chaud, c’est rond, imparfait, pas trop contrôlé. J’ai été impressionné par son travail. »

Dense et dynamique, Inscape ne comporte pas une note en trop. Alexandra Stréliski est une compositrice qui va droit au but, une mélodiste douée possédant aussi un solide sens du rythme. « Je fais de la musique néo-classique-cinématographique-pop », explique-t-elle, soulignant les influences de Glenn Gould, Yann Tiersen ou Philip Glass. « J’aime que ma musique soit accrocheuse, qu’on comprenne l’idée derrière et que ce soit accessible. Je ne dirai jamais que je fais de la musique classique ; on a voulu faire de moi une pianiste classique, ça ne m’intéresse pas, c’est trop rigide. Ma manière, simple et condensée, de composer est en réaction à la musique classique. Je ne veux pas développer tel genre de sonate, je ne veux pas être avant-gardiste, je veux simplement faire de la pop pour toucher le coeur du monde. »

 

Alexandra Stréliski : le nouveau départ

Olivier Boisvert-Magnen, Voir.ca, 2 octobre 2018

À 33 ans, Alexandra Stréliski a choisi de se faire confiance. Après avoir tergiversé dans le monde de la pub à titre de compositrice, la pianiste néoclassique se dévoile avec humilité et sensibilité sur Inscape, un deuxième album qui fait le point sur «une zone transitoire», une période instable durant laquelle elle a dû tout laisser s’écrouler pour mieux reconstruire.

«J’ai écrit cet album-là dans un moment trouble de ma vie: burn-out, dépression, séparation, déménagement… Ç’a été une grosse remise en question de vie sur deux ans», confie la compositrice d’origine juive polonaise. «Inscape a été enregistré vers la fin de cette période-là, dans la zone transitoire. Dans ma tête, c’est très clair quelle toune est associée à quel moment, à quel mood. Il y a des pièces qui précèdent ma crise existentielle (Plus tôt), d’autres qui sont en plein dedans (Blind Vision) et d’autres qui viennent après (Le nouveau départ).»

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Mélancolique et touchant, sans être trop sombre ni larmoyant, Inscape nage dans les mêmes eaux que son prédécesseur Pianoscope. Paru à la fin 2010 sur Bandcamp, ce premier album autoproduit misait sur une esthétique tout aussi dépouillée, laissant place aux émotions brutes d’une artiste alors en pleine découverte de son potentiel. «J’avais surtout fait cet album-là pour que mes parents soient contents. Même si j’avais pas du tout d’attentes, je cherchais secrètement à attirer des réalisateurs pour faire des collaborations. Composer de la musique de film, c’est mon rêve depuis que je suis toute petite.»

Ce rêve a pris forme lorsque Jean-Marc Vallée l’a contactée pour utiliser Prelude dans son film Dallas Buyers Club en 2013. Quelques mois plus tard, la pièce jouait lors de la cérémonie des Oscars. «C’était impensable comme moment. Encore aujourd’hui, je suis surprise de voir que ma musique a le pouvoir de rejoindre autant de gens. Surtout, je suis honorée qu’elle ait pu rejoindre Jean-Marc Vallée qui, à mon avis, est l’un des réalisateurs qui représente le mieux la complexité des humains dans ses films. Être associée à lui, c’est out of this world», dit celle qui a également collaboré avec le cinéaste pour Demolition et la bande-annonce de la série Big Little Lies. «J’aime la contrainte de composer de la musique spécifiquement pour un film, en respectant la vision du réalisateur ou en me mettant dans la peau d’un personnage. C’est vraiment intéressant comme façon de créer, mais c’est sûr que je m’exprime avec beaucoup plus de liberté sur mes albums. C’est à travers eux que je peux vraiment transposer mes états d’âme.»

Et Stréliski se livre dans toute sa vulnérabilité sur Inscape, album coréalisé par son fidèle ami Maxime Navert et enregistré au studio PM à l’automne 2017. Par leurs titres et leurs ambiances, ces 11 nouvelles compositions peignent une fresque des années mouvementées de la chanteuse. «Le milieu de la pub était vraiment stressant et, à un moment donné, j’ai compris que c’était vide de sens de composer de la musique pour vendre quelque chose à des clients. J’ai compris que j’étais à côté de mes bottines, que j’étais en train de m’oublier. Au lieu de porter mon projet musical au quotidien et de le vivre pleinement, je me retrouvais à travailler pour les autres. Je savais où je devais aller, mais je n’y allais pas.»

En arrêt de travail, la Montréalaise a donc pris du recul. Entre ses séances chez le psychologue, l’ostéopathe et l’acupuncteur, elle a composé son deuxième album sur son piano Lodz (qu’elle traîne depuis l’enfance), sans chercher à vouloir profiter au plus vite de l’attention médiatique reçue dans la foulée des Oscars. «J’avais besoin de vivre quelque chose avant de sortir un album. Finalement, je l’ai eu mon cadeau… Un cadeau empoisonné, difficile à vivre, mais un cadeau quand même. Sans aller jusqu’à dire que la musique a été une thérapie, je peux dire qu’elle m’a aidée à exprimer ce que je ressentais. Maintenant, la thérapie se poursuit, car je dois interpréter cet album-là devant les gens. Avant, j’avais peur de témoigner ma vulnérabilité aux gens. J’avais l’impression que l’émotion allait être trop forte.»

Avec à peine une quinzaine de spectacles en carrière (dont une dizaine dans les derniers mois), Stréliski se dit plus à l’aise que jamais sur scène. Sa signature avec l’étiquette indie montréalaise Secret City Records (Patick Watson, The Barr Brothers) lui a ouvert des horizons à l’international, et elle entrevoit la prochaine année avec optimisme et fébrilité.

Aux côtés de Chilly Gonzales et Jean-Michel Blais, elle fait partie d’un courant de compositeurs québécois qui rejettent les conventions et l’hermétisme propres au milieu de la musique classique. «Je remarque qu’on a tous étudié dans un conservatoire et qu’on a tous, à notre façon, réagi à la rigidité de l’académisme. D’une certaine façon, on symbolise un courant plus ouvert en termes de commercialisation de la musique classique. En ce moment, on a un succès sur les plateformes de streaming, et les labels d’ici se rendent compte de notre potentiel, qui ne se limite pas au marché local, analyse-t-elle. C’est spécial, mais actuellement, on dirait que le public redécouvre la musique classique. Un peu comme si on l’avait oubliée et que, là, elle recommençait à s’adresser à nos émotions.»

