Dossier de presse de Marie-Gold

Marie-Gold signe un vidéoclip efficace pour la pièce «Impatiente»

ASMA, HHQC, 22 octobre 2020

La rappeuse Marie-Gold a toujours porté une attention particulière à la qualité et l’originalité de ses vidéoclips. Les visuels qui accompagnent sa nouvelle sortie, Impatiente, n’y font pas exception.

Un clip ambitieux en lien avec le confinement qui suit la rappeuse alors qu’elle passe de plateau en plateau pour des tournages truqués orchestré par son petit frère. Des effets réussis où on entrevoit Marie-Gold sur la couverture du Elle Québec en passant par une ruelle de Tokyo.

L’équipe de réalisation d’Émile Lavoie envoie également un clin d’oeil subtil à une tournée mondiale de Marie-Gold prévue pour 2022.

Ce clip truffé d’éléments tape à l’oeil et en symbiose avec les thèmes de la chanson tirée de son plus récent album est un solide coup de promotion pour Marie-Gold.

 

MENTION

Salut Bonjour, TVA, 21 octobre 2020

[ Visionnez l'extrait ]

 

MARIE-GOLD - Impatiente

Éloïse Léveillé-Chagnon, Le canal auditif, 20 octobre 2020

La rappeuse montréalaise Marie-Gold dévoile aujourd’hui un vidéoclip pour sa pièce Impatiente, parue sur l’album Règle d’or.

Le court est une réalisation de Pablo Escobar Tuduri et Mathieu Rnlt, avec la boîte de production Martine aimait les films. C’est effectivement son frangin, le jeune Joey Bélanger qui y joue un rôle bien important : celui du petit frère aux talents inouïs au montage Photoshop. Le concept met en scène une Marie-Gold impatiente de gravir les échelons, à travers plusieurs jeux d’illusion. « Je cherchais des images fortes et léchées, avec un concept puissant », explique-t-elle.

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Marie-Gold sera en spectacle virtuel en direct du Mexique, à Tulum, dans le cadre de Coup De Coeur Francophone le samedi 6 novembre. Celle qui conjugue musique et études since forever se trouve là-bas pour un stage au centre de recherche Takata, situé à Mahahual, dans le cadre de sa formation en génie physique. Elle profite aussi de son passage au Mexique pour collaborer avec des artistes locaux. « Cet endroit m’inspire, et ce sera une toute nouvelle expérience pour moi. »

Lisez notre critique du disque Règle d’or.

 

MARIE-GOLD - IMPATIENTE

Zone Rap, 20 octobre 2020

 

Rap en stock avec l’album Règle d’or de la jeune chanteuse Marie-Gold, disponible depuis le 27 mars 2020 (Les Faux monnayeurs)

Stanislas Claude, Publik Art, 28 août 2020

Marie-Gold a fait paraitre en 2018 son premier EP Goal: une mélodie. Depuis son Montréal local, elle envoyait ses good vibes teintées de poésie avant de remporter le prix du EP rap de l’année au GAMIQ sacrant ses efforts autodidactes et surtout solitaires. 2 ans plus tard, la rappeuse dévoile son premier album Règle d’or pour lequel elle n’hésite pas à enchainer des collaborations qui enrichissent l’album d’inspirations diverses, mais toujours placées sous le signe d’un rap inspiré et volontaire.

Une artiste à suivre

Même sans être un fanatique de cette musique urbaine, Règle d’or pourra vous séduire par l’art consommé de la rime prônée par une chanteuse décidée à percer. Les flows se suivent dans une belle unité faite de cohérence et de recherche appliquée. Les expérimentations se suivent pour un album que l’inspiration de Marie-Gold parvient à construire morceaux après morceaux. Les lignes tranchées, à l’évidence toujours renouvelée, la fluidité et le rythme ne faiblissent jamais pour 11 morceaux qui créent une vraie attirance. Depuis La Seule règle jusqu’à Pousse ta luck en passant par Aucun bling, aucune vulgarité ni aucun raccourci par les codes parfois paresseux du rap, la chanteuse sait creuser ses morceaux. Et les hexagonaux tomberont sous le charme de cet accent pas anodin, surtout quand elle prononce le mot Luck à la québécoise dans Pousse ta luck. Le français est prédominant avec des incursions anglaises qui se mélangent avec talent. Marie-Gold invite des artistes issus des scènes musicales québécoise et francophone pour des incursions qui ne dépareillent pas. La connexion de la jeune chanteuse avec une culture rap toujours vivace convainc très vite. Le label Faux Monnayeurs se charge de distribuer l’album sur toutes les plateformes et de rendre visible le clip de Mémoire sur artsixMic. Après une première expérience au sein de la formation Bad Nylon, c’est un séjour en Belgique qui décide la rappeuse de tenter sa chance en solo, ce qu’elle fait après son retour à Montréal pour le premier EP que l’on sait. Elle a participé au festival OUMF, à la Osheaga Block Party, au MEG, au FRIMAT et également aux Francos de Montréal. La jeune femme a la tête bien faite puisqu’elle a poursuivi ses études en génie physique à la Polytechnique de Montréal.

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Règle d’or est un album qui se redécouvre écoutes après écoutes, accessible à tous, fans de rap confirmés ou néophytes. L’album est disponible, il ne reste plus qu’à découvrir cette chanteuse à l’inspiration foisonnante et au talent palpable.

 

Marie-Gold, son nouvel album « Règle d’Or »

Allan Kinic, Street'n'Sports, 14 août 2020

La rappeuse canadienne Marie-Gold nous offre avec Règle d’Or son premier album solo qui l’impose sur la scène hip hop de Montréal. Composé en collaboration avec des beatmakers français, belges et montréalais, l’album de Marie-Gold propose un son original naviguant entre rap, pop, trap et les références old school.

Briser les règles, c’est un thème récurrent dans les paroles de Marie-Gold.  « La seule règle d’or c’est qu’il n’y a pas de règle d’or. »  La rappeuse accorde beaucoup d’importance à la liberté de remettre en question les codes et modèles établis. Passée maître dans l’art de faire ce qu’elle veut, elle renverse et bouscule sur son passage, sans se soucier de ceux et celles que son attitude pourrait déranger.

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Marie-Gold a fait ses premières armes au sein de la formation Bad Nylon, pour ensuite proposer en 2018 Goal : Une Mélodie, un premier effort en solo avec lequel elle a remporté le prix du « EP Rap/Hip hop de l’année » au GAMIQ.

En extrait de l’album Règle d’or, Marie-Gold nous présente le clip de Mémoire, une chanson entraînante qui impose l’affirmation de soi, le fait de s’exprimer sans censure lors des élans d’inspiration.

Marie-Gold dévoile Règle d’or, un premier album complet en collaboration avec des beatmakers montréalais, français et belges. La rappeuse québécoise propose un son qui lui est propre, naviguant entre le trap et les références old school, mais ne s’arrêtant jamais entre les deux.

Née d’une collaboration avec le producteur Lister Désir dans le cadre d’un camp d’écriture à Paris l’automne dernier, la première pièce de l’album, La seule règle, aborde le thème qui relie toutes les chansons de l’œuvre. Marie-Gold a été touchée par une citation du philosophe George Bernard Shaw (1856-1950) issue de l’essai Maximes pour révolutionnaires: « La seule règle d’or est qu’il n’y a pas de règle d’or. »

 Inspirée, elle a inséré dans l’album les thèmes principaux suivants : chaque parcours est légitime, les traditions doivent être constamment remises en question, tous sont libres de leurs choix, et les codes peuvent et doivent être remaniés.

Parfois frondeuse, Marie-Gold aborde l’ambition, la liberté, la nécessité de faire sa place, d’être soi-même. Par le passé, elle ne s’est pas gênée pour aborder la sous représentation des femmes sur la scène hip-hop. Elle refuse du même souffle l’étiquette de «rap féminin». Avec Règle d’Or, Marie-Gold impose sa voix et son écriture, et prouve qu’elle est bel et bien l’un des espoirs du hip-hop québécois les plus en vue.

 

Marie-Gold : Du very good rap canadien avec l’album Règle d’Or

Alexandre Perrot, art six Mic, 1 août 2020

Marie-Gold hausse le ton et brise les tabous avec Règle d’Or. Un album vif et inspiré à découvrir via le label Faux Monnayeurs.

Marie-Gold est une artiste Canadienne, originaire de Montréal. Associé au groupe Bad Nylon, elle sort, en 2018, son premier projet, Goal : Une Mélodie, puis, deux ans plus tard, son premier album, intitulé Règle d’or. Cette jeune artiste révèle dans ses titres un flow accrocheur, qui est accentué par le timbre plutôt grave de sa voix. Elle n’hésite pas à se servir de son registre vocal étendu pour donner à ses morceaux différentes ambiances, incluant même au passage un ou deux titres passablement pop. On est sous le charme de ses textes, qui se déclinent selon quatre thèmes : chaque parcours est légitime, les traditions doivent être constamment remises en question, tous sont libres de leurs choix, et les codes peuvent et doivent être remaniés.

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La rappeuse québécoise hausse le ton et brise les tabous avec un album vif et inspiré à découvrir via le label Faux Monnayeurs sur toutes les plateformes, et avec le clip de Mémoire sur artsixMic.

Marie-Gold - Mémoire

 

Marie-Gold impose sa liberté de ton avec l'album Règle d'or

Valérie Aujuin, Le Podcast Journal, 29 juillet 2020

Marie-Gold, l’étoile montante sur la scène du hip-hop canadien, a sorti son premier album solo, Règle d’Or. La jeune chanteuse n'a aucun tabou. Briser les règles, c’est un thème récurrent dans les paroles de Marie-Gold. "La seule règle d’or c’est qu’il n’y a pas de règle d’or".

Marie-Gold sort sur le label Faux Monnayeurs, un premier album solo alliant à la perfection rap, pop, trap et les références old school. Règle d’Or permet de faire un retour sur le parcours de la chanteuse québécoise. Composé avec des beatmakers français, belges et montréalais, son album lui permet de faire entendre sa voie et sa philosophie à travers la musique.

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Par le passé, elle ne s’est pas gênée pour aborder la sous représentation des femmes sur la scène hip-hop. Elle refuse du même souffle l’étiquette de "rap féminin". Avec Règle d'Or, Marie-Gold impose sa voix et son écriture, et prouve qu'elle est bel et bien l’un des espoirs du hip-hop québécois les plus en vue.

 

Marie-Gold, la rappeuse québecoise à découvrir avec Règle d’Or

Frédéric, Justfocus, 28 juillet 2020

Marie-Gold s’impose depuis quelques années sur la scène hip hop canadienne avec ses textes engagés et sans tabou. Un talent sûr à découvrir sur JustFocus avec son premier album Règle d’Or et, en extrait, le clip de Mémoire que l’on vous a choisi en sélection musicale.

Marie-Gold réalise un coup de maître avec son premier album Règle d’Or, un disque aux textes acérés, et aux musiques qui doivent autant au rap old-school qu’aux meilleurs productions trap d’aujourd’hui. Associée au groupe Bad Nylon, elle sort, en 2018, son premier projet; Goal : Une Mélodie. Puis, deux ans plus tard, son premier album, intitulé Règle d’or. Rappelons que Goal : Une Mélodie a été récompensé par le prix du « EP Rap/Hip hop de l’année » au GAMIQ.

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Alors qu’elle composait son premier album, la rappeuse a été touchée par une citation du philosophe George Bernard Shaw (1856-1950) issue de l’essai Maximes pour révolutionnaires: « La seule règle d’or est qu’il n’y a pas de règle d’or. » C’est donc le credo de cette musicienne qui entend briser les tabous. Ainsi, ses thèmes de prédilection sont les suivants : chaque parcours est légitime, les traditions doivent être constamment remises en question et tous sont libres de leurs choix. Enfin, les codes peuvent et doivent être remaniés.

Marie Gold - Règle d'or

Finalement, Marie-Gold aborde l’ambition, la liberté, la nécessité de faire sa place, d’être soi-même. Par le passé, elle ne s’est pas gênée pour aborder la sous représentation des femmes sur la scène hip-hop. Par ailleurs, elle refuse du même souffle l’étiquette de «rap féminin». Une artiste loin des clichés marketing, à suivre de près. Son album est déjà disponible sur toutes les plateformes digitales.

La rappeuse de Montréal Marie-Gold sort Règle d’Or, un des albums marquants de l’année, avec son flow libérateur et ses paroles inspirées. On découvre le premier extrait Mémoire sur JustFocus.

 

Marie-Gold, pépite hip hop de Montréal, en écoute avec Règle d’Or.

Benjamin Andre, Concert Live, 27 juillet 2020

Marie-Gold sort Règle d’Or, premier album qui met en lumière l’énergie et le charisme de cette rappeuse canadienne à la langue bien pendue.

Marie-Gold impose son style dans le paysage du hip hop canadien. Inventive, sincère, inspirée, Marie-Gold est une voix révolté à écouter avec Règle d’Or et le clip de Mémoire.

Marie-Gold revient en force avec son tout premier album complet Règle d’or qui sort sur le label Faux Monnayeurs.

La jeune rappeuse de Montréal propose un son qui lui est propre, naviguant entre le trap et les références old school, mais ne s’arrêtant jamais entre les deux.

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C’est auprès de beatmakers Français, Belges et Montréalais que Marie-Gold créé cet univers singulier.

Marie-Gold a fait ses premières armes au sein de la formation Bad Nylon, pour ensuite proposer en 2018 Goal : Une Mélodie, un premier effort en solo avec lequel elle a remporté le prix du « EP Rap/Hip hop de l’année » au GAMIQ.

En extrait de l’album Règle d’or, Marie-Gold nous présente le clip de Mémoire, une chanson entraînante qui impose l’affirmation de soi, le fait de s’exprimer sans censure lors des élans d’inspiration.

On découvre Mémoire, son dernier clip :

Cette artiste révèle dans ses titres un flow accrocheur, qui est accentué par le timbre plutôt grave de sa voix. Elle n’hésite pas à se servir de son registre vocal étendu pour donner à ses morceaux différentes ambiances, incluant même au passage un ou deux titres passablement pop.

Avec l’assurance qui se dégage de cet album, Marie-Gold défonce littéralement la barrière de la masculinité normalement associée au rap keb et se taille une place non négligeable au sein de la communauté rap montréalaise. A écouter sur les plateformes digitales de votre choix.

la rappeuse est sur Bandcamp

 

MARIE GOLD, RAPPEUSE, CHLOÉ PILON-VAILLANCOURT, INGÉNIEURE

Alain Brunet, Pan 360, 6 juillet 2020

« La seule règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règles », dixit George Bernard Shaw et la chanson-thème d’un premier album. Sous étiquette Les Faux-Monnayeurs, Règle d’or a été conçu par Chloé Pilon-Vaillancourt, devenue Marie Gold pour sa carrière hip-hop. De nuit, elle est rappeuse et beatmaker, de jour, elle est finissante en génie physique. Pas de règles, effectivement.

Le ton, le verbe, le tonus de la voix, l’assurance, tout semble réussir à cette femme de 27 ans. Qu’est-ce qui fait ainsi carburer Marie et Chloé ? Quelques mois après son envolée en solo, PAN M 360 veut des réponses ! 

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Voyez sa trajectoire racontée par elle-même :

« Je suis née à La Salle. J’ai grandi dans un beau secteur de ce quartier que certains qualifient de Bronx de Montréal. J’ai eu une belle enfance. Après l’école secondaire, j’ai étudié en arts et communications au cégep du Vieux-Montréal. À 19 ans, j’ai voyagé à vélo, six mois en Inde. Au retour, je me suis réorientée : je me suis mise au rap et aux sciences. »

Côté givré, Chloé s’est passionnée pour le beatmaking, la basse électrique et le rap. Au tournant de la vingtaine, elle kiffait le hip-hop comme ses amis. C’est devenu soudainement un véritable engagement : 

« J’ai commencé à en écouter beaucoup plus lorsque je me suis mise à faire des beats. J’ai fait mes dents tout en écoutant beaucoup de musique. Je consomme actuellement beaucoup de rap belge, à tel point que je suis allée deux fois à Bruxelles en un an pour rencontrer des gens. Cette plume-là m’inspirait. » 

Son premier groupe fut Bad Nylon, on lui connut différentes configurations féminines depuis 2014. Pour un EP de Bad Nylon, elle s’est cherché un nom. 

« Je squattais l’internet d’un voisin dont le nom de réseau était Marie Gold. Parfait pour moi! Le prénom Marie est typiquement francophone, le Gold a le bling du hip-hop. »

Ses parents n’écoutent pas vraiment de hip-hop mais son père, Gaétan Pilon, est ingénieur du son. Il fut propriétaire du studio Victor, pour ensuite transformer la maison familiale en studio d’enregistrement et de matriçage. 

« J’ai fait moi-même beaucoup de trucs au studio de mon père. Il m’a prêté de l’équipement et je me suis monté un petit studio chez moi. Et je fais pas mal de trucs là. L’école le jour, le studio le soir. »

La passion pour le rap coïncide avec le génie. Au retour de son année nomade post-adolescente, elle rattrapait ses études secondaires et collégiales en sciences pour éventuellement s’inscrire à l’École Polytechnique de l’Université de Montréal. Aujourd’hui elle est au terme de ce long processus et deviendra ingénieure.

« J’aimerais toujours balancer entre les sciences et le rap. Mais le rap n’est pas un plan B! Je veux me lancer à fond. » On peut la comprendre. Si la carrière de Marie Gold fleurit pour de vrai, Chloé Pilon  devra mettre la pédale douce dans le génie physique. 

Et pourquoi persister en sciences lorsqu’on fait du rap ?  

« J’ai acquis une confiance intellectuelle en étudiant à Poly, ça me donne du recul, une capacité d’analyse, et une capacité de remise en question. C’est full important ces valeurs-là. Comme ingénieure ? Je ne me vois pas travailler chez Bombardier mais plutôt dans une startup, dans une ONG se consacrant à l’environnement. 

