Indochine


Indochine : Babel Babel, disponible aujourd'hui

Babel Babel regarde l’époque droit dans les yeux à la croisée de nouvelles cartes musicales, étrange et magnifique, impressionnant et déraisonnable. 

Un quatorzième album studio dense, double - dix-sept titres – fiévreux, troublant. Aussi parce qu’à contre-courant des diktats, d’une industrie du disque obnubilée par le rayonnement de TikTok et des formats courts. Mais réclamer de la prudence et de la sagesse serait trop demander à ces éternels enfants du désordre.  

Détaché de toute forme de calcul, Indochine revient au front avec cette sève intacte d’en découdre. Sept ans après l’album 13, (plus de 500 000 exemplaires vendus, disque de diamants) laps de temps record dans sa riche discographie. Le groupe n’a cependant ni pris le large ni ouvert ses bras de paresse, publiant deux volumes de Singles Collection vendus aussi à plus de 500 000 exemplaires pour célébrer son quarantième anniversaire et l’inédit Nos célébrations, accueilli aussi vite qu’il est apparu en incontournable du répertoire. Indochine a également collaboré avec Christine and the Queens sur une revisite pétaradante et électronique de 3Sex puis embarqué dans un Central Tour triomphal 6 stades complets (avec un record d’affluence au Stade de France de 99 000 spectateurs). 

L’agenda initial contrarié par la crise sanitaire, Indochine a inversé instinctivement le cheminement de son processus créatif. Première fois que les cinq forces vives écrivent et composent au milieu de la préparation de dates de concert. Aucun doute : c’est cette énergie du live qui a donné ce souffle renversant à ce disque qui emporte loin, très loin. Beaucoup de sessions de travail, amorcées à Bruxelles en juin 2021, entrecoupées d’étapes géographiques à Paris, Londres et une dernière ligne droite dans la capitale belge en août 2023. Remettre les compteurs à zéro, sans établir un cahier des charges si ce n’est celui de ne jamais se répéter, résume ici l’état d’esprit du groupe.

Babel Babel donc, titre en écho au mythe de la tour, réflexion biblique sur la vanité humaine. Qui désigne ici un monde actuel où la confusion est totale, où le bruit règne en maître, où l’humanité se révèle écrasée par son incapacité à dialoguer. La pochette réalisée par l’Américain David La Chapelle, éminence de la photographie, offre un message humaniste pour répondre à la violence politique et verbale d’une société en perte de repères. Du Bosch, du Géricault dans cette illustration majestueuse, croisement entre la tradition et une vision futuriste. Dans cet album, l’association entre les mélodies informes aux allures fédératrices et les permanents virages à angles droits s’érigent en union sacrée. Puissante, avec un son impeccable mise en cohérence de ces compositions maelstrom. Frappante par ses arrangements pléthoriques, pleins et ses terminaisons nerveuses. La formation bénéficie du mixage haute couture de Mark « Spike » Stent (The Rolling Stones, Depeche Mode, Madonna, Lady Gaga, Beyoncé, Coldplay, The Beatles, Miley Cirus, etc.) que Nicola Sirkis retrouve quarante et un ans après Le péril jaune, disque où ce grand manitou intervenait alors comme assistant-réalisateur. 

Babel Babel scrute les horizons à 360% et rencontre Blur, MGMT, New Order, Volodymyr Zelensky, l’ex-première ministre finlandaise Sanna Marin, Henry Kissinger, le poète-peintre-dramaturge Oscar Kokoschka, Peter Pan, l’amour et la guerre, l’espoir et la mort, le mensonge et le christique, le road-movie et le genre, le féérique et le chant choral des enfants des membres du groupe et le vacarme inaudible des télés du monde. De l’écriture plus personnelle que jamais de Nicola Sirkis, marqué profondément par la disparition de proches amis et parents - le temps des disparus - et puis aussi le conflit russo-ukrainien - il a des origines moldaves - jaillit souvent un vocabulaire aussi batailleur, notamment sur Ma vie est à toi, qu’ésotérique ou indisposé à courber l’échine. 