Inscape 

(Secret City Records)

sortie le 5 octobre

11 octobre au Centre Phi (Complet)

22 février 2019 au Théâtre Outremont

1er mars 2019 au Palais Montcalm

 

MENTION

Médium Large, ICI Radio Canada, 1 octobre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

ALEXANDRA STRÉLISKI - Inscape

ELLE Québec, Édition octobre 2018

Le nouveau son de Montréal serait-il néoclassique? Avec le succès du pianiste Jean-Michel Blais, on peut dire que cette musique instrumentale a le vent dans les voiles. L'une des plus brillantes représentantes du genre s'appelle Alexandra Stréliski, et si vous avez fréquenté le travail de Jean-Marc Vallée, de Dallas Buyers Club à Sharp Objects, vous avez sûrement croisé l'une de ses mélodies. Sur Inscape, elle tourne son regard vers l'intérieur, et même sans paroles, elle arrive à explorer avec délicatesse tous les reliefs de la condition humaine.

 

L'artiste à découvrir :  ALEXANDRA STRÉLISKI

Coup de Pouce, Édition octobre 2018

Révélée au grand public grâce aux films Dallas Buyers Club (2013) et Demolition (2016) de Jean-Marc Vallée, la pianiste néoclassique et compositrice Alexandra Stréliski présente aux mélomanes ses paysages intérieurs via son nouvel album, Inscape. Pour constater l'étendue du talent de la musicienne, on écoute Pianoscope, un premier album sorti discrètement sur YouToube, et qui, à ce jour, a été l'objet de plus de 15 millions de clics. Inscape, offert dès le 5 octobre.

 

MENTION

Culture Club, ICI Radio Canada, 29 septembre 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Alexandra Stréliski déconstruit son nouvel album Inscape

Olivier Boisvert-Magnen, Centre Phi, 20 septembre 2018

Avec son deuxième album Inscape, la pianiste néoclassique Alexandra Stréliski se délivre d’une période tortueuse de sa vie, essentiellement marquée par une dépression. «En fait, c’est un album qui raconte ma vie. Des fois, faut que j’écoute ma musique pour savoir comment je me sens», confie la pianiste montréalaise de 33 ans, qui travaillait auparavant comme compositrice dans le milieu de la publicité. «Chaque pièce de Inscape renvoie à un moment précis de mon parcours.» Attablée dans un café du centre-ville, elle nous relate en détails l’histoire de chacune de ses 11 nouvelles compositions instrumentales.

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Plus tôt

C’est l’une des premières pièces que j’ai écrites pour l’album. Elle représente l’espace-temps juste avant ma période sombre, juste avant que je me doute de quoi que ce soit. Elle est l’empreinte émotionnelle qu’il me reste de ma période pré-crise, à un moment où je n’étais pas encore consciente que la vie allait me changer, que des choses allaient m’arriver. Clairement, on perçoit une naïveté et une nostalgie quand on l’écoute. D’ailleurs, le clip représente bien la chanson, car on y voit des souvenirs, autant des images d’archives familiales de la réalisatrice Edith Jorisch que des vieilles archives vidéo de l’Office national du film.

The Quiet Voice

C’est la petite voix qui me murmure doucement à l’oreille que quelque chose veut changer. Quand je l’ai composée, j’ai mis les deux sourdines sur le piano, ce qui a donné un son très, très feutré. Comme si quelque chose d’encore imperceptible, d’encore trop sourd, voulait me parler. Il faut vraiment tendre l’oreille pour entendre ce qu’elle veut dire, cette voix-là. En quelque sorte, elle me dit que la tempête arrive.

Par la fenêtre de Théo

Théo, c’était mon beau-fils avant que je me sépare, un petit garçon que j’ai élevé pendant cinq ans, quelqu’un de super important dans ma vie. J’ai écrit cette chanson sur le piano de mon enfance en le regardant apprendre à marcher, en me mettant dans sa peau. C’est l’un des côtés plus lumineux de l’album.

Ellipse

Celle-là, c’est la dernière que j’ai écrite, et je l’ai même un peu improvisée en studio. Je la vois comme la scène dans un film qui laisse présager ce qui s’en vient. À ce moment, je connaissais le fil narratif de mon histoire et je savais qu’il manquait quelque chose pour le compléter, soit une chanson très intérieure et très douce qui viendrait amorcer un changement temporel. C’est l’une de mes préférées, car elle est très spontanée dans sa livraison et dans sa composition. Je la trouve magnifique.

Changing Winds

C’est le souffle du changement qui, tranquillement, s’installe. Elle symbolise ce moment où j’ai accepté que j’avais des choses à changer dans ma vie et que, par conséquent, ce moment allait entraîner beaucoup de destruction, autant au niveau professionnel que personnel. D’une certaine façon, tout était figé, et je devais tout faire exploser pour éventuellement tout reconstruire. C’est une chanson très intime et moody, un peu inspirée par John Cage. Elle s’est construite sur plusieurs années.

Interlude

C’est un tunnel, cette toune-là. Le tunnel dans lequel tu passes quand tu es dans un train, mais dans un train que tu ne conduis pas, qui te mène quelque part, dans un endroit que tu ne connais pas. Rendu là, c’est contre ton gré: il se passe plein de choses autour de toi, mais tu peux juste les voir défiler. Bref, c’est l’interlude qui divise l’album en deux sections. La première reste dans des tonalités plus douces, rêveuses et nostalgiques, tandis que la deuxième incarne la période sombre, celle de la crise et du mouvement vers le renouveau.

Blind Vision

C’est la pièce la plus sombre. Quand tu es en dépression, tu as constamment un nuage gris autour des yeux. C’est sombre, écrasant, et tu vois petit, comme si tu avais du brouillard dans la tête. En même temps, rendue là dans mon processus, je commençais à savoir où je devais aller, je commençais à voir dans le brouillard. J’étais pas dans mon état normal, je ne voyais pas clair, mais je voyais un peu quand même. L’intuition était là. Avant ça, je n’avais pas d’énergie, j’étais dans le noyau de la noirceur.

Burnout Fugue

Elle représente l’élan de ma colère, celui qui m’a poussée à m’en sortir. Je l’ai écrite en quatre jours, révoltée et enragée. Fallait que je me réveille et que je change le cours de ma vie. En musique classique, une fugue, c’est l’assemblement de plusieurs voix mélodiques qui chantent en même temps. Quand j’y pense, ça a un lien direct avec toutes les ruminations que j’avais dans ma tête à ce moment-là, toutes les préoccupations et les pensées incessantes reliées à mon travail dans le milieu de la pub. C’est l’une de mes chansons les plus thérapeutiques, un peu comme la balle antistress que tu squeezes.