« Ça va jouer du coude mais il y aura toujours une présence des deux côtés. Je suis vraiment contente d’avoir fait ça! Je vais toujours faire du rap et du génie. Je suis aussi une grande lectrice, je n’ai pas l’internet chez moi. Soit je lis, soit je fais de la musique, soit j’étudie, soit je vois mes amis, c’est mon cercle d’activités. Je suis une artiste essayant de trouver un équilibre entre sa vie personnelle, artistique et intellectuelle. »

Après s’être remonté le Bad Nylon avec une nouvelle cohorte de collaboratrices, elle choisissait de mettre Marie Gold au devant de la scène.

« Pour mon premier EP, je m’étais autoproduite avec l’appui d’un musicien. Je faisais mon beatmaking, je faisais mes pistes de basse. Plus maintenant. Là, pour l’album, je me suis entourée de plusieurs producers. Venu à Montréal pour un an, le collectif parisien Novengitum m’a contactée sur Instagram. Depuis, je collabore encore avec eux, même s’ils sont rentrés en région parisienne. Igor Dubois a fait le mix de tout l’album, il y a Déjà Vu, Comat, Francis Leduc-Bélanger, Désir Lister, mammouth, Daysiz, Mowley, DJ Kool, 2300.wav… plein de beatmakers sur l’album! »

La facture n’est pas exclusivement synthétique, la rappeuse explique :

« Plusieurs instruments ont été ajoutés. Par exemple, j’avais un beat et j’allais voir Francis qui faisait des arrangements avec moi, impliquant des instruments divers – section de violons sur Impatiente, trompette sur Pousse ta luck, contrebasse sur J’irai cracher sur vos tombes, piano sur Doser, guitare de Clément Langlois-Légaré sur Aucun bling, etc. »

Assez pop ou trop pop ?  Marie Gold recherche le dosage idéal :

« Je pense que certaines chansons comme Impatiente ou Mémoire sont plus pop alors que La seule règle, J’irai cracher sur vos tombes restent dans une structure pop, mais sont un peu moins radiophoniques. Je cherchais une juste mesure. D’une part, je veux joindre un plus vaste public et aussi celui qui est le mien de prime abord. 

« Je me vois mal dans la simplicité musicale, mais j’assume pleinement mes chansons plus pop. Je souhaite aussi une certaine complexité. Mes projets doivent avoir une personnalité propre et aborder  une variété de thèmes. Avec moi sur scène ? Un batteur et une DJ. De plus, je prépare actuellement un nouvel EP ainsi qu’un mixtape. »

On devine que des pointures comme Lydia Képinsky et J-Kyl (Jennifer Salgado) lui accordent une grande crédibilité puisqu’elles ont accepté de se joindre à elle en studio pour son premier album. Ses textes, d’ailleurs, Marie Gold les veut solides et poétiques. « Je n’ai pas de références littéraires directes, j’essaie d’aborder une variété de thèmes un peu comme j’explore maintes directions musicales. »

Qui plus est, notre interviewée assume pleinement le féminisme sous-tendu à sa démarche en tant qu’artiste hip-hop. Qu’elle ait régulièrement partagé ses projets créateurs avec des femmes n’est certes pas un geste idéologique forcé ou crispé, la présence marquée de voix fortes au féminin coule de source.

« Je ne veux surtout pas être une voix de femme sur des beats génériques au service d’un rapper. Je veux get out there ! Comme Sarahmée, MCM, Naya Ali ou Meryem Saci. Il y a une présence féminine dans le rap keb et dans les WordUP! battles – Tyleen, Sereni T, Coco Béliveau ou Marie Vans par exemple. Mais encore trop peu de femmes envisagent une vraie carrière dans le rap keb. »

Cette posture critique n’empêche aucunement Marie Gold de clamer son allégeance à la scène locale :

« Je me sens totalement dans le rap keb. Je suis très fière de ce mouvement, je m’inscris dans cette lignée-là, j’ai un sentiment d’appartenance. Le premier EP de Loud, par exemple, fut une vraie source d’inspiration. Le rap keb prend toutes sortes de directions mais l’identité québécoise y est assumée. C’est une famille élargie. »

Une inspiration pour l’Ordre des ingénieurs du Québec ?

 

Comment «4,99» d’Alaclair Ensemble a changé le rap game québécois

Olivier Boisvert-Magnen, HHQC, 23 juin 2020

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Un impact massif sur la relève

Arrivée sur la scène rap montréalaise en 2015 au sein de son collectif Bad Nylon, la rappeuse et productrice Marie-Gold fait partie de ces artistes qui ont été directement inspirées par cet album. «J’ai été introduit à Alaclair par les clips de cet album-là, notamment Viande de chval, Les brizasseurs de fizzoules et Piles comprises. Je trouvais ça complètement disjoncté et j’étais obnubilée par leur énergie. Après, j’ai découvert l’album, et ça a été l’un des premiers à m’accrocher autant dans le milieu du rap québ (...) C’est clair que leur délire décomplexé en a inspiré plusieurs. C’est comme si on avait eu la permission de faire de quoi d’éclaté et de vraiment DIY.»

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On vous présente : Marie-Gold

Myriam Bercier, MatTV, 28 mai 2020

Marie-Gold, l’ingénieure du rap québ

MatTV vous présente une nouvelle chronique : On vous présente… En effet, dans les prochaines semaines, nous vous ferons découvrir des artistes underground qui méritent d’être plus connus. Cette chronique se déclinera en trois parties : un aspect descriptif de l’artiste, des questions générales sur sa carrière et un quiz musical rempli par l’artiste. Aujourd’hui, je fête le deuxième mois de ma chronique avec la rappeuse Marie-Gold.

Certains ont découvert la rappeuse Marie-Gold dans le collectif Bad Nylon, duquel elle a fait partie de 2015 à 2018. Elle fait désormais son bout de chemin seule depuis 2018. Si cette année a marqué la fin dudit collectif, c’est aussi l’année du lancement de son premier EP Goal : une mélodie qui a remporté le prix EP rap de l’année au Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ). En 2019, l’artiste a participé aux Francouvertes en même temps que P’tit Belliveau (qu’on a pu apprendre à connaître dans une chronique antérieure).

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En se lançant dans le rap, Marie-Gold a comme objectif d’être un modèle pour les filles qui veulent rapper. Or, elle refuse toute catégorisation de son rap selon son genre. Selon elle, le rap féminin n’est en effet ni une sous-division du rap ni une catégorie à part.

Le 27 mars 2020, elle a lancé son premier album : Règle d’or. Cet album est né quelque part dans un camp d’écriture à Paris à l’automne dernier auquel la rappeuse a participé. Son album aborde la validité de chaque parcours, l’importance de remettre en question les traditions et l’impératif besoin de revoir les codes. Par exemple, sa chanson Mémoire a pour thème l’affirmation de soi et le droit de s’exprimer sans censure alors que Aucun Bling dénonce les failles du système économique en invoquant les (ses?) difficultés financières. Une pièce comme Doser, qui clôt d’ailleurs l’album, parle de surmenage, d’ambitions démesurées et d’anxiété qui rencontre parfois les sentiments d’accomplissement et de réussite.

Voici ma rencontre téléphonique avec la rappeuse et étudiante en génie Marie-Gold. Il y a été question notamment de l’inspiration qu’on peut trouver dans les deadlines, de Jenny Salgado, connue sous son nom de rappeuse J-Kyll du groupe Muzion et de ses études.

Myriam : Qu’est-ce qui t’a amené à faire de la musique?

Marie-Gold : Moi j’ai commencé en faisant de l’improvisation au cégep, j’étais beaucoup entourée de musiciens et je pense que ça m’attirait vraiment mais je ne savais pas par où commencer et le rap, c’était le début de la génération actuelle et j’étais vraiment attirée par le dynamisme du rap. L’espèce de comportement que, aujourd’hui je me rends compte qui est un peu cliché du «dans ta face» et être vraiment vraiment confiant et je sentais que c’était comme un défi aussi parce que je voyais aussi qu’à l’époque il y avait encore moins de femmes qui étaient dans le milieu mais moi je trouvais que c’était comme un challenge, un défi qui me parlait. Comme je voulais commencer à faire de la musique justement, ben faire des beats sur un logiciel chez moi, avec pas nécessairement besoin de grandes connaissances musicales c’était une bonne porte d’entrée pour moi.

Myriam : Qu’est-ce qui t’inspire le plus pour créer de la musique?

Marie-Gold : C’est vraiment dur de mettre le doigt dessus, parce que sinon je serais tout le temps en train de faire des hits. Mais je pense que c’est comme une espèce de questionnement constant du musicien «c’est quoi qui est inspirant?» Moi je trouve que les deadlines, c’est niaiseux mais moi les deadlines ça m’inspire. S’il faut que je livre, c’est là que je vais être comme «OK go go, j’y vais» et je vais plus me mettre dans un contexte où je vais créer, créer, créer et finalement mettre le doigt sur quelque chose. Ce genre de contexte-là m’inspire énormément.

Myriam : Tu dis que tu te mets dans un contexte pour créer, c’est quoi le meilleur contexte pour toi pour créer?

Marie-Gold : Justement c’est un contexte avec une forme d’urgence, souvent je vais me dire «OK, j’ai un show dans deux semaines, je veux vraiment présenter cette chanson-là, donc je vais la terminer» et là je travaille là-dessus. Mais ce qui inspire après l’âme des chansons, les sujets ça va être vraiment plus des expériences personnelles.

Myriam : De 2015 à 2018, tu as été dans le collectif Bad Nylon dont tu es l’une des membres fondatrices. Vous avez décidé de mettre fin au projet en 2018, en lançant votre album, et tu as lancé ton premier EP la même année. Est-ce qu’il y a des aspects du collectif qui te manque dans ta création musicale?

Marie-Gold : premièrement, l’aspect social clairement. Tu sais juste être une gang de personnes, se soutenir, c’était génial en ce sens-là, et je pense qu’il y a aussi l’idée de travailler en équipe, d’avoir un support affectif des autres, de s’encourager. Les filles y’a une époque on faisait toutes des rap battle en même temps et ça, c’était tellement cool et drôle. Mais ce dynamisme d’équipe-là je le retrouve plus en ce moment avec ma gérante, avec mes collaborateurs et tout mais tu sais avoir une gang de quatre filles qui s’en c*lice un peu entre guillemet, je pense que c’est le bon terme pour dire qu’on était décomplexées mais en même temps vulnérables entre nous. C’état comme trop cool d’avoir ces modèles de femmes fortes là autour de soi, aussi proches.

Myriam : Pour ton premier EP, Goal : une mélodie, tu as tout composé les beats et les raps, mais pour Règle d’or, tu as décidé de te laisser aider par d’autres artistes français, québécois et belges. Qu’est-ce qui t’a amené à cette décision?

Marie-Gold : je voulais faire des beats plus banger, donc plus entraînants parce qu’en show j’avais envie que ce soit cette énergie-là. Moi, au niveau de mon producing, je pense que c’est ça sur quoi je plafonnais le plus et j’avais vraiment envie de valoriser le travail d’équipe et l’acquisition de compétences ailleurs donc moi en ce moment je veux vraiment trouver cette balance-là entre quelqu’un qui m’envoie un beat ou trouver des beats, écrire dessus, mais, comme je suis producer, grâce à mon EP, grâce à Bad Nylon, après moi je peux jouer dans la session, je peux faire des arrangements, je peux modifier le beat à ma guise. Ça, ça me donne vraiment ce pouvoir-là. C’est vraiment une juste balance que j’ai trouvée en ce moment.

Myriam : L’idée maîtresse du titre de ton album, règle d’or, te vient d’une citation du philosophe George Bernard Shaw qui disait ceci : «la seule règle d’or c’est qu’il n’y a pas de règle d’or». Comment es-tu tombé sur cette citation?

Marie-Gold : J’étais chez un ami, et il avait le livre de toutes les citations du monde; je pense pas que c’est ça le titre exact, mais c’est un livre qui regroupait énormément de citations. Je l’ai ouvert, je suis tombée là-dessus et ça m’a tout de suite parlé parce qu’il y avait la référence. Ce que je trouvais cool, c’était pas juste écrit «la seule règle d’or c’est qu’il n’y a pas de règle d’or» – George Bernard Shaw, 1818. C’était écrit : «- George Bernard Shaw, tiré de son livre Maximes pour révolutionnaires.» J’étais comme «wow!»; je trouvais ça tellement puissant. Ça vient aussi avec l’idée qu’à travers mon album, soit le processus ou carrément le flow musical, j’essaie de ne pas tomber dans certaines normes ou certains clichés. Par exemple, je suis encore à l’école en génie physique en ce moment, et je sais que c’est un parcours inhabituel pour une rappeuse. Pendant longtemps je me demandais si c’était le bon parcours et là j’accepte d’être un petit peu plus mouton noir sur plein d’aspects et que finalement, c’est ça qui est innovateur et qui est une bonne chose.

Myriam : J’osais pas en parler dans l’entrevue parce que c’était pas «music related», mais tu en parles donc pourquoi le génie? Qu’est-ce qui t’amène là-dedans, qu’est-ce qui te motive là-dedans?

Marie-Gold : Au début j’avais commencé à étudier plus en physique et en écologie, en biologie, mais je pense que je trouvais que le génie c’était comme une formation vraiment complète qui sortait un peu du cadre mathématique et scientifique […]. C’est allé chercher chez moi un peu mon côté entrepreneur, créateur, trouver une solution à des problèmes. Je pense que c’est une formation qui peut ouvrir … Il y avait des cours d’économie là-dedans, des cours de génie électrique là-dedans donc c’était pas juste une formation en maths et physique traditionnelle, je trouvais que c’était comme un package deal plus complet. Je trouvais que ça me donnait plein d’outils pour le futur. C’est une plus grande culture générale, une formation plus complète.

Myriam : OK, donc tu fais des études en génie plus pour la culture générale que pour une carrière après si je te comprends bien?

Marie-Gold : oui oui en ce moment je suis dans mes études aussi mais en parallèle à ça c’est moi qui veux rester informée sur le développement des technologies actuelles, sur la politique en société, c’est super important pour moi, comment je peux m’impliquer là-dedans aussi de ce côté-là. C’est pour ça que je ne fais pas de merch, parce que je sais c’est comme la situation sur l’environnement en ce moment moi je ne me sens pas à l’aise comme artiste d’encourager ce système de consommation-là. Ça fait partie de mon présent, définitivement.

Myriam : C’est vraiment intéressant! Mais revenons à «la seule règle d’or c’est qu’il n’y a pas de règle d’or».  Que signifie cette citation pour toi exactement?

Marie-Gold : je pense que ça signifie juste comme un rappel de requestionner les règles, les normes et de toujours être conscients dans les choix qu’on fait et pas juste parce que c’est une norme établie, un consensus général. Je pense que c’est un peu une règle que tout le monde se donne en musique et en arts, justement de requestionner les traditions. C’est juste une citation de se rappeler ça en ce sens, que tout est permis finalement.

Myriam : L’album se conclut sur la voix de Jenny Salgado, pionnière du rap québécois dans le groupe Muzion. Quels impacts a-t-elle eus sur ta carrière et sur la création de ton album?

Marie-Gold : en fait Jenny, quand je me suis lancée en solo, c’était hyper important pour moi d’aller prendre un café avec elle, et je voulais qu’elle me raconte personnellement son histoire, comment elle voyait l’état du rap québécois. Je l’avais vue en entrevue un an avant ce café-là et ça m’avait vraiment choquée, ça avait vraiment été comme une claque dans la face comment elle parlait de l’industrie et tout. Pour moi, c’est important d’avoir une parole empreinte de sagesse et d’expérience. Elle a pas vraiment teinté le reste de mon album, les tracks et tout, on ne fait pas non plus dans le même genre de hip-hop musical quand je compare avec sa musique qu’elle fait en ce moment mais j’avais vraiment envie qu’elle amène sa poésie à l’album. Ce que je consomme d’elle en ce moment c’est beaucoup ses textes, son écriture, son slam; j’avais envie qu’elle le fasse sur cette forme-là et c’était un peu un sceau d’approbation. Moi, Ses paroles, ça va m’accompagner pour le reste de ma carrière.

Myriam : donc dans le fond, cette chanson-là, tu as écrit ton texte et elle a rajouté une partie de son texte dessus?

Marie-Gold : oui exactement c’est le seul beat de l’album que j’ai composé de A à Z aussi. À la fin, j’ai rallongé la partie de piano et j’étais comme «hey, j’aimerais ça que tu [closes] l’album» un peu comme Oxmo Puccino avait fait sur l’album de Hamza qui est un rappeur français. J’avais trouvé ça vraiment puissant comme approche et je me disais «ah, j’aimerais ça faire ça avec J-Kyll.»

À l’instar de tous les autres artistes rejoints par téléphone, Marie-Gold m’a fait parvenir la dernière question par courriel, avec ses réponses au quiz musical. Voici ses réponses :

Si tu pouvais prendre ma place de journaliste pour une question, quelle question te poserais-tu?

“Qu’est-ce que tu lis en ce moment?”

“L’encyclopédie de savoir relatif et absolu” de Bernard Werber et “Théorie des révolutions scientifiques” de Thomas Kuhn

Quiz musical :

1. Ton lecteur de musique plante sur une île déserte, tu peux seulement écouter une chanson, c’est laquelle?

“Hell N Back” de Bakar

2. Ta chanson de rupture préférée?

En ce moment, ce serait “Soon (feat. Dune & Crayon)” de Swing.

3. Ta chanson d’amour préférée ?

“Until Morning” de James Vickery

4. Un.e artiste que tu aimerais que les gens connaissent davantage ?

Lala&ce, qu’on pourrait namedrop davantage lorsque l’on parle de rap français

5. Si tu pouvais écouter un seul album pour l’année à venir, ce serait lequel?

“Tristesse Business” de Luidji

6. La chanson qui te rend le plus heureux ?

“Say so” de Doja Cat

7. Un.e artiste / groupe qui t’inspire beaucoup ?

Grimes ou Hamza

8. La chanson qui t’obsède en ce moment?

“Trap Beldi” de ISSAM

9. Une chanson que tu aimerais avoir écrite?

“Jalousie” de Angèle. Je trouve juste que c’est une chanson pop super bien écrite et enchaînée.

