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En poésie, il faut oser être simple, modeste et familier. Je ne suis pas un poète de laboratoire. T’en souviens-tu encore, Godin ? |
| L’album T’en souviens-tu encore, Godin ?présente douze fragments choisis de l’œuvre poétique de Gérald Godin, mis en chansons par Steve Veilleux. L’auteur et chanteur signe également la coréalisation avec le multi-instrumentiste Davy Gallant. Arrangements épurés ou soulevés par des orchestrations plus éclatées, la réalisation de chaque morceau a été dictée par les mots, dans un désir de servir le plus pertinemment possible chacun des textes. Parmi ceux-ci, l’incontournable Cantouque des hypothéqués, poème incisif évoquant « ceux qui laissent leurs poumons dans les moulins de coton », Libertés surveillées qui traite de la vague d’arrestations arbitraires d’octobre 1970 et dont sa conjointe Pauline Julien et lui furent victimes, Tango de Montréal, cet hommage aux travailleurs montréalais de toutes les origines que l’on retrouve sur un mur de la place Gérald-Godin, à la station de Métro Mont-Royal ou, bien entendu, T’en souviens-tu Godin ? fameux poème qu’il a composé en 1976, au moment de son élection comme député du Parti Québécois.
L’album T’en souviens-tu encore, Godin ? : la genèse |
Mis au fait du projet, le professeur lui « ordonne » de lire Godin, lui remettant le recueil Ils ne demandaient qu’à brûler. « Vivant, on m‘oubliera. Mort, on me pleurera ». Voilà les premières lignes sur lesquelles tombe Veilleux. Le coup va du cœur aux tripes. Il vient de découvrir un homme aussi vulnérable que fort en gueule, porte-étendard de la classe ouvrière, reconnu pour son franc-parler et fier de sa culture québécoise, de son joual, de ses différences. Il y a une filiation idéologique entre les deux hommes, une association naturelle.
« Dès lors, j’ai beaucoup lu Godin, jusqu’au glossaire de son lexique… Plusieurs de ses poèmes m’ont happé. J’ai alors mis sur la glace mon documentaire et créé une douzaine de chansons, structurées comme telles, à partir de ses textes. Je ne voulais pas réciter sa poésie sur fond musical. Godin est un poète de l’oral. Ces textes sont percutants, même percussifs. La musique s’y accolait souvent naturellement. Et les combats de Godin, son respect de la classe ouvrière, son cynisme face à l’élite, sa crainte d’oublier d’où il venait qu’il a si bien exprimée dans T’en souviens-tu, Godin… tout ça résonne très fort pour moi. Si avec mes chansons je peux porter ses mots, ses passions et ses revendications au plus grand nombre de gens possible, et peut-être à une toute nouvelle génération, je serai un homme heureux », conclut Steve Veilleux.
| SteveVeilleux.ca Crédit photo: John Londono 1Jean ROYER, Le bel Octobre du poète, Le Devoir, 11 octobre 1986 ; extraits repris dans Gérald Godin, Traces pour une autobiographie. Écrits et parlés II, édition préparée par André Gervais, Montréal, L’Hexagone, coll. « Itinéraires », 1994. |
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