Overturn

Pour moi, Overturn, c’est le moment où tu décides du sort de ta vie, où tu acceptes ta transformation. C’est toi qui dis: «Voici la direction dans laquelle je vais aller.» Tu vis encore les contrecoups de la crise existentielle, mais tu regardes enfin en avant. Il y a des lueurs de particules de nouveau.

Revient le jour

C’est le même genre de propos: le début du jour. Tu commences à voir le soleil qui se lève, la lumière qui revient. C’est une chanson que j’ai commencé à composer il y a longtemps et que j’ai mis plusieurs mois à terminer. Elle représente bien le processus d’écriture, assez long et complexe, de l’album.

Le nouveau départ

C’est la pièce finale, celle du renouveau et de la nouvelle vie. Il y a une certaine fébrilité qui transparait, une certaine nostalgie aussi. Je suis dans le train et je regarde par la fenêtre, en me souvenant de ce qui s’est passé. Cette fois, j’ai les idées claires et, quand j’arrive à la gare, il y a un autre train qui m’attend.

Inscape sera disponible en magasin le 5 octobre.

Lancement au Centre Phi le 11 octobre.

 

ALEXANDRA STRÉLISKI : L’ART DE LA FUGUE

Nicolas Tittley, Paroles et Musique, 4 septembre 2018

Alexandra Stréliski peut remercier HBO de lui avoir offert une campagne de pub qui ferait baver d’envie n’importe quel musicien. Au moment de notre conversation, la chaîne américaine venait tout juste de diffuser le dernier épisode de Sharp Objects, la plus récente série de Jean-Marc Vallée, dans laquelle on peut entendre certaines de ses récentes compositions. Dans cet ultime chapitre, on peut même apercevoir furtivement, sur l’écran de l’iPod de Camille Preaker, le personnage incarné par Amy Adams, la pochette de l’album Inscape, qui n’était même pas paru à l’époque. « Le pire, c’est qu’à l’exception des scènes pour lesquelles j’ai fait des musiques, je n’ai même pas encore vu la série! J’attends d’avoir une pause pour me la taper en rafale. J’avais fait la même chose pour Big Little Lies, que j’ai vue après tout le monde. »

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Vous l’aurez compris, Vallée est un fan de la première heure du travail d’Alexandra Stréliski. Le réalisateur a aussi placé des pièces de son premier album, Pianoscope, lancé à compte d’auteur en 2010, dans Dallas Buyers Club et Demolition. Rien de plus normal pour cette spécialiste de la musique à l’image, qui a travaillé dans la publicité pendant des années. Si elle a été comblée par ce métier pendant longtemps, elle a fini par frapper le mur de l’épuisement professionnel, qui l’a amenée à s’interroger sur ses envies les plus profondes. Ce n’est pas pour rien que son album, fruit de son introspection, s’appelle Inscape, un mot qui décrit la plongée dans son paysage intérieur. Et il n’y a rien d’innocent non plus à ce qu’on y trouve une pièce qui s’intitule Burnout Fugue… « Dans la fugue, on retrouve plusieurs voix mélodiques et c’est exactement ce qui se passe dans un burnout, où te retrouves avec toutes sortes de phrases qui tournent en boucle dans ta tête », explique Alexandra, qui dit avoir composé cette pièce dans l’urgence.

Malgré la tempête interne qui l’a alimentée, cette musique, qui repose sur le piano solo, a quelque chose d’enveloppant et d’apaisant. Faute de mieux, on la qualifie de « néo-classique », un terme apparu il y a une centaine d’années, mais qu’on a dépoussiéré pour parler d’un genre instrumental qui trouve la faveur de mélomanes en tous genres. Parmi les noms que l’on associe au genre aujourd’hui, on retrouve presque exclusivement des pianistes, comme les Canadiens Jean-Michel Blais et Chilly Gonzales, ainsi quelques Islandais, tels Olafur Arnalds. De la fort belle compagnie, au sein de laquelle Alexandra se sent très à l’aise. « Ça ne me gêne pas du tout, cette étiquette, je dirais même que je la revendique! », lance-t-elle avec enthousiasme. « Lorsque j’ai rencontré Jean-Michel Blais, c’est comme si je m’étais retrouvée face à face avec mon jumeau cosmique. Nous avons tous – et j’inclus certainement Gonzales dans ce groupe – des points en commun : nous avons fait des études en musique et nous avons rejeté le côté rigide de l’académisme. »

Ce qui explique aussi que cette musique est beaucoup plus émotive qu’intellectuelle. Ses adeptes préfèrent de loin susciter des émotions chez des publics de profanes plutôt que de séduire l’élite par une approche avant-gardiste. Accessible, évocatrice et imagée… pas étonnant qu’elle inspire autant de cinéastes. Alexandra est la première à dire qu’il n’y a rien de révolutionnaire dans son approche mélodique et se réjouit de constater qu’elle touche un large public. « Je pense que l’utilisation du piano y est pour beaucoup, explique Alexandra. C’est un instrument magique qui vient tout de suite chercher les gens. »

Avec la sortie d’Inscape, Alexandra s’apprête à entrer dans la lumière en proposant un spectacle qu’elle décrit comme « intime, poétique et immersif ». Et si elle est présentement en train de créer son propre univers, elle a bien l’intention de continuer à créer des musiques pour les images des autres. « Éventuellement j’aimerais faire un projet avec des chanteurs, mais mon but c’est surtout de continuer à faire du cinéma, explique-t-elle. J’aime beaucoup les gens qui ont une signature visuelle très affirmée, comme Michel Gondry ou Wes Anderson. Mais j’adorerais aussi travailler avec Denis Villeneuve! » Quelque chose nous dit que son téléphone n’a pas fini de sonner.

 

Chercher la paix dans le nord

Philippe Renaud, Le Devoir, 3 septembre 2018

Après le tumulte et les nuits trop courtes des trois derniers jours, un dimanche au calme à Rouyn-Noranda pour clore la 16e édition du Festival de musique émergente, et sous le soleil d’été, par-dessus le marché. Bien sûr, quiconque cherchait encore à relever un défi digne de ce vibrant week-end musical pouvait mettre le cap sur la traditionnelle soirée métal au studio Paramount, mais pour nous, c’était tout décidé : du repos pour les tympans en compagnie du duo belge Rive, de la pianiste néoclassique Alexandra Stréliski et de l’électro-pop soyeuse de Milk & Bones.