10. Ta chanson (à toi) préférée?

“La seule règle” ou “s.w.t.id.”. Sur la seconde, j’adore le mood (prod. de Déjàvu) et le texte. C’est la dernière chanson que j’ai fait pour l’album, en plus. Ma chanson préférée n’est pas encore sortie, cela dit!

 

ENTREVUE

Tout un matin, ICI Radio Canada, 19 mai 2020

[ Écoutez l'extrait ]

 

Le meilleur du «rap keb» de la dernière décennie

RAPHAËL GENDRON-MARTIN, SANDRA GODIN et CÉDRIC BÉLANGER, Journal de Québec, 16 mai 2020

Longtemps snobé par l’ADISQ et les radios commerciales, le hip-hop a enfin gagné ses lettres de noblesse. Le Journal a mandaté trois de ses journalistes pour dresser une liste de 15 morceaux de rap québécois (le fameux «rap keb») qui sont parmi les meilleurs de ce que les artistes émergents et établis ont fait dans la dernière décennie. Ici, on met de côté les «vieux loups» pour faire place à la nouvelle garde!  

[...]

IMPATIENTE, MARIE-GOLD  

RGM : Continuons le «riot» avec Marie-Gold, alors! Sur Impatiente, la rappeuse chante «Tout vient à point à qui sait attendre», une phrase pour le moins prophétique avec la pandémie qui a forcé l’arrêt de toutes les activités culturelles pour plusieurs mois! Même si elle doit prendre son mal en patience ces jours-ci, je n’ai aucune hésitation pour la suite de sa jeune carrière, qui est déjà de «l’or en barre».    

[...]

 

MENTION

Tout un matin, ICI Radio Canada, 15 mai 2020

[ Écoutez l'extrait ]

 

LES CLIPS QU’ON A AIMÉS CETTE SEMAINE

Sara Barrière-Brunet, Voir.ca, 15 mai 2020

Mémoire

Marie-Gold

Voici un bien joli et joyeux clip pour la pièce Mémoire de Marie-Gold. On retrouve la rappeuse à différents moments de sa vie – très mignonne avec ses lunettes et son chapeau fleuris, offrant un doigt d’honneur! – ainsi que ses proches en confinement. 

[...]

 

La rappeuse Marie-Gold se rappelle de bons souvenirs dans le nouveau vidéoclip Mémoire

Samuel Daigle-Garneau, HHQC, 14 mai 2020

Jeudi matin, Marie-Gold a dévoilé Mémoire, le quatrième vidéoclip de son plus récent effort, Règle d'or. La rappeuse montréalaise se remémore ici quelques souvenirs au travers ce  vidéoclip filmé façon confinement, dansant seule sur un toit ou dans de grands espaces, bougeant en vélo ou en skateboard. Le tout est parsemé d'images de ses amis qui apparaissent à la fenêtre, de son spectacle aux Francos de Montréal, de souvenirs de certains contributeurs et de vieilles photos de l'ex-Bad Nylon.

 

MARIE-GOLD - RÈGLE D’OR

Laurence Gauvin, Pan 360, 14 mai 2020

La rappeuse Marie-Gold, qui a déjà quelques singles et un EP à son actif, nous offre avec Règle d’Or son premier album solo. Ce qui frappe dès la première écoute, c’est la précision et la clarté de la déclamation de la rappeuse, qui nous permettent de bien saisir ses textes. Ceux-ci doivent d’ailleurs être savourés tant ils sont travaillés et plaisants à décortiquer. On remarque également un souci du détail intéressant au niveau de la trame musicale, avec entre autres l’insertion d’effets sonores ou de mots, ce qui ajoute une dimension intéressante à la texture sonore. Cette artiste révèle dans ses titres un flow accrocheur, qui est accentué par le timbre plutôt grave de sa voix. Elle n’hésite pas à se servir de son registre vocal étendu pour donner à ses morceaux différentes ambiances, incluant même au passage un ou deux titres passablement pop. Avec l’assurance qui se dégage de cet album, Marie-Gold défonce littéralement la barrière de la masculinité normalement associée au rap keb et se taille une place non négligeable au sein de la communauté rap montréalaise. 

 

La rappeuse québécoise Marie-Gold lance sa collection limitée de g-strings

Samuel Daigle-Garneau, HHQC, 1 mai 2020

Après avoir fait paraître l'album Règle d'or, Marie-Gold lance sa propre merch. Toutefois, l'ex-Bad Nylon a décidé de faire qu'une collection de g-strings assez limitée, question de ne pas encourager à la surconsommation.

« En ces temps de précarité financière pour beaucoup d’entre nous, je ne me sens pas à l’aise d’inciter à la consommation », explique la rappeuse sur les réseaux sociaux. « Dans le même ordre d’idées, je questionne la pertinence d’ajouter des biens matériaux dans notre océan et notre garde-robe », déjà tous deux bien garnis, poursuit celle qui affirme ne pas se sentir à l’aise d’encourager des entreprises comme Gildan ou Fruit of the Loom.

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Ainsi, l'auteur de Pousse ta luck mettra en vente 30 g-strings, une collection plus que limitée. Elle ajoute qu'un «g» qu'elle a elle-même porté sera vendu au prix de 50$. Ce dernier serait pour les philanthropes seulement, a-t-elle précisé. Au passage, elle rappelle que le g-string fait un excellent masque en temps de pandémie.

 

ENTREVUE

Gabriel Gignac, Grizzlymedias, 28 avril 2020

[ Écoutez l'extrait ]

Quand on pense à la rappeuse Marie-Gold, artiste qui rêve de devenir la reine du rap au Québec, on pense à un mélange entre l’énergie d’un Hubert Lenoir et la qualité des textes et de mix de Loud. L’ancienne chanteuse du groupe Bad Nylon, qui vient de lancer son premier album solo ¨Règle d’or¨ est clairement une artiste provocante mais qui possède une sensibilité et une profondeur, et ce, dans tous les éléments de sa carrière artistique.

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Marie-Gold, de son vrai nom Chloé Pilon-Vaillancourt, se dit inspirée comme rappeuse par des gens en politique comme Gabriel Nadeau-Dubois, Catherine Dorion et par des rappeurs comme Drake, Booba et autres gens qui sont capables de faire changer les choses avec leurs textes, idées, opinions, groupes, ou compagnies. Elle affirme qu’elle aime attirer l’attention comme artiste, mais aime bien son côté plus tranquille dans sa vie personnelle.

Elle a raconté à Gabriel Gignac dans cet entrevue comment elle a commencé sa carrière et comment Bad Nylon lui avait permis de devenir la star qu’elle est aujourd’hui. Marie-Gold souligne qu’elle devait passer par un groupe afin de devenir confortable comme vedette solo. Cette dernière se dit fière de sa première réalisation à la suite de tous les efforts qu’elle a pu mettre dans ce projet, dans ses qualités et ses imperfections.

Marie-Gold est clairement rafraîchissante dans notre univers plutôt sombre par les temps qui courent. Sa folie et sa sensibilité apportent une belle touche de provocation, d’amour et de réflexion, une sorte de bombe qu’on espère recevoir de ses éclats explosifs.

 

COVID-19: l’ADISQ veut promouvoir la nouvelle musique d’ici

Agence QMI, Journal de Montréal, 22 avril 2020

Même durant la pandémie, les artistes québécois continuent de lancer des albums. Les récentes sorties de Louis-Jean Cormier («Quand la nuit tombe»), Aliocha («Naked»), Marie-Gold («Règle d’or») et P’tit Beliveau («Greatest Hits Vol.1») le prouvent. 

Souhaitant s’assurer que le public soit bien informé des différentes sorties, l’ADISQ a donc retenu les services de Pierre Lapointe et Ariane Moffatt afin d’enregistrer des messages radio pour les stations Rouge FM, ÉNERGIE et Boom FM. Ces capsules d’une minute permettront notamment de découvrir des extraits musicaux de différentes nouveautés.

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Jusqu’au 30 juin, une minute publicitaire par heure, de 6 h à minuit, sera offerte gratuitement par les trois stations. 

«La radio est un partenaire de premier ordre pour la musique d’ici. Alors que les artistes en musique sont frappés de plein fouet par la crise actuelle, il est crucial de garder contact avec les fans afin qu’ils sachent que de la nouvelle musique continue de s’offrir à eux», affirme le président de l’ADISQ, Philippe Archambault, dans un communiqué. 

Au cours des prochains jours, les mélomanes pourront également poser les oreilles sur la nouveauté éponyme du duo SOMMM - formé d’Ariane Moffatt et Étienne Dupuis-Cloutier - ainsi que «Off The Cuff», la premier album du trio Lenoire.

 

Marie-Gold en 13 questions

Hollywood PQ, 20 avril 2020

Il y a un peu moins d'un mois, Marie-Gold lançait son premier album solo complet, Règle d'or, peu de temps après la sortie du clip de la pièce Goélands, sur laquelle on peut aussi entendre Lydia Képinski et Kirouac. La rappeuse avait prévu un spectacle de lancement à la fin mars qui a malheureusement dû être annulé à cause de la pandémie, mais son nouveau matériel a de quoi nous consoler pendant le confinement avec 11 pièces toutes plus entraînantes les unes que les autres.

Quel est ton film préféré de tous les temps?

Contact (1997) par Robert Zemeckis, dans lequel Jodie Foster incarne une astrophysicienne à la recherche de la vie extraterrestre.

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Quel est ton statut Facebook actuel?

Un mélange de « en confinement » et « en émerveillement ».

Quelle chanson écoutes-tu en boucle en ce moment?

Say So de la rappeuse américaine Doja Cat.

Si tu pouvais changer de vie avec quelqu'un d'autre pendant une journée, qui choisirais-tu?

Quelqu’un qui est sur le terrain, en gestion de crise, dans un pays qui aura peine à gérer la pandémie actuelle. Ça ne peut que générer de la gratitude envers le simple fait d’avoir un toit, une distanciation sociale possible, de l’eau courante, etc. Sans banaliser la situation dramatique que vivent de nombreuses personnes au Québec dans nos conditions. Et dans l’espoir que ce boost d’adrénaline et ce choc culturel mènent à un éclaircissement et des actions plus concrètes de solidarité.

Où est-ce que l’on risque de te croiser?

Topless sur mon balcon, à choquer les gens qui ne respectent pas le confinement.

Qui t’impressionne le plus?

Les personnes qui délaissent le profit (le « gros profit ») économique afin de s’investir humainement et monétairement dans le communautaire. Ce sont ces personnes qui m’impressionnent, car c’est d'elles que j’ai le plus à apprendre.

Qui est ton/ta sexe-symbole?

Une belle âme ne perdra jamais son charme et son intellect avec le temps, au contraire, elles ne feront que fleurir davantage. Et donc, pour ça, je dirais Ryan Gosling, David Beckham et Johnny Depp.

Raconte-nous ton expérience la plus folle avec l’un de tes fans?

Ce n’est pas particulièrement fou, mais je trouve ça toujours profondément adorable de voir des jeunes filles de 10, 11, 12 ou 13 ans faire des stories d’elles qui chantent mes chansons après les avoir apprises par coeur!

Quel est ton plus grand plaisir coupable?

Une boîte de biscuits Chips Ahoy! à l’arc-en-ciel et le Elle Québec.

Combien de temps prends-tu pour te préparer avant de sortir?

Moyenne : 10 minutes. Médiane : same. Écart-type : deux minutes.

Ta dernière journée de congé ressemblait à quoi?

Me lever à midi (parce que la veille, j’ai passed out sur seulement trois Spritz étant donné que ma tolérance à l’alcool a dramatiquement chuté pendant le confinement). M’entraîner avec un ami (partenaire de confinement du moment). Aller jogger. Préparer un brunch décadent en guise de souper (YOLO). Appeler mes parents. Écouter une télésérie (ce que je ne fais JAMAIS). Jaser de vraies affaires. Le tout conclut par une panne de courant et des tours de magie à la chandelle. La dernière dans le genre avant un moment, quoi!

Quel est ton drink du moment?

Je prends tout ce qu’on me donne (#Goélands)!

Lequel des sept péchés capitaux te ressemble le plus?

Je dirais l’avarice, d’une étrange façon. Pas parce que je suis grippe-sou. C’est vrai que je dépense peu et que lorsque j’ai de l’argent, ça me fait plaisir de pouvoir offrir des présents à mes proches. Cela dit, par les temps qui courent, je réalise qu’il m’est arrivé d’investir inconsciemment dans le système néolibéralisme qui s’effondre et qui est responsable de nombreux problèmes. Et donc, qu’en vivant parfois au-dessus de mes moyens ou en ne gérant pas correctement mon argent, j’ai encouragé un système qui augmentait les inégalités et qui nuisait foncièrement à d’autres.

 

Marie-Gold: garder un esprit critique en situation critique

Benoit Valois-Nadeau, Journal Métro, 17 avril 2020

La rappeuse Marie-Gold se décrit comme une artiste «décomplexée, un peu baveuse, mais avec de l’intelligence dans les propos». Et ce n’est pas le coronarivus qui va la changer.

À défaut de vivre un lancement normal pour son premier album Règle d’or, sortie fin mars, la vingtenaire a tout de même eu l’honneur de lancer ce qui est, selon nos recherches non exhaustives, la première track québécoise sur la pandémie: L’amour au temps du corona.

Dans cette chanson composée dans l’urgence, quelques jours après le déclenchement du confinement, elle rappe sur un dilemme qui frappe bien des cœurs tendres ces jours-ci: voir ou ne pas voir l’être aimé malgré les règles de distanciation sociale?

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«J’ai hésité, car je ne voulais vraiment pas capitaliser ou banaliser un phénomène si dévastateur en faisant une chanson sur ma réalité, qui est tellement mieux que celle de beaucoup de gens», explique-t-elle.

«Mais je me suis dit: ’’tant pis!’’. J’avais besoin de sortir de ce blocage mental. Je crois que ça peut apporter un vent de fraîcheur. La chanson peut paraître légère, mais le sujet est très sérieux en même temps. C’est notre réalité en ce moment. L’isolement social et affectif est souvent le plus gros enjeu de la pandémie dans nos sociétés.»

«En ce moment, c’est la COVID-19 qui passe à l’histoire, pas la musique.» Marie-Gold, rappeuse, à propos de la difficulté de sortir en album en contexte de pandémie

Celle qui dans la vie de tous les jours répond au nom de Chloé Pilon-Vaillancourt croit d’ailleurs que l’art a une fonction importante à jouer pour aider les gens à passer à travers la crise.

«Le rôle des artistes est d’amener à la réflexion, estime la jeune femme. Ça peut se faire en proposant quelque chose de léger qui, en apaisant l’esprit et en diminuant le stress, permet d’avoir une meilleure capacité d’analyse.»

«L’art permet aussi une meilleure connexion avec ses sentiments, ce qui permet de voir plus clair et d’être le maître de ses actes et de ses réflexions, poursuit-elle. C’est une occasion de penser à ce qu’on vit, aux gestes qu’on peut poser et à la façon dont on peut prendre soin de nous, sans rester chez soi aveuglément.»

Remise en question

Ce discours fait écho au principe sous-jacent de l’album: «La seule règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règle d’or», maxime du philosophe britannique Georges Bernard Shaw qu’elle répète comme un mantra en ouverture du long jeu.

«Il faut toujours garder un esprit critique par rapport à ce qui est établi, résume celle qui est aussi productrice. C’est ça aussi, être un bon citoyen. Ce n’est pas que suivre des directives et un parcours traditionnel. C’est comprendre ce qui se passe et être capable d’avoir ses propres réflexions.»

Un esprit critique qu’elle applique également à son parcours musical. Fondatrice du collectif féminin Bad Nylon, elle a aussi fait ses armes au sein des soirées Word Up! Battles avant de lancer un premier EP solo (Goal: Une mélodie) autoproduit en 2018.

Pour Règle d’or, elle a cette fois décidé de s’entourer de beatmakers québécois, belges et français.

«Dans le milieu de la musique, il y a beaucoup de chemins déjà tracés qui s’offrent à un artiste. C’est important de les remettre en question et d’être ouvert aux nouvelles avenues offertes. Ce milieu évolue grâce à des gens qui se questionnent. Il ne faut pas oublier qu’il n’y a rien de permanent et d’ancré dans le sol à tout jamais.»

La double vie de Marie-Gold

Marie-Gold peut en témoigner, elle qui a un cheminement pour le moins unique: étudiante en génie physique le jour et rappeuse le soir.

Deux carrières opposées qu’elle entend mener de front malgré les difficultés.

«L’école à distance est venue régler tous mes problèmes, souligne-t-elle en riant. Mais en temps normal, c’est beaucoup de stress, même si j’ai toujours foi que les deux vont réussir à bien s’équilibrer. Quand je ne fais pas de maths ou de sciences, je fais moins de musique. Je vais moins de l’avant dans mes projets. L’un nourrit l’autre énormément. Mais l’art reste une priorité, parce qu’à la fin de la journée, quand j’ai fini mes devoirs et que je vais en studio faire des chansons, c’est là que je tire un des plus grands sentiments d’accomplissement.»

 

ENTREVUE

Mon amour de musique, CJRG, 15 avril 2020

[ Écoutez l'extrait ]

 

La crise comme tremplin pour les artistes de la relève

Myriam Bercier, Montréal Campus, 13 avril 2020

Alors que la crise sanitaire entourant la COVID-19 a fait fermer les espaces culturels, des artistes émergent(e)s usent de créativité pour lancer leur premier album en plein confinement, loin de leur public.

Depuis le 14 mars 2020, les salles de spectacle de la province sont désertes. Le gouvernement du Québec a pris la décision de les fermer pour une durée minimale de trente jours, mais la vie culturelle québécoise n’est pas pour autant morte. Plusieurs artistes de la relève musicale ont choisi de lancer leur premier album en pleine crise sanitaire, sans spectacle de lancement ou de contact direct avec leur public. C’est le cas notamment de Marie-Gold et P’tit Belliveau, qui ont participé aux Francouvertes en 2019, ainsi que du groupe Zen Bamboo, formé de Léo Leblanc, Xavier Touikan, Charles-Antoine Olivier et Simon Larose.