En ouverture, l’imposant Showtime, chanson dopée par une longue introduction incandescente, impulsée par une phrase extraite d’un livre de Chloé Mons (Et moi je couche toujours le premier soir et dans mon esprit oui, c’est toujours pour la vie), partagée à l’unisson avec la voix d’Ana Perrote, chanteuse du groupe espagnol Hinds. Il y a bien sûr Le chant des cygnes, purement dans le sillage de l’ADN musical d’Indochine, refrain emballant et déjà emballé par les fans, hymne de l’Euro de football et musique reprise par la chaîne allemande ZDF pour les Jeux Olympiques. Un symbole fort sachant que Nicola Sirkis a écrit ce titre à destination des femmes iraniennes (la ville des filles) qui défient le port obligatoire du voile. Il y a aussi le son massif de Victoria irrigué par une rupture rythmique disco vertigineuse, la poursuite de la belle complicité textuelle avec la romancière Chloé Delaume (No name, Le garçon qui rêve), une surprenante percée electro-reggae (La belle et la bête), un gimmick scintillant (L’amour fou). Il y a encore ce duo fringant avec Marion Brunetto de Requin Chagrin, groupe signé sur le label KMS (Gilrfriend), et surtout et aussi deux morceaux totalement symphoniques enregistrés aux Air Studios à Londres (Le garçon qui rêve et le bouleversant Seul au paradis). Il y a enfin et surtout des bourrasques intimes et épiques qui claquent dans les esprits et les veines. Promises à se transformer en de véritables tempêtes sur scène. 

TRACKLISTING

CD1

SHOWTIME (AVEC ANA PERROTE)
(NICOLA SIRKIS-CHLOE MONS /NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

L’AMOUR FOU
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

MA VIE EST À TOI
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

VICTORIA
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

SANNA SUR LA CROIX
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

LA BELLE ET LA BÊTE
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

LE CHANT DES CYGNES
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

LA VIE EST À NOUS
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

LE GARÇON QUI RÊVE
(NICOLA SIRKIS-CHLOE DELAUME/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD-BORIS JARDELL)

CD2

BABEL BABEL
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

EN ROUTE VERS LE FUTUR
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

GIRLFRIEND (AVEC MARION BRUNETTO)
(NICOLA SIRKIS-MARION BRUNETTO/ NICOLA SIRKIS-MARION BRUNETTO)

LES NOUVEAUX SOLEILS
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

TOKYO BOY
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

NO NAME
(NICOLA SIRKIS-CHLOE DELAUME/ NICOLA SIRKIS-CHARLINE KOZMIK)

ANNABELLE LEE
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

SEUL AU PARADIS
(NICOLA SIRKIS/ NICOLA SIRKIS-OLIVIER GERARD)

(INDOCHINE RECORDS/RCA/SONY MUSIC)

NICOLA SIRKIS : VOIX CHOEURS GUITARES CLAVIERS SYNTHES BASSES
OLI DE SAT :  GUITARES CLAVIERS SYNTHES BASSES
MARC ELIARD :   BASSES CHŒURS
BORIS JARDEL :  GUITARES PERCUSSIONS CHŒURS
LUDWIG DAHLBERG :  BATTERIES PERCUSSIONS CHOEURS

INDOCHINE SOUTIENT AMNESTY INTERNATIONAL, GREENPEACE, PILOTES VOLONTAIRES, MARCELEMENT, ASSOCIATION ANTOINE ALLENO ET TOUS CEUX QUI LUTTENT CONTRE LES HARCELEMENTS SCOLAIRES ET TOUS LES AUTRES …

CET ALBUM EST DEDIÉ À JEAN-LOUIS MURAT, ERWIN OLAF, ROBERT BADINTER, LUCAS, AU PEUPLE UKRAINIEN, AUX FEMMES IRANIENNES, AFGHANES ET TOUTES LES AUTRES …

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