Nous les avions manqués lors de leur passage aux Francos, et c’est par un même concours de circonstances que nous les avons attrapés hier en fin d’après-midi, sur la rive du lac Osisko. Un de ces « shows cachés » qui font partie du charme du festival : surgissent un peu partout dans la ville et dans ses environs (Fred Fortin en a aussi donné un, acoustique, au coeur de la forêt) des chansons non prévues au programme officiel. Érigez une scène quelque part, le public la trouvera : le duo électro-pop bruxellois a ainsi pu jouer devant une bonne centaine de spectateurs, et la poignée de canards flottant derrière eux.

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En plein soleil, la voix de Juliette Bossé perce comme un rayon à travers les orchestrations de synthé et le jeu de batterie de son collègue Kévin Mahé. La forme est simple, mais les jolies chansons et la douceur de Juliette nous tirent l’oreille. Même les joggeurs du dimanche se sont accordé un moment de répit avec les Belges.

À 17 h, la compositrice Alexandra Stréliski dévoilait les oeuvres nouvelles de l’album Inscape qui paraîtra le 5 octobre prochain chez Secret City. Un dimanche de rattrapage, puisque nous l’avions manquée, elle aussi, en première partie de Mélanie di Biasio lors du dernier Festival international de jazz. Dans cette ancienne église devenue l’Agora des arts, Stréliski a imposé la sérénité acquise après avoir quitté son boulot 9 à 5 pour se consacrer pleinement à ce nouvel album. Fans de Jean-Michel Blais, tendez l’oreille : avec son flair pour les mélodies riches et les tempos confortables, la pianiste suggère l’oeuvre de Debussy, Chopin et Satie à la sauce minimaliste contemporaine qui permet au courant néoclassique de trouver un nouveau public. On se ferme les yeux un instant, et on s’abandonne au bout des doigts de la timide interprète.

De retour en soirée à l’Agora, c’est en compagnie du duo Milk & Bones qu’on souligne la fin du FME. La salle est bondée, vous vous en doutez. Une première visite, enfin, des deux musiciennes qui ont promis qu’après les chansons douces, elles en offriraient de plus rythmées et dansantes. Les fans étaient comblés, mais s’il n’en tenait qu’à nous, exténué d’avoir dansé tout le week-end, les douceurs nous auraient suffi. Milk & Bones a beau avoir raffiné ses constructions rythmiques sur le second disque (Deception Bay), c’est encore et toujours l’harmonie parfaite de ces deux voix qui nous bercent. Les festivaliers ont fait un triomphe aux musiciennes, c’était mérité.

Chantons Les Louanges

Pour une partie de l’industrie musicale québécoise, le FME, c’est un peu la rentrée condensée : plusieurs artistes en vitrine y présentent pour la première fois les chansons de leurs nouveaux projets – c’est le cas de Choses Sauvages, Yes McCan, de l’auteur-compositeur-interprète Jérôme 50 qui lancera son disque plus tard cet automne chez Grosse Boîte, Samuele qui s’apprête à offrir un nouvel EP, le duo Babylones qui a lancé son nouvel album Le Désordre pour le style vendredi dernier (en concert au Ministère le 11 septembre), on en oublie sûrement.

Mais on n’oubliera pas le concert de Les Louanges (Vincent Roberge) de samedi dernier – l’un des succès d’estime du festival, en tous cas auprès des professionnels, d’ici et d’Europe.

L’auteur, compositeur et interprète baignait déjà il y a deux ans dans une chanson rock qui louchait du côté jazz, démarche qu’il poussa jusqu’aux finales des Francouvertes en 2017. Un an et demi plus tard, la sensibilité mélodique du chansonnier est toujours aussi vive, mais l’enveloppe s’est considérablement transformée : entouré de trois nouveaux musiciens, Roberge explore aujourd’hui un funk-pop synthétique dans l’air du temps qui sied confortablement à sa poésie cool. Le travail, l’ouverture à de nouvelles influences, porte fruit : tout le monde est ressorti du Café L’Abstracto où il se produisait samedi avec le sourire. Portez attention à son premier album, La Nuit est une panthère, attendu le 21 septembre (lancement la veille au Ministère) : il y a là-dedans de petites perles de pop francophone intelligente et groovy.

Comment faire du beau avec du beige

Justement, au Café L’Abstracto avant le concert de Les Louanges, on retrouve Daniel, fier Rouynorandien qui suit le FME depuis sa première édition. « Faut que je te montre la murale en hommage à Richard Desjardins ! » Le rendez-vous est pris le lendemain après midi — direction le viaduc de la 117, juste au nord du petit lac Kiwanis.

Ce qu’était encore au printemps dernier qu’un bête et long mur de béton beige s’est transformé en deux mois en une magnifique fresque murale de 160 mètres de long par 6 mètres de haut. C’était laid, c’est maintenant de l’art, représentant une succession de scènes inspirées des textes des chansons de Richard Desjardins. Un couple de jeunes amoureux de la place enlacés pour Un Beau grand slow. Une voiture rouge roulant vers la fonderie Horne pour Et j’ai couché dans mon char, la femme de ménage (Tu m’aimes-tu) qui change les draps de la « chambre avec un lac dedans » (Y’a rien qu’icitte qu’on est ben). Ce ne sont que le plus évidentes ; le jeu est de longer le trottoir opposé et d’observer en cherchant dans cette vaste fresque les références plus subtiles.

« Avant, personne ne s’arrêtait ici ; depuis deux mois, les gens s’arrêtent pour nous regarder travailler et prendre des photos », se réjouit la muraliste Ariane Ouellet, instigatrice du monumental projet, qui a nécessité plus de deux mois de travail. Cinq autres muralistes — toutes des femmes — ont travaillé d’arrache-pied à cet hommage au plus grand poète de la région, qui a bien sûr donné son aval à l’entreprise aux trois quarts financée par des dons privés qu’elle a mis plus de deux ans à récolter.

« Tout ce qu’on voulait faire, c’est raconter qui nous sommes, parler de notre région, nos richesses » à travers cette oeuvre, et elles ne pouvaient trouver mieux que le chantre Desjardins. Il assistera à l’inauguration officielle de l’oeuvre, le 13 septembre prochain. D’ici là, les filles seront à pied d’oeuvre pour apporter les dernières touches à l’impressionnante murale — et ce, dès aujourd’hui, en pleine fête du Travail.