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« Je n’ai pas envie de mettre ma vie sur “pause”, mais plutôt d’adopter une mentalité qui consiste à aller de l’avant peu importe les conséquences. […] Tout comme nos vies personnelles, la vie culturelle de la société ne doit pas être mise sur pause malgré les circonstances », fait remarquer la rappeuse montréalaise Marie-Gold, qui a lancé Règle d’or le 27 mars dernier.

Pour l’artiste folk-country électro P’tit Belliveau, signé sous la bannière Bonsound, reporter le lancement de l’album Greatest Hits Vol.1 n’était pas une option, comme l’indique Jérémie Pelletier, qui s’occupe de ses relations de presse. « La première annonce de notre gouvernement au sujet de la COVID-19 a eu lieu le 12 mars, soit deux semaines avant la date prévue pour la sortie de son album. Ce délai était beaucoup trop court pour annuler cette sortie. Le processus de mise en marché était déjà en branle », explique-t-il. Pour le quatuor Zen Bamboo, l’interdiction de se rassembler a été un choc car la formation souhaitait « centrer la promo autour du show, [comme] Zen Bamboo est et restera un band de live. » 

Lancer un album en pleine crise, mais pourquoi ?

Marie-Gold et Zen Bamboo parlent d’un besoin musical de la population. « Ça nous semblait urgent qu’il sorte. Et [on a] l’impression que GLU est un bon album de quarantaine. Qu’il s’écoute bien tout(e) seul(e). Qu’il remplit admirablement le vide », expliquent les membres de Zen Bamboo. La réponse du public et des médias a finalement été à la hauteur des attentes des artistes. 

Si le Néo-Écossais P’tit Belliveau avait déjà commencé tout ce qui entourait la promotion de son nouvel album avant la crise sanitaire, le reste s’est poursuivi par vidéoconférence ou par téléphone. Toutes les couvertures médiatiques espérées par Marie-Gold, qui a fait ses débuts dans le groupe de rap Bad Nylon, sont aussi devenues réalité. De son côté, « Zen Bamboo n’a jamais reçu autant d’amour ». « On pense que les gens qui nous suivent ont été soulagés de se rassembler autour de quelque chose de neuf, un noyau dans lequel puiser et vers lequel projeter de la beauté et de la force », philosophe Zen Bamboo.

Les membres du groupe originaire de Saint-Lambert se sont réunis virtuellement sur leur page Instagram à quelques minutes de la sortie de GLU, le 26 mars dernier, pour offrir à leurs fans des nouvelles chansons en version acoustique. Comme Zen Bamboo, Marie-Gold a reporté son concert de lancement à une date inconnue. « Je n’ai pas fait de Instagram live de mon spectacle, car j’ai plutôt envie que le public consomme l’album et d’attendre de faire un spectacle en bonne et due forme lorsque les conditions le permettront », explique l’artiste derrière Règle d’or. Quant à P’tit Belliveau, il a sorti son banjo et ses guitares lors d’une prestation en direct, toujours disponible sur sa page Facebook, après avoir annoncé l’annulation de son lancement qui devait avoir lieu à l’Escogriffe le 1er avril dernier.

La COVID-19 a eu d’autres conséquences principalement financières sur la vie des artistes. « Sortir cet album est l’une des seules sources de revenus d’un artiste comme P’tit Belliveau pour les prochains mois.», mentionne Jérémie Pelletier. Il continue en affirmant que « l’annulation des concerts prévus dans les prochains mois, ainsi que des festivals, représente une grande perte de revenus pour les artistes en tournée et la compagnie [Bonsound]. » 

Le futur artistique après la crise

Les trois artistes ont des projets pour la fin de la crise sanitaire. P’tit Belliveau a plusieurs dates de spectacle à son calendrier et espère qu’elles ne seront pas annulées. Marie-Gold, qui a lancé son premier EP Goal : Une Mélodie en 2018, a avoué également avoir pris le temps du confinement pour repenser à la formule de son spectacle. Les membres de Zen Bamboo, quant à eux, attendent avec impatience la réouverture des salles de spectacle : « Dès que le gouvernement redonne le feu vert aux rassemblements, les gens vont avoir besoin de s’éclater. Il va y avoir du plancher qui tremble et du plafond qui manque d’arracher à la grandeur du pays. On veut être là pour leader la cérémonie. »

 

Marie-Gold : Grandes ambitions, bonnes vibrations

Geneviève Bouchard, Le Soleil, La Tribune, 11 avril 2020

Entre son «humble» ambition de devenir la «reine du rap queb» et ses études à la Polytechnique de Montréal, Marie-Gold ratisse large et n’a pas le temps de s’ennuyer. Même en période de pandémie et de confinement.

«L’école est recommencée, donc j’ai quand même des trucs à faire. Je me sens bien en ce sens-là», a noté la rappeuse, jointe il y a quelques jours à Montréal. Entre les sciences et la musique, son cœur balance… Et c’est tant mieux pour elle. 

«Surtout dans un contexte de confinement, je pense que les deux sont nécessaires, ajoute-t-elle. Les arts et les sciences semblent plus importants que jamais dans la société en ce moment. […] Pour moi, cette combinaison va de soi. Si je veux rester en forme intellectuellement, il faut que je trouve de l’équilibre dans ces deux milieux-là.»

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Il y a un peu plus de deux ans, Marie-Gold (Chloé Pilon-Vaillancourt de son vrai nom…) a affiché ses couleurs avec humour, mais non sans ambition, en publiant sur les réseaux sociaux une photo d’elle dans sa baignoire, flûte à champagne dans une main, cigare dans l’autre, bling-bling aux doigts. «Résolution 2018 : Devenir reine du rap queb», avançait-elle dans ce statut du jour de l’An. 

Avec une touche de glamour en plus, elle a nuancé 365 jours plus tard. «C’est avec beaucoup d’humilité que je dois admettre que JE NE SUIS PAS DEVENUE LA REINE DU RAP QUEB!!» a-t-elle écrit en ligne. N’empêche, la rappeuse était loin d’avoir raté sa sortie en solo, elle qui a vu un premier minialbum, qu’elle a mitonné fin seule, récompensé au Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ). 

La suite nous est arrivée fin mars sous la forme d’un album complet, Règle d’or, pour lequel  Marie-Gold a changé d’approche en multipliant les collaborations, tant au micro qu’à la production musicale. 

«Je sentais que je plafonnais au niveau des beats, avoue-t-elle. Et il y a une certaine dynamique à travailler en équipe. J’avais besoin d’être entourée de gens physiquement. Quand j’ai fait mon EP, j’étais dans un loft toute seule. J’avais trouvé une zone de confort dans le travail. Mais pour l’album, j’étais dans différents endroits. J’étais en colocation, j’étais en voyage. J’avais moins cette bulle. Pour me grounder, j’avais besoin de m’entourer.»

Émergence et expérience

Parmi les complices inscrits dans les crédits de Règle d’or, on peut remarquer Lydia Képinski et Kirouac, avec qui elle livre la déjantée Goélands. «C’est une chanson que j’ai composée après une semaine de débauche avec mes anciennes colocs, raconte Marie-Gold. J’ai eu envie d’écrire sur le thème de la dérape et de la fête, mais de manière vraiment décomplexée. Un goéland, c’est comme un oiseau de nuit qui avale toute la scrap qu’on lui donne. J’avais envie d’un trio, d’une sorte de triangle de la jeunesse montréalaise et de la musique émergente.»

On remarque aussi au livret le nom de J-Kyll (Jenny Salgado), qui a un peu joué le rôle de pionnière au tournant des années 2000 à titre de membre du groupe Muzion. La rappeuse d’expérience et la recrue se sont réunies autour d’un café, la table était mise pour une collaboration. 

«Je voulais rencontrer des gens inspirants, qui ont été actifs dans le milieu. Je sentais que Jenny avait une ouverture là-dessus. C’était important pour moi de juste lui parler. Mais à la suite de ce café, quand j’ai fait mon album, je trouvais qu’il manquait de variété au niveau des voix», explique Marie-Gold, aussi inspirée par son confrère français Hamza. 

«Sur Paradise, il y avait Oxmo Puccino qui terminait l’album avec un magnifique texte, ajoute-t-elle. Ce que je consommais beaucoup de Jenny à ce moment-là, c’était ses textes, ses poèmes. Je me suis dit que ça serait un honneur d’avoir sa voix tellement unique pour clore l’album.»

Pas du «rap féminin»

Parfois frondeuse, Marie-Gold aborde l’ambition, la liberté, la nécessité de faire sa place, d’être soi-même. Par le passé, elle ne s’est pas gênée pour aborder la sous-représentation des femmes sur la scène hip-hop. Elle refuse du même souffle l’étiquette de «rap féminin». 

«J’approche le rap de façon décomplexée en présentant ma personnalité qui n’est pas juste attribuable à mon sexe. Je pense que tant les hommes, les femmes ou les transgenres devraient pouvoir se retrouver dans la musique que je fais, parce que j’aborde une variété d’enjeux de société», croit celle qui ne nie pas non plus que le fait d’être une femme ait teinté son expérience artistique. 

«J’en ai vu des vertes et des pas mûres, précise-t-elle. J’ai entendu des affaires inacceptables. Mais là, je suis vraiment dans le développement de mon propre branding et de mes propres intentions. De plus en plus, mon chemin s’éclaircit. Je me dis que ceux qui aiment suivent, que je peux développer un public en ce sens. En ce moment, je collabore avec des gens et c’est juste basé sur de bonnes vibrations…»

 

ENTREVUE

CFID Radio-Acton, 8 avril 2020

[ Écoutez l'extrait ]

 

ENTREVUE

On prend toujours un micro pour la vie, CISM, 8 avril 2020

 

MARIE-GOLD SE DÉPASSE

Marissa Groguhé, La Presse +, 6 avril 2020

Règle d’or

Marie-Gold

CFM Musique

Trois étoiles et demie

Marie-Gold, ancienne de Bad Nylon, présente son premier album complet en solo : Règle d’or. Remises en question personnelles, critique sociétale et critique de son « boy », exercice inéluctable de fanfaronnade : il y a de tout, et tout est bon sur cet album.

La rappeuse s’est armée de beats solides et de lignes bien travaillées pour un premier essai convaincant. Marie-Gold se place de belle façon dans le mouvement trap franco avec Règle d’or, créé avec des producteurs québécois, belges et français. 

Mais la rappeuse, habituée à l’autoproduction, ne s’arrête pas là. Les tonalités rétro maîtrisées, les intonations dansantes où le hip-hop fréquente la pop et le R&B, la tentative dancehall : si l’exploration n’est pas sans faille, Marie-Gold a le mérite d’avoir voulu se dépasser. 

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Dans Goélands, avec Kirouac et Lydia Képinski, elle raconte la fête, quand tout ce qui peut être consommé l’est. S.W.T.I.D parle aussi de l’excès, cette fois de cannabis. Sur cet album, en touchant au personnel souvent, la rappeuse montre ses couleurs plus que jamais. Sur Jack, elle évite le piège de trop faire dans la vantardise, tout en s’affirmant. Marie-Gold veut « [sa] part du gâteau mais pas les miettes », rappe-t-elle. 

Pousse ta luck, bien que répétitive (ce qui lui donne, finalement, l’avantage d’être impossible à se sortir de la tête), a un rythme des plus entraînants. Certains refrains ont, ailleurs, une faiblesse du rabâchage. Mais sur Aucun bling, Cracher sur vos tombes, Doser (avec la géniale J-Kyll)… on apprécie autant la prose que les beats.

 

Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

Geneviève Bouchard, Le Soleil, 4 avril 2020

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Musique

Règle d’or *** Hip-hop, Marie-Gold

Près de deux ans après avoir lancé un minialbum qu’elle avait créé fin seule, la rappeuse Marie-Gold a repris du service avec un premier album complet où elle a multiplié les collaborations. «La seule règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règle d’or», clame-t-elle sur la pièce qui ouvre cette collection à la fois frondeuse et vitaminée. Empruntant ici à George Bernard Shaw, faisant là un clin d’œil à Boris Vian, la jeune artiste ne manque pas de front ni d’ambition. C’est ce qu’elle annonce avec ces 11 titres bien de leur temps. Un désir d’émancipation et de faire sa place sert de fil rouge à Règle d’or. Sur une scène rap où les femmes sont sous-représentées, ça mérite d’être souligné. Quand vient le temps de partager le micro, Marie-Gold a fait des choix judicieux, tant dans cette collaboration avec J-Kyll (Muzion) que dans la syncopée Goélands, où l’on peut entendre Kirouac et Lydia Képinski. Ceux que les effets style Auto-Tune irritent pourront lui reprocher d’en abuser parfois, sur la pièce Impatiente, notamment. L’ajout de cordes attirera peut-être leur pardon...

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Entrevue avec Marie-Gold

Sasha, The Stingray Blog, 3 avril 2020

Le 25 mars est paru le tout premier album solo de la jeune rapper Montréalaise Marie-Gold. L’album intitulé La règle d’or a été composé avec différents producteurs et collaborateurs de son choix. On retrouve ici enfin la première offre complète de l’artiste émergente.

Pour souligner l’occasion je me suis entretenu avec elle pour en apprendre un peu plus. (Tout en respectant la distanciation sociale, là, on gère).

So, Marie, parle-moi un peu de ton album. Outre les collabos et les évènements qui l’entourent, il représente quoi cet album pour toi profondément ?

C’est un premier album, un premier jet d’un ensemble cohérent. Ce qui était important, c’est que les textes soient travaillés, soutenus par une production musicale riche et surprenante, et que les thèmes soient variés. « Règle d’or » fait référence à la citation du philosophe George Bernard Shaw : « La seule règle d’or est qu’il n’y a pas de règle d’or ». Dans la personnalité de l’album et celle de mon personage Marie-Gold, c’est de mettre de l’avant ce côté frondeur, qui souhaite revisiter les codes et les traditions, les questionner.

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Quel a été ton plus grand obstacle durant la création de ton œuvre? Et comment t’en es-tu sortie?

La conciliation école-musique, qui est encore une dualité à ce jour. J’ai appris à garder mon sang-froid en gérant les deux, et à continuer à aller de l’avant. Aujourd’hui, je trouve davantage une balance, car les deux milieux, bien que distincts (le rap et la physique), se nourrissent l’un l’autre.

J’ai aussi appris à travailler avec une toute nouvelle équipe (Les collaborateurs sur l’album, la COOP Faux-Monnayeurs et Audrey Canuel en gérance). Un temps d’adaptation a été nécessaire pour trouver la balance au niveau du pouvoir décisionnel, et à savoir quand je devais accorder plus d’importance à l’oeil et l’oreille extérieure, sans nuire à mon intuition, mais plutôt en aidant au résultat final.

Aucun album de hip-hop n’est complet sans son lot de featurings. Pour ton single « Goélands » tu as fait appel à Lydia Képinski et Kirouac. Dis-moi en plus sur la genèse de cette collaboration.

Je devais initialement aller avec Kirouac en studio, pour une session X. Je souhaitais déjà faire un feat sur « Goélands », et j’ai rapidement tenu à avoir un triangle d’acteurs et d’actrices de la scène émergente. J’ai vraiment boqué là-dessus. Je trouvais que les énergies de Kirouac et Lydia “fittaient” parfaitement avec la track, ensemble. J’ai hyper appris en voyant la méthode de travail et d’enregistrement de Kirouac ; Aussi, bien qu’elle soit issue du milieu davantage rock/électro, Lydia a cette personnalité un peu “grunge” et sans limite, dont l’énergie peut bien s’associer à celle d’une chanson trap.

Qui d’autres as-tu sur ta wishlist de futurs collaborateurs ?

Je suis vraiment open. Je n’ai pas de nom en tête en particulier ; ça y va selon la track, ou avec qui je me retrouve en studio de façon organique. J’essaie de ne pas me jinxer non plus.

Parlant de mettre un spin positif sur les évènements qui nous habitent ces jours-ci. Tu en as profité pour être (aux fins de cette entrevue, du moins) la première artiste québécoise à sortir une chanson sur le sujet avec « L’amour au temps du corona ». En tout, ça t'a pris combien de temps pour pondre cette pièce ? Ça a dû faire réagir ?

Ça m’a pris douze heures : j’ai écouté le beat que Liam venait juste de m’envoyer ; J’ai écrit les lyrics ; Je les ai retravaillées, apprises par cœur ; Je me suis enregistrée, j’ai fait un mix minimaliste ; J’ai enregistré la vidéo et fait un montage très DIY sur iMovie. C’était hyper libérateur car je me retenais de faire une chanson sur les événements et le COVID, car je trouvais déjà les réseaux sociaux et les médias saturés en ce sens. Aussi, je ne voulais pas banaliser l’événement ou sembler le ridiculiser. Finalement, c’est une réalité que l’on partage tellement tous en ce moment, que c’est inévitable de l’aborder, tant elle génère des émotions particulières.

 

10 très beaux clips

Sara Barrière-Brunet, Voir.ca, 3 avril 2020

Confinés à la maison, on a besoin de couleurs, d’émerveillement et de bonne musique. Voici une sélection de vidéos qui ont attiré notre regard. 

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Règle d’or

Marie-Gold

Un clip tout en simplicité pour la rappeuse qui vient de sortir son album du même nom la semaine dernière. Seule dans un stationnement dans un ensemble de coton ouaté blanc, Marie-Gold respecte les règles de la distanciation sociale à merveille. 

 

Les chansons marquantes de mars 2020

Louis-Philippe Labrèche, Le canal auditif, 1 avril 2020

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Marie-Gold — Goélands (avec Kirouac et Lydia Képinski)

C’est peut-être une des plus grandes bourdes que j’ai réalisées ce mois-ci, mais ça démontre aussi à quel point la situation évolue rapidement. Je pensais que les partys de maisons seraient légion… J’avais tort. Ça demeure que Goélands est une solide chanson de rap qui rappelle les collaborations américaines où des chanteurs et rappeurs se mélangent pour créer une trame efficace. C’est exactement ce qui arrive ici alors que Marie-Gold est jointe par Lydia Képinski et Kirouac.

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MARIE-GOLD - Règle d’or

Félix Lefebvre-Massey, Le canal auditif, 31 mars 2020

2018 marquait la parution du premier EP de Marie-Gold intitulé Goal : Une Mélodie. Cette première ébauche solo émise par la jeune artiste montréalaise annonçait dès lors une poésie juste et recherchée calquée sur des productions trap/rap bien soignées. On ne s’étonne ainsi nullement de ce prix remporté au GAMIQ cette même année-là, surtout en sachant qu’elle avait presque tout fait par elle-même. 

Avec le vent dans les voiles, cet éloge fut profitable pour elle puisque presque deux ans plus tard, la rappeuse/productrice dévoile Règle d’or, son tout premier album. Cette fois-ci, c’est le fruit de multiples collaborations qui aura façonné l’opus, apportant une grande richesse mélodieuse tiraillée entre des productions tantôt pop, rap et trap. 

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Que l’on soit un amateur ou un touriste qui fait de la prospection musicale et qui tombe sur Règle d’or, sachez que pour bien des raisons, il en vaut une écoute attentive. Ce qui en fait un ensemble unique, c’est sa capacité à instaurer une vibe, une attitude émanant de la chanteuse elle-même, donnant quelque chose d’assez ressenti et assumé.  

Au-delà d’une expérimentation, d’un mélange de genre, on reconnaît que la plume de Marie-Gold est sans l’ombre d’un doute ce qui constitue la force de l’album. Interprétées avec aisance, ses lignes sont à la fois poétiques, crues et réfléchies. On se permet ainsi d’en tirer plusieurs leçons pertinentes. Soulignons également que ses barz sont vibrantes en raison de leurs tournures et de leur fluidité comme en témoignent notamment La seule règle et Pousse ta luck.

« Tu peux donner des leçons now même si t’es pas le pape

Et me vanter sur des beats de trap, me tente pire que le diable

À fake it pour make it, mais j’m’inquiète plus pour que ma maquette renfloue le wallet d’un respect que j’aurais flingué

Ou ne m’ouvre les portes d’un heaven que je n’ai que rêvé » 

– Pousse ta luck

Règle d’or, c’est un album de chilleur qui s’inscrit avec aplomb dans l’émergence d’un nouveau groupe d’artistes rafraîchissants pour la scène musicale québécoise et francophone.  La beauté de cette nouvelle vague, c’est le désir de perfectionner un art versatile et conscient. Des artistes qui se prennent au sérieux tout en ne se prenant absolument pas au sérieux, préférant garder en mémoire que « la seule règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règle d’or ».  

On salue le désir de Marie-Gold de demeurer connectée au rap et à ses racines. Ce fait d’armes se fait notamment ressentir dans les lourdes productions léchées d’Impatiente et de Jack, des échantillonnages bien placés dans Pusha et le slam de J Kyll dans Doser. Mentionnons également l’identité collective et festive du rap bien transposée ici dans Goélands alors que la chanteuse collabore avec Kirouac et Lydia Képinski. 

Bref, Règle d’or est un album assez complet, un album accessible qui s’écoute dans de multiples circonstances. Ce qui me semble le moins réussi, c’est la transition entre les chansons, mais ça demeure un détail. De plus, bien que l’appréciation de la vibe instaurée me plaît grandement en raison de sa belle progression diversifiée et texturée, j’ai ressenti un petit creux lors des écoutes d’Aucun bling et Mémoire. Rien pour se plaindre, tout pour profiter d’un album qui a beaucoup de coeur et qui nous pousse à notre tour à adopter une attitude sans stress.

 

ENTREVUE

CHME, 31 mars 2020

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ENTREVUE

Tabarnak!, 31 mars 2020

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CRITIQUE

On dira ce qu'on voudra, ICI Radio Canada, 30 mars 2020

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Marie-Gold prend de l'avance

Philippe Renaud, Le Devoir, 30 mars 2020

Ça fait des années que Marie-Gold fonce à visière baissée dans la scène rap, ce n’est certainement pas un virus qui allait l’arrêter. De ses débuts au sein du collectif Bad Nylon il y a plus de cinq ans, beaucoup de salive versée sur le ring des soirées WordUP ! Battles, beaucoup de nuits blanches passées à construire ses beats, pour en arriver enfin à Règle d’or, son premier album. En reporter la sortie ? Le sujet a été soulevé avec sa maison de disques : « Les prochains temps seront tellement incertains de toute façon, raisonne la rappeuse. Et puis, de mon côté, ça fait un moment que je porte cet album-là, alors… C’est mon motto : aller de l’avant ! »

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Elle commence à peine à le réaliser. Il est enfin sorti, ce disque. Vendredi dernier, sur toutes les plateformes numériques ; la version physique attendra que passe la vilaine grippe. « C’est un moment émouvant pour moi, dit la musicienne, parce que j’en suis fière. J’en prends à peine conscience, car la dernière semaine a été davantage occupée, émotionnellement, par l’actualité : les écoles qui ferment, les mises à pied, l’obligation de couper les liens [physiques] avec les parents et les amis… Y a comme dans l’air un mélange de nihilisme et de positivisme, parce que c’est aussi pour moi l’occasion de réfléchir et de créer. »

Avancer, en somme. C’est le grand mérite de Règle d’or : les onze chansons de cet album nous permettent de mesurer le chemin parcouru par Marie-Gold depuis ses premiers raps enregistrés avec Bad Nylon, chemin jalonné par la sortie de son premier EP, Goal : Une mélodie, au printemps 2018. Que du progrès, la qualité rehaussée des textes, une assurance nouvelle dans l’interprétation plus variée sur les rythmiques pop et R&B, solidifiée sur les morceaux purement rap.

Il y a que, sur le plan des productions, l’évaluation est encore à faire, non pas qu’elles soient quelconques, mais parce qu’elles ont été confiées à des collègues : « Sur le EP, rappelle Marie-Gold, j’ai tout fait, les beats et les raps », alors que sur Règle d’or, elle s’est adjoint des talents de compositeurs-réalisateurs d’ici, dont Mammouth et Dayziz du collectif Novengitum d’Hochelaga-Maisonneuve, de Paris (Lister Désir) et de Bruxelles (Mowley). « Y a des chansons sur cet album que je n’aurais pas encore pu sortir toute seule, estime-t-elle. Je n’écarte pas la possibilité de revenir à la production de manière totalement autonome, mais le travail en collaboration sur Règle d’or m’a ouvert à d’autres possibilités — surtout les productions plus trap, plus “bangers” », comme la menaçante Impatiente en début de disque et la lourde JACK.

« Je demeure réalisatrice de mon album, je pouvais aller jouer dans les sessions [instrumentales] pour les retravailler, si bien qu’il y a beaucoup de coproductions » sur cet album qui aborde le hip-hop sous plusieurs angles, du trap au boom-bap, en passant par les rythmes plus pop et dansants comme celui de Mémoire, l’une des meilleures de Règle d’or. Marie-Gold a toutefois choisi d’employer un ton plus conciliant — en opposition aux rugissements des MC vantards se vautrant dans « le brag rap ». La musicienne acquiesce : « Mon disque, ce n’est pas une version québécoise de l’album de Cardi B. Les chansons sont quand même smooth, même si je n’ai pas écrit les textes dans cette perspective, sinon peut-être pour la chanson estivale de l’album, Mémoire — j’adore d’ailleurs le texte de cette chanson-là. »

Les collaborations ne se limitent pas aux instrumentaux, alors qu’on entend Stone sur s.w.t.i.d., puis Kirouac et Lydia Képinski sur l’excellent extrait Goélands. « Je revenais d’une grosse semaine de débauche avec mes anciennes colocataires, et m’est venue l’idée d’écrire une chanson sur les goélands, comme une image de ces oiseaux de nuit qui avalent toute la scrap qu’on leur donne… » Elle entendait les voix de Kirouac et de Képinski sur cette chanson, « un triangle de la jeunesse montréalaise sur cette sorte d’hymne à la fête ». Elle connaissait déjà Kirouac, mais pas Lydia, qu’elle a contactée par courriel. « On est devenues amies tout de suite après la collaboration ; on fait du jiu-jitsu ensemble ! »

Il y a cependant une chanson dont elle assure complètement la composition et réalisation instrumentale, et elle est riche en symbolique : Doser, à la toute fin du disque, sertie d’un passage spoken word de J.Kyll du légendaire trio Muzion. C’est le son d’un passage du flambeau, d’une pionnière du rap québécois à sa relève au féminin.

« Ouais… C’était l’intention. J’ai passé beaucoup de temps au téléphone avec Jenny [Salgado] pendant le processus créatif qui a mené à l’album. C’est une présence inspirante. Elle m’appuie dans mon projet, comprend le contexte dans lequel je le sors », celui d’une des trop rares femmes à évoluer sur la scène rap francophone au Québec. « C’est une chanson à la fois très personnelle et émotive, avec la voix de Jenny qui conclut le disque — un peu comme Oxmo Puccino sur l’album de Hamza, le vétéran qui donne sa bénédiction. Humainement, par sa présence, sa confiance, elle est une mentore pour moi. »

 

Je reste chez nous

Léa Papineau-Robichaud, Journal de Montréal, 30 mars 2020

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Album 

Règle d’or – Marie Gold 

La rappeuse québécoise, Marie Gold, a fait paraître vendredi son tout premier album complet. Pour ce projet, elle a fait appel à plusieurs beatmakers montréalais, français et belges. L’album de 11 compositions mélange le trap et le old school. 

Sorti le 27 mars

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Marie-Gold: aller de l’avant

Raphaël Gendron-Martin, Journal de Montréal, 29 mars 2020

« La seule règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règle d’or », chante Marie-Gold en ouverture de son premier album complet, Règle d’or. Pour la jeune rappeuse montréalaise de 27 ans, le plus important est de savoir créer ses propres codes.  

Marie-Gold, Chloé Pilon-Vaillancourt de son vrai nom, ne pensait pas lancer son premier album en pleine pandémie mondiale. Mais après s’être demandé si le moment de la sortie était approprié, elle a choisi de ne pas changer ses plans.  

« En général, c’est un motto [une devise] que j’essaie d’avoir : aller de l’avant. Il faut que la vie continue, que l’art continue de se partager, de sortir. Et en ce moment, à la limite, les gens consomment énormément de culture en ligne ! »  

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Un peu plus d’un an après une participation décevante aux Francouvertes [« ç’a été une bonne claque dans la face parce que le show n’était pas extraordinaire pour moi »], Marie-Gold s’est retroussé les manches et a travaillé avec des réalisateurs parisiens, belges et québécois pour son premier effort complet.  

Rester active  

Même si tout est présentement arrêté à cause de la COVID-19, et que son spectacle-lancement a été annulé, Marie-Gold n’a pas l’intention de se tourner les pouces pour autant. Dans les prochaines semaines, elle prévoit sortir quelques vidéos.   

« Je travaille aussi sur un mixtape en ce moment. Je veux créer des chemins, tracer un nouveau parcours. J’ai une équipe en France. Quand la vie va revenir à son cours, je ferai un spectacle de lancement. J’ai de la marchandise, on a un visuel qui s’en vient. On continue d’être actif. »  

En 2020, est-ce encore difficile de faire sa place dans le monde du hip-hop lorsque l’on est une femme ? « Ce n’est pas facile de faire sa place dans tout le milieu médiatique, culturel, répond-elle. [...] Quand j’étais jeune, il n’y avait pas de modèles de rappeuses qui me parlaient. Mais je trouvais ça motivant parce que je me disais que je pouvais être ce modèle-là. »  

♦ L’album de Marie-Gold, Règle d’or, est présentement sur le marché.

 

Règle d’or, de Marie Gold : le hip-hop dans les règles de l’art

Mathieu Valiquette, ICI Musique, 27 mars 2020

Après avoir fondé le collectif Bad Nylon en 2015, y avoir mis fin, puis sorti un microalbum solo en 2018, Marie-Gold – l’un des espoirs du hip-hop québécois les plus en vue – dévoile son premier album, Règle d’or.

Le milieu du hip-hop d’ici est un peu au même point que celui de l’humour il y a 20 ans : lorsqu’une femme s’illustre, on a tendance à en faire un cas et à se focaliser sur le genre de l’artiste. Marie-Gold n’en a rien à faire de ces considérations, comme elle l’a affirmé au micro de l’émission On dira ce qu’on voudra : « Je suis un peu mal à l’aise avec l’expression “rap féminin” parce qu’on n’est pas une sous-catégorie du rap ou une catégorie à part. »

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Et on n’a aucune difficulté à s’en convaincre lorsqu’on écoute son premier album, sur lequel elle maîtrise parfaitement les codes du genre. Règle d’or offre un bel équilibre entre la musique trap (Goélands, Jack) – qui domine le monde du hip-hop depuis quelques années – et un son plus old school, notamment avec des teintes de jazz et de downtempo (Pusha, Cracher sur vos tombes).

Qui dit hip-hop dit souvent confiance et bagout, deux atouts que la rappeuse possède très certainement.

« But I’m so good/J’veux être la goutte qui fait déborder tous vos motherfucking vases/Le reste j’m’en fous/Marie arrive and she cannot go round/Elle est au bon moment avec le bon monde » – Extrait de La seule règle

Cette aisance avec les mots est appuyée par un flow étroit et des rythmes qu’elle a conçus en collaboration avec différents artistes, notamment avec Daysiz et mammouth du collectif de producteurs français Novengitum et le fabricant de rythmes belge Mowley.

À travers les ambiances graves et quelques thèmes sérieux, la très accrocheuse Mémoire, beaucoup plus pop que les autres, sort du lot. Un signe que Marie-Gold pourrait remporter un succès autant critique que populaire et qu’elle pourrait convoiter – aux côtés de Sarahmée – le titre de reine du hip-hop au Québec.

 

Marie-Gold : En plein contrôle

Simon Tousignant, HHQC, 27 mars 2020

L’étape du premier album constitue souvent une période de révélations pour un artiste. Lorsque l’ambition est définie par des moyens conséquents et une période de temps suffisante pour amener sa vision à point, la création de ce premier opus amène avec lui une énorme charge cathartique. De ce travail émane une liberté, et souvent, une sensation de contrôle chez les artistes qui poussent la réflexion jusqu’au bout. C’est là qu’en est la rappeuse Marie-Gold, qui propose aujourd'hui son premier album en carrière, Règle d’or. On a rejoint l’artiste pour discuter de ce nouveau cap avec elle. 

La valeur du travail

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« C’est vrai que j’ai dû apprendre ce que c’est de faire un album, explique-t-elle au téléphone. Malgré que ce soit le premier, j’ose espérer que même à travers ce qui a été une grosse période de découverte pour moi, l’album pourra garder une forme de pureté, qu’on puisse reconnaître le travail acharné derrière sa création. »

Cette notion d’abnégation et de travail intense revient souvent pendant l’entrevue. Si Marie-Gold n’a pas toujours fait l’unanimité dans certains cercles du rap québécois, on sent chez l’artiste une volonté d’avancer sans compromis, peu importe son statut social ou musical. On a souvent parlé d’elle par rapport à son identité de femme dans le rap québécois, mais il est désormais temps d’analyser le travail fourni au lieu de chercher à cocher des cases. Dans le cas de Règle d’or, l'artiste et son équipe ont mis les bouchées doubles.

« J’ai tellement travaillé, et retravaillé les chansons de l’album, admet la rappeuse. Étant moi-même producer, je pouvais ouvrir les sessions et explorer plein de choses, ç’a été une gros processus. Je voulais un premier album riche sur lequel je me donnais les moyens d’innover en tant qu’artiste et pas juste par rapport à mon statut social, je voulais montrer que je ne suis pas seulement une voix et une personnalité. »

Le résultat de ce « gros processus » est un projet de 11 chansons conséquentes dans lequel on ressent le travail de longue haleine qui a été effectué sur sa création. Les productions, réalisées par Marie-Gold en collaboration avec différents producteurs du collectif Novengitum, passent du jazz au trap sans accrochage grâce à la présence d’arrangements bien pensés qui aident à la fluidité de l’écoute du projet. 

Varier les sons pour gagner en richesse

Cette rencontre avec le collectif basé entre Montréal, Paris et Tokyo a d’ailleurs beaucoup contribué à l’aboutissement de l’album. Rencontrés après un des « pires shows de sa vie », les membres de Novengitum ont aidé Marie-Gold à insuffler des vibes différentes sur Règle d’or. 

« Je voulais avoir des gros bangers pour l’album, mais honnêtement, je plafonnais un peu dans ce genre-là, avoue la rappeuse. Puis Mammouth m’a DM pour qu’on travaille ensemble et on a fait une session le soir même. Finalement, Igor (Dubois, qui a notamment travaillé avec les français Oboy, Aya Nakamura et Kalash) a mixé l’album et a vraiment pu amener notre travail à un niveau de fou. »

Le travail de mix est effectivement très léché sur l’album, qui présente un univers à la sonorité homogène malgré les ambiances musicales variées qui tapissent Règle d’or. Il y a un monde entre la Marie-Gold aux influences trap autotunée parsemés de flows en triolets sur « Impatiente » et la rappeuse à la voix honnête et candide qu’on retrouve sur les pianos touchants de « Cracher sur vos tombes (Interlude) ». Pourtant, l’écoute est fluide et ne donne pas l’impression d’avoir à faire à une simple mixtape. C’est le travail fourni depuis 2018 et la sortie du dernier EP de la rappeuse, Goal : Une Mélodie, qui contribue à cette sensation de contrôle de son élément qu’on ressent à l’écoute de ce nouvel opus. 