 

MENTION

Des matins en or, ICI Radio Canada, 31 août 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

MENTION

Y'a du monde à messe, Télé Québec, 31 août 2018

https://yadumondeamesse.telequebec.tv

 

Le voyage vers l'intérieur d'Alexandra Stréliski

Le Citoyen Rouyn, La Frontière, 27 août 2018

Le 2 septembre sera soir de première pour la pianiste Alexandra Stréliski, alors qu’elle cassera la glace avec les pièces de son nouvel album, intitulé Inscape, qui sortira le 5 octobre. Un spectacle qu’elle promet intime et imagé.

Alexandra Stréliski offrira beaucoup de primeurs. «Ce sera une rencontre sur scène avec moi pendant 50 minutes dans une atmosphère de 5 à 7 à l’Agora des Arts. Avec moi et mon piano. Quelque chose de très simple, intime, minimaliste, sensible et imagé», indique-t-elle.

Parce qu’elle a longtemps œuvré dans le milieu de la pub et de la bande sonore de films, surtout avec Jean-Marc Vallée (Dallas Buyers Club et Demolition), Alexandra Stréliski sait créer des images avec sa musique. Mais elle a rarement laissé place à ses propres créations. Encore moins sur une scène.

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La coupure

Il y a un an, elle a quitté ce monde, cet emploi de 9 à 5, pour s’adonner uniquement à sa propre musique. «J’ai complètement crashé, affirme-t-elle. J’ai fait un burnout et je me suis posé beaucoup de questions.»

De cette période tourmentée sont nées les pièces qui composent le prochain album. «Il est donc très personnel, signale-t-elle. On suit mon voyage à l’intérieur. De là le titre… Ce sont des scènes de mon paysage intérieur.»

Peur de la scène

Les occasions de vivre la musique d’Alexandra Stréliski ont donc été rares auparavant même après la sortie de son premier album, Pianoscope, paru en 2010 et qui a connu une forte popularité et reconnaissance sur les médias numériques grâce à sa performance en direct à la cérémonie des Oscars. Mais une certaine crainte du live l’a toujours habitée. «J’ai décidé de l’affronter. De plonger de tout cœur», lance-t-elle.

Sa prestation au FME sera donc le début d’une série de spectacles qui sont en fait des vitrines pour mieux faire connaître la musique de l’artiste.

Le FME revêt d’ailleurs une importance toute particulière aux yeux d’Alexandra Stréliski, alors qu’une partie de sa famille maternelle habite Rivière-Héva. Plus précisément, ils sont les propriétaires de la ferme Les Œufs Richard. «J’aurai donc des membres de ma famille dans la salle le 2 septembre», souligne-t-elle.

 

PRESTATION ET ENTREVUE

RDI matin week-end, RDI, 22 juillet 2018

 

Le buffet : Fouki dans les herbes fraîches

Élise Jetté, Feu à volonté, 16 juillet 2018

Presque Chaque semaine, on vous envoie la dose de nouveautés locales qui ont potentiellement passé sous votre radar la semaine passée. C’est un gros buffet à volonté avec plein d’affaires: servez-vous.

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Jean-Marc Vallée a mis en valeur cette chanson d’Alexandra Stréliski dans sa nouvelle série Sharp Objects, diffusée sur HBO. C’est beau. L’album d’Alexandra, quant à lui, sera disponible le 5 octobre chez Secret City Records.

[...]

 

ENTREVUE

ICI Radio Canada, Les échangistes, 11 juillet 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Le talent d'ici mis de l'avant

Vanessa Guimond, Journal de Montréal, 10 juillet 2018

Grâce à Jean-Marc Vallée, qui a porté sa chanson Plus tôt à l’écran lors du premier épisode de sa nouvelle série Sharp Objects, diffusée sur les ondes de HBO dimanche dernier, la pianiste montréalaise Alexandra Stréliski poursuit un rêve de longue date.

« C’est sûr que je rêve depuis que je suis toute petite de faire de la musique de film. C’est vraiment comme voir un rêve se réaliser, rien de moins », a-t-elle déclaré lors d’une entrevue accordée au Journal.

« C’est particulier que ce soit dans l’œuvre de Jean-Marc, parce que c’est quelqu’un que j’admire beaucoup, a-t-elle ajouté. Je trouve que c’est quelqu’un qui dépeint vraiment bien les émotions humaines, et moi, c’est ça qui me parle dans l’art. »

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Mélomane

Ce n’est pas la première fois que la musicienne, qui évolue dans le monde du néo-classique, voit l’une de ses compositions accompagner les images du réalisateur québécois.

« La première fois que c’est arrivé, je le connaissais en tant que réalisateur, comme tout le monde, a raconté l’artiste. J’ai sorti mon album Pianoscope en 2010, très simplement, sur le web. Jean-Marc, c’est un vrai mélomane, donc il fouille. Il est tombé sur mon travail je ne sais pas comment, mais il a flashé sur Prélude, la première pièce, qu’il a mise dans Dallas Buyers Club. »

Puisque Dallas Buyers Club (2013) s’est frayé un chemin jusqu’aux Oscars, la pianiste a pu entendre sa chanson en direct, lors de la cérémonie de remise de prix. Par la suite, les chiffres de streaming de Pianoscope ont bondi, atteignant rapidement les 15 millions d’écoutes. Depuis, Jean-Marc Vallée a mis de l’avant le travail d’Alexandra dans son film Demolition (2016), mais aussi dans la bande-annonce de sa série Big Little Lies (2017).

« Je ne peux pas rattacher les choses directement à Dallas Buyers Club, mais c’est sûr que les gens recherchent la musique qu’ils entendent », a souligné l’artiste.

Collaboration

Il est fort probable que les téléspectateurs qui suivront Sharp Objects entendent à nouveau la musique de la pianiste, puisque cette dernière a travaillé en étroite collaboration avec le réalisateur sur le projet.

« Je ne peux pas encore dévoiler le contenu de tout ça, mais nous nous sommes rencontrés pour discuter », a confirmé la musicienne, qui fera paraître son deuxième album, Inscape, le 5 octobre.

« De ce que je comprends, la musique fait vraiment partie de la manière dont il va créer une scène. Un grand réalisateur, selon moi, fait ça. La musique, c’est comme une corde de plus à son arc, au même titre que la lumière, la photo et le casting. Jean-Marc, c’est un grand chef d’orchestre. »

Super Écran diffusera la version française de la série, Sur ma peau, à compter du 12 août. Sa version originale est diffusée sur HBO, le dimanche, à 21 h.

 

ENTREVUE

Le Québec maintenant, 98,5 fm, 9 juillet 2018

https://www.985fm.ca

 

MENTION

Puisqu'il faut se lever, Moment Zen, 98,5 fm, 9 juillet 2018

https://www.985fm.ca

 

ALEXANDRA STRÉLISKI : L’INTROSPECTION D’UNE JEUNE PIANISTE SURDOUÉE

La Presse +, 8 juillet 2018

Sa musique a résonné lors de la cérémonie des Oscars, en 2014, alors que Matthew McConaughey et Jared Leto, les principaux acteurs de Dallas Buyers Club, triomphaient. La compositrice s’apprête à sortir son second album, Inscape. Rencontre avec une musicienne qui a appris à ralentir pour mieux toucher les étoiles.

La musique de la pianiste montréalaise Alexandra Stréliski a quelque chose de bouleversant. La compositrice colle des notes les unes aux autres pour raconter des histoires émouvantes, empreintes de mélancolie, mais lumineuses, aussi.

C’est peut-être pour ce talent unique qu’elle a de faire vibrer nos cordes sensibles que le cinéaste Jean-Marc Vallée a choisi les œuvres de l’artiste à maintes reprises : Prélude, dans Dallas Buyers Club ; Le départ, dans Demolition ; ou encore Bourrasques, dans la bande-annonce de la finale de la télésérie Big Little Lies. Trois pièces qui figurent sur son premier album, Pianoscope.

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Un monde de pub

Jusqu’à l’année dernière, Alexandra Stréliski était pourtant salariée dans un studio de postproduction en publicité. Depuis 5 ou 6 ans, cette diplômée en musique du Conservatoire de McGill et de l’Université de Montréal composait des œuvres sur commande, dans la stabilité des horaires de travail de 9 à 5.

Elle adorait cet exercice de style où l’on met son art au service d’un produit, d’un commerce, d’une idée. Elle prenait les désirs de chaque client comme autant de défis à relever. Bon an, mal an, elle signait la musique d’une quarantaine de pubs par année. Et elle brillait ! Dans le milieu, au Québec et au Canada, sa musique était primée.

« J’avais des choses personnelles à raconter, avoue la jeune femme, mais je vivais une sorte d’abnégation, que je dirais nécessaire quand on se met au service des idées des autres. Je me rendais trop occupée pour faire de la place à mon art. J’étais en quête de performance. J’avais besoin d’action. En réalité, je fuyais quelque chose et j’avais beau courir vite, cela allait me rattraper. »

La peur de la scène

La musicienne avoue être terrifiée à l’idée de monter sur scène. Et ce n’est pas d’hier. Quand on demandait à Alexandra, petite, de jouer lors d’une grande réunion familiale, autant que possible, elle refusait. « Je trouvais déjà difficile, à 5 ans, à 10 ans, à 15 ans, d’étaler ma vulnérabilité dans le salon, s’il y avait plus de monde que ma famille immédiate. En travaillant en studio, j’étais à l’abri. Cachée. »

En dilettante, en dehors de ses heures de travail, la pianiste néoclassique a rassemblé des pièces musicales de son cru, qu’elle a enregistrées dans le studio d’un ami. En 2010, sans tambour ni trompette, elle a lancé son opus Pianoscope presque silencieusement, le rendant accessible sur Bandcamp et YouTube. À ce jour, son album a généré près de 15 millions de clics.

L’an dernier, elle a quitté son emploi et a décidé de se consacrer à son art à temps plein. Ce qui a changé ?

« J’ai fait un burnout. Pour m’en sortir, j’ai dû ralentir, remettre de l’équilibre dans ma vie. Je prends mes distances vis-à-vis de cette culture de performance. Je fais du sport, et plus de choses qui me font plaisir. »

– Alexandra Stréliski

Nouvelle identité

À 33 ans, elle a joint la grande famille de Secret City Records – aux côtés des Patrick Watson, The Barr Brothers et Basia Bulat – et lancera Inscape, qui sortira en octobre. La compositrice n’hésite pas à qualifier cet album de « plus personnel ».

« Inscape est le fruit d’une année d’introspection et de transformation. Pour moi, c’est venu comme un coup de masse sur la tête. J’ai été obligée de m’arrêter. Mais j’en suis sortie plus lumineuse. »

– Alexandra Stréliski

Elle vient tout juste de faire la première partie du spectacle de l’envoûtante Melanie de Biasio, au Monument-National, à l’occasion du Festival international de jazz de Montréal. « C’est ma première "grande" scène à vie, avoue Alexandra. J’ai mis du temps avant d’accepter d’aller là. Ce que je fuyais, je le portais en moi. Je souhaite à tout le monde de pouvoir s’accorder une pause, et si mes concerts peuvent servir à rêver un peu, tant mieux ! Ralentir fait désormais partie de ma démarche artistique. Je crois que c’est la seule manière pour chaque humain de trouver son essence. »

 

Alexandra Stréliski’s beautiful ‘Plus tôt’ single? / (Montreal film composer & pianist’s new track)

WithGuitars, 8 juin 2018

ALEXANDRA STRÉLISKI ANNOUNCES: “INSCAPE”

NEW ALBUM OUT OCTOBER 5 VIA SECRET CITY RECORDS

VOIR PREMIERES FIRST SINGLE AND VIDEO “PLUS TÔT”

Eight years after her first self-released, critically-acclaimed Pianoscope ; an album imbued with both melancholy and light (The Telegraph UK), Alexandra Stréliski is thrilled to be unveiling her raw and sincere sophomore album titled INSCAPE, set to be released on October 5th via Secret City Records.

The first song and video, “Plus tôt”, premiered today with VOIR. Stréliski describes it as “a piece evoking the space-time in which we find ourselves before things happen to us. The calm we feel when we don’t know that some events are about to transform us. The beginning of the Inscape.” Edith Jorisch, the video’s director explains her personal creative process: the video is an exploration of man’s place in the universe, his relationship with his surroundings and with himself –the micro and the macro, what’s tangible and what’s intangible. What happens when everything blends together?

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Recorded in Fall 2017 at Studio PM in Montreal, INSCAPE is the work of an artist unconcerned with conventions, whose approach of neoclassicism is resolutely current. Produced by Alexandra Stréliski herself and Maxime Navert (who also co-produced Pianoscope), the attempt was to fill a certain emotional emptiness, a creative urge that commits to taking the listener back to a form of lost sincerity. “A piano, on its own, is a very vulnerable thing, and I want to share this moment with the listener,” explains Alexandra.