Braver l’incertitude

Celle dont le parcours commence à prendre du galon depuis ses débuts avec la formation Bad Nylon admet que le contexte actuel est un peu particulier pour la sortie d’un album. Cependant, elle y voit une façon de connecter avec le public de façons différentes, quitte à ne pas pouvoir le faire en personne. Surtout avec un album qui revient plusieurs fois sur les thématiques d’isolation, de manque de moyens et d’incertitude.

« C’est sûr que tout est comme incertain en ce moment, alors l’album va peut-être rejoindre les gens de cette façon-là, admet Marie-Gold en riant. Il y a une immense circulation numérique en ce moment, alors ça sera peut-être difficile de gagner des fans. Mais en même temps, je veux continuer à faire du contenu pour les gens qui me suivent déjà. »

C’est chose faite avec le clip de « Goélands », une rencontre entre Marie-Gold, le rappeur Kirouac et la chanteuse Lydia Képinski. Ce « vrai-party-devenu-vidéoclip » présente bien l’univers revu de la rappeuse, qui se présente telle qu’elle est, sans retenue ni règles. 

« L’album s’appelle Règle d’or, et c’est drôle parce que finalement je veux contredire le titre de l’album. La règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règles. »

Règle d'or est désormais disponible sur toutes les plateformes de streaming. 

 

En quarantaine avec Marie-Gold

Danaé Maltais et Félix Duchesne, Ecoutedonc.ca, 27 mars 2020

Marie-Gold revient dans le paysage hip-hop québécois avec Règle d’or, qui fait suite à son EP Gold : Une mélodie, paru en 2018. Avec Règle d’or, le message est clair, puissant et convaincant. Son attitude provocatrice reste la même et on retrouve la thug de Bad Nylon. Règle d’or est un album bien construit, stylistiquement fluide et cohérent. 

En novembre dernier, les extraits JACK et Pousse ta luck sont sortis simultanément pour donner un avant-goût du style de l’album. Les deux pistes ont deux vibes assez différentes et en écoutant l’album, on peut conclure que c’est celle de Pousse ta luck a pris le dessus lors de la création.  

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Marie-Gold a l’habitude de s’autoproduire. Pour Règle d’or, elle s’est entourée d’une équipe, ce qui lui a permis d’aller dans des zones qu’elle avait de la difficulté à explorer seule. Un travail de production incroyable permet aux paroles complexes d’être bien transmises au public. 

« Chaque texte résulte d’un moment émotif et personnel fort que j’ai vécu. Pour moi, c’est important que j’aime les textes, d’abord et avant tout. Je voulais que l’album soit riche musicalement, qu’il y ait des arrangements, des textures » 

Marie-Gold

Plusieurs instruments se font d’ailleurs entendre dans cet opus : guitare, basse, batterie, violons, synthétiseur, trompette et contrebasse. La rappa s’épaule de plusieurs beatmakers et le mix est assuré par le parisien Igor Dubois (du collectif Noventigum). 

L’album ouvre avec La seule règle, une piste à l’atmosphère calme, soupçonnée d’autotune, qui introduit en douceur le projet. Des sonorités R&B ponctuent la chanson, et le métissage de styles continue tout au long de l’album. 

Sur Impatiente, on se rapproche davantage du rap québ pur et dur. C’est avec un flow versatile, parfois rapide, parfois lent, que Marie-Gold nous entraîne avec un refrain qui reste dans la tête. L’apparition des violons à la toute fin ajoute de la richesse qui conclut bien la chanson. 

La finale, Doser, offre pendant 6 minutes un beat vibrant, qui est le seul produit par Marie-Gold dans l’album. La voix caractéristique de J-Kyll sur la piste amène une force au texte qui est livré extrêmement fluidement. 

La seule règle d’or

Briser les règles, c’est un thème récurrent dans les paroles de Marie-Gold.  Elle nous mentionne qu’il y a un guide de l’utilisateur de l’album : Il faut savoir que le concept de « Règle d’or » vient d’un philosophe nommé George Bernard Shaw et de l’une de ces citations : 

« La seule règle d’or c’est qu’il n’y a pas de règle d’or. » 

Marie-Gold accorde beaucoup d’importance à la liberté de remettre en question les codes et modèles établis. Elle tente d’appliquer ce principe dans toutes les sphères de sa vie, notamment concernant sa place dans le rab québ. Étant une femme et étudiante en génie physique à la Polytechnique de Montréal, il va sans dire qu’elle bouscule les préconceptions de la scène rap actuelle. 

Lancement d’album

Dans la foulée de la COVID-19, le lancement d’album qui devait avoir lieu au Ministère à Montréal le 25 mars est reporté à une forme de festivité imprévisible, qui se produira quand la vie reprendra son cours. En attendant, on vous laisse sur le vidéoclip de la chanson Goélands (feat Kirouac et Lydia Képinski) et on vous suggère fortement d’aller écouter Règle d’or dès maintenant!

 

Marie-Gold dévoilera « Règle d’or » ce vendredi

Lien multimédia, 27 mars 2020

Marie-Gold dévoilera ce vendredi « Règle d’or », un premier album complet en collaboration avec des beatmakers montréalais, français et belges. La rappeuse québécoise propose un son qui lui est propre, naviguant entre le trap et les références old school, mais ne s’arrêtant jamais entre les deux.

Marie-Gold dévoilera « Règle d’or » ce vendredi«Règle d’or».Photo: Pochette

Née d’une collaboration avec le producteur Lister Désir dans le cadre d’un camp d’écriture à Paris l’automne dernier, la première pièce de l’album, « La seule règle », aborde le thème qui relie toutes les chansons de l’oeuvre. Marie-Gold a été touchée par une citation du philosophe George Bernard Shaw (1856-1950) issue de l’essai « Maximes pour révolutionnaires » : « La seule règle d’or est qu’il n’y a pas de règle d’or. » Inspirée, elle a inséré dans l’album les thèmes principaux suivants : chaque parcours est légitime, les traditions doivent être constamment remises en question, tous sont libres de leurs choix, et les codes peuvent et doivent être remaniés.

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Les clips parus au cours des derniers mois, « JACK » et « Pousse ta luck » combinés ainsi que « Goélands », notaient déjà les différentes nuances de l’album. La rappeuse décortique quelques chansons, invitant à entrer dans son univers, appliquant ses maximes par son approche, son attitude et son contexte social.

« Impatiente » est née d’un besoin urgent de créer, mais aussi d’un trait de caractère de la rappeuse qui, au final, aura appris à s’assagir à travers la création du présent album. « Le collectif français Novengitum m’a rejointe sur Instagram et je me suis rendue à leur studio l’après-midi même. Quelques heures plus tard, on avait une chanson, explique Marie-Gold. Une section de violons a ensuite été ajoutée par Francis Leduc-Bélanger afin d’ajouter un élément surprenant et enrichissant à ce beat trap entraînant. »

La pièce « Cracher sur vos tombes » (interlude) a été écrite dans un moment de solitude. Le texte, plus personnel et introspectif, est né du désir de Marie-Gold de s’évader de Montréal pour aller vers un endroit qui semblait davantage être « la maison ». Le titre ne se veut en aucun cas une réappropriation du thème de l’esclavagisme aux États-Unis, tel qu’abordé dans le roman « J’irai cracher sur vos tombes » de Boris Vian. S’il doit faire référence au roman, il s’approche davantage du thème de la vengeance, un sentiment qui s’est apaisé suite à l’écriture du texte.

Pendant que « Mémoire » impose l’affirmation de soi, le fait de s’exprimer sans censure lors des élans d’inspiration, « Aucun bling » dénonce les failles du système économique. En contraste avec le nom de l’artiste, la chanson parle des difficultés financières et, en dualité, du besoin d’investir dans ses projets pour les voir grandir.

La dernière pièce de l’album, « Doser (feat. J-Kyll) », représente le seul beat que Marie-Gold a composé de A à Z. Le surmenage, les ambitions démesurées et l’anxiété se confrontent aux sentiments d’accomplissement et d’entêtement qui résultent de ce désir permanent de se surpasser. « J’avais envie de terminer l’album avec la voix forte, reconnaissable et empreinte de sagesse de J-Kyll, telle une Oxmo Puccino dans le outro de l’album de Hamza, "Paradise" », explique Marie-Gold. Il allait de soi que la jeune femme souhaitait pouvoir collaborer avec cette figure emblématique du rap québécois sur son premier album.

« Règle d’or » paraîtra ce vendredi sur toutes les plateformes numériques. Malheureusement indisponible en ces temps de distanciation sociale, le format physique suivra sous peu.

 

MENTION

Des matins en or, ICI Radio Canada, 27 mars 2020

[ Écoutez l'extrait ]

 

MARIE-GOLD SE DONNE LE DROIT D’ÊTRE GENTILLE ET EN COLÈRE

Sara Barrière-Brunet, Voir.ca, 26 mars 2020

Les références dorées sont nombreuses dans l’univers artistique de Marie-Gold. Mais comme un métal précieux qu’on polit pour le faire briller, la rappeuse est prête à révéler le fruit de son travail d’orfèvrerie avec un premier album, Règle d’or. 

Si elle avait tout fait sur son premier EP Gold: Une mélodie en solo, cette fois elle s’est entourée d’une pléiade de beatmakers (Désir Lister, mammouth, Daysiz, Mowley, DJ Kool, 2300.wav, Déjà Vu) et de musiciens (Francis Leduc-Bélanger, Sarah-Judith Hinse-Paré, Karolanne Carbonneau, Olivier Bernatchez, Mathieu McConnell, Clément Langlois-Légaré, David Osei, Étienne Dupré) pour lui fournir la base de ses chansons. «J’aime vraiment recevoir des beats et faire des arrangements dessus, de pouvoir jouer dedans. Je pense que c’est là que j’ai trouvé ma zone de confort, et encore mieux, d’être dans le studio avec le producer et qu’on essaie des affaires ensemble», nous dit-elle au téléphone par un jour venteux. 

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Au-delà des collaborations fructueuses, la rappeuse a réussi à endisquer tous ses textes préférés composés dans la dernière année et demie. Des aspects qui la rendent très fière: «Je suis contente qu’ils aient pu être là. Je pense que c’est de m’être entourée de collaborateurs, de musiciens et d’avoir des beats et des musiques riches, variées et surprenantes. C’est aussi d’avoir travaillé ma plume, ma voix, ma personnalité, mais aussi d’avoir travaillé fucking les beats aussi.»

Tout ça s’entend: on retrouve des ambiances sonores éclectiques, des rythmes efficaces et le flow typique de Marie-Gold.  

La création de l’album s’est déroulée en studio, la plupart du temps. «J’ai enregistré des voix dans des studios, dans ma chambre… J’ai fait la dernière voix dans mon garde-robe à 2 heures du matin la veille des masters. C’était l’énergie de la fin: il faut que cette ligne là soit sur l’album!, s’exclame la rappeuse qu’on a d’abord connue au sein du groupe Bad Nylon. C’était pas un processus traditionnel d’album, c’était vraiment de l’exploration et ça m’a permis de mieux savoir ce que je voulais pour la suite.»

Difficile pour elle de choisir une track favorite: «Ça change à chaque jour. La seule règle, je trouve que musicalement et sur plein d’aspects, elle est vraiment géniale. Pousse ta luck, il y a quelque chose que de façon personnelle, j’ai réussi à cerner dans le texte. Et je trouve que le beat a permis de faire ressortir quelque chose d’authentique et d’original. Pousse ta luck, elle m’est vraiment chère.»

Une des pièces qui se démarquent, c’est bien Goéland. Solide toune de party que Marie-Gold a créée après une semaine de débauche. La rappeuse voulait absolument un featuring. Rapidement, Kirouac s’est imposé car les deux devaient aller en studio ensemble. «On dirait que je voyais un featuring épique: un triangle représentatif de la musique émergente à Montréal, avec des personnalités différentes, des musiques différentes. J’ai écrit à Lydia sur Messenger et finalement on a été en studio. Son énergie est tellement appropriée pour la track!» s’exclame-t-elle, visiblement fière du résultat. 

Sur Mémoire, la beatmaker-parolière ne cache pas son féminisme et le fait qu’elle s’assume, même si certains le lui ont déjà reproché.

Tout est parti d’un article dans La Presse où Steve Jolin, le fondateur de 7e ciel, y allait de cette phrase sans équivoque: «Je ne vais pas baisser mes standards de sélection juste pour avoir une femme sur mon label.»  Marie-Gold avait alors répliqué dans un rap sur son compte Instagram. «J’exprimais de la colère. Je ne suis pas en train de dénoncer la plus grosse injustice sociale et essayer de partir un mouvement de rébellion contre quiconque, précise-t-elle. J’étais juste en train d’exprimer une émotion, et ça faisait tellement réagir… Le rap, c’est une forme d’émotion.» 

J’EXPRIMAIS DE LA COLÈRE. JE NE SUIS PAS EN TRAIN DE DÉNONCER LA PLUS GROSSE INJUSTICE SOCIALE ET ESSAYER DE PARTIR UN MOUVEMENT DE RÉBELLION CONTRE QUICONQUE. J’ÉTAIS JUSTE EN TRAIN D’EXPRIMER UNE ÉMOTION, ET ÇA FAISAIT TELLEMENT RÉAGIR… LE RAP, C’EST UNE FORME D’ÉMOTION.

Un passage ressort particulièrement du lot:

Les gentilles filles ont aussi le droit d’être en colère

Mais t’oublies de te contenir il faut le reconnaître

Les gens exagèrent, pardonne-leur

Et moi j’ai pas genrifié l’rap, parole d’honneur

« Mémoire, je l’ai écrit après avoir publié un diss track sur Steve Jolin. J’avais besoin de m’exprimer par rapport à ça et pas d’attaquer Steve. Ça avait tellement choqué!», se souvient-elle. 

Elle l’a appris sur le tas disons, que d’avoir des émotions ne changeait pas sa valeur en tant que personne. «J’espérais que ça permette à des filles de se reconnaître là-dedans, que ça permette à des filles qui sont super smatt, super intelligentes, de se donner le droit d’être en colère. Juste exprimer ses émotions, criss!» 

Et le fait d’être une femme qui fait du rap ne devrait pas changer la perception sur son art, au contraire. Parmi les commentaires qui la lassent: «C’est quand on assume que le fait d’être une fille c’est difficile. Nos expériences sont toutes tellement différentes. En ce moment aux États-Unis, il y a plein d’exemples de femmes artistes qui percent. Je pense que c’est de tout de suite être mise dans cette case. Que le fait que je sois une femme rend plus difficile mon parcours, alors qu’en tant qu’individu, je struggle avec des trucs personnels extérieurs au fait que je sois une femme, même si ça teinte mon expérience». 

Règle d’or de Marie-Gold paraîtra le 27 mars sur la Coop Les Faux-Monnayeurs.

 

ENTREVUE AVEC MARIE-GOLD | PREMIER ALBUM EN OR

Marie-Provence St-Yves, Sors-tu.ca, 26 mars 2020

La rappeuse québécoise Marie-Gold fait paraître aujourd’hui même son tout premier album, intitulé « Règle d’or ». Un spectacle de lancement, évidemment annulé, était prévu mercredi dernier au Ministère. Qu’à cela ne tienne, Marie-Gold dépose néanmoins  son offrande dans l’univers du rap québ’ après quelques années d’apprentissage. « Cet album m’a surtout appris à définir mes couleurs et à tracer mon propre chemin dans le rap québécois, ainsi qu’à créer mon propre public ». C’est une Marie-Gold en complète évolution et décomplexée qui nous a accordé une entrevue téléphonique cette semaine.

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Dès la sortie de son EP Goal : Une Mélodie en 2018, Marie-Gold était déjà en train de composer la chanson Doser, dernière de son nouvel album. Après un an et demi de travail acharné et de multiples collaborations, elle peut enfin présenter Règle d’or au public.

Le résultat, une belle continuité de sa musique d’avant, est soigné et à l’image de la femme cultivée, forte et sensible qu’est Marie-Gold. On sent qu’elle a davantage poussé ses limites et exploité son plein talent. « Ça a été un album très collaboratif qui m’a permis d’apprendre comment je voulais faire mes albums dans le futur ».

Contrairement au EP qu’elle avait autoproduit, Règle d’or a été réalisé avec la participation de nombreux artistes, musiciens et producteurs. « Je pense que ça m’a permis d’aller dans des zones dans lesquelles j’aurais pas pu aller toute seule ». Dans son album, Marie-Gold explore différentes directions musicales, sans négliger le plus important pour elle : les textes. Chaque chanson est associée à un moment personnel et  émotif, et découle d’une inspiration naturelle. « Il n’y a aucun texte que je sens forcé là-dedans. Je pense que ça va se ressentir dans la pureté de l’album. »

Parmi les collaborateurs sur Règle d’or, on compte Francis Leduc-Bélanger (arrangements violons et trompette), Sarah-Judith Hinse-Paré (violons), Karolanne Carbonneau (guitare), Olivier Bernatchez (overdub drums), Mathieu McConnell (contrebasse), Clément Langlois-Légaré (guitare et arrangements), David Osei (piano) et Étienne Dupré (basse). Le mixage a été réalisé par Igor Dubois et le collectif parisien Novengitum.

Les artistes invités sont Stone, J-Kyll, ainsi que Kirouac et Lydia Képinski. Ces deux derniers artistes ont prêté leurs voix pour la chanson Goélands, hymne décomplexé à la fête. « Je me suis dit que j’aimerais ça avoir un powerfull feat, c’est-à-dire un espèce de triangle qui représenterait toute la jeunesse montréalaise. J’ai l’impression un peu qu’on s’adresse à un public similaire, mais avec des musiques différentes », explique Marie-Gold en parlant de Kirouac et Lydia Képinski. Le trio d’artistes représente et véhicule bien le message de Goélands.

Pour sa part, Mémoire est la chanson de l’album qui a fait le plus sortir Marie-Gold de sa zone de confort. « C’est un beat reggaeton dancehall, c’est vraiment pas ce que j’ai l’habitude de faire. J’ai vraiment hésité à la mettre sur l’album parce que ça détonne un peu, mais quand je la joue en spectacle, les gens qui réagissent en général sont ceux qui me disent : « hey, j’écoute pas de rap, mais cette toune-là, je l’ai aimée » ». En plus d’être un texte très significatif pour elle, la chanson Mémoire est selon Marie-Gold une des plus accessibles.