“To me,” says Stréliski, “Inscape was an existential crisis. A year where everything capsized and I had to go through various interior landscapes – hectic, beautiful and painful at the same time. I found myself in a space filled with grey areas that I didn’t know how to escape.”

“Inscape” is a portmanteau combining the words “interior” and “landscape.” This philosophical concept has been associated with both visual art and psychoanalysis, and it becomes wonderfully musical in the hands of Stréliski.

One of the rare women in the neoclassical world, Alexandra Stréliski creates music that enthralls listeners, filling their minds with rich, cinematic images. An artist of Polish Jewish origin who grew up between Paris and Montreal, she made her debut with the 2010 album Pianoscope, but the general public discovered her via Jean-Marc Vallée’s films Dallas Buyers Club (2013) and Demolition (2016) and, more recently, the trailer of the acclaimed HBO series Big Little Lies (2017). The aforementioned support of Jean-Marc Vallée, which allowed Stréliski’s music to be heard during the Oscars ceremony in 2014, brought her streaming numbers up to nearly 15 million and seen her play sold-out concerts at the Montreal International Jazz Festival in recent years. UK newspaper The Telegraph praised her debut album as “distinguishable by its simplicity, its sensitivity and softness”.

 

La pianiste Alexandra Stréliski dévoile un avant goût de son deuxième album

Tabarnak!, 2 juin 2018

Alexandra Stréliski a dévoilé Plus tôt, extrait de son nouvel album INSCAPE à paraître le 5 octobre prochain.

Huit ans après la parution de son premier album Pianoscope, la pianiste et compositrice montréalaise, Alexandra Stréliski nous présente Plus tôt, premier extrait de son nouvel album, INSCAPE, à paraître en octobre chez Secret City Records (Patrick Watson, Plants and Animals, The Barr Brothers, Emilie & Ogden, ...).

Enregistré à l’automne 2017 au Studio PM de Montréal, INSCAPE est l’œuvre d’une artiste qui ne se soucie pas des conventions et dont l’approche du néoclassicisme est résolument actuelle.

 

MENTION

Gravel le matin, ICI Radio Canada, 1 juin 2018

https://ici.radio-canada.ca

 

Alexandra Stréliski dévoile INSCAPE, un album enivrant disponible le 5 octobre via Secret City Records

Marie-Josée Boucher, Info Culture, 1 juin 2018

SPECTACLES

6 juillet 2018

Monument National • Montréal

Festival International de Jazz de Montréal*

30 août – 2 septembre 2018

Festival de musique émergente • Abitibi-Témiscamingue

11 octobre 2018

Centre Phi • Montréal

Lancement d’album

29 mars 2019

Théâtre Gilles-Vigneault • St-Jérôme

*Première partie de Mélanie De Biasio

Huit ans après la sortie indépendante de Pianoscope, disque encensé par la critique et baptisé un bijou de volupté (VOIR) qui a touché les mélomanes du monde entier (L’Express), Alexandra Stréliski est ravie d’enfin dévoiler INSCAPE, son nouvel album empreint d’une sincérité poignante, disponible partout le 5 octobre prochain via Secret City Records.

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Le premier extrait et vidéoclip Plus tôt a été dévoilé en primeur avec VOIR. Stréliski explique que c’est une pièce qui évoque l’espace-temps où nous nous trouvons avant que les choses nous arrivent. Le calme que l’on ressent lorsqu’on ne sait pas que certains événements s’apprêtent à nous changer. C’est le début de l’Inscape. Edith Jorisch, la réalisatrice du vidéoclip, partage quant à elle son inspiration créative : c’est une exploration de la place de l’homme dans l’univers, son rapport à ce qui l’entoure, à lui-même: au plus petit comme au plus grand, au tangible et à l’intangible. Qu’arrive-t-il quand tout se confond?

Enregistré à l’automne 2017 au Studio PM à Montréal, INSCAPE se dévoile comme l’œuvre d’une artiste qui se joue bien des conventions et qui cherche à combler un certain vide émotionnel pour s’inscrire dans une tendance néo-classique résolument actuelle. Réalisé par Alexandra Stréliski elle-même et Maxime Navert (qui a également co-produit Pianoscope), l’enjeu a été de créer une pulsion créatrice qui s’engage à ramener l’auditeur vers une sincérité égarée : Un piano, seul, c’est très vulnérable et je cherche à partager ce moment avec un auditeur, explique Alexandra.

Pour moi, confie Stréliski, l’inscape a été une crise existentielle. Une année où tout a chaviré et où j’ai eu à traverser divers paysages intérieurs, mouvementés, beaux et souffrants à la fois. Je me suis retrouvée dans un espace empli de zones de gris duquel je ne savais plus revenir.

Le terme anglophone « inscape » est un concept réunissant « interior » et « landscape », qu’on pourrait traduire en français par « paysage intérieur ». Une notion philosophique autant associée aux arts visuels qu’à la psychanalyse et qui devient merveilleusement musicale au contact de Stréliski.

Liste des pièces sur INSCAPE

1. Plus tôt

2. The Quiet Voice

3. Par la fenêtre de Théo

4. Ellipse

5. Changing Winds

6. Interlude

7. Blind Vision

8. Burnout Fugue

9. Overturn

10. Revient le jour

11. Le nouveau départ

AlexandraStreliski.com

Rare femme évoluant dans le monde du néo-classique, Alexandra Stréliski n’a rien d’une pianiste conventionnelle. Elle crée une musique qui fait vibrer l’auditeur émotionnellement, emplissant l’esprit de riches images cinématographiques. Artiste d’origine juive polonaise ayant grandi entre Paris et Montréal, Stréliski a fait ses débuts avec son album Pianoscope sorti en 2010. Elle a d’ailleurs été révélée au grand public à travers les films Dallas Buyers Club (2013) et Demolition (2016) de Jean-Marc Vallée et, plus récemment, via la bande-annonce de l’acclamée série du réalisateur québécois, Big Little Lies (HBO, 2017). Appuyée par le coup de cœur mentionné plus haut de Jean-Marc Vallée, qui permet à la musique de Stréliski de retentir en direct lors de la cérémonie des Oscars en 2014, la pianiste bénéficie d’une vitrine stellaire faisant bondir à près de quinze millions les écoutes en continu à travers les différentes plateformes numériques. Elle se produit à guichet fermé lors de plusieurs concerts au Festival International de Jazz de Montréal et le journal britannique The Telegraph encense d’ailleurs la créatrice, parlant d’un premier album sensible, mélancolique et lumineux.