UN PRODUIT À LA HAUTEUR DE SES EFFORTS

« Je pense qu’un premier album, c’est une belle carte de visite », mentionne l’artiste qui a beaucoup appris du processus. « J’ai énormément retravaillé certaines chansons. J’ai passé tellement de temps à réenregistrer, peut-être cent fois le même verse, sans exagérer. Je me suis beaucoup acharnée sur certains trucs, et j’ai appris finalement qu’un moment il faut plus «let go» sans toutefois négliger la qualité du produit ».

Lors de la réalisation de son EP Goal : Une Mélodie, Marie-Gold explique qu’elle était dans un très bel état d’esprit, très libre. Elle était seule chez elle, avec une certaine paix d’esprit créée par l’absence d’internet et de téléphone. Le tout était beaucoup plus encadré pour la création de son album Règle d’or, qui porte un nom inspiré d’une fameuse citation de l’écrivain George Bernard Shaw. « Il y avait d’autres facteurs extérieurs qui entraient en compte, mais c’est pour le mieux, parce que je veux que mon album parle à plus de gens et ça, ça nécessitait la collaboration que j’ai eue ». Marie-Gold se dit une artiste grandie et espère que cela transparaisse dans son nouvel album.

Je veux que les efforts mis sur la musique et les émotions soient ressenties. Je veux que l’on voit le travail, la qualité qui a été recherchée dans les détails, autant dans la musique que dans les textes.

SANS INQUIÉTUDE POUR LA SUITE

Marie-Gold ne s’en fait pas outre-mesure face à l’annulation de son spectacle de lancement du 25 mars qui devait avoir lieu au Ministère. Elle se dit beaucoup plus préoccupée par sa perception de la consommation, des habitudes de vie, de la situation environnementale et de la gestion des événements à travers le monde. « J’ai beaucoup plus été frappée par la crise humanitaire que par l’annulation de mon lancement qui me semblait être un peu une fourmi dans tout ça ».

Elle était loin de se douter que sa performance aux Francouvertes dans le cadre de la série J’aime mes ex serait sa dernière avant un moment. Elle n’a pourtant aucun regret d’être apparue sur scène qu’un bref instant, laissant la vedette à sa marionnette. « Je me suis dit « ok j’ai comme un 15 minutes carte blanche, j’ai envie de faire de quoi de complètement disjoncté et absurde ». C’était donc avec ma marionnette et je suis contente d’avoir poussé mon idée à bout ».

Les circonstances sont difficiles présentement et surtout incertaines dans le milieu culturel, mais elle croit que « la musique et l’art peuvent très bien survivre sur Internet ». La rappeuse est « 100% dans l’acceptation » et vit ce confinement comme tout le monde. « Ça me donne l’espace mental pour créer, surtout que l’école est arrêtée. » Elle a d’ailleurs sorti sur sa page Facebook une chanson intitulée L’amour au temps du corona.

Grande lectrice, elle recommande fortement Pour nous libérer des rivières : plaidoyer en faveur de l’art dans nos vies de Hugo Latulippe, une lecture inspirante pour elle durant cette quarantaine.

La jeune artiste voit le report de son spectacle comme une manière de laisser du temps aux gens pour consommer son album. Elle reste positive et fidèle à elle-même. « Je vais avoir créé une plus grande crowd, un plus grand public et quand cette crise sera finie, on va se faire un party en bonne et due forme pour célébrer ça! »

 

ENTREVUE

Évelyne Charuest, Dessine-moi un dimanche, ICI Radio Canada, 22 mars 2020

[ Écoutez l'extrait ]

 

MENTION

Cette année-là, Télé Québec, 21 mars 2020

 

ENTREVUE

Nicolas Ouellet, Jusqu'au bout, ICI Radio Canada, 20 mars 2020

[ Écoutez l'extrait ]

 

Goélands (avec Kirouac et Lydia Képinski)

Louis-Philippe Labrèche, Le canal auditif, 13 mars 2020

Marie-Gold présente le clip pour la chanson Goélands qui se retrouve sur son premier album à paraître le 27 mars prochain : Règle d’Or. Sur celle-ci, il y a Kirouac et Lydia Képinski qui l’accompagnent en chant et en rap. Comme si elle avait été frappée par un éclair de clairvoyance, Marie-Gold avait déjà prédit que les partys à la maison allaient être la norme dans les prochaines semaines.

 

RAP LOCAL: L’EXPLORATION DÉLIRANTE DE JAY SEA ET JOHN TRUTH

Olivier Boisvert-Magnen, Voir.ca, 13 mars 2020

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LA CHANSON DE LA SEMAINE //

Trois chansons trap s’illustrent: la courte mais intense RAMMF de Zach Zoya, la minimaliste aux influences west coast des années 1990 Floating du duo Dope.gng ainsi que l’accrocheuse Goélands, mémorable rencontre entre Kirouac, Marie-Gold et Lydia Képinski sur une puissante production de Daysiz (du collectif franco-québécois Novengitum).

 

Les Francouvertes 2020 — 4e soirée des préliminaires : Vendou, Petite Papa et dope.gng

Louis-Philippe Labrèche, Le canal auditif, 10 mars 2020

Les amateurs de rap attendaient cette soirée! En tout cas, à en juger le Lion d’Or qui affichait complet, les trois artistes de la soirée pouvaient compter sur l’appui de leurs fans. Retour sur une soirée aux couleurs variées.

Avant que les trois aspirants ne se présentent sur scène, c’est l’ex de la soirée qui avait la mission de réchauffer la foule. Pour rester dans la thématique rap, c’est Marie-Gold qui avait la mission de casser la glace. Elle a décidé de la fracasser à coup de… marionnettes. Oui, oui, c’est une marionnette à l’effigie de Marie-Gold qui nous a raconté une histoire entrecoupée de pièce de rap. On doit le dire, elle se débrouille plutôt bien avec une marionnette! Il a fallu attendre la 4e chanson avant que la jeune rappeuse ne sorte de son castelet pour nous chanter une dernière ritournelle. Elle a aussi invité ses amis Kirouac et Lydia Képinski le temps d’une chanson. C’était aussi surprenant que le fun. Salutations bien basses à Marie-Gold qui a réussi à rapper tout en manipulant une marionnette avec un aplomb enviable.

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Vendou

Vendou a de l’expérience. Ça paraît immédiatement lorsqu’il met le pied sur scène entouré d’un groupe de musique pour appuyer les pièces qu’il livre avec une assurance et un aplomb digne d’un pro. On l’avait déjà vu sur la scène du Lion d’Or avec son groupe l’Amalgame, mais surtout on l’a vu régulièrement aux côtés de FouKi sur scène. Les heures passées sur les planches s’accumulent pour le jeune homme et il a pris des notes. Sa performance était préparée et travaillée avec soin. Est-ce plus du rap ou de la pop? La question se pose. Vendou tire ses influences des rappeurs plus mélodieux et chante régulièrement dans ses compositions. Il y a encore une saveur propre à Vendou qui nous échappe, mais on sent que la mayonnaise est prête à prendre.

Petite Papa

Ce n’est pas non plus la première fois qu’on voit Sam Faye sur la scène des Francouvertes. Nous l’avions précédemment vu en compagnie de D-Track. Cette fois-ci, c’est en duo avec Calamine sous le nom Petite Papa que nous le retrouvions. Les deux MCs sont encore une fois accompagnés par un groupe complet autour d’eux. On y compte même une saxophoniste! Encore une fois, la livraison est tout à fait professionnelle. La bande est énergique sur scène et ne lésine pas sur les sourires. Le tout se tient, mais manque un peu d’originalité. C’est très sage, peut-être trop. On n’a jamais l’impression qu’ils se mettent en danger. Il y a aussi une cohésion sonore qui manque un peu de surprise aussi. Mais ça demeure une bonne performance du groupe.

dope.gng

C’est de loin la proposition la plus originale et la plus ancrée dans un rap marginal. Mélangeant des éléments de trap, de soundcloud rap, d’old school et de rap alternatif, le duo de MCs a livré ses pièces avec panache. C’est un peu plus difficile dans la livraison que les deux projets précédents. Souvent, nous nous perdions dans le flot de paroles qui coulaient comme une digue qui aurait soudainement brisé. On aurait pris davantage de basses dans la musique également. Le kit de son n’avait pas assez de grosses basses rondes pour accoter les compositions de dope.gng et leur énergie débordante. Le duo a même invité le public sur scène pour sa dernière chanson. C’était la fiesta. C’était une conclusion un peu plus pimentée à une soirée très professionnelle.

Alors, qu’en est-il pour le palmarès? Après 4 soirée, voici l’ordre:

Ariane Roy

Vendou

Jessy Benjamin

Narcisse

La Faune

Embo/phlébite

Aramis

Guillaume Bordel

Petite Papa

 

RAP QUEB - LES FEMMES PRENNENT LEUR PLACE

L'itinéraire, 1 mars 2020

Elles sont là depuis les débuts du hip-hop et rap québécois. Elles s’expriment en joual, en français, en anglais, en espagnol, en créole, en russe, en arabe ou autres. Les femmes s’imposent et ont leur propre style. Et à vrai dire, elles cartonnent ! Pourtant, malgré la popularité grandissante du mouvement sur la scène publique, les femmes sont souvent classées dans une rubrique « au féminin ». Et si nous ajustions notre lentille ?

Quand elle était au cégep, Marie-Gold (Chloé Pilon-Vaillancourt) participait parfois à des matchs d’improvisation. Motivée, elle a même rappé son examen de français de secondaire 4 devant l’ensemble de ses professeurs. « C’était complètement hilarant, c’était juste parfait », se souvient-elle amusée.

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Marie-Gold se lance réellement dans le milieu après un voyage à vélo en Inde où elle cherche ses « fondations ». Elle était alors déjà très consciente qu’elle voulait fonder un groupe de rap uniquement avec des femmes et que « ça allait certainement clasher dans le milieu ».

En 2015, l’idée se matérialise par la création du collectif Bad Nylon qui est à priori le collectif de rappeuses le plus récent au Québec. On la retrouve aux côtés de Kayiri, ZOZ et de la DJ Audrey Bélanger. La conscience féminine ou féministe était, selon elle, vraiment présente dès le début.

À ses côtés, J-Kyll (Jenny Salgado) se replonge dans ses souvenirs. Tout n’a pas vraiment commencé en 1996 avec Muzion, un groupe désormais mythique dans la culture du rap queb qu’elle forme avec Dramatik (Jocelyn Bruno) et son frère Imposs (Stanley Rimsky Salgado).

« La toute première fois, j’ai entendu les boys rapper en anglais dans la chambre à coucher et à l’écoute, j’ai voulu me joindre à eux. J’ai écrit un verse en français, ils ont kiffé et c’est ça qui a enraciné Muzion. On était dans le quartier Saint-Michel à Montréal dans l’rap-game. Et finalement, on l’a fait pour de vrai ! »

Nous sommes en 1994-1995 à Montréal, un premier groupe nommé Wolfpack se forme, mais il ne durera pas longtemps. Puis Muzion forme un collectif avec d’autres rappeurs comme Le Voyou qu’ils appellent La Dynastie des Morniers. J-Kyll prend le lead et envoie des démos aux émissions hip-hop à CIBL, Radio Centre-Ville ou encore CISM. Le mélange entre le français et l’anglais charme et s’impose. Puis vient une autre formation qui regroupe certains des mêmes artistes qu’ils appellent Akadémia.

Au début, J-Kyll ne sent pas que son identité de femme prend vraiment le dessus. Il y avait une communauté de jeunes qui avait des choses à dire et le rap apparaissait comme le seul moyen de le faire et surtout d’exister. « L’identité de femme n’était pas encore la première identité qui prenait l’avant puisqu’on était à une époque où le mouvement était plus communautaire. » Ce n’est que quand les premiers retours se font entendre, que certains s’identifient à ses paroles que l’environnement extérieur lui permet de prendre conscience du fait d’être une femme qui rappait avec des hommes.

Urgence d’exister

À la sortie de La vi ti-nèg, en 1999, l’un des morceaux phares de Muzion, la vie était loin d’être facile dans certains quartiers de Montréal et il fallait miser sur le rassemblement des communautés. Si les influences étaient très américaines et un peu françaises, c’est au fur et à mesure que le rap queb s’est créé sa véritable identité en assumant sa particularité. « Aujourd’hui, la relève peut se permettre de mouler quelque chose de plus artistique alors que nous, on avait cet aspect fondamental social et culturel qui devançait le jeu de la rime, le flow ou whatever. Il y avait l’importance du propos, du now I’m here et tu vas l’savoir que j’suis là. Puis, c’est devenu “alright, on est là” quand il y a eu la réponse des quartiers (rires). »

On le comprend vite en regardant les vidéoclips de cette époque : c’était bien plus que de la musique rap, on sent un besoin urgent de se rassembler, de se comprendre et d’exprimer une réalité des quartiers éprouvés. « C’était plus que de l’art, c’était un mouvement. Il fallait non seulement créer quelque chose qui n’existait pas, mais il fallait aussi le faire à partir d’une identité qui n’existait pas et qu’il fallait imposer. Et cela s’est ressenti au niveau de ma féminité que je n’ai pas pu explorer parce qu’il y avait quelque chose de plus étendu que le fait d’être femme qui devait d’abord s’imposer. Le rap game est devenu vite très sérieux », ajoute l’artiste.

 

Phoque OFF – 18 février 2020

Félix Duchesne, Ecoutedonc.ca, 19 février 2020

Notre brave équipe un peu brûlée a encore une fois parcouru les salles de spectacles de Québec city à la recherche de bonne musique. Sans surprise, on en a trouvé! Du country, du rock, du post-punk, du rap, bref. On vous présente un compte rendu de tout c’qu’on a vu et entendu.

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Fin de soirée Hip-Hop – Le D’Auteuil

Marie-Gold

C’est une Marie-Gold très à l’aise qui a bravé la scène peu après 23h00. Un rap poignant, définitivement « franglais », avec plusieurs tournures de phrases intelligentes qui ont démontré que le rap québ a tout à gagner à ne pas être un boys club. Pour clore sa vitrine, elle s’est exclamée : « la seule règle d’or, c’est qu’il n’y a pas de règles ». Bonne nouvelle; Marie-Gold a mentionné qu’un nouvel album s’en venait en mars. On est contents!

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Attachez vos tuques, la neige risque de fondre à Sainte-Adèle!

Dyane Bouthillette, L'Accès, 27 novembre 2019

ALACLAIR ENSEMBLE

Le collectif Alaclair Ensemble, ayant décroché le Félix dans la catégorie album hip-hop de l’année au dernier gala de l’ADISQ, et la rappeuse Marie-Gold présenteront un spectacle à faire fondre la neige, dès 19 h 30, le 8 décembre, à l’Hôtel Mont-Gabriel de Saint-Adèle.

Lorsqu’on lui demande à quoi le public doit s’attendre avec le spectacle Alaclair Ensemble, le rappeur Maybe Watson nous répond que la seule chose que doivent prévoir les spectateurs c’est de n’avoir aucune idée de ce qui s’y passera.

« Si vous avez déjà vu le spectacle, bien il est possible qu’il soit complètement différent, dit-il. L’expérience est très différente d’un show à l’autre. C’est unique. C’est comme un flocon de neige. Il n’y en a pas un pareil ».

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Une chose est certaine, c’est que le public ne verra pas, mais vivra un spectacle énergisant. « C’est de la musique pour bouger et danser », souligne, entre autres, Maybe Watson.

Un amalgame de six

Alaclair Ensemble roulant sa bosse depuis 10 ans, se concentre actuellement sur de la musique post-rigodon. Lors du spectacle, les 6 artistes du collectif, soit Eman et Claude Bégin de l’ancien groupe Accrophone, Robert Nelson, Maybe Watson, Kenlo et Vlooper, interprèteront des chansons provenant de leurs albums solos respectifs.

Show chaud

« On a juste hâte de voir jusqu’à quel point il va faire chaud. On va avoir besoin de la chaleur humaine des gens parce qu’il fait froid dans les Laurentides en ce temps-ci », s’exclame Maybe Watson qui a passé les étés de son enfance à Sainte-Agathe.

Marie-Gold ouvre le rideau

Le spectacle commencera à prendre feu avec la présence de la rappeuse Marie-Gold en première partie. « C’est vraiment intéressant parce que depuis un an environ, je vois mon évolution. Mon spectacle s’est vraiment amélioré  », déclare la chanteuse qui, après avoir fondé un groupe de musique en 2014, a commencé une carrière solo il y a seulement un an et demi.

Rappant quelques chansons de son EP, elle présentera également des pièces provenant de son album dont la sortie est prévue pour 2020.

Accompagnée par un batteur, un D.J et 2 choristes, elle donne un nouveau ton à son spectacle. «Je pense que le fait d’avoir un drummer live c’est beaucoup plus intéressant. Cela fait un show plus riche, avec des chansons plus intéressantes, dit-elle. Ça va vraiment être cool et spécial de faire un spectacle intimiste au spa du Mont-Gabriel. Pour les gens, ça va être une occasion de se rassembler et de voir 2 shows de rap », se réjouit Marie Gold.

Maybe Watson se dit heureux d’accueillir  la rappeuse en première partie du spectacle de Alaclair Ensemble « Marie-Gold est une personne qui a une belle énergie et qui a beaucoup de choses à dire », affirme-t-il.

 

Marie-Gold présente Jack et Pousse ta luck (Mary-Gold presents Jack and shoot your luck)

Malcolm McCluskey, With Guitars, 22 novembre 2019

For her first full album scheduled for March 2020

Marie-Gold unveils mini EP as a double video. JACK Push your luck and have different shades of the album and the versatility of the young rapper.

JACK

On a dark and catchy production and jerky rhymes, extract JACK provides the bridge between the jazzy side of the EP and trap inclination that will be present in the album. This is a result of collaboration with Novengitum, a collective of Parisian producers, that this song comes to life.

I want to talk about the darker and direct, to share this real desire to “shake things up”. It was an opportunity to have a more airy finally rap, while my previous songs have verses denser and kicked. The term “Jack” in Quebec, refers to any individual, but in this setting it, the “Jack” is also associated with that of Magic Bean says Marie-Gold.

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PUSH YOUR LUCK

With a pop structure, the second single, Push your luck, has about sincere and vulnerable. Mary Gold wants to stage his duality between rap and studies, his desire to go ahead and smash everything, to push his luck, good in Quebec. The Belgian beatmaker Mowley (Caballero & JeanJass, Gold common) signs production.

I’d just start my physical engineering at the Polytechnic, I want to finish parallel to rap, from which this impression to push my luck. The words are really important to me and have sometimes little discussed reality rap. I wanted to represent the duality between two different spheres: science and music, and the desire to show me ambitious and balanced across the two aspects expresses Mary Gold.

Testifying total freedom of creation and exploration by breaking the traditional shackles, Mary-Gold will shortly present other sample tracks until its official release.

About Mary GoldPast master in the art of making what it wants, Mary-Gold reverses and pushes on its way, regardless of those that his attitude might bother. Mary-Gold made his debut in the training Bad Nylon, then offer in spring 2018 Goal: A melody, a first solo effort with which she won the award for “EP Rap / Hip hop of the Year” at GAMIQ.

 

Alaclair Ensemble et Marie Gold seront à Sainte-Adèle!

Ève Ménard, L'Accès, 19 novembre 2019

SÉRIE SIRIUSXM PRÉSENTE…

Dans le cadre de la série de concerts SiriusXM présente… Alaclair Ensemble, qui vient de remporter le Félix de l’album hip-hop de l’année au gala de l’ADISQ, et Marie Gold, qui sortira un nouvel album en 2020, seront en visite le 8 décembre prochain à l’Hôtel du Mont-Gabriel.

Cette série de concerts fut inaugurée en septembre 2018 et cherche à offrir une visibilité au talent québécois tout en remettant les recettes de la vente de billets à des fondations dont la musique est au cœur des activités. Depuis le début de l’aventure, ce sont plus de 55 000$ remis à diverses fondations. Cœur de Pirate, Safia Nolin, Ariane Moffatt, Michel Rivard, Vincent Vallières, Les sœurs Boulay, Charlotte Cardin, Philippe Brach, Klô Pelgag, Lou-Adriane Cassidy et MUNYA se sont produits pour le concept. Une nouvelle série de spectacles SiriusXM présente… sera bientôt annoncée en vue de l’année 2020.

Pour ce qui est de celui du 8 décembre, les billets sont en vente au coût de 23$ et les recettes iront à la fondation Camp rock pour filles et jeunes de genre non-conforme de Montréal.

 

LANGUE SALE : MARIE-GOLD POUSSE BIEN SA LUCK

Simon Tousignant, Urbania Musique, 13 novembre 2019

Cette semaine, on remarque l’évolution de Marie-Gold, on revisite une bonne toune de KNLO avec Steeve Beezy et on découvre le premier single de nouvel album de la Brown Family.

Marie-Gold – JACK + Pousse ta luck

« Dès que je fais une nouvelle track, l’ancienne est à chier

Donne-moi un morceau tout de suite après il sera haché »

Marie-Gold est back avec un nouveau single double, JACK + Pousse ta luck, deux chansons aux univers musicaux assez différents qui laissent penser que la rappeuse prépare du très gros stock pour 2020.

Il faut dire que Marie-Gold possède un des parcours les plus polarisants du rap queb actuel. Membre du défunt groupe Bad Nylon, elle fait son chemin depuis maintenant plusieurs années dans une scène qui s’ouvre de plus en plus au rap féminin. Le problème, c’est que la musique proposée par le groupe n’était pas hyper convaincante, ou du moins témoignait d’un gros manque de connaissance de la culture hip-hop. Sauf qu’on ne blâmera jamais des artistes qui essaient, quitte à se casser la gueule, et c’est ce que Marie-Gold continue de faire depuis. Malheureusement, une partie des fans de rap queb ont du mal à oublier cette étiquette de Bad Nylon, et ont fait de Marie-Gold une sorte de tête de Turc du mouvement. Prise entre ceux qui croient qu’elle ne reçoit de l’attention que parce qu’elle est une femme et ceux qui pensent qu’elle n’est pas assez bonne pour les représenter, la rappeuse continue son chemin de croix.

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Sur JACK, on a droit à une Marie-Gold en pleine confiance, qui maîtrise de plus en plus son élément. Le flow est précis, les mots bien choisis et on sent qu’elle a passé un cap en termes de direction musicale et artistique. Si son utilisation du franglais peut parfois sembler un peu maladroite, on sent bien ce désir de s’affranchir de toutes ces années où elle ne faisait pas l’unanimité. Maintenant, Marie-Gold semble avoir dépassé ce cadre pour se permettre de créer librement, loin des attaques et des opinions, et le résultat est convaincant. 

Coup de coeur pour Pousse ta luck, qui ramène un côté plus mélodique et un flow chanté qui rappelle un peu celui de Roméo Elvis. Sur cette chanson plus posée, on a encore plus cette impression de maîtrise et de contrôle. Là où son intensité pouvait parfois jouer contre elle par le passé, on retrouve ici Marie-Gold posée, réfléchie et plus pertinente que jamais. La progression est évidente, et la rappeuse en est bien consciente, comme elle l’indique dans la citation plus haute. Si on peut toujours critiquer la qualité d’une oeuvre, on ne peut que reconnaître la qualité d’une artiste qui progresse à chaque projet, peu importe où elle a commencé. Avec JACK + Pousse ta luck, Marie-Gold est plus legit que jamais. 

Ces deux chansons marquent un tournant sur lequel construire pour son premier album qui verra le jour en mars prochain. Ça promet! 

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Rap keb en bref : 13 novembre 2019

iHeartRadio, 13 novembre 2019

Tour d’horizon de ce qui a marqué le rap keb dans la dernière semaine. Agrémente ta lecture en écoutant Rap Keb!

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Marie-Gold pousse bien sa luck

La rappeuse montréalaise Marie-Gold nous dévoile à la fois son côté rude et son côté sympathique sur ce double-extrait annonçant la venue d’un premier album solo en 2020.

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RAP LOCAL : KNLO, LE PORTE-PAROLE DE SAINTE-FOY

Olivier Boisvert-Magnen, Voir.ca, 10 novembre 2019

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Mention au retour de Marie-Gold, honorablement mis en images par le réalisateur Anthony Coveney. La rappeuse et productrice y dévoile deux styles fort différents mais bien exécutés, qui donnent une idée de ce qui nous attend pour son premier album officiel, prévu pour le 12 mars 2020.

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PRIMEUR VIDÉOCLIP DOUBLE : JACK + POUSSE TA LUCK DE MARIE-GOLD

Urbania Musique, 8 novembre 2019

En mai 2018,  Marie-Gold nous offrait Goal : Une Mélodie, un premier EP en solo. Et voilà qu’aujourd’hui, elle annonce d’un même souffle un premier album complet prévu pour mars 2020 ET un mini EP sous forme de vidéoclip double. JACK et Pousse ta luck nous permettrons donc de patienter jusqu’au printemps en visitant deux facettes de la rappeuse, avec laquelle on a échangé brièvement il y a quelques heures.

Sortir un double vidéoclip, qui nous transporte dans deux univers distincts, c’était une idée que tu mijotais depuis longtemps?

On voulait sortir deux premiers extraits en même temps, alors on s’est dit que ça pouvait se faire en clip aussi. Pour nous, ça s’inscrivait dans une démarche web de présenter une œuvre de ce genre-là pour annoncer l’album. On trouvait ça intéressant, stimulant, dynamique de faire quelque chose d’un peu différent, de créatif, de sortir un vidéoclip double plutôt de sortir un single. Ça permet de montrer que l’album va être dans certaines nuances, avec plusieurs sortes de beat, mais qu’il y a quand même une cohérence.

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En voyant les clips, on s’est dit que la démarche avait un petit quelque chose à la Whack World de Tierra Whack…

Son nom n’est pas venu une seule fois dans la conversation quand on a brainstormé pour savoir comment on allait s’y prendre pour annoncer l’album ni quand on a décidé de faire une oeuvre. Mais je pense que clairement, ça démontre qu’il y a une liberté créative dans l’utilisation de YouTube et tout est possible. C’est sûr qu’elle a ouvert des portes, ça lui a permis de montrer son univers en faisant un stunt à l’extérieur de sa musique. Nous aussi, c’est ça finalement qu’on voulait faire. On voulait avoir un effet coup de poing et proposer quelque chose de surprenant en sortant des carcans traditionnels et mettre la table pour les prochains singles qui s’en viennent.

Comment s’est déroulé le processus pour se rendre à ce résultat-là?

On a travaillé avec le réalisateur Anthony Coveney, qui a fait des clips pour Les Louanges notamment. On a commencé avec le tournage de JACK et on a poursuivi avec Pousse ta luck. Pour celui-là, l’idée c’était de regrouper plusieurs scènes qui mettent en image chaque passage du texte. Par exemple, quand j’écris un mémo parce que je dis que j’oublie de penser, on me voit écrire un mémo. On voulait mettre très explicitement à l’écran la plupart des images fortes qu’il y avait dans le texte parce que c’est un texte très basé sur les images et les figures de style. L’équipe a été vraiment exceptionnelle! On a fait comme 12 scènes en une journée pour ce clip-là, ils ont fait ça d’une main de maître. Ça a été vraiment efficace!

Il y aura donc un album qui s’en vient dans quelques mois, à quoi on peut s’attendre?

Ça va sortir en mars 2020! Cette fois-ci, il y aura plusieurs collaborations avec beaucoup de producers alors que mon EP était complètement autoproduit. Ça sera beaucoup de beat électroniques trap avec des arrangements organiques, avec trompettes, contrebasse, guitare électriques. Ces deux univers-là vont se mêler. Et ce sera un album concept… mais ça, vous en saurez plus en janvier-février quand on va dévoiler la série de spectacles! L’album est terminé à 80%, on a toutes les tracks, toute la set-list, ça fait un an et demi que je suis là-dessus. Ce qui manque, c’est juste un petit coup de pied dans le cul pour le finir, mais on y est presque!

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JACK

Réalisation : Anthony Coveney

Direction photo : Xavier Bossé

Stylisme : Victor Embo

Coiffure : Sarah André Drainville

Montage : Marianne Boucher

Remerciements : Markantoine Lynch Boisvert / Gabriel Drolet-Maguire / Autre Riche

Production musicale : Daisyz

Overdubs drum : Oli Bernatchez

Paroles et arrangements : Marie-Gold

Pousse ta luck

Réalisation : Anthony Coveney

Direction photo : William Robitaille

Direction artistique : Marie-Andrée Brière

Stylisme : Gabrielle Écuyer

Maquillage : Gabrielle Bourque

Montage : Marianne Boucher

Production musicale : Mowley

Trompette : Francis Leduc-Bélanger

Paroles et arrangements : Marie-Gold

Mixés par Igor Dubois (Novengitum)

Mastering par Marc-Olivier Bouchard (LeLab Mastering)

 

MARIE-GOLD - JACK + Pousse ta luck

Louis-Philippe Labrèche, Le canal auditif, 8 novembre 2019

Marie-Gold lance deux chansons en attendant qu’elle nous présente son premier album. On a deux chansons qui se retrouvent sur le même mini-EP et qui sont lancées au sein d’un seul et même clip.

JACK est une chanson aux accents trap où Marie-Gold fait preuve d’une quantité non négligeable d’attitude. Pousse ta luck est plutôt près de ce qu’elle faisait au sein de Bad Nylon. On retrouve Marie-Gold prise entre les études et le rap. Les deux chansons sont bien intéressantes. On a hâte d’en entendre plus.

 

LVL UP 2019 – JOUR 2 | QUAND UN ÉVÉNEMENT PREND SON ENVOL…

Marc-André Mongrain, Sors-tu.ca, 21 septembre 2019

Après une première soirée prometteuse mais « intime », le nouvel événement LVL UP – lab numérique et musique urbaine, qui se tient dans le quadrilatère Montmorency à Laval, passait déjà en deuxième vitesse vendredi soir. Avec un Fouki en grande forme, un village urbain dynamique et divertissant, ainsi que des VJ et des oeuvres numériques bien mis en valeur, la singularité de LVL UP prenait (déjà) tout son sens.

Un quartier des spectacles lavallois

Pas toujours facile de cerner l’identité d’un nouveau festival, surtout avec la panoplie de rassemblements musicaux qui se succèdent dans le grand Montréal tout au long de l’année.

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Un festival hip-hop? Mais encore.  OUMF fait que ça maintenant, et (presque) tous les festivals au Québec sautent sur le rap québ’ comme des pigeons sur des frites McDo.

Mais un « lab numérique et musique urbaine »? Voilà une formule qui intrigue.

Le programmateur de l’événement, Steve Marcoux, nous expliquait récemment que : « Pour les arts numériques, on a voulu faire des rencontres entre les artistes de la scène et les artistes numériques, afin de bonifier leur spectacles, mais aussi avoir une vitrine de projet d’art numérique dans la région, ce qu’il n’y avait pas nécessairement.»

Quand on mettait les pieds dans le village urbain aménagé sur le parvis pourtant très bétonné de la Place Bell, tout s’expliquait. L’endroit généralement un peu gris resplendissait de ses 1001 lumières. Dans l’esprit de plus en plus répandu des « expériences festivalières », on retrouve du divertissement au pied carré, toujours en gardant en tête une certaine saveur « urbaine » : basketball, conteneurs aménagés en stations de jeu, installations artistiques, bus de la STM transformé en show multimédia (fort impressionnant!), boutique de vêtements conçus par des artisans (on a résisté de peine et de misère à la vue d’un magnifique chandail de Bad Brains!), Skydancers activés par des vélos stationnaires…

Une scène avec des shows gratuits y est aussi aménagée. Les gars d’Alaclair Ensemble y ont donné un DJ set sympathique. Random Recipe, qui ont longtemps tenu presque seuls le flambeau des « femmes en rap », s’y produisait ensuite. Plus tard en soirée, Qualité Motel semait le party avec leur sexyness kitsch habituel.

Mais la vraie fête, rendu là, était à l’intérieur de la Salle André-Mathieu (malgré la météo de rêve qui donnait envie de passer du temps dehors!)…

La viande de la soirée à l’ANNEXE3

S’il régnait une ambiance légère et festive en extérieur, à quelques coins de rue de là se déroulait ce qu’on pourrait appeler « le plat principal » du souper douze services.

Peu après 20h, la petite salle de l’ANNEXE3 se remplissait progressivement pendant que Marie-Gold proposait son spectacle, beaucoup plus convaincant que ce qu’on avait pu voir d’elle aux Francouvertes. Elle prend du galon, de l’assurance, comme en témoigne notamment sa chanson autodérisoire Attitude de marde. Une raison de plus de la garder à l’oeil, cette Marie-Gold.

Suivaient les gagnants des Francouvertes 2018, LaF. Trio de MC fort habile, avec un DJ souriant (!) et bien rodé. Les gars ont pris de l’aplomb aussi au fil de la dernière année, et se préparent à faire paraître leur nouvel album Citadelle vendredi prochain. Ils nous en ont partagé quelques extraits, fort prometteurs. Un spectacle de lancement est prévu le 11 octobre 2019 au Théâtre Fairmount, à Montréal.

Ah oui, à ce point-ci, on ne vous a pas encore parlé des visuels. Car il faut le dire, ça fait toute une différence. La scène de l’ANNEXE3 a été aménagée de façon à ce qu’une structure à tubes lumineux et panneaux semi-transparents puisse permettre divers effets d’éclairage et de projections. Et dans la rap game, il s’en trouve pour préférer une approche plus brute sans artifice, digne des bars miteux dans 8 Mile, mais soyons francs, trois MC qui se donnent à fond devant un mur de stimuli visuel pensé par des artistes qui ont l’oeil pour ça, ça fait tout un show.

Et c’est là que le clou de la soirée vient mettre le point d’exclamation au bout de la phrase. Fouki n’a pas besoin de grand chose pour faire virer une foule zay zay. Après Loud, c’est probablement l’engouement le plus spectaculaire du rap québ’ en ce moment (quoi que Rymz et Souldia impressionnent aussi à ce niveau, mais leur ascension fut plus progressive).

Sauf qu’on pouvait le voir un peu partout cet été, le Fouki. En quoi LVL UP offre-t-il autre chose qu’un banal « show de Fouki à Laval » ?  On l’a adjoint de VJ BunBun, qui se spécialise dans la création d’ambiances scéniques colorées et texturées. Et plutôt que la laisser faire son boulot près de la console de son, on l’a installée SUR la scène, comme si elle était une deuxième DJ.

Chaque chanson de Fouki se transformait donc en tableau visuel coloré et personnalisé, ce qui ajoutait beaucoup de punch à une prestation déjà bien vitaminée.

Rendu là, la salle était bien pleine, l’ambiance était bonne, et Laval savourait sa douce revanche.

C’est un peu ça, le concrétisation de LVL UP : profiter de la popularité du rap, déployer la culture « urbaine » en plusieurs axes, et mettre en valeur les arts numériques pour créer un événement qui ne soit pas qu’un « 1543e festival au Québec », mais bien une expérience de croisement pluridisciplinaire bien défini et unique.

Ça se poursuit samedi soir avec cette fois-ci trois axes de spectacles :

Ms. Lauryn Hill en spectacle à la Place Bell avec le mythique duo de Queens, Eric B. & Rakim, en première partie.

White-B, Tizzo, Tyleen Johnson et des VJ à l’ANNEXE3

Dead Obies, Rymz et plusieurs autres en spectacle extérieur gratuit sur le parvis de la Place Bell

 

ENTREVUE

Rebecca Makonnen, On dira ce qu'on voudra, ICI Radio Canada Première, 27 août 2019

[ Écoutez l'extrait ]

 

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