Pré-commandez et sauvegardez INSCAPE dans votre bibliothèque musicale.

Procurez-vous la version vinyle de Pianoscope disponible pour la toute première fois.

 

La pianiste Alexandra Stréliski dévoile une vibrante nouvelle chanson

Olivier Boisvert-Magnen, Voir, 31 mai 2018

La pianiste montréalaise Alexandra Stréliski présente un extrait de son deuxième album Inscape.

Intitulée Plus tôt, la pièce met en valeur le talent brut de Stréliski. Évoquant «l’espace-temps où nous nous trouvons avant que les choses nous arrivent», la chanson profite d’un beau vidéoclip signé Edith Jorisch, qui a cherché à explorer «la place de l’homme dans l’univers, son rapport à ce qui l’entoure, à lui-même: au plus petit comme au plus grand, au tangible et à l’intangible».

Talentueuse compositrice ayant connu un succès d’estime avec son premier album Pianoscope en 2010, Stréliski a depuis été repérée par le cinéaste Jean-Marc Vallée, qui a donné une place de choix à sa musique dans ses films Dallas Buyers Club et Demolition ainsi que dans la bande-annonce de sa populaire série Big Little Lies. À l’international, la pianiste profite d’un engouement bien mérité qui propulsera sans doute son prochain album INSCAPE vers les sommets du néo-classique.

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«Pour moi, INSCAPE a été une crise existentielle. Une année où tout a chaviré et où j’ai eu à traverser divers paysages intérieurs, mouvementés, beaux et souffrants à la fois. Je me suis retrouvée dans un espace empli de zones de gris duquel je ne savais plus revenir», confie la pianiste, qui s’en remet ici à son piano brut, sans artifice.

Enregistré au Studio PM à Montréal, l’album réalisé par Stréliski et son fidèle allié Maxime Navert paraîtra le 5 octobre prochain sous Secret City Records.

 

ALEXANDRA STRÉLISKI DÉVOILE INSCAPE, UN ALBUM ENIVRANT DISPONIBLE LE 5 OCTOBRE VIA SECRET CITY RECORDS

Arts et Culture, 31 mai 2018

Huit ans après la sortie indépendante de Pianoscope, disque encensé par la critique et baptisé un bijou de volupté (VOIR) qui a touché les mélomanes du monde entier (L’Express), Alexandra Stréliski est ravie d’enfin dévoiler INSCAPE, son nouvel album empreint d’une sincérité poignante, disponible partout le 5 octobre prochain via Secret City Records.

Le premier extrait et vidéoclip Plus tôt a été dévoilé en primeur aujourd’hui avec VOIR. Stréliski explique que c’est une pièce qui évoque l’espace-temps où nous nous trouvons avant que les choses nous arrivent. Le calme que l’on ressent lorsqu’on ne sait pas que certains événements s’apprêtent à nous changer. C’est le début de l’Inscape. Edith Jorisch, la réalisatrice du vidéoclip, partage quand à elle son inspiration créative : c’est une exploration de la place de l’homme dans l’univers, son rapport à ce qui l’entoure, à lui-même: au plus petit comme au plus grand, au tangible et à l’intangible. Qu’arrive-t-il quand tout se confond?

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Enregistré à l’automne 2017 au Studio PM à Montréal, INSCAPE se dévoile comme l’œuvre d’une artiste qui se joue bien des conventions et qui cherche à combler un certain vide émotionnel pour s’inscrire dans une tendance néo-classique résolument actuelle. Réalisé par Alexandra Stréliski elle-même et Maxime Navert (qui a également co-produit Pianoscope), l’enjeu a été de créer une pulsion créatrice qui s’engage à ramener l’auditeur vers une sincérité égarée : Un piano, seul, c’est très vulnérable et je cherche à partager ce moment avec un auditeur, explique Alexandra.

Pour moi, confie Stréliski, l’inscape a été une crise existentielle. Une année où tout a chaviré et où j’ai eu à traverser divers paysages intérieurs, mouvementés, beaux et souffrants à la fois. Je me suis retrouvée dans un espace empli de zones de gris duquel je ne savais plus revenir.

Le terme anglophone « inscape » est un concept réunissant « interior » et « landscape », qu’on pourrait traduire en français par « paysage intérieur ». Une notion philosophique autant associée aux arts visuels qu’à la psychanalyse et qui devient merveilleusement musicale au contact de Stréliski.

SPECTACLES

6 juillet 2018

Monument National • Montréal

Festival International de Jazz de Montréal*

30 août – 2 septembre 2018

Festival de musique émergente • Abitibi-Témiscamingue

11 octobre 2018

Centre Phi • Montréal

Lancement d’album

29 mars 2019

Théâtre Gilles-Vigneault • St-Jérôme

*Première partie de Mélanie De Biasio

Liste des pièces sur INSCAPE

1. Plus tôt

2. The Quiet Voice

3. Par la fenêtre de Théo

4. Ellipse

5. Changing Winds

6. Interlude

7. Blind Vision

8. Burnout Fugue

9. Overturn

10. Revient le jour

11. Le nouveau départ

AlexandraStreliski.com

Rare femme évoluant dans le monde du néo-classique, Alexandra Stréliski n’a rien d’une pianiste conventionnelle. Elle crée une musique qui fait vibrer l’auditeur émotionnellement, emplissant l’esprit de riches images cinématographiques. Artiste d’origine juive polonaise ayant grandi entre Paris et Montréal, Stréliski a fait ses débuts avec son album Pianoscope sorti en 2010. Elle a d’ailleurs été révélée au grand public à travers les films Dallas Buyers Club (2013) et Demolition (2016) de Jean-Marc Vallée et, plus récemment, via la bande-annonce de l’acclamée série du réalisateur québécois, Big Little Lies (HBO, 2017). Appuyée par le coup de cœur mentionné plus haut de Jean-Marc Vallée, qui permet à la musique de Stréliski de retentir en direct lors de la cérémonie des Oscars en 2014, la pianiste bénéficie d’une vitrine stellaire faisant bondir à près de quinze millions les écoutes en continu à travers les différentes plateformes numériques. Elle se produit à guichet fermé lors de plusieurs concerts au Festival International de Jazz de Montréal et le journal britannique The Telegraph encense d’ailleurs la créatrice, parlant d’un premier album sensible, mélancolique et lumineux.

 

MENTION

Puisqu'il faut se lever, Moment Zen, 98,5 fm, 31 mai 2018

https://www.985fm.ca

 

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